‹ dix lecons sur le martyreChapitre 31 sur 201 · Eusèbe, Hist. eccl., IX · texte numérisé non relu

Eusèbe, Hist. eccl., IX

2. Basilide, Carpocrale, peut être “lentin; Eusèbe, Hist. eccl., IY, 22; saint Épiphane, Haeres., XXIV, 4: XXXI, 2.

lieu et dans toute ville'. » A la même époque, quand éclate la persécution de Septime Sévère, celle-ci fait des martyrs non seulement à Alexandrie, mais dans l’intérieur du pays, et, selon l'expression d'Eusèbe, dans toute la Thébaïde ?. Au milieu du troisième siècle, on voit, par de fréquentes allusions du même historien *, que les Églises sont alors nombreuses dans toute-l'Égypte : un des papyrus découverts dans ces dernières années mentionne, sous Dioclétien, une communauté chrétienne dans la Grande Oasis, c'est-à-dire à l'extrême sud. Même l’île de Philae, où le culte d’Isis dura jusqu'au sixième siècle, paraît avoir eu des églises chrétiennes à une époque très reculée. Les Actes de saint Pierre d’Alexandrie rapportent que pendant son épiscopat, entre 300 et 311, il ne consacra pas moins de cinquante-cinq évêques dansla Basse Égyptef. Le grand nombre des évêchés est un des traits caractéristiques de l'Égypte chrétienne au troisième et au quatrième siècle. Il en est un autre, plus particulier encore à ce pays, le développement du monachisme en Thébaïde à partir de 250, son grand succès dans les milieux populaires, dans les couches les plus profondé-

4. Clément d'Alexandrie, $Strom., VI, 48. — 2. Eusébe, Hist. eccl., VI,' 4. — 3. Ibid., NI, 14, 42; VII, 6, 24, 26; VIII, 9. — 4. Nuovo Bull. di archeologia cristiana, 1902, p. 15-26; Grenfell-Hunt, Greek papyri, n°73. — Il s’agit d’une chrétienne d’Alexandrie reléguée dans l'Oasis, et recommandée à un prêtre de ces régions. Un texte qui ne me paraît pas avoir été invoqué à l’appui de cette interprétation du papyrus est celui-ci : Est quoddam genus quasi in insulam relegationis in provincia Ægypto, in Oasinrelegare.Ulpien, au Digeste, XLVIN,xx1,1,85.—5. Wilcken, Heidnisches und Christiiches in Egypt, dans Archiv.für Papyrusforschung, t. I, p. 396-436. — 6. Migne, P. G., t. XVIII, col. 455. — Ces actes, publiés par Mai, Jui ont semblé de très bonne note. Ils sont cités par le P. de smedt, l'Organisation des Églises chrétiennes au troisième siècle, dans Revue des questions historiques, octobre 1891 (tirage à part, p. 25).

ment indigènes dela population. Ajoutons que dans aucune contrée, peut-être, la dernière persécution ne fit plus de victimes, etne traita plus cruellement les fidèles: en mémoire de ce temps, les chrétiens d’ Égy pte prirent l habitude de dater leur ère du règne de Dioclétien, qu'on appela dans le pays « l'èredes martyrs.» L'Égypte faisait, avec les provinces romaines d’Asie, partie du gouvernement du dernier et du plus obstiné des persécuteurs, Maximin Daia. Celui-ci a défini très exactement la situation religieuse des contrées qu’il venait de couvrir de sang chrétien. Quand, en 313, il fut contraint par son collègue Constantin de rendre la paix aux fidèles de ses États, il adressa au préfet du prétoire un rescrit, dont le texte a été conservé : il y fait précéder le dispositif d’une sorte d'historique, dans lequel il explique que ses prédécesseurs Dioclétien et Maximien Hercule, à la fin du siècle précédent, s'étaient flattés de ramener par la violence aux autels des dieux «la presque totalité des hommes, qui s'en étaient écartés pour se confondre dans le peuple chrétien ?.» Ces paroles ne seraient pas encore vraies de tout l’Empire : la situation et le caractère de l'écrivain en garantissent la véracité pour l’ensemble des provinces orientales. Et l’on peut déjà dire, d’une façon générale, pour le reste du monde romain, que ce ne sont plus les communautés chrétiennes qui surgissent, comme des îlots, au milieu de la mer du paganisme : ce sont maintenant les contrées ou les villes demeurées païennes qui forment

autant de points noirs sur la carte de l'orbis christianus.

LA 1. Eusèbe, Hist. eccl., VIII, 8-40.

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