‹ dix lecons sur le martyreChapitre 33 sur 201 · Saint Irénée, Adv. Haeres., IV · texte numérisé non relu

Saint Irénée, Adv. Haeres., IV

2, Origène, In Jos. Homil. If, dans Migne, P.G., t. XII.

les essais de ce genre furent nombreux, et, par certains côtés, étendirent considérablement les frontières du christianisme.

Naturellement, ces missions extérieures ne partirent que des pays où il était déjà très répandu. Les lieux où la population chrétienne était devenue très dense, où par conséquent l’évangélisation intérieure paraissait moins nécessaire, fournirent seuls les missionnaires qui allaient chercher au dehors un nouveau champ à leur zèle. Cela explique comment, en Europe, l'Évangile dépassa peu les bornes de l'Empire. Quand saint Irénée parle des Églises de Germanie !, il vise seulement celles des deux Germanies romaines, la Supérieure et l'Inférieure, mais ne fait aucune allusion à des chrétientés établies chez les Germains indépendants. Ceux-ci ne reçurent pas le christianisme, mais vinrent plutôt le chercher quand ils s’établirent en terre romaine par concession des empereurs ou par droit de conquête. Le mot de Tertullien sur l'Évangile porté au delà des cantonnements romains de ls Bretagne ? contient peut-être plus de rhétorique que de faits réels : au moins n'est-il point resté de trace de cé qu'il avance. Les provinces frontières, en Europe, aussi bien les rhénanes que les danubiennes, furent celles où les chrétientés mirent le plus de temps à se constituer, où elles restèrent longtemps moins nombreuses et moins peuplées qu'ailleurs, et où par conséquent, entravées qu’elles étaient par cette croissance laborieuse, elles eurent le moins les moyens d'’essaimer au dehors. Les confins militaires de l'Empire,

Page 1