‹ dix lecons sur le martyreChapitre 34 sur 201 · Terlullien, Adv, Judaeos · texte numérisé non relu

Terlullien, Adv, Judaeos

NÉE à

en Occident, borneront pour longtemps encore de ce côté l'essor du christianisme.

Il y rencontrait, d’ailleurs, un obstacle de plus à vaincre. Une superstition étrangère, que sa dissémination rendait peu redoutable à l’intérieur de l'Empire, avait, en quelque sorte, reflué à ses limites, apportée par des fonctionnaires, des esclaves, des soldats. Sur toutes les lignes où furent établis les camps permanents des armées romaines, soit en Germanie, le long du Rhin, soit en Bretagne, au pied du mur d'Hadrien, soit en Pannonie ou en Dacie, dans les plaines qu’arrose le Danube, le culte de Mithra dresse ses monuments, creuse ses cavernes, comme s’il devait à la fois protéger le territoire romain contre la poussée des Barbares, défendre les Barbares eux-mêmes contre les bienfaits du christianisme. En fait, partout où s’étend la couverture de légions qui assure encore, en Occident, la sécurité de l'Empire, se déroule une zone de superstitions

‘ importées d'Orient, qui sont devenues le culte pré-

féré des soldats, que ceux-ci imposent aux populations, et dont on comprend la force de résistance, si l’on jette les yeux sur la carte des monuments mithriaques publiée par M. Franz Cumont!. C’est un mur épais, un suprême rempart du paganisme, qui comprima longtemps l'expansion des chrétientés, peu nombreuses ou tardivement nées à la foi, de ces pays de garnisons.

Ce ne sont point les mêmes causes quiempêchentles Églises africaines de se répandre vers le sud. Comme

4. Textes et monuments figurés des mystères de Mithra, t. I. Cette carie a été reproduite dans l’abrégé que M. Cumont a publié en 1902 de son grand ouvrage.

nous l'avons vu, elles sont très puissantes et très serrées dans la Proconsulaire et la Numidie, autour de Carthage et autour de Lambèse, et elles ont lutté contre les superstitions autochtones avec trop de

succès pour que le mithriacisme, peu répandu d'ail- leurs dans l’Afrique romaine, puisse leur être d’un sérieux obstacle. Mais elles rencontrent la double barrière de l'Atlas et du désert. Elles ont, dès le second siècle, débordé chez les Gétules, populations presque indépendantes du Sahara et de l’ouest de l'Atlas !. Mais elles ne sauraient s'étendre beaucoup au midi, vers des nomades aussi insaisissables que la poussière soulevée par le galop de leurs chevaux. Pour elles le travail le plus pressant, et qui même demeura inachevé, fut d'évangéliser à l’ouest les Maurétanies, qui, malgré les garnisons et les évêchés, ne seront jamais que vaguement romaines et vaguement chrétiennes.

D’ Égy pte, le christianisme se montrera plus conquérant. Franchissant les limites de l'Empire, que: marquait vers Syène la première cataracte du Nil, il descendra en Éthiopie, le long du fleuve et de la mer Rouge, jusqu’au détroit d'Aden. C’est probablement aussi par l'Egypte, plutôt que par la Syrie ou par la province romaine du nord de l'Arabie, qu'il se propagera au sud de la péninsule, dans les villes du Yémen. L’élan paraît avoir été donné, vers la fin du second siècle, par le célèbre fondateur de l'école chrétienne d'Alexandrie, Pantène. Pris de zèle apostolique, raconte Eusèbe, il abandonna sa chaire et s'en alla porter la foi aux Indes?, — c'est-à-dire

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