Eusèbe, His{. eccl., V
très probablement, dans le langage du temps, au sud de l'Arabie, où les colonies juives étaient alors nombreuses. Eusèbe ajoute que Pantène commentait dans ses prédications l'Évangile de saint Matthieu, qui convenait en effet à des auditoires où les Juifs et les judaïsants devaient être en foule.
Mais pour assister aux grandes expansions du christianisme hors de l’Empire, il nous faut revenir à l'Asie romaine, source de propagande évangélique qui ne cessa de couler, pendant trois siècles, dans toutes les directions.
Les provinces du littoral asiatique de la mer Noire étaient, depuis la fin du premier siècle, trop remplies de chrétiens pour ne pas faire rayonner l'Évangile dans les contrées avec lesquelles des relations de voisinage ou même de hasard les mettaient enrapport. Leurs missionnaires, leurs captifs mêmes, le portaient aux Barbares. Les demi-sauvages qui vivaient en tribus errantes sur des chariots le long des steppes de la mer Noire comptaient déjà des chrétiens à la fin du second siècle!. En 258, les Goths de ces parages, entre le Danube et le Dniester, furent évangélisés de nouveau par des prisonniers enlevés lors d’une invasion en Cappadoce : ces prisonniers célébrèrent le culte chrétien sous les tentes de leurs maîtres, en convertirent beaucoup, nouèrent un lien religieux entre les chrétientés naissantes de la Scythie indépendante et la vieille souche cappadocienne?. On est moins fixé sur l’époque où des rivages de la Bithynie et du Pont la foi atteignit, au nord de la mer Noire, la Chersonèse Taurique