De Rossi, Bull. di arch. crist., 4864, p
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toire : l'écrivain du quatrième siècle qui nous la fait connaître ajoute que Dieu y donna à la croix et au sentiment national la victoire sur le fanatisme païen.
Plus remarquable encore que ces conquêtes de l'Évangile au nord de l'Asie Mineure est la marche du christianisme vers l'Asie centrale. A part quelques tentatives qui remonteraient aux temps apostoliques, et que l’on ne connaît que par de vagues et légendaires traditions !, nous avons vu l’évangélisation marcher, durant les deux premiers siècles, dans la direction de l’ouest, attirée par les facilités que lui offrait le bassin de la Méditerranée, portée par les courants commerciaux qui reliaient les ports asiatiques à Rome et aux grandes contrées occidentales. Mais, dès le milieu du second siècle, un autre mouvement se fait sentir, qui acquerra toute sa force au troisième, le mouvement vers l’est, à travers les frontières orientales de l'Empire. Le christianisme avait suivi d’abord les chemins ouverts par la navigation dans la mer intérieure qui unit les trois parties de l’ancien monde : il va tenter maintenant, dans la direction opposée, la route des caravanes, et refaire, en sens inverse, l'itinéraire des mages au berceau du Christ.
D'Antioche la foi gagna d’abord le petit royaume de l'Osrhoëène, sur la rive gauche de l'Euphrate. Si quelques villes y demeurèrent longtemps réfractaires au christianisme, comme Carrhes, que l'on trouve encore païenne au quatrième, au cinquième, même au sixième siècle ?, sa capitale, Édesse, se remplit tout de suite de chrétiens. Vers l’an 150, la vie reli-
4. Eusèbe, Hist. eccl., IX, 8. J 2. Ammien Marcellin, XXII, 3; Sozomène, Hist. ecci., VI, 1 ; Théo-
gieuse yest déjà si intense, qu'on y possède une version syriaque de l'Ancien Testament‘, et, quelques années plus tard, une traduction syriaque des Évangiles ?. Le gnostique Bardesane, né en 154, écrit à Édesse ses livres et ses hymnes ®. Vers 196, un concile se réunit dans cette ville, composé de représentants des Églises de l’Osrhoène, et même de celles des pays voisins 4. Le roi lui-même, Abgar VIII ou IX, contemporain de Septime Sévère, se convertit, et commence à appliquer dans ses États une législation “inspirée par la morale évangélique ÿ. Malhoie cons ment, le nouveau royaume chrétien brilla et s’évanouit comme un éclair : au commencement du troisième siècle, Caracalla l’annexa à l'Empire romain. Mais Édesse demeura un ardent foyer d'évangélisation : tout ensemble de l'Osrhoène et de l'Arménie, plus encore peut-être que d’Antioche, le christianisme va s'étendre en Mésopotamie, et se répandre dans tout l'Empire des Perses.
Ce serait là un des grands événements de l’histoire religieuse, si la fin, hélas! avait répondu aux commencements. Un écrit des débuts du troisième siècie parle déjà des chrétiens vivant sur les divers points de l'immense territoire soumis à la domination persane : non seulement dans les provinces limitrophes de l'Empire romain, comprises entre l'Euphrate
doret, Hist. eccl., IV, 48; Peregrinaltio Silviae, dans Studi e Document: di Storia e Diritio, 1888, p. 135; Procope, De Bello Pers., I, 43.
4. La Peschito. Rubens Duval, Anciennes littératures chrétiennes La littérature syriaque, p. 31-32.
2, Le Diatessaron de Talien. 1bid., p. 44-47.