‹ dix lecons sur le martyreChapitre 4 sur 201 · XI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XI PRÉFACE

sion des cités les plus importantes, le christia- : nisme sait ajouter aux traits constitutifs de leur physionomie particulière quelque trait nouveau dont elles ne tardent pas à se faire gloire. Les villes les plus renommées par le culte des lettres ou de la philosophie, Alexandrie, Antioche, Jérusalem, Césarée de Palestine, Césarée de Cappadoce, Carthage trouvent bientôt une nouvelle noblesse intellectuelle ou une nouvelle puissance de rayonnement dans leurs écoles bibliques, dans la science, l’activité et les relations épistolaires de leurs évêques, et jusque dans les conciles qui se réunissent dans leur sein. Partout le christianisme se traduit au dehors par la pratique de l’amour, de la- fraternité, de l’assistance mutuelle, partout il donne par ses réunions et par ses missionnaires la sensation du mouvement et de la vie au grand jour, partout il imprime aux cités un caractère de renouveau.

« Par sa puissance et son activité ecclésiastique et intellectuelle, dit l’illustre De Rossi, la Rome chrétienne des trois premiers siècles était un centre à peine inférieur à la Rome impériale et civile. » L'empereur Dèce le sentait si bien qu'il eût préféré, dit saint Cyprien, apprendre la révolte d’un compétiteur que l'élection d’un évêque de Rome. « Dans les conciles chrétiens, si fréquents à cette époque, et là seulement, on

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remuait des idées, on se passionnait pour des doctrines, on discutait librement des lois, et ces lois se trouvaient régir la conscience de millions de fidèles qui étaient aussi des citoyens.

« Ce n’est donc pas d’un fond inerte et découragé, d’un milieu stagnant et mort, c’est d’un milieu débordant de santé morale et même d'’énergie physique, c’est d’un milieu de vie intense. que sont sortis les martyrs. »

Comment expliquer que dans un tel mouvement d'adhésion à Jésus-Christ, il y eut un si grand nombre de chrétiens qui furent amenés à lui rendre témoignage au prix de leur sang? Les causes de ce phénomène sont multiples.

Tout d’abord, pendant deux siècles et demi, de Néron à l’édit de tolérance, les chrétiens se trouvèrent constamment dans une atmosphère juridique hostile à la liberté de leurs croyances et à la sécurité de leurs personnes et de leurs biens.

Les origines de la législation persécutrice sont assurément fort obscures ; il paraît toutefois certain qu'une exception fut faite, au préjudice des chrétiens, à cette large tolérance dont les Romains couvraient ordinairement toutes les

religions, et qu'il fut porté contre eux un premier édit de proscription, dont on n’a plus le texte, mais dont la substance se ramenuit à ces

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