Ibid., Hom. LXVI
5. Voir Histoire des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle, 3° éd., p. 303, note 1.
Maximien Hercule, a usurpé la pourpre, et, devenu maître de l'Itatie et de l'Afrique, s’est installé dans la capitale de l’Empire, où depuis longtemps aucun empereur n'avait résidé. Eusèbe raconte que le nouveau souverain « feignit alors de partager la foi chrétienne, afin de flatter le peuple romain !. » Pour qu'une telle pensée soit venue à l’usurpateur, il faut que les chrétiens de Rome aient été alors très puissants, ce qui ne peut s'expliquer que par un immense accroissement de leur nombre. Peut-être, cependant, l’assertion d’'Eusèbe ne doit-elle pas être acceptée sans réserve. Get historien, si bien informé des choses de l'Orient, où il vivait, ne connaissait que de seconde main celles de l'Occident. Cependant il n’y fait ordinairement que de rares allusions et, s’il en parle, ce n’est guère que quand il a sous les yeux des documents sûrs. Mème s’il a ici quelque peu excédé dans l'expression, il ne paraît pas s'être complètement trompé au sujet de Maxence. La conduite de ce prince en donne la preuve. Devenu maître de Rome, Maxence fit tout de suite cesser la persécution contre les chrétiens. Il reconnut même ofliciellement l'existence et les droits de l'Eglise romaine, en rendant à celle-ci ses biens confisqués ?. Comme on ne peut attribuer ce fait à son humanité, car il était fort cruel, ou à une persuasion intime de la vérité du christianisme, car il agit toujours en païen grossier et licencieux, on est obligé d’y voir un acte de prudence politique. Il avait certainement trouvé à Rome les chrétiens assez nombreux et assez influents pour se croire obligé de les ménager. M. Har-