Ibid., p
h, Eusèbe, Hist. eccl., V, 4
3, Ibid, IV, 24, 23, 35.
-6. Ibid, V, 24; saint Jérôme, De viris ill., 35.
1, Eusèbe, Hist. eccl., VI, M ; VI, 4,5, T7, 9, 11, 22, 96, 40, 45.
8. De la correspondance d’Origène, qui comprenait onze livres de lettres, deux seulement sont conservées, et l’on connaît les destinataires d’un petit nombre d’autres.
en partie conservée : elle nous met au courant de | ses rapports avec le clergé de Rome, avec le pape | Corneille, le pape Étienne, le pape Sixte, l'évêque | Firmilien de Césarée, les Églises de Gaule et d'Es- | | pagne, toutes les Églises d'Afrique : elle atteste à | la fois son esprit de gouvernement et l'ardeur de | sa charité, car en même temps qu'elle le fait voir | mélé à toutes les grandes affaires de l'Église, elle | le montre prodiguant les encouragements et les | consolations aux confesseurs de la foi, et recueillant | d’abondants subsides pour le rachat des captifs de la Numidie !.
Si nous voulons nous faire une idée de l'activité chrétienne à l'époque des persécutions, il faut joindre à ce continuel échange de lettres et d'idées entre les principaux personnages de l'Église la fréquence des assemblées conciliaires.
Au second siècle, conciles en Asie, à propos du montanisme ; conciles à Rome, en Palestine, dans le Pont, en Gaule, en Osrhoène, à Corinthe, sur la date de la Pâque; concile de soixante-dix évêques à Carthage à propos du baptême conféré par les hérétiques. — Au troisième siècle, deux conciles en Phrygie; vers 231, deux conciles à Alexandrie; un concile de quatre-vingt-dix évêques à Laribéte: en Numidie; en 251, concile de soixante évêques à
4. Il reste de la correspondance de saint Cyprien quatre-vingt-une lettres dontsoixante-cinq écrites par lui, et lesautres à lui adressées. Mais on trouve dans ses écrits des allusions à soixante-dix autres lettres envoyées ou reçues par lui. Dans ces cent cinquante et une épîtres, soixante ont l'Église romaine pour origine ou pour destinataire, ce qui, selon la juste remarque de Harnack, met bien en lu. mière la situation exceptionnelle de celle-ci. Cf. Harnack, Ueber verloren Briefe und Aktenstücke, die sich aus der Cyprianischen Brief-
Le, ermillein lassen, dans Tecte und Untersuchungen, t. VIII, 1902, n°
Rome; en 260, concile à Rome; de 264 à 269, trois conciles à Antioche; vers 300, à Illiberis, en Espagne, concile de plus de quarante évêques, qui trace un véritable code de discipline chrétienne, au lendemain et à la veille de la persécution. Et combien de conciles demeurés inconnus, si l’on se rappelle qu’en Orient et en Afrique, au troisième siècle, les évèques de chaque province se réunissaient au moins une fois chaque année !! On peut se rendre compte de ce mouvement conciliaire, pour la province proconsulaire d'Afrique, si l’on regarde le tableau des conciles de Carthage pendant l’épiscopat de saint Cyprien : concile au printemps de 251, peut-être second concile en automne; concile de quarantedeux évêques, en mai 252; concile de soixante-six évêques, à la fin de de 253; concile de trente-sept évêques, à la fin de 254; concile de trente et un évêques, en 255; concile de soixante et vnze évêques au printemps de 256; concile de quatre-vingt-sept évêques, en septembre de la même année ?.
Vous excuserez cette longue énumération et ces répétitions monotones. La répétition est, dit-on, la plus saisissante des figures de rhétorique : elle est quelquefois aussi, dans sa sécheresse apparente, la meilleure manière de faire sentir la vie de l’histoire. Si je ne me trompe, cette vie a, ici, quelque chose: d’extraordinaire. Combien se trompent ceux qui s’imaginent que, dans les siècles troublés où la persécution, sans être toujours déclarée, était toujours
4. Firmilianus, dans Saint Cyprien, Ep. 75. Cf. Hergenrôther, His-
toire de l'Église, éd. Kirsch, trad. italienne, t. I, p. 334; Audollent, Corse romaine, 1905, p. 493.
. Paul Monceaux, Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne, t. 11, p- PC 48.
pendante sur l'Église, celle-ci demeurait plus ou moins terrée, occupée avant tout d'échapper aux coups qui la menaçaient! La latebrosa et lucifugax natio!, comme l’appelaient quelquefois les païens, n’exista que dans leur imagination. La vérité, c'est qu’elle vivait au grand jour, et n’eut jamais rien des allures d’une société secrète. Ce que je viens de dire des conciles suffirait à le prouver.
Ces assemblées si fréquentes, qui entraînaient tant de voyages, faisaient affluer tant de personnes aux lieux où elles se tenaient, ne pouvaient passer inaperçues. Malgré les précautions suggérées par la modestie ou par la prudence, elles eussent été remarquées dans tous les temps. Elles devaient l'être surtout à l'époque dont nous parlons. Depuis l'établissement de l’Empire, les agitations de la vie publique avaient à peu près cessé dans le monde romain. L'activité extérieure des citoyens se consumait maintenant presque entière dans les petites délibérations des municipes, de temps en temps dans les délibérations de pur apparat des assemblées provinciales. Mais il n’y avait plus que les conciles des chrétiens où l’on délibérât en commun sur de grands intérêts, per quae et altiora quaeque in commune tractantur?. Là seulement on remuait des idées, on