Minucius Felix, Octavius
2. Tertullien, De jejunio, 43. — M£ Batifol a montré, par la comparaison entre les textes de saint Cyprien etles procès-verbaux @e séances du sénat en 2% el 438, que les conciles tenus en Afrique de 252 à 256 avaient délibéré dans la même forme que le sénat romain. I] fait même remarquer que, tandis qu'à Rome, et aussi dans les séances des sénats municipaux, les délibérations avaient été, au troisième siècle, remplacées par des acclamations, elles s'étaient au contraire conservées dans les conciles, où chaque évêque donnait individuellement son avis. Il conclut que « le régie parlementaire n’a survécu que dans les conciles. » Bulletin de la Société des Anti-
Je passionnait pour des doctrines, on discutait librement des lois, et ces lois se trouvaient régir la conscience de millions de fidèles qui étaient aussi des citoyens. Si bien qu’on peut dire sans paradoxe que ce n'était plus que dans les conciles qu’on faisait, au sens élevé du mot, de la politique. Ils étaient, pour nous servir d’une expression presque moderne de Tertullien, comme les assemblées représentatives du christianisme, épsa representatio totius nominis christiani'. Et ils l’étaient ouvertement, sans effort pour dissimuler leur existence et leur caractère. Cependant — c’est une remarque curieuse à faire — ils paraissent n'avoir jamais été troublés par l’autorité romaine. Celle-ci, impitoyable si souvent pour la personne des chrétiens, était sans doute retenue devant leurs assemblées par le respect qu'elle professait, au temps de l’Empire, pour tout ce qui ressemblait à l'exercice du droit d'association.
Je n'ai pu qu'esquisser très rapidement des idées qui demanderaient de longs développements. Je ne saurais en dire davantage sans sortir des limites de notre sujet. Mais j'ai dû indiquer, par quelques traits au moins, cette merveilieuse activité de l'Église à l'époque des persécutions. Ce n'est pas d’un fond inerte et découragé, d’un milieu stagnant et mort, c'est d’un milieu débordant de santé morale, et même d'énergie physique, c’est d'un milieu de vie intense que sont sortis les martyrs.
quatres de France, 13 mars 1912, p. 259 266; Bulletin d'ancienne ut
térature et d'archéologie chrétiennes, janvier 1913, p. 3-19. Ajoutons que les séances des conciles étaient publiques : « praesente etiam plebis maxima parte, » dit le procès-verbal du concile de Carthage de 256.