‹ dix lecons sur le martyreChapitre 54 sur 201 · Id, Ad nat · texte numérisé non relu

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affreux massacre en août 64!. Cependant quelques critiques, qui ne pensent pas ? que Néron ait étendu ses premières rigueurs hors de Rome, seraient portés à retarder l'ouverture des persécutions légales. [ls feraient de préférence descendre jusqu’à Domitien, sous le règne de qui l'aristocratie elle-même eut des martyrs incontestés, ce que Me Duchesne appelle « les origines si obscures de la législation persécutrice %, » Plus jeune ou plus vieille de trente ans, commencée en 64 ou commencée en 95, celle-ci est certainement née avant la fin du premier siècle.

Comme, pour cette époque, on n'a pas de détails précis sur les procès des martyrs, et que même les victimes illustres immolées par Domitien sont connues seulement par une phrase de Dion Cassius et une phrase de Suétone 1, — confirmées d’ailleurs par de précieuses découvertes archéologiques , — nous ignorons de quelle manière on procéda alors contre les chrétiens. Mais, au commencement du siècle suivant, la législation hostile aux chrétiens se précise et, en un certain sens, se modère. Une jurisprudence se forme, attestant l'existence de la loi, et en réglementant l'application.

Voici le premier indice de cette jurisprudence. Vers l’an 112, Pline le Jeune, arrivant comme légat impérial sur les bords de la mer Noire, dans cette

4. Tacite, Ann., XV, 44. — Je note pour mémoire l'opinion de M. Profumo (le Fontied i tempi dello incendio Neroniano, 14903, p. 197- 357), qui fait commencer en 65 la persécution de Néron, étrangère, Cette opinion me parait insoutenable en présence du exte de Taelte- Voir Revue des questions historiques, juillet 1906, p. 324-325, — 9, À tort, selon moi. Voir Jlistoire des persécutions ndéet les deux premiers siècles, AP éd., p. 61-77. — 3. Duchesne, les Origines chrétiennes,

p. 115. — 4. Dion Cassius, LXVII, 43; Suétone, Domit., 40. — 5. De

Rossi, Bullettino di archeologia cristiana,1865, p. 17-24, 33-A7: 1888. 1880, p. 15-16, 103-133, et pl. VIT. SRE é Ne

province de Bithynie que nous savons avoir été dès lors remplie de chrétiens !, fut assailli de dénonciations contre eux. Selon sa coutume, il écrivit à l’empereur, qui était alors Trajan, pour lui demander des instructions ?. Trajan lui répondit par un rescrit de- meuré célèbre. Bien qu'il ne paraisse pas avoir eu d’abord l'intention d'y formuler des règles applicables à tous les cas, et destinées à faire loi universellement dans les procès des chrétiens 8, il se trouva avoir légiféré pour l'avenir. Les dispositions du rescrit de 112 dictèrent aux empereurs et aux juges leur conduite pendant tout un siècle. Elles se résument ainsi : ne pas faire d'enquête pour découvrir les chrétiens de la province, et ne pas les poursuivre d'office ; cependant condamner ceux qui, accusés ré gulièrement, se reconnaissent chrétiens; mais acquitter ceux qui déclarent ne point professer ou avoir cessé de professer le christianisme, et le prouvent par des faits, c'est-à-dire en commettant un acte d'idolâtrie *. Ce rescrit, dans sa première partie, n’est qu’un rappel d'anciennes règles juridiques; dans sa seconde partie, il constitue une véritable innovation. On sait que, sauf en certains cas exceptionnels, une condamnation pour crime n’était prononcée, chez les Romains, que si un accusateur déférait, à ses risques et périls, le prévenu devant le tribunal compétent. Dans l'intérêt de la tranquillité publique, qui serait

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