Origène, Comm. series in Matth
ou de la cruauté de certains gouverneurs !. Après Maximin, hostile, régna Philippe, bienveillant aux chrétiens, peut-être chrétien lui-même. Il faut attendre jusqu’au règne de Dèce et à l’année 250 pour voir éclater la première persécution vraiment universelle.
Arrêtons-nous un instant devant cet empereur, car il constitue une figure à part, et vraiment représentative, dans la série jusqu'ici un peu confuse des persécuteurs. Conservateur obstiné, Dèce considère les chrétiens comme des novateurs, dont la seule existence met en péril toute la civilisation antique, l’ordre social aussi bien que l'ordre rel:gieux, et qu'il faut faire disparaître, par l’intimidation, s’ils obéissent, par l’extermination, s'ils refusent d’obéir. De là un édit, dont les termes ne sont pas venus jusqu'à nous, mais que nous connaissons par l'exécution qui en fut faite, à la fois, dans toutes Les provinces de l’Empire. Tous les chrétiens, hommes, femmes, enfants, dans les villages aussi bien que dans les villes, sont, à un jour fixé, mis en demeure de sacrifier aux dieux : soit que la liste des chrétiens de chaque localité ait été dressée par les autorités administratives, et qu'ils aient été invités à faire individuellement acte de paganisme; soit plus probablement que la population entière doive prendre part à un sacrifice, et que la participation de chacun soit constatée par ung sorte de billet de présence. Ceux qui ne pouvaient présenter ensuite ce certificat, émané des magistrats locaux ou d’une commission spéciale, et portant que tel jour, en tel