Saint Cyprien, Ep
de 258 nous apprennent la condamnation à mort de plusieurs membres du haut clergé, le pape Sixte IT et ses diacres, à Rome, Fructueux et ses diacres, à Tarragone, Cyprien à Carthage, d’autres évêques et des clercs en Afrique. Nous sommes moins renseignés sur l’application du second article de l’édit aux laïques de haut rang : on voit cité parmi les martyrs d'Afrique un chevalier, Émilien, qui appartient à cette catégorie. Pour les Césariens, nous sommes plus malrenseignés encore, à moins que deux martyrs de Rome, Hyacinthe et Protus, dont les noms indiquent la condition servile, ne soient de ceux-ci : mais ils furent mis à mort par le feu, et non attachés à la glèbe'. On voit ici par un exemple frappant quelles grandes lacunes existent dans l’histoire des persécutions. Nous connaissons assez bien celle de Dèce, quoique les termes de son édit n’aient point été conservés. Nous avons au contraire les édits de Valérien sinon dans leur teneur officielle, au moins dans le résumé très détaillé qu’en ont fait des contemporains. Nous voyons, en particulier, que rarement document législatif fut plus clair, plus net, plus impératif que le sénatus-consulte de 258, Nous savons qu'il fut envoyé dans toutes les provinces. Et sur l'exécution de deux de ses clauses qui durent amener de nombreuses morts, d'immenses ruines, apauvrir de grandes familles chrétiennes, enrichir le fisc à leurs dépens, causer un véritable bouleversement social, provoquer peut-être des apostasies retentissantes, nous ignorons à peu près tout.
En 260, Valérien tombait prisonnier des Perses,