‹ dix lecons sur le martyreChapitre 67 sur 201 · CRE · texte numérisé non relu

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de toute une stratégie. C’est une guerre d’extermination, dans laquelle on ne ménage plus le sang humain. On pense maintenant que le meilleur moyen de détruire le christianisme est de tuer des chrétiens. La différence des conduites correspond à un changement dans les situations. Au milieu du troisième siècle, le persécuteur officiel représentait encore l’Empire, la majorité des citoyens : aujourd'hui, où païens et chrétiens sont à peu près égaux en nombre, où dans beaucoup de provinces d'Asie la balance est au profit des seconds, le paganisme n'est plus qu'un parti au pouvoir. On sait qu’un parti, détenteur momentané de la puissance publique, est le plus souvent sans ménagements pour ses adver- saires, parce qu’il sent à tout instant sa propre existence menacée : quand le fanatisme se joint chez ses représentants au souci de conserver leur place, la colère et la cruauté ne connaissent plus de mesure. Ce sont de tels sentiments qui créent les régimes de Terreur.

Cependant, à la suite de l'abdication de Dioclétien et d’un nouveau partage de l'Empire, la persécution avait complètement cessé en Occident. Mais elle continuait à faire rage dans l’Europe orientale, l'Asie romaine et l'Égypte, que gouvernaient deux hommes bien faits pour s'entendre, Galère et Maximin Daia. En 306, un cinquième édit fut publié dans cette moitié de l'Empire, commandant aux gouverneurs des villes d’y contraindre tous les habitants à sacrifier, par appel nominal !. Cela semble indiquer que, malgré les violences et les supplices, l’édit de 303 n'avait

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