XVII PRÉFACE
Si le sentiment de justice qui nous est inné se révolte contre ces iniquités de la procédure, notre sensibilité ne peut se défendre de l'émotion et du trouble au récit des tortures physiques qui étaient infligées aux confesseurs pour les contraindre à renier Jésus-Christ, et des supplices qui châtiaient leur invincible fidélité.
Quand les criminels ordinaires étaient soumis à la torture, c'était pour leur faire avouer leur crime; puisque les chrétiens commençaient par déclarer spontanément leurs croyances, et qu'ils n'étaient accusés d’aucun autre crime, il n’y avait plus rien à leur arracher, et par conséquent la torture devenait inutile. Néanmoins, par un renversement de toute équité, on les y soumettait, pour ce seul fait qu'ils étaient chrétiens, et pour les forcer à nier ou à renier la croyance dont ils venaient de faire profession.
Les horreurs des geôles ténébreuses et fétides, la promiscuité, les chaînes, la flagellation, : la tension du corps sur le chevalet, la lacération des membres par les ongles de fer, les torches enflammées, le fer rouge, la faim et la soif poussées parfois jusqu’au trépas, toutes ces cruautés n'étaient que jeu pour les juges et les bourreaux, souvent même pour une foule ivre de spectacles sanglants. Contre les femmes et les jeunes filles, la perversité et la brutalité des