Apoc., VI
Il dut y avoir aussi beaucoup de martyrs en Asie sous le règne d'Hadrien, car saint Justin, alors étudiant en philosophie, fut amené au christianisme, ainsi qu'il le raconte lui-même, par la vue de l’intrépidité avec laquelle ils affrontaient la mort pour le Christ !. Les lettres que de « nombreux » gauverneurs de province adressèrent au même empereur pour lui dire leur répugnance à verser par obéissance aux sommations de la foule tant de sang chrétien ? attestent encore le grand nombre des exécutions capitales pour crime de christianisme. « Juifs et païens nous persécutent de tous les côtés; ils nous privent de nos biens, et ne nous laissent la vie que quand ils ne peuvent nous l’ôter. On nous coupe la tête, on nous attache à des croix, on nous expose aux bêtes, on nous tourmente par les chaînes, par le feu, par les supplices les plus horribles. Mais plus on nous fait souffrir de maux, plus augmente le nombre des fidèles, » écrit quelques années plus tard saint Justin sous le règne de d'Antonin le Pieux . A Smyrne, en 155, dans les jours qui précédèrent le supplice de saint Polycarpe, douze chrétiens sont ensemble exposés aux bêtes ?. On voit par la seconde Apologie de saint Justin l'extraordinaire facilité avec laquelle était prononcée sous Mare Aurèle la condamnation d'un chrétien : pendant le procès du catéchiste Ptolémée, régulièrement déféré au tribunal par un mari dont il avait converti la femme,