‹ dix lecons sur le martyreChapitre 87 sur 201 · I00ç afpouv LaptÜpwv. Eusèbe, Hist. eccl., VIII · texte numérisé non relu

I00ç afpouv LaptÜpwv. Eusèbe, Hist. eccl., VIII

2, "A)o tt mAñBoc. Ibid.

8. Ibid., 6,10. — « Le commentaire de ces paroles nous est fourni par les longues listes de martyrs égyptiens et africains qui nous ont été conservées dans le martyrologe dit de saint Jérôme. Pour l'Afrique surtout, les groupes de trente, cinquante, cent noms de martyrs reviennent fréquemment tout le long du calendrier. C'est vraisemblablement à la persécution de Dioclétien, plutot qu’à l'une des précédentes, que ces hécatombes doivent être rapportées. La même impression se déduit du martyrologe en ce qui concerne Nicomédie, où la persécution sévit très cruellement. » Duchesne, Hist. ancienne de l'Eglise, t. II, p. 41.

4. Mupior vov &piÜuèv. /bid., 8. — Cette expression indique bien que puptos n’a pas ici le sens vague de « milliers, » mais a sa signification précise de « myriade, » dix mille. Eusèbe se sert de cette formule quand il veut donner un chiffre exact : parlant ailleurs de l'exécution de trente-neuf martyrs, il dit de même: êtépor: ÉVOG Déovar Tov apOuèv teooapéxovta. Ibid., VIII, 43, 5.

de se remplacer les uns les autres !. » Les exécutions en masse sont un des caractères de la dernière persécution. Lactance, qui est aussi un contemporain, nous apprend que lorsque les condamnés au feu étaient trop nombreux, on ne brûlait pas isolément chacun d'eux, mais on les brülait par troupes ?. Célèbres sont les quarante soldats martyrisés ensemble à Sébaste, lors de la courte reprise de persécution sous Licinius*. Vous vous souvenez de cette ville phrygienne dont tous les habitants, qui étaient chrétiens, furent enfermés dans la principale église et brûlés avec elle.

Si rares que soient, pour l'Occident, où elle dura beaucoup moins longtemps, les renseignements sur la dernière persécution, il est difficile de douter qu'à Rome beaucoup de fidèles aient été martyrisés ensemble ÿ. Les cimetières souterrains y ont contenu des tombes sur lesquelles, au lieu de noms, était un chiffre, celui des martyrs dont les cendres ou les ossements y reposaient mêlés. Le poète Prudence, qui visita la ville éternelle à la fin du quatrième siècle, à

1. Ibid., 9, 3-4. — Eusèbe parle ailleurs de quarante hommes décapités un même jour, en 310, par l’ordre de Maximin Daia; De mart. Pal., 13.

2, Lactance, De mort. pers., 15.

3. Saint Grégoire de Nysse, Oratio II in XL martyres. — Il est impossible de ne pas rappelerici le massacre, probablement à la fin du troisième siècle, de la legio Thebaea (voir Ruinart, p. 290). Quel que soit le nombre des soldats qui la composaient (probablement un simple détachement, veæillatio), ils devaient être plusieurs centaines. Malgré les objections opposées au récit de saint Eucher, je ne crois pas que le fait soit douteux pour le fond, encore que beaucoup de détails soient inventés. Voir La Persécution de Dioclélien, 3° éd., t. À, p. 23 et {. II, p. 351-383. — 4. Voir plus haut, p. 65. — Qu'on ne dise pas que ce fait est peu croyable : ces exécutions en masse restérent dans les mœurs romaines. En 399, raconte l'historien paien Zosime (V), sept mille Barbares réfugiés dans une église furent ainsi brülés

à Constantinople. — 5. Voir les traditions recueillies par De Rossi, Roma sotterranea, t. 11, p. 135-161, 176-179, 231.

une époque où les tombeaux des martyrs étaient en place et intacts, et où l’on connaissait le sens des inscriptions qui s’y lisaient, raconte ainsi ses impressions à l’un de ses amis d'Espagne : « J'ai vu, dans la ville de Romulus, d'innombrables sépultures de saints. Veux-tu connaître les noms écrits sur chacune d'elles? I1 m'est difficile de te répondre, tant fut nombreuse la population de justes qu'immola une fureur impie, alors que la Rome troyenne adorait ses dieux nationaux. Beaucoup de tombes sont parlantes, et nous racontent le nom ou l'éloge du martyr. Mais il est aussi des tombes silencieuses, que ferment des marbres muets, marqués d’un seul chiffre. On peut connaître par lui le nombre des corps anonymes qui gisent-là amoncelés. Je me rappelle avoir appris ainsi que sous une seule pierre étaient enfermés les reliques de soixante hommes, dont les noms sont connus du Christ seul, qui les a tous unis dans son amour !. » Les martyrs ainsi enterrés ensemble, sans qu'on ait pu recueillir leurs noms, avaient très probablement été immolés en

1. Prudence, Peri Stephanôn, XI, 1-16. — Le témoignage de Prudence n'est plus accepté par tous les critiques. Les chiffres lus par . lui seraient de simples numéros d'ordre, servant à la classification des tombes, et auraient été pris à tort par le poète pour l'indication de groupes de martyrs. Voir Delehaye, article Sanctus, dans Analecta Bollandiana, 1. XVIIT, 4909, p. 196. M. de Rossi a publié une épitaphe anonyme de 407, sur laquelle est seulement gravé un chiffre : N. xxx. Elle s'applique à un simple loculus, dans lequel on imaginerait dif. ficilement, en effet, trente martyrs enterrés ensemble. Voir son sage et prudent commentaire, Inscriptiones christianae urbis Romae, t. I, p13-4. Cependant il ne me semble point probable que Prudence, si près encore des événements et des traditions, se soit toujour: . trompé. A l'époque où il visita les catacombes romaines, on n’avail

pas cessé d’y enterrer, elles étaient fréquentées par les familles. et par les pèlerins aux jours anniversaires des simples défunts et suitout des martyrs, et l'on ne devait pas avoir oublié la signification des chiffres gravés sur quelques tombes.

troupeau, gregatim, pour employer une expression de Lactance. Dans les poèmes épigraphiques dont il a orné les catacombes, le pape Damase fait allusion à des sépulcres contenant les corps entassés de martyrs, Hic congesta jacent!, et célèbre dans le cimetière de Thrason un groupe de soixante-douze chrétiens immolés le même jour?. Les pèlerins qui, au septième siècle, vinrent de loin visiter les catacombes romaines, dont les tombes n'avaient point encore été ouvertes, ni les inscriptions enlevées, ont vu aussi de ces groupes anonymes : un de soixante-deux martyrs, un de trois cent soixante-deux, dans les cimetières de la voie Salaria nova $, un de quatre, un de trente, un de quarante, dans le cimetière de la voie Labicane #, un de quatre-vingts dans le cimetière de Ja voie Appienne °. En rappelant ces chiffres, qui appartiennent à Rome seule, nous ne devons pas oublier que Rome ne fut pas la ville où il y eut le plus d’exécutions en masse, et que, surtout dans la dernière persécution, elles furent autrement fréquentes en Orient.

Si des martyrs qui ont succombé au supplice nous passons aux confesseurs de la foi qui ont encouru diverses condamnations, bannissement, déportation,

4. De Rossi, Roma sotterranea, t. II, p. 22-24 et pl. I, I À, II.

2, De Rossi, Inscr. christ., t. 11, p. 84, 87, 401, 421.

3, Epilome de locis SS. marlyrum, dans De Rossi, Roma solterranea, t. I, p. 176. Ex

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