Origène, Contra Celsum, II
légitimement devant Dieu. Les esclaves païens étaient attirés doucement à la foi. « Les fidèles, écrit un apologiste du second siècle, persuadent, par affection, à leurs serviteurs et à leurs servantes de se faire chrétiens avec leurs enfants, et, quand ils le sont devenus, les appellent sans distinction des frères!. » On était parfois obligé d'avertir ceux qu'un pareil traitement, siinaccoutumé pour des gens de leur classe, aurait rendus orgueilleux ou insolents. « Que les esclaves qui ont des fidèles pour maîtres, écrit saint Paul, ne les méprisent pas parce qu'ils sont des frères, mais au contraire les servent mieux, parce qu'ils sont des fidèles et des bien aimés, participant aux mêmes bienfaits ?. » Et saint Ignace, sur la route du martyre, écrivait à saint Polycarpe : « Ne méprise pas les esclaves, mais qu'eux-mêmes.. ne se gonflent pas d’orgueil$. » On voit combien l'Église, en s’efforçant d’adoucir la condition de ces. parias du monde antique et de les préparer de loin à l'affranchissement futur, avait besoin de ménager les. transitions : si elle n’y avait veillé d'aussi près, l'orgueil et l'esprit de révolte auraient facilement pris la place des vices dont elle les guérissait.
Ces soins maternels ne furent pas perdus. Il se rencontra parmi les esclaves des chrétiens admirables. On en vit beaucoup exercer dans les maisons. où ils servaient un véritable apostolat, et convertir au christianisme leurs maîtres païens “. Le polémiste:
4, Aristide, Apol., 15.