Acta S. Justini, 4, dans Ruinart, p
rieur, où aux plus lourdes tâches de l'industrie : d'autres étaient investis de fonctions administratives, géraient les domaines de la couronne ou le patrimoine personnel du souverain, occupaient des emplois dans les bureaux de la chancellerie impériale ou même dans la magistrature provinciale !. Il y en avait donc de tout à fait misérables, comme il y en avait qui possédaient un gros pécule : on connaît un affranchi de Tibère qui prêta au roi juif Hérode Agrippa un million de deniers?. Mais, même frottée d’or, la tache servile ne s’effaçait pas: l’esclave de César demeurait soumis à tous les caprices du despote qu'il servait; l'affranchi, c'est-à-dire l’ancien esclave, lui demeurait attaché par les liens d’une étroite dépendance. Dès l’origine, il y eut des chrétiens aux divers étages de cette domesticité impériale. Saint Paul, dans une lettre écrite de Romeentre 62 et 64, envoie aux fidèles d’une ville de Macédoine le salut « des saints qui sont dans la maison de César$, » c'est-à-dire des serviteurs chrétiens du palais.
Les cadres de la domesticité impériale ne changeaient probablement pas beaucoup. Chaque souverain trouvait les divers emplois du palais de son prédécesseur occupés par des serviteurs expérimentés, qu'il gardait le plus souvent, en se contentant de leur adjoindre ses propres esclaves ou les gens de sa confiance. Aussi arriva-t-il que le flambeau de l'Évangile, allumé dans le palais dès le temps de Néron, ne cessa de s’y transmettre de règne en règne, par une sorte de tradition héréditaire. Malgré les
1. On voit, daris une ville de Phrygie, un esclave de l’empereur investi par le proconsul des fonctions d'i irénarque. Chapot, {a Province romaine proconsulaire d'Asie, 190%, p.261.—9, Josèphe, Antiq., XVIII, 6. — 3. Aondçovta t dp&s MAVTEs oi dytor, Lékota DE où x Th Kaioapog oixiaç. Saint Paul, Philipp., 1v, 22.
épurations sanglantes que firent quelquefois parmi eux les empereurs, il y eut toujours des Césariens chrétiens. On les trouve toujours nombreux, et même en grande faveur. Il y en a sous Marc Aurèle!; il y en a beaucoup plus encore sous Commode?. Il y en a sous Septime Sévère#, dont le fils Caracalla fut élevé par une nourrice chrétienne, lacte christiano
educatus À : saint Irénée parle, à cette époque, des fidèles qui sont à la cour de l’empereur, et ont le
soin de son mobilier ÿ : probablement sous le même règne vivait ce jeune page, Alexamène, A/examenos fidelis, qu'un camarade représenta, sur une muraille du paedagogium du Palatin, adorant un crucifix à tête d'âne. Ils servaient en grand nombre dans le palais d'Alexandre Sévère, si favorable aux chrétiens”, et dans celui de l’empereur Philippe, peutêtre chrétien lui-même : c’est l'époque où l'on voit en Afrique, par un abus que condamne saint Cyprien, des évêques mêmes remplissant des charges d'’intendants du domaine impérial$. Au commencement du règne de Valérien, avant que celui-ci se fit persécuteur, le palais impérial était, nous dit-on, si plein de chrétiens qu’il ressemblait à une église’. Les serviteurs chrétiens du palais étaient surtout nombreux et influents dans les premières années du règne