Acta S. Justini
2. Philosophumena, IX, 11. — De Rossi, Inser christ. urbis Romae, 4, 3, n° 5, p. 9.
3, Bull. di archeologia cristiana, 1863, p. 83.
4, Tertullien, Ad Scapulam, 4.
. Saint Irénée, Haeres., IV, 30.
. Bullettino di archeologia cristiana, 1863, p. 72; 1867, p. T5.
, Eusèbe, Hist. eccl., VI, 28.
. Saint Cyprien, De lapsis, 6.
, Saint Denys d'Alexandrie, lettre à Hermammon, dans Eusèbe, His st. eccl., VIX, 10. {
de Dioclétien : ils périrent en foule au début de la persécution !. Quelle que fût l'opulence de plusieurs de ces Césariens, et à quelque degré de faveur qu'ils fussent parvenus, ils demeuraient exposés, à cause de leur foi, aux pires disgrâces : vous vous souvenez d’un édit de 258 déclarant que ceux d’entre eux qui professent la religion chrétienne verront tous leurs biens confisqués, et seront dispersés dans les divers domaines du fisc, pour y travailler la terre ?.
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Les petites gens de condition libre occupaient dans l'échelle sociale une piace à peine plus élevée que les esclaves. On ne les comptait point parmi les « honnêtes gens, » honestiores, qui comprenaient seulement les membres de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie : les jurisconsultes les appelaient « les humbles, » « les petits, » humiliores, lenuioresÿ, et la différence des conditions sociales se marquait, en cas de crime ou de délit, par la différence des peines #. La seule compensation à une aussi criante inégalité, c'est que les humbles profitaient de cette sorte de socialisme pratique, dont la politique romaine avait fait un moyen de gouvernement. Comme
1. Eusèbe, Hisé. eccl., VIN, 6; Lactance, De mort. pers., 15. 2, Saint Cyprien, Ep. 80. Voir plus haut, p. 104.
3. Duruy, Formation historique des deux classes de ciloyens ro-
mains désignés dans les Pandectes sous les noms d' « honestiores » et & « humiliores, » dans Histoire des Romaïns, t. VI, Appendice J, P. 629; Camille Jullian, art. Honestiores, dans le Dict. des antiquités, fasc. XXIII, p. 235.
4. Digeste, XLVIHI, xx, 9, S 41; 98, $ 2; 11; 38, S 8; Paul, Sentent., V, xx,2, 5; XXI, 2, xx, 1, 4, 43, 14, 16, 48, 49; xxv, 1, 2, 7, 8, 10, 12; XXVI, 4, 35 XXIX, 1; XXX, 4.
les petits métiers, que la concurrence du travail esclave rendait peu productifs, ne suffisaient pas à les nourrir, ils étaient admis aux-distributions de vivres que l'État ou même les riches citoyens prodiguaient : et comme beaucoup ne travaillaient même pas, et, contents de cette maigre pitance, vivaient oisifs, on amusait leur oisiveté par des spectacles gratuits. Disons, à l'honneur de la nature humaine, qu'il y avait dans le menu peuple romain des gens à qui ce bonheur presque animal ne suflisait pas. Ceux-là, qui, sans même s’en rendre compte, souffraient de vivre dans un ordre économique faux et mauvais, se précipitèrent en foule vers l'issue que l'Église chrétienne vint leur ouvrir. Dans la société nouvelle que celle-ci constituait déjà, ils trouvaient la satisfaction de besoins de l’âme jusque-là comprimés : ils trouvaient aussi la sécurité des intérêts matériels, car l'Église, qui condamnait l'oisiveté!, s'efforçait d'assurer à ses fidèles les moyens de vivre en travaillant ?.
Lorsque saint Paul, vers l’an 58, écrivit aux fidèles de Rome, il termina sa lettre par une série de salutations adressées à ceux d’entre eux qui lui étaient déjà connus : les uns, comme-« les gens de la maison de Narcisse » et « les gens de la maison d’Aristobule » sont des esclaves convertis à la foi : la plupart des autres, à en juger par leur nom, sont ou d’origine servile ou au moins de très petite condition. Le célèbre récit de Tacite sur les martyrs de l’an 64 montre que tel était bien le fond de la population
Saint Paul, I Thess., 1v, 11; II Thess., 111, 49, 44, 42, . Voir Didaché, 12; Const. apost., IV, 9. Û . Saint Paul, Rom, xvI.
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chrétienne de Rome à cette époque. Vous vous souvenez que dans l'été de 64, à la suite du terrible incendie qui dévora dix régions de Rome sur les quatorze dont se composait la ville éternelle, et que Tacite attribue soit au hasard, soit à la scélératesse de Néron!, celui-ci essaya dedétourner, par un affreux calcul, les soupçons du peuple sur les chrétiens. Je n'ai pas à refaire ici la narration si pathétique"dans laquelle le grand historien décrit l’agonie des chrétiens donnés en spectacle à la foule, soit que, enveloppés de peaux de bêtes, on les fit poursuivre par des meutes de chiens, soit que, enduits de poix et empalés, on les fît flamber comme des torches ?. Mais je ferai remarquer que le récit de Tacite suppose les seuls chrétiens de basse condition impliqués dans ce procès mensonger et punis de ces épouvantables supplices. Les supplices employés furent « ceux qui joignent la moquerie à la cruauté, » pereuntibus addita ludibria : ils n'ont aucun rapport avec le genre de mort réservé aux personnes d’un rang élevé. Une peine que le pape saint Clément nous apprend avoir été, dans cette terrible crise de l'Eglise de Rome, infligée aux chrétiennes, — un rôle outrageant dans une parodie mythologique, se terminant par leur égorgement*, — ne pouvait avoir pour victimes que des personnes qui, selon la dédaigneuse expression du droit romain, ne comptent pas, rzullum caput habent, esclaves ou plébéiennes de la condition la plus basse. Tout démontre que les premiers martyrs,