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honneur de n'ètre qu'une capitale comme les autres. Il contemple, il aime, il jouit, il chante à son aise, mais qu'il se hâte, lui aussi, car l’orage vient!
De fait, il vit Pie IX obligé de fuir, il le rejoignit un moment à Gaëte, puis retourna en France; les bonneurs l'y attendaient. A Bordeaux, on lui offrait une chaire dans la faculté officielle de théologie; à Paris, même proposition, suivie d'une autre un peu plus étrange. Mgr Sibour et son grand vicaire l'abbé Darboy songeaient à lui pour diriger, à l’encontre de l'Univers, un Moniteur catholique. Mais Gerbet n'avait gardé de l’école mennaisienne que la tradition première et pure, l'ultramontanisme des beaux jours. Dix ans passés à Rome n'étaient pas pour amoindrir ses convictions, et on ne le voit guère faisant campagne contre L. Veuillot avec les semi-gallicans” d'alors. Sa place était marquée par la Providence aux côtés de son vieil ami Mgr de Salinis, devenu évêque d'Amiens. C'est là qu'ils apprirent la mort de La Mennais. À la nouvelle, Gerbet n’eut qu'un cri: « Seigneur, grâce et miséricorde! » Et que pouvait-il bien dire de plus? |
Cependant ses beaux écrits, ses hautes relations, son grand rôle dans plusieurs conciles provinciaux (1), le désignaient comme nécessairement pour l'épiscopat. En 1854, il fut nommé à Perpignan. Comment ne pas rappeler ici un incident pénible? Montalembert déclina l'invitation de paraître au sacre du prêtre illustre qui avait, dix-huit ans plus tôt, béni son mariage. Entre les deux compagnons d'armes, la politique avait, sinon creusé un abime, du moins élevé une barrière qui ne s'abaissa plus.
(1) Ceux de Paris, de Soissons, d'Amiens,
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Comme Salinis, Gerbet avait accepté, avec une chaleur de confiance peut-être excessive, le coup d'État et l'Empire; en 1854, ni l’un ni l'autre n'étaient encore désabusés.
Is le furent à leur tour; la « question romaine » les jeta dans une opposition, non point d'intérêt ou d'humeur, mais toute religieuse et de conscience,
Tandis que Salinis, un des favoris de la première
heure, se voyait honorablement relégué dans la loin-
taine métropole d'Auch; à Perpignan, Gerbet com- L battit le bon combat contre le Charlemagne de ses espérances, devenu, par utopie et faiblesse, le com-
plice des Astolphe et des Didier. Comme les évêques d'Orléans, de Poiliers, de Nimes, il prit un rang L d'honneur parmi les champions de la royauté pon- | tificale et les vigilants dénonciateurs de l'irréligion croissante. Avec les deux derniers surtout, il fit bonne guerre au semi-naturalisme qui obscurcissait pour quelques nobles esprits les relations normales de l'Église et de l'État. Nous savons déjà que, dès 1860, il avait formulé et censuré, comme juge de la foi, 85 propositions qui forment son Syllabus épiscopal (1).
Mais le temps nous manque pour appuyer sur les écrits de l'Evêque. On a dit d’ailleurs, et, selon nous, c’est justice, que, malgré leur haute valeur, ils ne font pas son plus beau litre (2). Aussi bien allonsnous rencontrer les mêmes questions traitées par d’autres avec plus d'éclat encore et de puissance. Quant à lui, qu'il reste et brille dans la littérature
(4) Instruction pastorale sur diverses erreurs du temps présent. 23 juillet 1860. OEuvres de Mgr Gerbet, évêque de Perpignan, première série, t. 11, p. 13 et suivantes.
(2) H. Bremond : La Pensée chrélienne. Gerbet, p. 153.
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