‹ Dix-neuvième siècleChapitre 11 sur 63 · AT · texte numérisé non relu

AT

catholique du siècle, comme auteur de Rome Chrétienne, des Vues sur la Pénitence et du Dogme généraieur. Avec un moindre nombre de pages exquises plus d'un nom s'est fait immortel. Et faut-il vraiment tant de volumes pour s'affirmer grand écrivain, mais surtout grand serviteur de la vérité ?

Mgr Gerbet ne vit ni la spoliation du Pape ni les désastres de la France. Il mourut en 1865.

Mer Pannes (1813-1875). — Du semi-gallicanisme au très pur sens catholique. — L'enseignement de l'Écriture Sainte à Lyon — Les Poètes bibliques. — Les conférences à Notre Dame de Paris (1847-1849). — L'épiscopat (Nîmes 1855)" Défense du pouvoir temporel, de l'Infaillibilité pontificale: — Longue guerre aux erreurs courantes. — M£: Plantier ct le cardinal Pie.

Dans la belle vie de Mgr Plantier, évêque de Nimes (1855-1875), il y a lieu, ce semble, de remarquer avant tout, sinon la conversion, du moins le” mouvement progressif qui l'élève au sens catholique le plus pur, le plus intransigeant, le plus intrépide. M Son éducation théologique aux Chartreux de Lyon et — nous le savons de lui-même — sa passion juvénile pour Bossuet 1 avaient quelque peu attaché au préjugé gallican. L'étude et la réflexion lui montrèrent que les Quaire Articles ne sont pas même l'écho fidèle de la tradition francaise En même

temps, l'attrait personnel de Pie IX et les malheurs de la Papauté contemporaine gagnèrent SOn CŒur.

Ainsi le Prélat qui, tout d'abord, avait inquiété les

“ri

DORE” £ PE m QUELQUES GRANDS ÉVÉQUES 29

Nimois par son renom de semi-gallicanisme, se fit bientôt, non seulement l’un des chevaliers du pouvoir temporel, mais l’un des plus hardis promoteurs de la définition vaticane. Par suite, ce modéré de tempérament et d’attitude, plus favorable, un temps, au pâle Ami de la Religion qu'à l'Univers, devint et demeurera un des redoutables polémistes de l’époque, un prélat « fougueux », selon le style officiel du second Empire. Action manifeste de Dieu sur une âme très droite et un éminent esprit.

A part ce mouvement de retour à la vérité toute pure, les analogies sont frappantes entre Mgr Plantier et le plus grand des évêques d'alors, Mgr Pie (1). Si l'opposition mesquine de Thiers n'eût empêché Pie IX de les créer cardinaux ensemble (1873), on aurait vu dans cette promotion simultanée un grand à-propos en même temps qu'une grande justice. Elle eüt couronné, par-dessus tout, deux mérites semblables, éminents de part et d’autre : énergie à défendre les droits spirituels et temporels du Saint- Siège, sagacité vigilante à démasquer et à confondre les erreurs doctrinales du temps.

Henri Plantier était né en 1813, aux environs de Belley, dans les dépendances d'un château où son père exerçait les fonctions de jardinier (2). Du petit

(1) On les trouve développées dans l'excellente biographie du premier : Vie de Mgr Plantier, évéque de Nimes, par l'abbé J. Clastron, t. I, p.513 et suivantes.

(2) D'un esprit fort au dessus de sa fortune, M. Plantier père ne devint pas seulement une quasi célébrité dans son art. Il se montra, dans l'occasion, capable de bien conseiller son fils en matière de littérature, voire même d’administration diocésaine. Ainsi les deux illustres prélats que l’on vient de rapprocher se ressemblent encore par la modestie de leur origine et par la vénération dont ils entourèrent jusqu’à la

Page 1