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Villemain n'osa le soutenir contre les colères soulevées par ses libres jugements sur Voltaire et les philosophes du dix-huitième siècle. Il fallait respecter encore ces dieux-là.
Mais après tout ce qui précède, on voit si, en 1844,
l'abbé Dupanloup avait compétence et qualité pour.
élever la voix en faveur de la liberté d’enseignement. Au reste. l’occasion s’offrait d'elle-même. Le duc Victor de Broglie, rapporteur du second projet Villemain devant la haute Chambre, avait traité de fort haut les petits séminaires; il n’en voyait pas
même l'utilité. Qui s’étonnerait que le supérieur.
déjà renommé prit en main leur cause? Il entrait ainsi de plein droit dans cette carrière de militant, de polémiste, la vraie vocation de sa nature et le champ de ses meilleures victoires.
De fait et au regard de la littérature comme à tous les autres, ses deux Lettres au duc de Broglie doivent compter parmi ses meilleurs écrits. La première est une digne et vigoureuse apologie de la science cléricale. Le maître chrétien offre sans peur de mettre ses élèves parisiens, et même ceux des provinces, aux prises avec ceux du plus célèbre lycée ; il n'y veut que deux conditions : la joute embrassera tout le programme des études et engagera, non seulement élite contre élite, mais classe entière contre classe entière. On sait trop par quel dressage l'Université forme, aux dépens de la foule écolière et des privilégiés eux mêmes, ces jeunes spécialistes qui lui serviront d’enseigne aux Grands Concours. Le rapporteur estimait que si l’enseignement devenait libre, les études descendraient partout aussi bas que dans les petits séminaires. L'abbé Dupanloup malmène vertement cette hypothèse
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