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injurieuse. Mais comment nous défendre ici d'un
triste retour? Grâce à l'insuffisance de la loi Falloux, et parce que l'Université gardera plein pouvoir sur les examens et les programmes, l'hypothèse se :réalisera en sens inverse dans les institutions catholiques trop peu libres ; les études baisseront fatalement avec celles des institutions d'Etat. À vrai dire, on à bien osé, en 1879, soutenir le contraire et accuser nos collèges chrétiens d’avoir entraîné l'Université dans leur décadence. Mais il n’y fallait pasmoins que l'ignorance et l’impudence d'un Jules
Ferry. Qui donc, même depuis 1850, gouvernait
l'instruction en France ? Qui était forcé de suivre et d'obéir ? Qui est responsable en fin de compte? Ici, question vaut réponse : n'insistons pas.
Mais en 1844, le très honorable duc de Broglie semblait, par endroits, aussi mal informé que devait l'être, à son heure, l'avocat franc-macon, auteur du fameux article 7. Ne trouvait-il pas simple que les prêtres futurs grandissent pêle-mêle avec le reste de la population scolaire, à la mode draconienne de 1811? Ne se figurait-il pas les Ordonnances de 1828 comme élaborées, en toute liberté d'esprit et d'âme, par les gens les plus vertueux du royaume ? Dans sa seconde lettre, l'abbé Dupanloup lui Ôtait cette double illusion. Il] montrait avec ampleur et vigueur la nécessité intellectuelle, mais surtout morale, de préparer de loin les apprentis du Sacerdoce, de leur épargner certains contacts périlleux à leur vertu, à leur foi mème. Pour ceux d’entre eux dont la vocation demeurerait incertaine, il démontrait avec une véritable éloquence l'iniquité du projet Villemain qui leur imposait deux ans d'études universitaires avant de leur accorder un
x COPIE RE ST , À + :
diplôme et la possibilité de se faire un sort. Quant aux tristes Ordonnances, il en refaisait l’histoire exacte. Mgr de Quélen n'y avait eu aucune part ;
Frayssinous avait refusé sa signature ; Mgr Feutrier n'avait accordé la sienne qu'aux supplications
du pauvre roi Charles X, terrifié lui-même et
croyant ne pouvoir conserver autrement son minis=
tère. Pures « concessions arrachées à la faiblesse, concessions funestes qui n’ont jamais sauvé et ne sauveront jamais les États ». Voilà le vrai.
Qui relira ces deux ZLeltres au duc de Broglie, les jugera parfaitement dignes, sobres, nobles, élevées, fortes et courtoises à l’adversaire. Trop courtoises,
pensait alors Montalembert. « Vous lui parlez trop : de votre respect et de votre reconnaissance », écrivait-il à l'auteur devenu récemment son ami. Le. polémiste se doublail déjà quelque peu d’un diplo-
mate, et les ennemis de l'Église apprirent à redouter la plume de l'abbé Dupanloup.
Les événements marchent cependant, la lutte se déplace, elle s’égare ; les Jésuites sont à l’improviste poussés dans l'arène et autour d’eux, quelle fan-
tasia tragi-comique se joue! Michelet et Quinet font rage, Thiers interpelle le ministère, Guizot envoie
à Rome un négociateur officieux chargé d'obtenir la
suppression de la Compagnie en France; là seulement est le côté sérieux et redoutable de l'épisode. On en sait la fin : les Jésuites se sacrifiant, mais sacrifiés en apparence; la joie insultante des ennemis de l'Église, la tristesse de ses amis et leurs frémissements contenus (1). Au lendemain de cet échec de
(4) Je rappelle en hâte ces choses déjà dites à propos de Montalembert (T. IV de cet ouvrage, p. 209 et suivantes).