VIII AVANT-PROPOS
tendre, assez simple d'ailleurs pour vaquer bonnement au ménage d'une pauvre gentilhommière de province; mais surtout maternellement dévouée à ce frère pour lequel elle écrivait et qui, semble-t-il, ne l'égalait pas. — Il faudrait encore s'arrêter quelques moments au Récit d'une Sœur, entrer, avec madame Craven, chez ces La Ferronays dont elle était fille, dans cette famille d'élite où tout est noblesse, piété, saintelé même, Après ce livre touchant el sacré, aurions-nous approuvé la narratrice de donner, comme elle l'a fait, quelques romans? Non, peut-être, encore bien qu'ils aient leur mérite et que l’un d'eux, au moins, ait charmé | Veuillot lui-même. Serais-je donc ennemi des belles choses? En tout cas, je ne puis me défendre d'estimer que l'on aurait eu bonne grâce à briser la plume qui venait d'écrire ce Récit tout fait de documents authentiques, chastement romanesque au début, austère et saint dans la seconde moitié. Venant à la suite, une œuvre d'imagination risquail trop de pâlir, et l'auteur perdait, selon moi, quelque chose de son prestige, à devenir le moins du monde femme auteur. — Telle est bien pourtant une autre personne à laquelle J'aurais volontiers consacré quelques pages, Marie Jenna, de son vrai nom mademoiselle Cécile Renard. Et j'aurais moins loué ses poésies, élégantes cepen- 7 dant, pures et pieuses, que ses opuscules en prose « el, plus que le resle, un tout pelit livre intitulé Paroles d'une croyante, moins puissant — qui en doute? — mais bien autrement vrai, sain el agréable que les trop fameuses Paroles d'un croyant. :
Autant de sacrifices à faire; il y en a d'autres en-