‹ Dix-neuvième siècleChapitre 25 sur 63 · première partie de la célèbre brochure sur l'Ency · texte numérisé non relu

première partie de la célèbre brochure sur l'Ency

clique et la Convention du 135 septembre, il admirera ce pacte étrange où le berger, négociant à l'amiable, se déchargeait sur le loup du soin de l'agneau (1).

(1) On sait que la seconde partie de la brochure est consacrée à l'explication de l'Encyclique Quanta cura et du Syllabus y annexé. D’aucuns ont reproché à l’auteur de défigurer ou de dénaturer le document pontifical. Disons simplement

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La Lettre et le Post-scriptum à Ralazzi sur les entreprises garibaldiennes de 1867 et la grossière comédie jouée alors par les ministresitaliens, lui apprendront, s’il l’ignorait, à quelle énergie désespérée d'accent l'indignation peut faire monter l’âme hu= maine, la lyre humaine, allais-je dire ; elles lui rendront quelque chose du frémissement qui soulevait alors l'opinion universelle et qui forca Napoléon III de laisser faire Mentana comme il avait laissé faire Castelfidardo.

Dès 1860, Mgr Dupanloup avait publié, non plus un factum de circonstance, mais tout un livre sur la Souverainelé pontificale (1). Entrepris dès les premières menaces, l'ouvrage avait été devancé par les premiers coups et augmenté des protestations nécessaires. De là, quelque disparate dans l'ensemble;

“mais en pareille matière, c'est bien peu de chose

que la question d'art. Aussi bien les parties de valeur abondent et quelques -unes sont excellentes. Le Maître divin n'a pas constitué au « batelier de Gali-

que ces deux termes seraient excessifs. Avec toute l'attention possible et sans aucune complaisance pour ce qu'on appelle le libéralisme catholique, je relis la partie incriminée et n'y trouve aucune altération ou diminution formelles de la doctrine rappelée indirectement par Pie 1X. De vrai, Mgr Dupanloup, s'il n’affaiblit pas le coup porté à l'erreur libérale, se travaille, sur la fin, à le détourner de certaines personnalités qui lui sont chères. Sans le dire, il donne à entendre que ni Montalembert n’est censuré pour son discours de Malines, ni aucun autre des brillants écrivains qui militaient sous le même drapeau. J'ai cité ailleurs la lettre où, quelques jours avant la brochure épiscopale, Montalembert s'avouait lui-même atteint et mis en demeure d'obéir (t. III de ces Esquisses, p. 249, 250). Dans ce premier mouvement qui l’honore, l’illustre laïque était plus près de la vérité que le prélat.

. (1) La Souveraineté pontificale, selon le droit catholique et le droil européen.

1 e » une royauté temporelle; mais après que, par un miracle manifeste, l'Église s'est établie en dehors et à l'encontre de toutes les forces humaines, elle rentre, pour ainsi dire, sous la loi de la Providence ordinaire, et cette royauté se prépare, elle s'impose par le travail lent des circonstances. Grands propriétaires, défenseurs de l'Italie parmi les ruines de l'Empire, les Papes sont rois de fait avant de l’étre de nom ; ils le sont sans l'avoir voulu et contraints par les supplications des peuples. Voilà l’origine de leur pouvoir; mais quel n'en sera pas l'avantage ! Indépendance pour le roi spirituel du monde, pour la conscience chrétienne, laquelle ne se sent libre que par la liberté de son chef; indépendance, au dehors, à l'égard des jeunes royautés nées du démembrement de l'empire ; indépendance, au dedans, à l'égard du peuple même au sein duquel vit la Papauté. Otez aujourd'hui le Pape : que devient Rome (1) ? Que devient l'Italie? Croyez-en les plus intelligents de ses fils : un César Balbo, un Silvio Pellico, un Maxime d'Azeglio. Que devient l'Europe même? Chose étrange et frappante : que devient le Protes-

tantisme ? car il ne vit que du Catholicisme, de la { :

Papauté, comme le lierre vit de l'arbre qui le soutient:

Après ces considérations générales, les faits contemporains Et tout d'abord la pensée de l'écrivain se reporte dix ans en arrière, à cette date de 1849, où les Falloux, les Montalembert et autres, animaient la France à maintenir l’œuvre de Charlemagne (2).

(1) L'auteur ne la voit que comme le chef-lieu d'une république mesquine jusqu'au ridicule. A l'heure où il écrit, la pensée ne lui vient pas encore d'une Italie une et monarchique sous le sceptre piémontais.

(2) En résumant le beau discours de Montalembert sur les

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Que s'est-il donc passé depuis? Pourquoi y a-t-il aujourd’hui une « question romaine »? Les principes ont-ils changé, ou même les situations? Non, rien de nouveau, que le Piémont persécuteur et l’Angleterre au moins complice. Le Piémont, c’est surtout Cavour ; l'Angleterre, c'est Palmerston, et ces deux hommes néfastes sont traités selon leur mérite en quelques chapitres pleins de bon sens et de vigueur.

La fin du livre semble un double appendice né des attentats de la veille et des rumeurs du jour. On ne veut, dit-on, qu'amoindrir les États de l'Église; mais quel droit nouveau est-ce là, quelle menace pour ce qu'on feint de vouloir épargner encore! On demande des réformes à Pie IX; mais n’a-t-il pas accordé le possible ? Et quelle concession désarmerait la haine, à peine hypocrite, qui parle de réformer et se cache mal de vouloir détruire ? Ici du reste et. ailleurs, l’évêque a dit leur fait à ces catholiques naïfs qui trouvent le moment bon pour critiquer en tout respect le gouvernement pontifical, à ceux qui voient dans la spoliation un allègement et une force pour la suprématie spirituelle. Par les aveux d’un Mazzini, d'un Manin et d’autres docteurs ès sciences révolutionnaires, il a montré jusqu'à l'évidence que cette suprématie est en cause, que, si l’on détrône le Pape, c'est pour abolir la Papauté.

conditions du retour de Pie IX à Rome (19 octobre 1849), Mgr Dupanloup nous apprend un détail curieux. Quand l’orateur argumentait si noblement de la faiblesse de l'Eglise: quand il assimilait celui qui en abuse à l'homme qui lutte contre une femme ; il n’était pas absolument original. Avant lui et devant lui, Thiers avait énoncé cette double idée. Montalembert garde au moins la propriété du mot final, du plus beau : « L'Eglise est plus qu'une femme, c’est une mère. » Pour la trouver il fallait ce que Thiers n'avait pas, un cœur de croyant et de fils.

Quant à lui, la foi, la justice, l'honneur catho-

- lique et français, les lettres même, lui sauront à 4

jamais gré de l'avoir, en ce temps-là, si bravement 4 défendue. Se 3

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#4 La conspiration antichrétienne dénoncée à l'opinion. — Aver- Fe

| tissement à la jeunesse el aux pères de famille (1863). — | . L'athéisme et le péril social (1866). — Le ministre Duruyet E l’enseignement universitaire des jeunes filles (1868). — Le 2 centenaire de Voltaire (1818). — Conclusion. | 2h

Le 22 juillet 1871, l'évêque d'Orléans, devenu député du Loiret, faisait son premier discours devant l'assemblée de Versailles. Pour ce même pouvoir L temporel abattu depuis dix mois, il réclamait au moins l’appui moral de la France, abattue ellemême (1). Aux gens qui feignaient de craindre une réaction cléricale, il répondait : « Vous osez direque la Religion vous menace... Malheureux! Elle vous manque. » Il aurait pu ajouter : « La faute n'enest É pas à moi. » Er Pendant les dix dernières années de l'Empire, 1250 avait sans relâche dénoncé le mouvement d’impiété : ê radicale qui, à l'ombre de la « question romaine»et avec la déplorable connivence des gouvernants, pré- 5 - parait ce que nous voyons. De là, une dernière série

(1) On lui a vivement reproché de n'avoir pas demandé plus. Mais en vérité, était-ce alors possible et pratique? à J'avoue n’arriver pas à m'en convaincre, et l'on verra plus loin que Mgr Pie était convaincu du contraire.

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d’écrits aussi honorables que les autres à sa perspicacité, à son zèle, parfois à son talent, je dis surtout à ce talent redoutable d’assembler les témoignages, de les mettre en valeur, d'en accabler l'adversaire comme d’une grêle.

En 1863, parut l'Averlissement à la jeunesse et aux pères de famille sur les attaques dirigées contre la Religion par quelques écrivains de nos jours. Des quatre personnages nommément visés, deux enseignaient au Collège de France : Renan et Alfred Maury; le troisième, Taine, allait enseigner aux Beaux-Arts ; le quatrième était Littré, le médecin érudit et philologue, athée d'opinion, païen de fait, auquel Dieu réservait la grâce du baptême in extremis. En ce moment, il se présentait à l'Académie. Académicien lui-même depuis 1854, le prélat s’opposait à cette candidature, et son Avertissement la fit échouer (1). Quand elle reparaîtra et triomphera en 1872, l’évêque donnera un exemple rare, il sortira le front haut d’une assemblée où l’athéisme aura conquis droit de séance. On a blâmé cette démission ; pour moi, j y verrais plutôt son meilleur titre ou, comme on dirait aujourd’hui, son plus beau geste académique Il fait bon constater que, malgré l'indulgence aux personnes et la pente à un certain libéralisme pratique, Mgr Dupanloup n'entendait pas frayer, même sous couleur de littérature, avec des doctrines qui lui faisaient honte et peur. Son libéralisme, quel qu'il fût, n'allait pas jusqu'à lui figurer l'Académie comme une manière de panthéon, sinon de Babel, où l'agrément du style comp-

(1) Le jour même de cet échec, Mgr Dupanloup crut devoir écrire au candidat évincé une lettre, non pas d’excuses, mais d'explication franche et noble.

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