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qui les rendez nécessaires en abaissant la famille.
jusqu'à la rendre moins capable de son naturel ministère ; mais tel d’entre vous confie secrètement ses filles à quelqu'un de ces couvents qu’il décrie (4). Avec votre littérature et vos mœurs, la femme est, chez vous, tout à la fois adorée et exposée. Or, ce que vous adorez, il vous plaît de l’avilir en l’exposant plus encore! Quoi! vous ne voulez plus de la fille, de l'épouse, de la mère chrétienne! Mais songez donc à vos intérêts personnels et premiers. Quoil vous entendez que la femme soit élevée comme vous, comme l'homme! C'est vouloir qu'elle cesse d'être femme. Il vous plaît qu'elle vous ressemble! « Mais quand elle vous ressemblera, elle vous fera horreur (2). » ,
Après l'instruction universitaire des filles, la Lique d'enseignement eut son tour. Dans un écrit postérieur, moins éloquent peut-être, mais tout aussi riche de documents et de témoignages, l'évêque dé- voila cette nouvelle entreprise, son origine maconnique, ses résultats voulus, inévitables {3). Par occasion, il touchait à d'autres points tels que le matérialisme professé à l'école de médecine de Paris et soutenu au Luxembourg par Sainte-Beuve. Si le
sénateur de lettres y gagnait enfin quelque popula-.
rité parmi la jeunesse impie, deux pages vengeresses la lui faisaient justement payer (4).
(1) On l’a encore vu sous la troisième république. Plus d’un farouche ennemi des congrégations faisait élever ses filles par des religieuses, à l'étranger, hors de la vue de ses amis politiques. Bon sens du père, lâcheté du citoyen.
(2) Nouvelles œuvres choisies, t. IIL, p. 207.
(3) Les Alarmes de l'épiscopat justifiées par les faits.
(4) Nouv. œuvres choisies, t III, p. 306-308. — Cf. le t IIL de ces Esquisses, p. 16, 11.
Dans son numéro de février 5867 — lisez 1867 et admirez cette ingénieuse facon de supprimer l'ère chrétienne — le Monde maconnique applaudissait en une même phrase la Ligue d'enseignement et la souscription ouverte par le journal le Siècle pour gratüifier Voltaire d’une statue. L’évêque d'Orléans avait commencé de travailler sur ce nouveau thème, puis s'en était laissé distraire. La statue existait. Inaugurée en 1870, au moment où les Prussiens marchaient sur Paris, elle avait semblé mise là pour leur faire signe et accueil. En 1878, l'édilité de la Ville-Lumière se piqua d’enché:ir et de faire à l’écraseur de l’Infâme un centenaire triomphal (1). Agé de soixante-seize ans, Mgr Dupanloup n'avait plus que peu de mois à vivre, mais son ardeur n’était pas éteinte. Il courut sus à l’idole, et ses dix Lettres au Conseil municipal de Paris furent «le Rosbach de Voltaire », écrivait le Cardinal Archevêque, Mgr Guibert de grave et sainte mémoire (2). Le triomphe projeté avorta ; l'infatigable avertisseur couronnait par cette victoire son rôle ingrat mais glorieux de Cassandre, de Jérémie plutôt. À certaines heures, il aurait pu s'approprier le mot du Prophète : «C'est une risée de tout le jour, une moquerie universelle, parce que, depuis longtemps, je vais criant iniquités et désastres... Je m'étais dit: Oublions le Seigneur, ne parlons plus en son nom; mais le voilà qui bouillonne comme un feu comprimé dans mon sein, dans mes os, et je défaille, impuissant à le
(1) Voltaire était mort le 30 mai 1778.
(2) À la même époque, le comte A. de Mun les faisait acclamer par la sixième assemblée générale des membres de l'œuvre des Cercles catholiques, 8 juin 1878. (Discours, t. I, Questions sociales, 3° édition, in-18, p. 219, 280).
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contenir (1). » Grâce à Dieu, il ne le contint jamais.
Cette année-là même, il mourait en Dauphiné, chez un ami (11 octobre 1878), laissant l'Eglise honorée par une régularité exemplaire, une foi inconfusible, un zèle ardent. S'il l'avait un moment inquiétée, contrariée dans sa marche providentielle, d’ailleurs et pendant plus d’un demi-siècle, il avait mis au service de cette Mère, avec toutes les ressources d'un esprit vif et brillant, d’un caractère passionné mais chevaleresque, une activité dévorante, parfois impétueuse, force et péril tout ensemble de sa riche nature. Je me trompe, ou c’est par là surtout qu'il faut expliquer les quelques erreurs de sa conduite et les côtés faibles de son talent. Orateur jusqu'aux moelles, trop orateur même en certains cas où on le voudrait théologien et philosophe ; écrivain distingué, mais souvent hâtif et qui s’abandonne ; à défaut d’une œuvre profonde et
vraiment magistrale, les lettres chrétiennes et fran- caises lui doivent quelques opuscules d'une perfection achevée et, cà et là, bien des pages d’une entraînante éloquence. En voilà certes plus qu'il ne . faut pour illustrer un nom. Encore l'illustration littéraire est-elle, ici, la moindre. Educateur éminent, intrépide champion de la royauté pontificale, dénonciateur vigilant, infatigable, de la conspiration contre le Christianisme et la France, Mgr Dupanloup restera l'une des grandes figures de l'épiscopat
(1) Factus sum in derisum tota die; omnes me subsannant, quia jam olim loquor vociferans iniquitatem et vastitatem clamilo… Et dixi: Non recordabor ejus neque loquar uitra in nomine illius, el factus est in corde meo quasi ignis exæsluans claususque in ossibus meis, el defeci, ferre non sustinens. (Jérémie, xx, 7, 8,9.) :
contemporain. Plusieurs diraient la plus grande. Si je ne me sens pas en droit de le dire comme eux, : du moins ne m'accuseront-ils pas, j'ose le croire, de lui marchander l'admiration et la gratitude.
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« J'ai beau regarder et chercher autour de moi; je ne trouve pas un seul homme plus complet que le Cardinal évêque de Poitiers. » Ainsi parlait, devant son cercueil, Mgr Duquesnay, évèque de Limoges (1). - Voilà qui servirait bien d’épigraphe à la trop brève
étude que j'entreprends. Volontiers invoquerais-je
aussi le témoignage de trois Papes. On sait en quelle estime Pie IX tenait l'héritier de saint Hilaire. Léon XIII, qui l'avait fait Cardinal, s’écriait à la nou- velle de sa mort: « J'ai perdu mon bras droiten France. » Et naguère, Pie X disait à un prêtre poi- É Levin : « Ah! Mgr Pie ! un évêque selon mon cœur! a