CES
suite, il écrivait encore : « Je ne saurais assez remercier Dieu de m'avoir fait venir ici, où l’atmosphère catholique est si pure (1). » Pendant plus de vingt ans, ces deux grandes âmes allaient jouir ensemble de la respirer et travailler de concert à la répandre. Là seraient la force et le charme d’une amitié qui ne ferait que grandir avec l'estime réciproque. Longtemps confident et collaborateur discret de l’évêque, plus tard devenu son égal par la
plénitude de l’ordre et son auxiliaire en titre (2), -
Mgr Gay eut la douleur de lui survivre (1880) et de le voir étrangement remplacé (3). Après cinq ans d’efforts pour maintenir la paix du diocèse, il dut quitter une position devenue insoutenable et continuer à Paris le bien qu'il ne pouvait plus faire ailleurs. Il mourut en 1892, laissant quatre ouvrages qui lui mériteront toujours la reconnaissance des croyants et la haute sympathie des lettrés. À défaut d’une analyse impossible, prenons-en du moins l’idée sommaire, et cela dans une intention toute pratique. S'il convient d’être équitable à l’une des plus belles âmes et à l’un des plus beaux talents du siècle, il importe bien autrement d'en tirer toute l'utilité possible. Aussi voudrais-je montrer, d'accord avec Mgr Gay lui-même, pourquoi ses livres sont bons à lire pour ceux-là même auxquels ils ne semblent point adressés.
Le premier en date (1874) porte ce titre : De la vie
et des vertus chréliennes considérées dans l'état reli-
(1) Correspondance, t. 1, p. 304, juillet, 1861, (2) Après avoir deux fois écarté l'offre d un siège épiscopa
en France, l'abbé Gay fut fait, en 1877, évêque d’Anthédon in
partibus.
(3; On peut lire dans sa Correspondance, &. 11, p. 330, sa longue lettre d'avis au pauvre successeur du Cardinal.