‹ Dix-neuvième siècleChapitre 42 sur 63 · SRE LT NET NT NT AUX · texte numérisé non relu

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è RD AR a ER CE ESS ER RES D 4 DIX-NEUVIÈME SIÈGLE admiraient, mais surtout, dans la lutte commune, ils FE pouvaient compter sur cette intelligence hors de pair comme sur un arsenal (1). On comprend d'’ailleurs que pareille érudition ne fût pas au goût des adversaires; elle humiliait trop leur ignorance.

« Mais ils ne savent rien ! » s'écriait un jour l’évêque, entendant la gauche huer, comme une vieillerie barbare, le nom de saint Grégoire de Tours (2). Et tout bonnement, sans pédantisme, il essayait de leur apprendre quelque chose. Plüt à Dieu qu'il lui eût. été possible d'achever l'instruction d’un grand nombre, de commencer même celle de plusieurs !

Que l’on parcoure seulement ia table de ses - Œuvres polémiques : on appréciera, par la diversité même des sujets, l'étendue, la richesse d’un esprit capable d'y suffire. Il est trop naturel que la défense de l'Église ait ici la première place; mais il y a autre chose; mais encore cette défense même doitelle se plier et se replier en cent manières pour suivre, à travers un champ presque indéfini, la stratégie et les caprices de l'attaque. Prenons une année type, l’année 1882. Bataille pour le maintien des prières publiques avant chaque session législa-

(1) M. de Mun le trouvait un jour entouré de livres sur l'art de fortifier et de défendre les places, et l’entendait raïsonner là-dessus, deux heures durant, avec la précision et l'entrain d’un officier du génie. (Comte A. de Mun : Lettre à lPoccasion de la mort de Mgr Freppel, 24 décembre 189%. Discours el écrits divers, t. V, p. 88.) C'était, je suppose, en 188%, alors que l’évêque préparait son beau discours du 28 mai, sur la loi de recrutement, Il y cite, de fait, et le tacticien belge, général Brialmont, et le major de Goltz, et les. travaux du grand état-major prussien sur la guerre de 1870, et bien d'autres choses encore. 3

(2) 11 s'agissait de sainte Geneviève, de son église qu'on délibérait de lui voler, (Discours du 19 juillet 1881.)

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DEUX ORATEURS POLITIQUES m7 + : PET Date tive (26 janvier); — triple bataille autour des cime-

tières que la secte dispute à l'Église (31 janvier,

18 mars, 6 mai), — bataille à propos des congréga-

tions religieuses déjà dispersées, mais dont elle poursuit encore les débris et les dépouilles (27 mars,

15 mai); — bataille sur le terrain scolaire, à l'encontre du projet Marcou, lequel ramène « l’autorisation préalable » déguisée en certificat d'aptitudes pédagogiques (22 mai, 10 juillet); — bataille pour la famille contre le divorce (13 juin); — bataille pour le maintien du serment dans les tribunaux. Une autre année, questions économiques etsociales, questions étrangères aussi, par exemple celle du Tonkin ou de l’Alsace-Lorraine, viendront encore élargir la zone de guerre. Qu’à cela ne tienne ! Le militant saura bien étendre ses lignes et faire front de tous côtés.

Qui sait déjà beaucoup est d'autant mieux doué, d'autant mieux « entrainé », pour apprendre. Par ailleurs, qui apprend avec méthode a toute chance de savoir plus vite et mieux. Or, c'était ici le cas. N’ai-je point cité dans quelqu’une des esquisses précédentes ce mot de Talleyrand à Sieyès ou de Sieyès à Talleyrand : « Mon cher, il n’y a, pour bien raisonner, que nous autres qui avons fait nos licences », qui avons étudié en Sorbonne et sco-

lastiquement? Au séminaire de Strasbourg, l'abbé

Freppel avait retrouvé bien des procédés de l’ancienne Sorbonne; rompu à l'escrime du syllogisme,

il savait par avance le maniement pratique de toutes …

les armes que la science lui fournirait. Esprit lucide, agile, vigoureux, logicien d'éducation et de nature,

par là surtout, il domine la plupart de ses auditeurs,

il est presque trop fort pour eux. Indiquons au

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