‹ Dix-neuvième siècleChapitre 47 sur 63 · DDC RE SE LS NT MEET · texte numérisé non relu

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mauvaise grâce ; si, dans une mesure que Dieu sait,

ils ont contribué à l'échec, au moins relatif, de la.

politique pontificale; voilà qui n’effleure pas même le comte de Mun, et Dieu sait aussi combien il a dû lui en coûter pour obéir. Légitimiste, il l'était de conviction personnelle comme de tradition et de race; il ne l’apprenait à personne dans son beau discours de Vannes, le 8 mai 1881. Mais soldat de l'Église avant tout, s'il n'abaissait jamais l'épée devant les ennemis de sa reine, il ne fallait qu'un signe d'elle pour qu'il se résignât à rengainer..Il le fit sur l'heure et convia les autres à le faire. Cette obéissance lui valut plus d’une injure ; elle lui coûta, nous le savons, sa majorité morbihanaise ; mais il avait conscience d'accomplir un devoir. Au prix de quelle violence intime ? Avec une noblesse touchante, il l’avouait à demi, le 6 juin 1892, devant la jeunesse catholique de Lille. « Placé par mon âge entre les hommes d'hier et ceux de demain, je sais tout ce que portent avec éux de difficultés et de peines les temps de transition, et je sens, comme dit Melchior de Vogüé dans son Zestament de Silvanus, qu'il est toujours difficile de prendre parti entre une moitié de son âme retenue au passé et l’autre moitié entraînée vers l'avenir. »

Voilà le dernier trait de la physionomie morale et non le moindre.

Je n’ai pas qualité pour dire ce que doit l'Église à cette irréprochable fidélité, ce que doivent, mais surtout ce qu'auraient pu devoir au dévouement du gentilhomme si heureusement « modernisé », les classes populaires, les catholiques de tout rang, la France même. Les lettres nationales, du moins, ne lui ont pas été ingrates, et l'Académie s’est honorée

en l'accueillant (1). De fait, l'œuvre oratoire du comte de Mun restera comme un type moralement complet de l'éloquence parlementaire. Souvenezvous des éloges décernés jadis à Montalembert :

« Un monsieur qui parle » (D. Nisard), — « Un

croisé qui aurait l’art de bien dire » (Sainte Beuve)(2).

Ne s’appliquent-ils pas ici de plein droit? En tous les deux, même naturel, même aisance, même distinction, même élan d'âme. Chez le devancier, un peu plus de mordant peut-être, de haute ironie, de véhémence, de soudaineté, de jaillissement. Mais ces qualités, propres à rendre sur l'heure l'effet plus vif, ne sont-elles pas heureusement contrebalancées, chez le successeur, par un train soutenu de perfec= tion, de noblesse, d’eurythmie, sans ombre d’affectation et d’apprêt, par ce fonds de sérénité élégante et douce, qui rend la force aimable en lui laissant tout son empire, si même il ne l’achève pas? Bref, j'ose estimer ces deux éloquences également belles, mais la seconde un peu plus continuellement sympathique et séduisante. Qu'on se donne la jouissance de l’une et de l’autre : on s’accoutumera, j'ose le croire, à ne les point séparer dans la reconnaissance et dans l'admiration.

(1) Le comte de Mun y est entré le 10 mars 1898; ily a remplacé un de ses adversaires politiques, Jules Simon. (2) Voir notre tome IV, p. 119 et suivantes.

OZANAM ET LES HISTORIENS CATHOLIQUES

« L'histoire n'a pas quarante ans », a dit Renan quelque part, et c'était beaucoup trop dire. Mais qui niera ses progrès au dix-neuvième siècle ? Elle est devenue plus critique, plus attentive à serrer de près la vérité. Elle a cessé d’habiter quasi exclusi-

vement les cours et les champs de bataille; elle a

pénétré, de son mieux, l’intérieur des sociétés, les

conditions de leur vie matérielle, intellectuelle, mo-

rale. Était-ce là, comme on l’a pensé, se faire démo- E cratique, ou seulement plus humaine, plus chré-

tienne d'autant? Au regard littéraire, elle a cher-

et la fantaisie, jadis à la mode, qui sur la trame des faits brodait, en manière d'ornement, des discours

ché, elle a rencontré souvent un heureux accord entre la science et l’art, un juste tempéramententre la sécheresse de certains annalistes ou chroniqueurs

ouentretiens imaginaires. Pittoresque à la fois et De, c’est aux documents qu'elle a emprunté x

la couleur. On le voit, je dis ses mérites, que rien ne m'oblige à dénombrer ses excès.

Or, parmi les hommes qui l'ont diversement illustrée, les catholiques se sont fait une large place. Chateaubriand, l'initiateur en plus d'un genre, avait

ouvert la voie par ses Études historiques ; beaucoup

d’autres l'ont suivi et surpassé, dont le plus méritant, peut-être, est Frédéric Ozanam. Je l’étudierai brièvement, après quoi j'essaierai de présenter, dans un cadre tout usuel et pratique, ses principaux émules ou continuateurs.

L'homme. — Ses brillantes études. — Sa foi un moment ébranlée, puis raffermie. — Ozanam à Paris, prince de la jeunesse catholique : les conférences de Notre-Dame et la Société de Saint-Vincent de Paul. — Comment il devient professeur en Sorbonne. — Son attitude parmi les luttes pour la liberté d'enseignement. — La révolution de 1848 et l'Ere nouvelle. — Epuisement précoce. — .Ozanam meurt à quarante ans. ;

La vie d'Ozanam est bien courte, mais combien pleine ! Trois choses la résument et l'honorent : foi, charité, travail (1).

Lyonnais d’origine, il naquit en 1813, à Milan, .

ville française alors, et où son père exercait la médecine. En 18923, il commençait, au collège royal de Lyon, les études littéraires telles qu'on les concevait

(1) L'abbé C.-A. Ozanam : Vie de Frédéric Ozanam. — Lacordaire : Frédéric Ozanam (notice). — Curnier : la Jeunesse de F. Ozanam, ete. — Voir encore les Lettres de F, Ozanam, 2 volumes.

|al'époque, 20 fortes Romenites première et géné-

rale culture de l'homme, en attendant le SpeSnste qui ne germe bien que de là. L’écolier s’y donnait avec passion, il y réussit à merveille, il en conservera toujours le goût. Ne le verra-t-on pas bientôt, devenu clerc d’avoué, mener de front, avec bien d’autres entreprises, une épopée en vers latins? Bref, on pressent, dès le collège, le travailleur ardent mais non pas infatigable, qui mourra usé à quarante ans.

Chrétien de race et d'éducation première, vers la fin de ses études classiques, sa foi fut assombrie d’un nuage que dissipa heureusement son excellent professeur de philosophie. L'abbé Noirot était de ces maîtres éminents et modestes qui mettent leur joie et leur gloire — s'ils y songent — à former plus grand qu'eux. Après Dieu, c’est à lui que la France catholique doit le croyant inconfusible, le professeur apologiste, le principal fondateur des conférences de Saint-Vincent de Paul.

À vrai dire, les circonstances paraissaient annoncer une vocation moins haute. Destiné d’autorité aux affaires, Ozanam passe deux ans chez un avoué lyonnais : fastidieux prélude à son droit qu'il ne commence même pas encore. Là il tient bravement tête au libertinage et à l'irréligion de certains camarades. Là encore il jette, un peu de tous côtés, son premier feu littéraire, mais surtout il concoit un grand ouvrage, une Démonstration de la religion catho-

lique par l'autorité des croyances historiques, religieuses et morales (4). Combien n'y faudra-t-il pas

(1) On en peut voir le plan dans une lettre à son ami Fal- ‘connet (4 septembre 1831. Leltres de F. Ozanam, t. I, p. 15 et sui v.). :

de connaissances ! Et le voilà qui, entre deux « minutes » à mettre au net, étudie l'allemand, le sanscrit, l'hébreu. Vous voyez poindre l’apologiste ; vous continuez de prendre sur le fait l’homme qui aura bonne grâce à nous prêcher le travail (4).

De 1831 à 1836, Ozanam est Parisien, il fait son droit et, au grand regret de son père, bien d’autres choses encore. Belles, pures, fécondes années, marquées par de grands bienfaits de Dieu, mais aussi par de nobles œuvres. L'étudiant lyonnais devient comme le prince de la jeunesse chrétienne, il mérite d'en rester le type. Hôte et commensal de l'illustre physicien et fervent catholique Ampère, le fils de ce dernier, Jean-Jacques, l'académicien futur, est son intime et sera plus tard son éditeur. Ozanam voit Chateaubriand, qui le félicite de n'aller pas au théâtre selon la recommandation maternelle. Il approche Lamartine et, dans sa candeur juvénile, s’avoue «fasciné » en considérant « à quelle hauteur le génie et la vertu peuvent porter une créature comme nous » (2). Mais l'heure est proche où il tremblera pour « la muse virginale » qu’il a tant admirée, où, à propos d'elle et de Lamennais tout ensemble, il écrira ces graves paroles : « Nous sommes punis, catholiques, d’avoir mis plus de confiance dans le génie de nos grands hommes que dans la puissance

(1) Il l’a fait deux fois la même année (1843) : Des devoirs liltéraires des chrétiens (au Cercle catholique du Luxembourg); — De la puissance du travail (distribution des prix au Collège Stanislas). Deux excellents types d'éloquence académique. Le premier intéresse particulièrement comme programme de modération dans la polémique contemporaine et, à ce titre, nous y reviendrons tout à l'heure. — Voir Ozanam : Mélanges, t. I, p. 447 ; t. IL, p. 1.

(2) A. M. Lallier, 15 octobre 1834. Lettres…., t. 1, p.122:

| OZANAM ET LES HISTORIENS . CATHOLIQUES 241 de notre Dieu. Nous sommes punis de nous être enorgueillis en leur personne, d’avoir repoussé avec quelque fierté les affronts de l'incrédule et de lui avoir montré, pour nous justifier à ses yeux, nos philosophes et nos poètes, au lieu de lui montrer l’éternelle croix (1). » Ainsi l’enthousiaste de vingtdeux ans s'élevait-il déjà aux plus sévères pensées de la foi.

Rien d'étrange qu'il se préoccupät de la défendre au dehors et de la fortifier en lui-même. Avec quelques amis, il combattait par lettres l’enseignement de Jouffroy et contraignait moralement le professeur à s’excuser d’avoir blessé les consciences catholiques. Par deux fois, en 1834 et 1835, il suppliait Mgr de Quélen d'instituer un cours de prédication mieux adapté au mal actuel des esprits, et la requête, d’abord éludée, était finalement pour beaucoup dans l’appel de Lacordaire à Notre-Dame (1835). A cette date aussi, la Société de Saint-Vincent de Paul comptait déjà deux ans d'existence. Qui l'avait fait naître ? Tout d'abord le besoin de répondre à un défi bien des fois entendu : « Prouvez-nous par des œuvres que votre christianisme vit encore. » En outre, les huit étudiants, dont aucun ne voulut jamais s’appeler fondateur, s'étaient dit avec une sagesse toute chrétienne: « Mettons notre foi sous la protection de la charité. » C’est Ozanam lui-même qui s’en expliquait ainsi, vingt ans plus tard, quelques mois avant de mourir (2). A cette heure, le grain de sénevé était devenu un grand arbre et la

(4) À. M. X..., 16 mai 1835.

(2) Discours prononcé à la Conférence de Saint-Vincent de Paul à Florence, 30 janvier 1853. Mélanges, t.1, p. 41. Ilmourut le 8 septembre suivant.

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France, à elle seule, comptait cinq cents confé- …

rences. N'insistons pas, mais remarquons, chez les

aînés de la famille, cette précoce maturité du sens chrétien. Il est bien vrai : la foi se prouve par les œuvres et, d'autre part, les œuvres sont la sauvegarde la plus assurée de la foi.

Cependant, en 1836, Ozanam n’est encore qu'un jeune avocat ramené à Lyon par déférence aux vo-

lontés paternelles et plaidant puisqu'on le veut.

D'ailleurs est-il besoin de dire qu'il n’abandonne pas ses autres études? Un an après la mort de son père, en 1838, il soutient à Paris ses thèses pour le doctorat ès lettres, et c'est en l’entendant argumenter sur Dante, que Cousin ne peut se tenir de s’écrier : « On n’est pas plus éloquent. » Mais que faire de cette palme doctorale? Ozanam cherche encore sa vocation définitive; tout en faisant, à Lyon, un cours commercial, il est tenté de suivre Lacordaire chez les Dominicains ; mais enfin voici venir la lumière. Quinet — il n’était pas encore le pourfendeur des Jésuites et le sectaire à venir — Quinet va laisser vacante, à Lyon même, la chaire de littérature étrangère. Littérateur avant tout, le professeur de droit commercial ambitionne la succession; il croit pouvoir mener de front les deux enseignements, se reposer, peut-être se consoler, de l’un par l’autre. Cousin, alors ministre de l'instruction publique, lui promet le titre convoité, mais à une condition singulière. Ozanam viendra concourir pour le même emploi en Sorbonne. Concours assez platonique, puisque, en toute hypothèse, le candidat ne sera nommé qu’à Lyon. Concours étrangement laborieux d’ailleurs. Ozanam l’aborde avec une préparation hâtive, épuisé de fatigue et sans aucune chance

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a. mais avec une ae confiance en Dieu. Or, il obtient le premier rang et, séance tenante, l'un de ses juges, Fauriel, titulaire de la chaire parisienne, le demande pour suppléant. Après

. quelques résistances, le vainqueur se laisse faire.

La Providence éclaire du même coup tous les points obseurs et, bientôt, convaincu de n'être pas appelé à la vie religieuse, il devient gendre du recteur de l’Académie de Lyon (1840). Le voilà donc à son vrai poste, en Sorbonne, où il supplée trois ans Fauriel puis le remplace (1844). Désormais l’histoire de l'homme n'est plus guère que celle du professeur.

Il y faut pourtant relever deux épisodes.

A l'heure même où Ozanam commençait d’enseigner au nom de l'État, le monopole enseignant de l'État commençait d’être battu en brèche par les catholiques. Situation difficile pour le jeune professeur, catholique lui-même, aussi notoire:et fervent que pas un. Comment se tenir en dehors de la lutte sans mécontenter les lutteurs? Comment se rallier à

eux sans compromettre, à tout le moins, sa situa-

tion nouvelle et le bien qu’il y trouvait à faire ? Dé-

mission préalable ou destitution prochaine : à ce

prix seulement il pouvait combattre ; il jugea meilleur de s'abstenir. Veuillot en exprime son regret (1). Par contre, Lacordaire justifie cette réserve (2), et, à regarder le côté pratique des choses, j'inclinerais dans le sens de Lacordaire. Transfuge de l'Université, Ozanam eût écrit contre le monopole

(1) Du zèle et de la modération, 25 mai 1843. Mélanges, série 1,t. 1, p. 12. — Réponse à M. Ozanam, 2 juillet 1850, t. LV, p. 568.

2) Lacordaire : Frédéric Ozanam. Édition dominicaine,

in-18, Nolices el panégyriques, p. 246.

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quelques bons articles ou mémoires historiques. La jiberté d'enseignement n’en a pas eu besoin pour vaincre et, de fait, les lecons du professeur officiel furent, on le verra bientôt, un apostolat plus étendu, plus durable, que n'auraient pu être les écrits du journaliste indépendant.

Par malheur, entre Ozanam et Veuillot, il y avait une autre cause de dissidence. Chacun des deux avait sa manière d'entendre l'accord du zèle et de la modération. Là était le fond de leur querelle, etrien ne m'oblige d’y entrer après ce que j'ai dit ailleurs de Montalembert et de Veuillot lui-même.

À la fois spéculatif et doucement passionné, trop peu crédule, ce semble, à la malignité humaine, Ozanam était moins que d’autres à l'abri des illusions généreuses. Il avait salué d'enthousiasme les débuts de Pie IX, sans en voir le péril, non plus que la perfidie de certaines ovations qui usaient, en la surmenant, la popularité du magnanime Pontife. En France, après la révolution de février, il crut sin-. cèrement que s'ouvrait une ère nouvelle... L'Ære nouvelle, ce fut le titre du journal qu'il fonda, de concert avec l'abbé Maret, et dont il imposa presque la direction et la responsabilité à Lacordaire (1). L’intention était pure et haute ; il s'agissait de « revivre les temps héroïques de l'Avenir, de réconcilier l'Église et la démocratie » (2). Mais on alla loin sur cette pente, plus loin que Lacordaire lui-même n'eût voulu, beaucoup plus loin surtout que n’eût voulu Montalembert (3). La démocratie, sous forme de

(1) Foisset : Vie du R. P. Lacordaire, édit. in-18, {£. LE, p. 179.

(2: R, P. Lecanuet : Montalembert, t. 11, p. 319.

(3) 16id., p. 38%, 385. — Voir aussi le tome IV de nos Esquisses, p. 225.

république, ne fut pas seulement un état social en soi légitime et acceptable ; on la saluait avec transport comme « le dernier terme de tous les progrès sociaux »et la suite quasi nécessaire de la fraternité évangélique, bref, on la divinisait. Veuillot avait loué généreusement l'£re nouvelle (1); presque en même temps, Montalembert en blâmait fort les entrainements démocratiques (2). Or, quelle y était la part personnelle d'Ozanam ? Je ne saurais le dire, n'ayant pas en main les pièces originales (3). Le fait est quil autorisa l'opinion à le tenir pour solidaire de ses plus ardents collaborateurs et, somme toute, son unique essai de politique active ne lui réussit qu’à demi. Je l'aime mieux, lors des sanglantes journées de juin, concourant à décider l’héroïque intervention de Mgr Affre. L’archevêque y songeail déjà, lorsqu'il recut la visite de trois gardes nationaux — tout le monde l'était alors — qui avaient eu la même pensée et levèrent ses derniers doutes... Les trois chrétiens qui l’envoyaient ainsi au martyre étaient M. Bailly, l'homme de toutes les bonnes œuvres d'alors, Léon Cornudet, l'ami de collège de Montalembert, et notre Ozanam.

Revenons au professeur, mais pour dire qu'il achevait rapidement de s’épuiser. Dès 1846, une grave maladie l'avait contraint de s’interrompre et de voyager en Italie, d’où il rapporta l’aimable volume intitulé Les Poètes franciscains. Il languit depuis lors. En 1852, il était à bout de forces et, pour la seconde

(1) Univers, 2 septembre 1848.

(2) Lettre publiée dans l'Ami de la Religion, octobre 184$.

(3) De sa collaboration à l'Êre nouvelle, ses éditeurs n’ont conservé que quelques articles concernant l'économie sociale et charitable. OEuvres d'Ozanam, Mélanges, {. I.

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fois, réduit à suspendre, quand, un jour, il apprit qu'on en murmurait à la Sorbonne. Alors ni famille ni médecins ne purent l'empêcher de quitter son lit

et d'aller faire une lecon qu'il ne savait pas être la dernière. Sur la fin, relevant avec émotion le reproche adressé à ses pareils de se ménager outre mesure, il disait : « Notre vie vous appartient, nous vous la donnons jusqu'au dernier souffle et vous l’aurez. Quant à moi, Messieurs, si je meurs, ce sera

à votre service. » À ce moment, il avait déjà presque tenu parole et sa chaire ne devait plus le revoir. L'Espagne qu'il visita, Pise où il passa l'hiver ne lui rendirent point ses forces. Transporté presque mourant à Marseille, il y expira saintement le 8 septembre 1853. Six mois plus tôt, le jour même de ses quarante ans (23 avril), il avait, dans une admirable prière, savouré par avance et accepté de la main de Dieu toutes les amertumes du sacrifice. « Il est écrit

au commencement du livre que je dois faire votre volonté. Et j'ai dit : Je viens, Seigneur (1) ». C'était son dernier mot.

(1) « In capile libri scriplum esl de me ul faciam, Deus, voluntatem tuam.… Tune dixi : Ecce venio. » (Saint Paul aux Hébreux, x, 7.) Cette prière nous a été conservée par son éditeur, J.-J. Ampère, à la fin de la préface générale des œuvres. Civilisation au cinquième siècle, t. 1, p. 36.

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