‹ Dix-neuvième siècleChapitre 5 sur 63 · ELA · texte numérisé non relu

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ce romantisme qui a mis à mal notre littérature d'imagination; s'il dérange encore un certain nombre de jeunes tôles ; s'il nous laisse à tous plus ou moins des habitudes fâcheuses de joût et de style ; voici d'ailleurs

que l’on commence à lui dire péremploirement son

fait. Déjà le drame de Victor Hugo, par exemple,

était assez malmené par MM. Lanson, Doumic et

autres. Aujourd'hui c'est lout le système qui s'entend juger de très haut, et jusque dans ses origines, par M. Pierre Lasserre. Cet universitaire ose bien le définir « la désorganisation enthousiaste de la nature humaine civilisée », et justifier la définition en cinq cents pages (A). Un autre esprit, fort libre, beaucoup trop libre à ses heures, avec de merveilleux restes de sagesse, voire de sens chrélien, M. Jules Lemaître,

applaudit à ce réquisitoire, et conclut ainsi une série

d'entretiens sur Rousseau, le patriarche de l'école : - « J'ai adoré le romantisme et j'ai cru à la Révolution. . Et maintenant je songe avec inquiétude que l'homme

qui, non lout seul assurément, mais plus que personne,

je crois, se trouve avoir fait chez nous ou préparé la

Révolution et le romantisme, fut un étranger, un perpétuel malade et finalement un fou (2). »

Heureux présage que ce réveil de l'opinion sérieuse! Et pourtant nous resions encore bien loin du but. La littérature, c'est l'âme, — et la httéralure française ne se relèvera qu'avec l'âme française, — et l'âme fran-

(1) Pierre Lasserre : Le Romantisme Français, essai sur la

révolution dans les sentiments et dans les idées au dix-neu- … vième siècle. 1907. — Le texte cité est à la page 18.

(2) J. Lemaître : Jean-Jacques Rousseau, dixième confé-

rence. — In-18, 17° édition, p. 356.

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