‹ Dix-neuvième siècleChapitre 50 sur 63 · APE · texte numérisé non relu

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de la vérité centrale et suprême. Ébranlé un instant, puis raffermi et pacifié, il a promis à Dieu « de vouer Ses jours au service de cette vérité qui lui donnait la paix » (1). « J'écris, dit-il encore, parce que Dieu ne m'ayant point donné la force de conduire une charrue, il faut néanmoins que j'obéisse à la loi du travail et que je fasse ma journée. J'écris comme travaillaient ces ouvriers des premiers siècles, qui tournaient des vases d'argile ou de verre pour les besoins journaliers de l’Église et qui, d’un dessin grossier, y figuraient le Bon Pasteur ou la Viergeavec des Saints (2). » — Il s'y consume et ne l’ignore pas. « Serais-je épuisé de fatigue à trentesept ans, réduit à des infirmités précoces et cruelles, si je n’avaisété soutenu par le désir, par l'espérance, par l'illusion, si vous voulez, de servir le Christianisme ?.. Tous mes vœux seraient comblés si quelques âmes errantes trouvaient dans cet enseignement une raison d’abjurer leurs préjugés, d’éclaireir leur doute et de revenir, avec l’aide de Dieu, à la vérité catholique (3). » Non, il n'y avait point d'illusion dans ses espérances. Il dut le reconnaitre, le jour où quelqu'un lui écrivait pour se déclarer converti, pleinement converti par un de ses Cours. Avec moins de joie sans doute, il eût encore béni sa tâche en lisant dans les cahiers intimes d’un autre : « Mon

Dieu! que j'aimerais cet Ozanam, s’il n’était pas si.

(2) Ibidem, p. 51.

(3) À M. Duffieux de Lyon, 14 juillet 1850.— Correspondance, t, I, p. 142. Admirable par endroits, cette lettre est

affligeante parce qu'elle accuse la division entre catholiques ;.

mais ici Ozanam se défend et l'attaque était trop injuste dans le cas.

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{A) Civilisation au cinquième siècle. Avant-propos, t. I,

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dur orthodoxe !.… Je ne sors jamais de sa lecon sans ètre plus fort, plus haut, plus décidé au grand, plus courageux et plus allègre à la conquête de l'avenir. Ah ! que je suis heureux alors! » Le jeune inconnu qui rendait ainsi témoignage s'appelait Ernest Renan {1}.

Quelques historiens catholiques depuis 1830. — Comment leurs œuvres réunies éclairent pour nous tous les âges de-

puis le Calvaire. — Des progrès de l'hagiographie en particulier. — Richesses léguées par le dix-neuvième siècle aux suivants.

Je ne crois pas surfaire Ozanam si je me le figure conduisant le groupe,lechœur, des historiens catholiques depuis 1830. Groupe de maitres, chœur de nobles voix, assez doctes et consciencieuses pour que leur chant soit de l’histoire vraie, assez vivantes et chaudes et pleinement humaines pour faire de la science historique un hymne grave à la suprême vérité. Elles sont nombreuses et viennent de partout. Il y a des prêtres : chose naturelle, mais assez méritoire dans les conditions déjà si étroites que faisait au clergé le Concordat de 1801. Tel, entre plusieurs, l'abbé Goriai, ce pauvre curé de la Tranclière en Bresse, travaillant obscurément sur des livres prêtés

(1) H. de Lacombe : Science el christianisme. Le Correspondant, 10 décembre 1906, p. 864. — Ces lignes sont extraites des cahiers de jeunesse de Rene publiés par la Revue, 25 avril de la même année.

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LES IUSTORIENS

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