I. IV
doublo dans la précipitation at dans les lavages ; le précipité retient une quantité appréciable de tous les sels contenus dans la liqueur ammoniacale. La détermination de l'arsenic donne done un nombre trop fort ou trop faible, suivant que T opérateur apporte plus ou moins de soins dans les lavages; en général, 1% poids de Tarséniate de magnésie est trop faible; le poids a do Tarsenic est presque toujours trop petit;
4° Par ces motifs, la différence? — {p+a) donne ordinairof ment pour Tantimoine, évalué par différence, un poids « trop fort. On doit donc considérer ce nombre s, obtenu pour Tantimoine, comme une limite supérieure de la quantité de métal que contient réellement la liqueur proposée. Il n'y a d*incertitude à' cet égard que dans le cas oi!i Varséniate do magnésie n a pas été lavé avec les soins convenables ;
S"" La liqueur acide dans laquelle on précipite en dernier lieu l'antimoine à Tétat de sulfure ne contient peutrètre pas la totalité du métal : on perd certainement un peu d'antimoine dans la réduction du sulfure par Thydrogène. Le poids s' est done trop faible : on ne doit le considérer que comme une limite inférieure de la quantité d'antimoine contenue dans la liqueur proposée.
Lorsque les nombres ^j s' présentent une différence un peu grande, on est averti qu'on a commis des erreurs trop fortes dans les diverses opérations, il faut les recommencer toutes. Si, au contraire, la différence entre les deux nombres est faible, on peut admettre que le^ opérations ont été conduites avec les soins cou-
venables ; la moyenne — - — entre les deux nombres donne assez
approximativement la quantité S, de l'antimoine. On obtient alors,
par la différence P — S, , une seconde évaluation a, de Tarsenic.
La différence entr^ les nombres a, a^ est très-faible dans la plu-r
part des cas, et la moyenne entre ces deux nombres^ — - —
donne pour Tarsenie une détermination probablement plus exacte que celle qui a été .obtenue directement, e'est-à-dire par la pesée de Tarséiii^te de magnésie.
Détermination de l'4ntimoine. — Qft soumet unç fraction déterminée du précipité^ de spufre et de sulfure^, à Tq-ction d'im courant lent d'bydrogène pur et sec, au rpijgp sombr^j, en opé-
ANTIMOINE. 43ft
rant comme nous Tavons dit pour le sulfure d'antimoine seul. On peut à la rigueur faire la réduction dans un creuset de por<celaine ; mais la quantité de matières à volatiliser étant considé* rable, on réussit mieux en plaçant le mélange de soufre et de sulfures dans une boule de verre soudée entre deux tubes. On pèse d'avance la boule bien desséchée ; on y introduit une quantité suffisante de la matière ; on essuie le tube avec une barbe do plume ; on porte sur la balance. C^est par l'augmentation du poids de la boule qu'on détermine la quantité do matière sur laquelle on fait agir l'hydrogène. Nous devons faire observer que les sulfures et le soufre absorbent un peu d'eau pendant le temps assez court qui est nécessaire pour les introduire dans la boule.
On fait arriver l'hydrogène par l'un des tubes i quand l'air est entièrement chassé, on chauffe la boule à la lampe. On voit bientôt le soufre se volatiliser et se déposer dans le second tube : on l'expulse de l'appareil, en chauffant le tube lui-même avec la lampe ^ ; dès que ces matières sont chauffées presqu'au rouge sombre, le sulfure d'arsenic se volatilise* et le sulfure d'antimoine est décomposé. H ne reste dans la boule que l'antimoine métallique.
Vers la fin de l'opération, lorsqu'il ne se forme plus de dépôt dans le second tube, et lorsque l'odeur d'hydrogène sulfuré a cessé d'être perceptible, on chauffe pendant quelques minutes un peu au-dessus du rouge sombre, afin de volatiliser les der<« nières traces de sulfure d'arsenic, et d'achever pliis sûrement la décomposition du sulfure d'antimoine. On laisse refroidir, en continuant à faire arriver l'hydrogène : on pèse l'antimoine mé** tallique dans la boule.
On rapporte le nombre obtenu au poids total du soufre et des sulfures. £n retranchant de ce poids l'antimoine et le soufre, on obtient l'arsenic par différence. Il est impossible de recueillir l'arsenic volatiUsé pendant la réduction par l'hydrogène ; on ne peut donc pas vérifier l'évaluation de l'arsenic, comme on le fait pour l'antimoine dans le premier procédé que nous avons décrit.
On obtient pour l'antimoine un nombre certainement trop Discussion
> On doit avoir la même précaution pendant toule la durée de l'opération, et chasser du second tobe^ en le chauffant à la lampe^ le dépAt de soufre et de sulfure d'arsenic qui se reproduit oontinoellement.
t U solfore d'arsiiBieMt décomposé soqlemeul en partie par l'hjdrogbne.
436 MÉTAUX PROPREMENT WTS.
faible, en raison des pertes inévitables qui sont tsites pendant la réduction, en raison de l'eau retenue par le soufre et par les sulfures, après dessiccation à 100 degrés, ou bien absorbée pendant qu'on introduit la matière dans la boule de verre. On doit donc obtenir pour l'arsenic un nombre trop fort. On connaît le sens dans lequel les erreurs sont commises ; on n'a aucun moyen d'en apprécier les limites et de corriger les nombres obtenus.
Séparation de l'arsenic et de r antimoine. — On peut séparer assez nettement l'arsenic de l'antimoine en traitant les sulfures par Tacide chlorhydrique un peu concentré : le sulfure d'arsenic est insoluble dans cet acide, tandis que le sulfure d'antimoine est complètement et facilement décomposé.
On opère sur le mélange de soufre et de sulfures , qui a été séparé du filtre, et dont on a déjà prélevé 2 grammes pour le dosage du soufre. On traite la matière par l'acide chlorhydrique pur, étendu de son volume d'eau ; on fait chauffer entre 40 et SO degrés, tant qu'il y a dégagement appréciable d'hydrogène sulfuré. L'antimoine est alors entièrement dissous par l'acide ; le soufre libre et le sulfure d'arsenic restent inattaqués.
Il est important de ne pas chauffer plus fortement, et de ne pas prolonger inutilement l'attaque, parce que les vapeurs acides entraînent une proportion appréciable d'antimoine.
On ajoute un peu d'acide tartrique ; on étend d'eau, et on reçoit la partie insoluble sur qn filtre pesé ; on lave cette matière avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique; on achève le lavage avec de l'eau pure : on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau.
L'augmentation de poids du filtre donne la somme des poids de l'arsenic, du soufre qui lui est combiné et du soufre libre. On dose le soufre, en opérant sur 1 gramme de la matière ; on calcule l'arsenic par différence.
L'antimoine est seul dans la liqueur chlorhydrique : on le précipite à l'état de sulfure par l'hydrogène sulfuré ; on pèse l'antimoine à l'état métallique, ou bien on pèse le précipité donné par l'hydrogène sulfuré, après l'avoir reçu sur un filtre taré, et après l'avoir séché à 100 degrés ; on dose le soufre, et on évalue l'antimoine par différence.
La séparation de l'antimoine et de l'arsenic par l'action de l'acide chlorhydiîque sur les sulfures ne laisse presque rien à désirer
ANTIMCMNË. 437
sous le rapport de la netteté : mais les déterminations des deux corps sont peu exactes.
S S. — Hinériiwx de l'antliiMiiie.
L'antimoine ne forme qu'un petit nombre d'espèces minérales. Deux d'entre elles, l'oxyde et le sulfure, se trouvent en abondance dans plusieurs localités ; mais on n'exploite que les gisements les plus riches, ceux qui sont placés dans les conditions les plus avantageuses pour les transports des minerais ; la consommation du métal est très-«limitée , et les usines doivent le livrer à un prix peu élevé. Nous examinerons seulement : Yantimoine natif; Voxyde d antimoine et divers antimoniates ; le sulfure et Yoxysul" fure i]^ antimoine.
ANTIMOINB NAUF.
L'antimoine natif n'a été signalé que dans un très-petit nombre de localités, à Sahlberg (Suède), à Andreasberg (Oberharz)^ aux Chalanches (Isère), à jPrzt6ram (Bohème), et dans quelques mines du Mexique. Il est accompagné d'arsenic natif et de divers minéraux contenant de l'arsenic, tels que la pyrite arsenicale, l'argent rouge, Tarséniure de nickel, etc. L'arsenic natif est quelquefois intimement mélangé avec l'antimoine ; les autres minéraux peu<vent être aisément séparés par triage.
L'antimoine natif est en petites masses lamellaires, d'un blanc très*vif, mais se ternissant promptement à l'air humide. Les lamelles offrent de nombreux clivages, également faciles. La forme primitive parait être le rhomboèdre, dont l'angle est de 117'' 7 \ Ce minéral est dur, et se laisse assez facilement pulvériser : sa densité est de 6,646 à 6,650. H a les propriétés chimiques de l'antimoine préparé dans les usines.
L'antimoine, intimement mélangé d'arsenic, a les clivages moins faciles ; sa couleur est moins blanche : son éclat est plus terne : il est moins dur, et se laisse pulvériser avec une grande facilité ; sa densité varie de 6,13 à 6,203.
Quelques minéralogistes admettent l'existence d'un arséniure d'antimoine bien défini, dont la formule serait S6A«*; mais, si le composé existe réellement, il faut admettre qu'il est mi-mémo
mélangé intimement avec de l'arsenic ou avec de Tantimoine, car les analyses des échantillons provenant des mêmes localités ont toujours indiqué des proportions très-variables d'arsenic et d'antimoine.
L'antimoine natif, pur ou mélangé avec de l'arsenic, est fréquemment argentifère ; il contient souvent plus de 1/2 pour 100 d'argent; il renferme, ëti outre, une très'-faible proportion de fer et de plomb.
Analyse. — Nous passerons rapidement sur l'analyse de ce minéral. Nous prendrons pour exemple l'analyse d'un échantillon d'antimoine natif, dans lequel la couleur, l'éclat, la netteté des clivages, indiquent l'absence de l'atseliic. On doit s'attacher exclusivement à constater la proportion et la nature des métaux tels que l'argent, le fer et le plomb.
On attaque de 4 à S grammes du minéral par l'eau régale ôhlorbydrique, à une température très-peu élevée, à 40 ou à 40 degrés au plus : on ajoute de l'ammoniaque et du sulfhydrate en excès ; on bouche la fiole, et on attend que les sulfures insolubles soient nettement rassemblés ; on décante la liqueur claire ; on lave les sulfures par décantations avec de l'eau chargée de sulfhydtate. Ces lavages doivent être assee prolongés, car il s'agit de dissoudre complètement l'antimoine, qui est en proportion énorme relativement aux autres métaux.
Lorsqu'on peut espérer d'avoir dissous la totalité de l'anti- Inoine, on lave les sulfures insolubles avec de l'eau pure, et toujours par décantations. On les traite ensuite par l'acide asotiqne très-étendu d'eau ; en laissant l'acide agir à la température ordinaire, on dissout rapidement les métaux, sans qu'il se produise une quantité notable d'acide suif uri que.
On filtre pour séparer le soUfre qui n'est pas dissous ; on Verse quelques gouttes d'acide chlorhydrique ; l'argent seul est précipité i on pèse le chlorure d'argent s'il se trouve en quantité appréciable.
On ajoute de l'acide chlorhydrique à la liqueur ; on évapore presqu'à sec^ afin de décomposer l'acide azotique. On étend d'eau et on fait arriver de l'hydrogène sulfuré ; dans le cas où ce réactif produit un précipité, on cherche à reconnaître la nature
ANTlMOiNÈ. Aàtf
da métal. On fa'obtient, en général, (d'aprëd les analyses publiées) qu'une trace de sulfure de plomb.
La liqueur acide ne peut plus contenir qu'une petite quantité de fer : on expulse l'hydrogène sulfuré, on sépare le soufre ; bh fait passer le fer à l'état de peroxyde, et on le précipite par l'ammoniaque.
L'antimoine lui-même doit être déterminé par dilTérence ; on obtiendrait certainement un résultat moins exact en précipitant Tantimoine contenu en dissolution dans le sulfhydrate, et en cherchant à évaltler le métal dans le précipité.
OZTDB D'ANTIMOINE.
L'oxyde d'antimoine existe en masses puissantes dans iine seule localité, à Sema, dans le sud de la province de Constantioe (Algérie) ; on Ta signalé en veinules très-peu puissantes à Per* neck (Hongrie). Il se présente en cristaux parfaitement nets ou en masses à texture cristalline. Il est blanc, translucide ; il a l'éclat résineux : sa dureté est très-faible ; on le porphyrise avec la plus grande facilité : sa densité varie de S,22 à 8,30.
La forme primitive et la forme ordinaire des cristaux est l'oc* taèdre régulier : les clivages sont parallèles aux faces de Toc^ taèdre. La composition des cristaux les plus nets se rapporte exactement à la formule S6*0'. Les masses cristallines de l'Algérie contiennent une proportion variable, mais très-faible, d* oxydes de plomb et de fer; elles renferment à l'état de mélange intime quelques centièmes d'argile grise.
Lorsqu'il est porphyrise, il est rapidement dissous par l'acide chlorhydrique ; l'acide attaque très -lentement l'oxyde d'antimoine en morceaux.
Analyse. -^ L'examen de l'oxyde d'antitnoine doit être fait à deux points de vue diit^rents. Pour les échantillons nettement cristallisés, il faut déterminer aussi exactement que possible Ih proportion de l'antimoine, et constater que les corps étrangëi^s sont en quantité négligeable; le but de l'analyse est d'établir là formule minéralogique. Pour les masses cristallines, qui peuvent être utilisées comme minerai d'antimoine, il est utile de constater la nature et même la proportion de l'argile, de l'oxyde do plomb, de l'oxyde de fer ; mais le point essentiel est d'évaluer à peu près exacteyient la teneur du minerai.
Prenonâ pour exemple l'analyse de l'oxyde d'antimoine d'A 1gérie, en masses cristallines, colorées en gris par de l'argile imprégnée de matières bitumineuses. Uanalyse exige deux séries d'opérations :
l"" On attaque de 15 à 20 grammes du minerai porphyrisé par l'acide chlorhydrique pur étendu de son volume d'eau, en faisant chautfer à 40 ou à 30 degrés au plus. On est obligé d'admettre que l'argile reste inattaquée, ce qui n'est pas exact; mais il est impossible de séparer les petites quantités de silice et d'alumine qui sont dissoutes par l'acide. On lave la partie indissoute, d'abord avec de l'acide cblorhydrique étendu, et ensuite avec de l'eau pure ; on pèse la matière après calcination.
On ajoute un peu d'acide tartrique aux liqueurs chlorhydriques qui renferment les métaux ; on étend d'eau ; on fait arriver un courant très-rapide d'hydrogène sulfuré ; on sature peu à peu par l'ammoniaque les acides et l'hydrogène sulfuré. On lave par décantations, avec de l'eau chargée de sulfhydrate, le précipité de sulfures do fer et de plomb. Ce précipité est peu volumineux ; son lavage n'exige qu'un petit nombre de décantations, mais il est essentiel de ne décanter chaque fois la liqueur claire qu'après plusieurs jours de repos. 11 faut, en effet, beaucoup de temps pour que le sulfure de fer se rassemble nettement. Tant qu'une liqueur contenant du sulfhydrate présente une légère teinte verdâtre, on peut être certain qu'elle retient un peu de sulfure de fer en suspension.
Lorsque le lavage des sulfures est terminé, on procède à la séparation et aux dosages du fer et du plomb, en suivant la marche que nous avons tracée déjà plusieurs fois, et sur laquelle nous présenterons de nouveaux détails dans le chapitre xx.
2*" Pour évaluer l'antimoine, on attaque 2 grammes du minerai par l'acide chlorhydrique : on étend d'eau ; on ajoute de l'ammo*niaque en faible excès, et du sulfhydrate en quantité suffisante pour dissoudre la totalité du sulfure d'antimoine. On lave par décantations la partie insoluble avec du sulfhydrate d'ammoniaque faible. On traite toutes les liqueurs par l'acide chlorhydrique étendu, et on procède à l'évaluation de Tantimoine par l'un des procédés que nous avons décrits précédemment.
Aucun de ces procédés ne peut donner pour le métal une détermination exacte ; il est donc très-prudent de répéter au moins
denx fois l'évalnatioii de Faotîmoine, en suivant denz procédés différents. H faut, de plus, discuter les résultats, se rendre compte des erreurs commises, et adopter pour l'antimoine soit la moyenne des résultats obtenus, soit le nombre qui parait être le moins inexact d'après la conduite des opérations.
On obtient ainsi, avec une approximation plus ou moins grande, Toxyde de plomb, l'oxyde de fer, Targile calcinée et l'antimoine : on doit évaluer par différence l'oxygène combiné avec l'antimoine, l'eau d'hydratation de l'argile et les matières bitumineuses dont le minéral est imprégné.
On calcule l'oxygène en admettant que l'antimoine se trouve à YéiBt d'oxyde, et on conclut par différence l'eau et les matières bitumineuses.
Lorsque ce dernier nombre est très-petit, en correspondance avec le poids de l'argile calcinée, avec la coloration grise du minéral, on peut présumer que les opérations ont été conduites d'une manière convenable : il ne faut cependant considérer cette concordance que comme une vérification un peu douteuse des résultats obtenus dans l'analyse .
AHTmomATE D'OXYDE D'AHTIlfOIirE.
On trouve dans la nature plusieurs minéraux à texture terreuse, ou imparfaitement cristallisés , provenant de l'altération par les agents atmosphériques de minerais divers contenant du sulfure d'antimoine. Ces antimoniates sont presque toujours mélangés assez intimement avec des arséniates, et souvent ils sont accompagnés de silicates, produits eux-mêmes par l'altération des minerais par les agents atmosphériques. Parmi ces divers antimoniates, nous nous occuperons seulement de la valentinite, antimoniate d'oxyde d'antimoine.
Cette espèce minérale se présente aux affleurements des filons qui contiennent du sulfure d'antimoine ou de l'antimoine natif. Elle est ordinairement en petites masses d'un blanc légèrement jaunâtre, et très-rarement en petites aiguilles prismatiques. Sa dureté est très-faible; sa densité est de S,S66. Elle est difficilement soluble dans l'acide chlorhydrique concentré. Les échantillons à texture cristalline ont été rencontrés à Przibram (Bohême), à Freyberg (Saxe), aux Chalanches (Isère).
D'après les analyses peu nombreuses qui ont été faites, l'anti-
4M MÉTAUX Proprement dits.
inoniate d'oxydé â^antimoinë se rapporte fissëz ëtactemeiit ft la formule SiW; maïs les écKantîllons â textilre terreuse admettent en mélange des antltaôniates de chaux, de plôtob, de fer et même du carbonate de chdux.
L'antimoniate d'oxyde d'antîmoîne, à texture terreuse n'd été signalé en gisement important (Jue dans Une seule localité, à Zamora (Espagne). H se présente en masses compactée, assez dures, dont \à couleur varié du jatine trës-clair au brun asseÉ fohfcé ; les parlies de teintes différentes fot'metit âës zones irrégulières, généralement peu épaisses ;k cblotatton brune est due à la pi^Ssence des toatiferès organiques.
Ce mîiiêral est trfes-dîfficileméntftttàiqfué ^jarTacide chloi'hydrique concentré ; on ne parvient à le dissoudre à peu pths complètement qu'en faisant agir peiidaht longtemps l'acide en assez grand excès, à une tempétàtiire de 80 degrés enViron.
Son analyse présente des difficultés téllëfe qil'il est ititpossible de constater le véritable étal d'oxydatioti de l'atitimôlftè; on jjcut admettre que le minéral fest un iliélahgé de àxYétû atltiiiiôniates, d'oxyde d'antimoine, d'oxyde de plomb, d'bxydë dé fer et de chaux, coloré dans certaines parties par des matières bitumineuses, et contenant un peu do quartz et d'argile. H est, du reste, presque impossible d'en extraire économiquement soit le ploilib, soit l'antimoine ; oh ne peut en retirer qtie de l'antimoine trèsplotobeux.
Nous citerons, comme èî^etiiple, les résultats obteliiis datis les analyses dé trois échaîitiilons dé coiileurs ttès- différentes : le t)l-cmier est presque blanc et retlfermë rdhtiilidiiiate d'oxydfe d'antitnoitié à J)ëu près piir ; le second est d'un jauhe fdricé ; le tl-oisième èsi brun, tes deux derniers échantillons tontiénriéht A peu près les mêmes proportions d'ilhtimohiaté dé plomb et d'ddtiirlbniatë d^oiydë d'antimoine ; Ils diffèrent entre eu* principalement par les matières bitumineuses dont le dernier échantillon est imprégné.
filano. Jaune. Brun.
Guanffue quartzevsei. 36^ 1,00. ..«. 8,50
(Oxyde de plomb 1,dO i2,00 81,00
Ucideantimonique..» 0^7 31,67 19,09
/Oxyde d'antimoine.. . 29,50 15,60 15.63
lAfcldeanlimomque..; 51,50.;... 17,23...:. 17,27
Oxyde de fer 0,50. .... 1,50 traces.
Matières bUomiiièdsë!}. » : d 2,51
100,27 99,00 'lO0,Ô0
àikmifme. — On ne peut obtenir des résultais suffisamment approximatifs que pour les échantillons qui ne renferment pas de matières organiques. En présence de ces matiët^es, il est Impossible dfe déterminer l'état d'oxydation de Tàntimôlne, et on doit se bortier à doser le quartz, les oxydes de (et et do plomb ef Tantimoine ; on admet que Tantimoine est à Pétat d^antimoniâtes d'oxydes de plomb et d'antimoine ; on évalue les mdtières bitumineuses par différence.
Prenons pour exemple l'analyse d'un échantillon dont la couleur d'un jaune plus ou moins clair dénote l'absence des matières bitumineuses. On doit faire deux séries d'opérations, l'une pour la détermination des oxydes et de la gangue qilarlieuse , l'autre pour l'évalualiorl de l'oxyde d'antimoine.
DÉTtsHMiNATion DES oxTDBS. ^-^ Ou attaque par l'acide cblorhydrique conoéntré 3 grammes du minerai parfaitement porphyrisé ; dn fait ohaufler pendant vingt-quatre heures h 38 ou à 40 degrés ; on ajoute iin peu d'acide tartrique, on étend d'eau ; on laisse en repos pendant quelques heutes et on décante là liqueur daire.
On traite la partie insoluble par l'acide chldrhydrique concentré, en faisant chauffer jusqu'à 400 degtés pendant vinglquatre heures ; on ajoute un peu d'acide tartrique^ on étëtid d'eau ; on décante une seconde fois.
On traite encore la partie insoluble par l'acide chlorhyâriqtle concentré, et on continue cette série d'opérations jusqu'à oe qUe l'aspebt du résidu permette d'espéirer que l'attaque des antimoniatesaété complète, et que le quartz seul i^este indissôiis par l'ucide.
On fait alors passer la partie insoluble Sur un filtre; on fait s^ cher à 100 degrés \ on calcine au rouge dans une capsule de porcelaine, et on pèse la matière calcinée.
On n'est jamais certain d'avoir réussi à dissoudre la totalité des métaux par l'action de l'acide ohlorhydrique ; il éhi donc iildispensable d'examiner la matière calcinée et de s'asëUrer qu'elle ne contient plus d'antimoniates;
On la soumet à l'action d'un courant d'hydrogène un peu au-dessus du rouge sombre, et en opérant dans une boUlc de verre soudée entre deux tubes. On distingue alors très-'aisément
le plomb et rantimoine métalliques qui se séparent aous l'action réductive de l'hydrogène. Dès qu'on voit apparaître ces métaux, même en quantité très-faible, on est certain que l'attaque par l'acide chlohydrique n'a pas été complète, il faut la recommencer sur une nouvelle quantité du minerai, porphyrisé avec plus de soins, en faisant agir l'ncide plus concentré et pendant un temps beaucoup plus long. Lorsque le résidu de l'attaque par l'acide chlorhydrique reste inaltéré dans l'hydrogène, on peut continuer l'analyse.
Les liqueurs cblorhydriques contiennent : de l'acide tartriquo, des oxydes de fer, de plomb et d'antimoine, de l'acide antimonique. On y fait arriver de l'hydrogène sulfuré en grand excès, et on étend progressivement d'eau ; il faut obtenir la précipitation totale de l'antimoine et du plomb, à l'état de sulfures : ainsi que nous l'avons déjà dit, le plomb ne peut être entièrement précipité que dans une liqueur très-faiblement acide. On attend que les sulfures soient complètement rassemblés, on décante la liqueur acide ; on lave les sulfures par décantations .
Dans les liqueurs décantées on ne doit chercher qu'une trèspetite quantité de fer. On précipite d'abord le fer à l'état de sulfure en saturant par Tammoniaque les acides et l'hydrogène sulfuré. Après avoir lavé le sulfure de fer, on le dissout par Tacide chlorhydrique ; on sépare le soufre par filtration ; on fait chauffer à l'ébuUition pendant quelques heures, après avoir ajouté un peu d'acide azotique ; on précipite le peroxyde de fer par l'ammoniaque ; on pèse le peroxyde de fer calciné.
Les sulfures de plomb et d'antimoine, précipités par l'hydrogène sulfuré, et lavés par décantations, sont mis en digestion dans le sulfhydrate ; le sulfure de plomb reste seul insoluble ; on le lave par décantations avec du sulfhydrate étendu; on transforme ensuite le sulfure en sulfate ; on calcule l'oxyde de plomb d'après le poids du sulfate de plomb, calciné au rouge sombre.
D reste enfin à évaluer l'antimoine qui est seul on dissolution dans le sulfhydrate : cette évaluation est faite par l'un des procédés que nous avons décrits précédemment. On n'obtient pour Fantimoine qu'une approximation très-douteuse : l'incertitude est plus grande que dans les analyses des autres minéraux de l'antimoine, car on perd une proportion variable, et probable-
ment trës-notable de l'antimoine pendant l'attaque par Tacide chlorhydrique.
Oxyde d'antimoine. — Pour détenniner la proportion de l'oxyde d'antimoine, on traite 3 grammes du minerai parfaitement porphyrisé par l'acide chlorhydrique trës-concentré : on fait chauffer d'abord à 40 degrés pendant vingt-quatre heures^ et ensuite à 60 ou à 70 degrés pendant au moins douze heures. On décante la liqueur claire ; on la remplace par de l'acide chlorhydrique concentré, et on fait chauffer pendant un jour à une température voisine de 100 degrés. On ne doit pas prolonger davantage l'action de l'acide, dans la crainte que l'oxyde d'antimoine ne passe en partie à l'état d'acide antimouique, par suite du contact de Tair avec la liqueur chlorhydrique.
On lave la partie insoluble avec de l'acide chlorhydrique étendu ; on calcine au rouge^ et on pèse cette partie insoluble. On compare son poids à celui de la gangue quartzeuse, obtenu dans la première série d'opérations. Lorsque la différence est un peu grande, il est inutile d'examiner la liqueur acide, car on ne peut pas être certain qu'elle renferme la totalité de Toxyde d'antimoine ; il faut recommencer l'attaque en employant une plus forte proportion d'acide plus concentré. Si on ne parvient pas à obtenir la gangue à peu près exempte des composés formés par l'acide antimonique, on est obligé de renoncer à l'évaluation de l'oxyde d'antimoine.
Nous admettrons que le poids de la partie indissoute par l'acide diffère très-peu de celui qui a été obtenu pour la gangue quartzeuse : les liqueurs chlorhydriques contiennent alors la totalité de l'oxyde d'antimoine du minerai. On les traite par le chlorure double d'or et de sodium ; on pèse l'or qui est amené à l'état métallique. D'après le poids de l'or on calcule la proportion de l'oxyde d'antimoine.
On obtient ainsi le poids total de l'antimoine dans la pre* mière série des opérations, et le poids de l'oxyde d'antimoine dans la seconde. On calcule par différence la proportion de l'acide antimonique. H faut ensuite calculer l'acide antimonique qui correspond à l'oxyde de plomb et à l'oxyde d'antimoine, d'après les formules des antimoniates SA*0\3PôO, StH)\SbS)^.
44a MÉTAUX PROPREMENT DITS.
On coippare la somme de ces deux nombres à la proportion de Tacide calculée d'après les résultats des opérations.
Si la dififérence est faible, et dans un sens tel qu'elle puisse être expliquée par les erreurs commises dans les déterminations de Tantimoine total et de Toxyde d'antimoine, on peut admettre que le minéral proposé contient réellement les antimoniates dont nous venons d'écrire la composition.
Dans le cas de discordance entre ces nombres, il faut chercher si elle peut être attribuée à l'existence de Vantimoniatc de peroxyde de fer, ou à la présence d'une certaine quantité d'oxyde d'antimoine non combiné à l'acide antimonîque. La discussion des résultats est du reste presque toujours assez pénible, parce que les nombres obtenus pour l'oxyde d'antimoine et pour l'acide antimonique sont peu exacts.
Lorsque le minerai proposé contient des matières bitumineuses, on ne peut pas évaluer la proportion de l'oxyde d'antimoine ; on est obligé d'admettre que le minerai contient les antimoniates de plomb et d'oxyde d'antimoine, afin d'évaluer les matières organiques par difiPérence. L'hypothèse dont nous parlons ne peut être justifiée que par l'analyse d'un autre échantillon du même gisement, ne contenant pas de substances bitumineuses.
SULrmiE D'AVTIMOINE.
Le sulfure d'antimoine est très-abondant et constitue le seul minerai métallique dans un très-grand nombre de filons ; il se trouve en outre en proportion très-variable, et on mélange intime ou irrégulier, dans plusieurs gisements de cuivre gris, de galène, de pj^tes de fer, de minerais d'argent, etc.
Les filons de sulfure d'antimoine contiennent ordinairement comme gangues du minerai le fer carbonate, lequarta, le gulfate de baryte, la galène et la blende. Il n'y a pas ordinairement do mélange intime entre les gangues et le sulfure d'antimoine : le fercarbpMté, 1^ quartz, le sulfiite de baryte spnt môme presque toigpur^ nattcnoent séparés du sulfure : }a blende et la galène SQpt quelquefpis irrégulièrement mélangées.
Le sulfure d'antimoine se présente m cristaux définis, en veinas coïppactes h texture cristalline ou fibreuse, en filaments très-rdéliés et flexibles. Il est d'un gri^ d'aoier, un peu bleu&ti*e,
et il se rapproche beaucoup de In galène par sa cpuleur at par sou éclat. Il se ternit trës-promptement à l'air humide ; les cris* taux qui sont restés pendant quelque temps à Tair sont noirs et ternes à la surface. Il est tendre et très-fragile : ^4 densité est de 4,62.
La forme primitive est le prisme rhomboïdal droit ; Tinclinaison des faces est de 90"", 45'. Les cristaux sont ordinairement très-allongés, et groupés en aiguilles ou en baguettes qui se croisent sous ^es angles différents : ils ont un seul clivage trèsfacile, perpendiculaire à la base, et parallèle à la petite diagonale : ce clivage se distingue encore, par des facettes d'un vif éclat, dans le sulfure d* antimoine à texture presque compacte.
La composition du sulfure d'antimoine se rapporte à la formule Sft^S* i les échantillons, nettement cristallisés, contiennent à peine des traces de EÎno et de plomb ; mais, dans les minerais à texture oristalline ou compacte, séparés mécaniquement de gangues terreuses , le sulfure d'antimoine est presque toujours accompagné d'une proportion appréciable de divers sulfures, de plomb, de zinc et de fer.
Nous ne pouvons citer aucun exemple numérique de la composition du minerai : les proportions des sulfures étrangers et des gangues terreuses présentent des variations trop grandes dans le même gisement pour que les résultats de quelques analyses puissent donner des indications utiles.
On trouve, dans quelques localités, des minéraux cristallisés qui renferment le sulfure d'antimoine combiné avec des sulfures métalliques^ notamment avee les sulfures de cuivre, de fer, do plomb et d'argent. Nous dirons seulement quelques mots sur ces espèces minérales.
WoLFSBERGiTE. — Cc minéral a été trouvé à Wùlfsberg (Harz), en géodes dans des filons de quartz. Il est en cristaux assez petits, presque entièrement recouverts de pyrite de fer : leur forme primitive est le prispie rhoupihpïdal oblique, dpnt l'angle est de iOl degrés. Les cristaux ont i|n seul clivage facile. La couleur varie du gris de plomb au gris de fer : la dureté est plus grande ((ue celle dp sulfure d'antiu^oiae ; la densité est de 4,748. Les cristaux sont très-difficilement attaqués par l'acide phlorhydriquei on doit employer l'eau régfile pour les dissoudre facilement, Ils
contiennent principalement du soufre, de Tantimoine et du cuivre, dans les proportions que représente la formule Sé*S'.CM*S. Dans les analyses peu nombreuses qui ont été publiées, on a signalé la présence d'un peu de fer et de plomb. Nous ne cite* rons qu'un seul exemple :
Soufre 96,34
Antimoine 46,81
Cuivre 24,46
Fer i,39
Berthiérite. — Haidimgérite. — Ce minéral est un sulfure double d'antimoine et de fer ; il a été rencontré à Chazelles (Puyde-Dôme), en masses un peu considérables, accompagnées de calcaire et de pyrite de fer, dans un filon traversant le gneiss. Ce filon a été exploité pendant quelque temps ; mais les travaux ont dû être interrompus par suite de la qualité inférieure de l'antimoine qu'on pouvait extraire du minerai.
On a signalé des espèces minérales analogues dans les Vosges, dans la Creuse, en Saxe, en Hongrie, etc.
La berthiérite de Chazelles est en masses à texture cristalline , ou en prismes mal définis, dont on n'a pas déterminé la forme primitive. Ce minéral est d'un gris de fer; son éclat n'est pas très- vif ; sa surface présente souvent des irisations. Il est peu dur ; on le porphyrise avec facilité : sa densité varie de 4 à 4,30. 11 est facilement attaquable par les acides, avec dégagement d'hydrogène sulfuré.
D'après les analyses qui ont été publiées, on peut admettre deux sulfures doubles définis, représentés par les formules 3FeS.2Sô*S»; SFeS. 4S*«S».
SPeS.286"8*. 8FeS,48^S'.
Soufre 29,60 2S,60
Antimoine 53,10 61,40
Fer 17,30 10,00
Nous citerons quelques exemples numériques. Les analyses ont été faites sur des échantillons choisis, provenant des localités suivantes :
Cbazellet. Uartooreu BrauDsdorf. ArarrHdka.
Fer 16.00 9,85 11,43 12,85
Zinc 0,30 B 0,73 i
Manganèse... » t 2,54 i
ZiNKÉNiTE, — La zinkénîte est un sulfure double d'antimoine et de plomb : on ne l'a signalée jusqu'à présent que dans la mine d'antimoine do Wolfsherg (Harz). Elle se présente en cristaux prismatiques très-allongés, dont la fortne primitive est le prisme à six faces régulier, suivant quelques minéralogistes, et le prisme rhomboïdal droit, dont l'angle est de 120"* 39', d'après plusieurs savants éminents. On l'a trouvée dans le même gisement en masses fibreuses et en masses compactes.
Sa couleur est le gris d'acier ; sa dureté est plus grande que celle du sulfure d'antimoine ; sa densité varie de 5,30 à S,3S. Le minéral est partiellement attaqué par l'acide chlorhydrique, avec dégagement d'hydrogène sulfuré : il n'est dissous facilement que par l'eau régale. Sa composition parait se rapporter & la formule P*S.S6*S'.
Soufre 21,60
Plomb 34,90
Antimoine 43,50
Nous citerons deux exemples numériques ; les analyses ont été faites sur des cristaux très-nets.
Soafre 22,58.. .. 21,22
AnUmoine 44,39 43,98
Plomb 31,84 .... 30,84
Fer > 1,45
Argent > 0,12
MiARGYRiTE. — Co minéral est un sulfure double d*antimoinc et d'argent : il n été signalé dans une seule localité, à Braùnsdorf (Saxe), n est en cristaux assez petits, qui dérivent d'un prisme rhomboïdal oblique. Sa couleur est le brun très-foncé ; les la-
T. lY. 29
mclles très-minces sont un peu translucides et d'un rouge de sang; sa densité varie do 5,20 à 5,40. H est difficilement attaqué par Tacidc clilorliydrique : on ne parvient pas à le dissoudre entièrement par Tacide azotique et par l'eau régale. La composition se rapporte à la formule AyS.Si^S*.
Soafre 21,20
Antimoine 42,90
Argent 35,90
Dans les échantillons peu nombreux qui ont été analysés, on a signalé la présence de très-faibles quantités de cuivre et de fer«
Plagionite. — La plagionite a été trouvée à Wolfsherg (Harz), en masses cristallines et en cristaux, dans un filon quartzeux. Le minéral est d'un gris de plomb très-foncé ; il est peu dur et fra* gile ; sa densité est de 5,40 : les cristaux ont pour forme primitive le prisme rhomboïdal oblique. Il est incomplètement attaqué par Tacide chiorhydriquo : l'eau régale le dissout avec facilité, sur* tout h Taidc de la chaleur ; la liqueur acide laisse déposer, par refroidissement, des cristaux de chlorure de plomb.
La composition de la plagionite est représentée par une formule assez complexe, 4PiS + 3Si'S'.
Soufre 20,60
Antimoine 38,30
Plomb 4i .10
MM
Jamesonite. — La jamesonite est également un sulfure double do plomb et d'antimoine ; elle a été rencontrée dans plusieurs localités, dans le Cornouailles, en Sibérie, en Hongrie, en Espagne, au Brésil, etc. Elle se présente en masses à texture compacte ou cristalline, et en cristaux assez mal définis. Sa couleur est le gris clair ; son éclat est métallique ; sa densité de 5,60 à 5,80 : sa dureté est faible. La forme primitive des cristaux est le prisme rhomboïdal droit, dont l'angle est de 101° 20'; les cristaux ont trois clivages parallèles aux faces du prisme : le clivage parallèle à la base est Irès^facile,
ANTIMOINE. iSl
La coraposition de la jamesonite est représentée par la formule 3PAS + 2SA»S».
Sonfre , 20,20
Antimoine 36,20
Plomb 43,60
Noas citerons quelques exemples d'analyses faites sur des échantillons assez nettement cristallisés, provenant do diverses localités :
Cornouailies. Espagne. Toscane.
Soufre 22,i5 21,78 20,53
AntimolDe... 34,40 33,02 82,16
Plomb 40,75 30,97 43,38
Fer 2,30 3,63 0,94
Cuivre 0,13 p 1,25
Zinc > 0,42 1,74
Hétéromobphite. — On désigne sous ce nom un sulfure double d'antimoine et de plomb, dont la composition diffère notablement de celles que nous venons de citer. Ce minéral se présente en fibres très-déliées, enchevêtrées, d'un gris de plomb très-foncé, douées d'un faible éclat : leur densité varie de S,67 à 5,90. Ces fibres se laissent réduire aisément en poussière impalpable : cette espèce minérale a été signalée à Wolfsberg et à Andreasberg (Harz), à Freyberg (Saxe), à Schemnitz (Hongrie), à Bottino (Toscane), etc. Sa composition se rapporte à la formule 2PAS.SA*S'.
Soufre 19,20
Anlimolno 31,00
Plomb 49 .80
Dans la plupart des échantillons analysés, on a trouvé de petites quantités de fer, de zinc et de cuivre. Nous citerons seulement deux exemples numériques :
WoIMberg. Toseane.
Anlimoine 31,04 30.19
Plomb 46.81 47,08
Fer 1,30 0,26
Zinc 0,08 1,08
Cuivre » 1,11
Observation. — Ces diverses espèces minérales ne sont peutêtre pas toutes distinctes : il serait possible d'expliquer les différences que présentent les proportions du soufre, du plomb et de l'antimoine, dans les analyses qui ont été publiées, par des mélanges d'un seul sulfure double bien défini de plomb et d'antimoine, avec du sulfure de plomb, ou bien avec du sulfure d'antimoine libre.
Presque tous les minéraux qui renferment du sulfure d'antimoine contiennent un peu d'arsenic ; presque tous sont argentifères et aurifères. La proportion de l'arsenic est ordinairement très-faible, et on n'a pas cherché à constater sa présence dans la plupart des échantillons dont les analyses ont été publiées. Pour l'or et l'argent, on doit faire des essais par voie sèche, lorsqu'il est utile de chercher si ces métaux sont en proportion suffisante pour qu'on puisse les extraire avec profit.
Analyse. — Nous prendrons comme exemple un échantillon de sulfure double de plomb et d'antimoine, contenant un peu de fer, de cuivre et de zinc ; nous ne parlerons pas de la recherche de l'arsenic, de l'or et de l'argent. L'analyse exige deux séiîes d'opérations : l'une pour le dosage du soufre, l'autre pour la détermination des métaux.
Dosage du soufre. — On traite par une dissolution un peu concentrée de potasse pure de 1 à 2 grammes du minéral parfaitement porphyrisé : on fait chauffer pendant douze heures au moins à 100 degrés ; on fait ensuite arriver un courant de chlore, en ayant soin d'agiter presque constamment, et de prolonger l'arrivée du gaz presque jusqu'à saturation de l'alcali libre. Le minéral est entièrement décomposé, et le soufre se trouve en totalité dissous à l'état de sulfate alcalin ; le plomb est séparé à l'état do bioxyde.
On lave la partie insoluble par décantations, avec de l'eau bouillante ; on traite les liqueurs par l'acide chlorhydrique ; on chauffe doucement pour expulser le chlore ; on verso du chlorure de barium; on pèse le sulfate de baryte, après l'avoir lavé, purifié et calciné.
Détermination des biétaux, — Plusieurs des métaux, le fer, le
zinc, le cuivre, étant presque toujours en proportion trës-faible, il importe d'opérer sur un poids un peu fort, sur 5 grammes au moins.
On attaque le minéral porphyrisé par l'acide chlorhydrique, en ajoutant de temps en temps quelques gouttes d'acide azotique ; on fait arriver un courant très-rapide d'hydrogène sulfuré, on étend progressivement d'eau, à mesure que l'hydrogène sulfuré est en plus grand excès. On laisse ensuite les sulfures se rassembler, et le gaz en excès se dégager lentement à la température ordinaire. Le cuivre, le plomb, le zinc et l'antimoine sont entièrement précipités ; le fer seul reste dissous *. On lave les sulfures par décantations avec de l'eau froide.
Dans les liqueurs acides^ on procède au dosage du fer, en suivant la marche que nous avons tracée précédemment : on concentre les liqueurs par évaporation ; on filtre pour séparer le soufre; on fait chaufTer à rébuUition avec de l'acide azotique; on précipite le peroxyde de fer par l'ammoniaque ; on pèse l'oxyde de fer calciné.
On traite la liqueur ammoniacalç par le suif hydrate, afin de vérifier qu'elle ne contient pas de zinc ; si ce réactif donne un précipité notable de sulfure de zinc, on le réunit aux sulfures qui ont été précipités par l'hydrogène sulfuré.
Traitement des sulfures. — On met les sulfures en digestion dans le sulfhydrate en grand excès ; on lave longtemps par décantations les sulfures insolubles avec du sulfhydrate. On a en dissolution l'antimoine seul à l'état de sulfoantimoniate : les sulfures de plomb, de cuivre et de zinc restent indissous.
On procède à l'évaluation ou au dosage de l'antimoine par l'un des procédés que nous avons précédemment indiqués.
Pour doser le plomb, le cuivre et le zinc dans les sulfures insolubles, on traite ces sulfures par l'acide chlorhydrique , avec addition d'un peu d'acide azotique très-étendu: on sépare le soufre indissous; on verse dans la liqueur acide de l'oxalate d'ammoniaque, et ensuite de l'ammoniaque : ce dernier réactif doit être ajouté peu à peu en excès suffisant pour dissoudre les oxydes de cuivre et de zinc.
^ En présence de l'antinioine^ le zinc est ordinairement précipité en totalité ; on du moins il n'en reste dans la liqaeur étendue qu'une proportion négligeable.
Le plomb est précipité à Tétat d*oxalate : on reçoit le précipité sur un filtre; on fait sécher à 100 degrés; on sépare autant que possible Toxalate du filtre : on brûle le papier seul dans une capsule de porcelaine, exactement tarée ; on réunit l'oxalate aux cendres du filtre ; on Timprègne d'acide azotique, et on chauffe progressivement au rouge sous le moufle. On pèse après refroidissement la capsule de porcelaine, qui contient le plomb à l'état de litharge ou protoxyde fondu. On calcule le plomb d'après le poids de la litharge.
On évalue le cuivre que renferme la liqueur ammoniacale, en comparant l'intensité de la coloration bleue à celles des liqueurs ammoniacales de même volume, contenant des poids connus de cuivre (voir chap. XIII, § 2).
Il reste à doser le zinc : la séparation du zinc et du cuivre est fort longue ; de plus, on ne peut espérer pour le zinc qu'une approximation douteuse, même en conduisant toutes les opérations avec les soins les plus grands. On peut arriver assez simplement à une approximation, peut-être suffisante^ en suivant la marche que nous allons indiquer.
On acidulé la liqueur ammoniacale par l'acide acétique : on fait arriver de l'hydrogène sulfuré ; on précipite ainsi les deux métaux à l'état de sulfures ; on lave ces sulfures avec de l'eau chargée d'hydrogène sulfuré : on les reçoit sur un filtre, et on fait séchera 100 degrés.
On sépare les sulfures du filtre, lorsque cela est possible ; mais ordinairement les sulfures adhèrent entièrement au papier. On brûle le filtre dans une capsule de porcelaine. On mélange les cendres (et les sulfures, lorsqu'on a pu les détacher en partie du filtre) avec leur volume de soufre pulvérisé ; on chauffe au rouge, et à l'abri du contact de l'air, dans un creuset de porcelaine pesé ou taré. On opère comme nous l'avons indiqué pour le dosage de cuivre à l'état de sulfure. On pèse le creuset après refroidissement : on adm6t que l'augmentation de poids est due aux sulfures de zinc et de cuivre ; on connaît la proportion du cuivre : il est donc possible de calculer le poids du sulfure de zinc, et par suite la proportion du zinc.
Le nombre obtenu n'est certainement pas très-exact, parce que le zinc ne passe pas en totalité à l'état de sulfure pendant la calcination du mélange de soufre avec l'oxyde et avec le sulfate
de zinc, produits par le grillage. Cependant Teçreur est faible, et peut-être n'atteindrait-on pas une plus grande exactitude en faisant les opérations nécessaires pour la séparation du cuivre.
S ^' — Prodalta d'art de PaatUnoine.
Les produits d'art de l'antimoine sont trës-nombreux, mais il nous paratt peu utile de les examiner tous ; nous parlerons seulement des produits principaux du traitement métallurgique : parmi les produits pharmaceutiques, nous considérerons le kermès et le soufre doré.
Indiquons d'abord brièvement la série des opérations dont se compose le traitement du minerai d'antimoine ; cette explication est nécessaire pour faire comprendre dans quel sens doivent être dirigées les analyses.
Traitement métallurgique. — Le seul minerai traité jusqu'à présent dans les usines est le sulfure : il contient généralement une proportion très-faible de sulfures métalliques divers, de fer, de zinc, de plomb ; ses gangues les plus ordinaires sont le quartz, le sulfate de baryte et le fer carbonate : le carbonate de chaux accompagne plus rarement le sulfure d'antimoine.
On a pu traiter dans des conditions spéciales des minerais assez pauvres, en utilisant pour les enrichir (au lieu de la préparation mécanique) la gande fusibilité du sulfure d'antimoine. Ou sépare le sulfure de ses gangues, en chauffant le minerai dans des pots de terre, à la température strictement suffisante pour la fusion du sulfure; les gangues restent dans les pots supérieurs, retenant une petite quantité de sulfures métalliques partiellement oxydés : le sulfure d'antimoine s'écoule dans des récipients inférieurs, en entraînant une certaine proportion do sulfures de fer, de plomb et de zinc.
Cette opération préliminaire ne donne qu'un seul produit qu'il soit utile d'examiner "au laboratoire, c'est le sulfure fondu: il peut contenir, d'après le mode de préparation, des sulfures d'antimoine, de plomb, de fer, de zinc ; il renferme quelquefois un peu de cuivre et d'arsenic.
486 MÉTADX PROPREMENT DITS.
Dans les usines principales, il n'est pas ordinairement nécessairo de recourir à cette fusion : on ne traite que dos minerais riches, contenant à peine quelques centièmes de gangues. Ces minerais sont pulvérisés, et soumis aux opérations suivantes :
Première opération. — Les minerais sont grillés dans des fours à réverbère do forme spéciale, dans lesquels l'air extérieur arrive lentement en contact avec le minerai : ce dernier est soustrait, autant que possible, au courant gazeux très-actif qui va des foyers à la cheminée : le minerai est chauffé presque exclusivement par la réverbératioii de la voûte. On no dépasse pas sensiblement le rouge sombre, même vers la fin de l'opération.
Malgré ces précautions, le sulfure d'antimoine et l'oxyde sont partiellement entratnés jusque dans la cheminée ; on ne recueille qu'une partie de l'antimoine volatilisé, dans les chambres de condensation qui précèdent la cheminée.
L'opération donne deux produits principaux : le minerai grillé et les fumées.
La composition du minerai grillé est très-variable, suivant la nature et la proportion des gangues, suivant les soins qui ont été pris pendant le grillage. Indépendamment des gangues, le minerai grillé contient principalement de l'oxyde et de l'antimoniate d'oxyde d'antimoine ; il renferme un peu de sulfure d'antimoine qui a échappé à l'oxydation, des sulfates et des antimoniates des oxydes de fer, de zinc, de plomb, etc.
Il est assez facile de se rendre compte de l'influence que les gangues diverses exercent sur la composition du minerai grillé.
Le sulfate de baryte reste inerte , car l'opération est faite à une température trop peu élevée pour qu'il se produise de l'antimoniate de baryte.
Le quartz reste partiellement inerte, il ne produit qu'une faible proportion de silicates lorsque les matières restent pulvérulentes pendant toute la durée de l'opération ; la proportion des silicates produits est plus forte lorsque les matières s' agglomèrent notablement.
Les gangues carbonatées se comportent différemment : la majeure partie, sinon la totalité de la chaux du calcaire, et des oxydes du fer carbonate, passe à l'état do sulfates et d' antimoniates.
Les fumées contiennent principalement de l'oxyde d'antimoine ;
elles ne renferment qu'une assez faible proportion de sulfate et d'antimoniate d'oxyde d'antimoine. Les fumées sont produites à peu près exclusivement par l'oxydation des vapeurs d'antimoine ; les matières fixes chargées sur la sole ne sont entraînées par les gaz que dans une proportion presque négligeable. Les fumées ne contiennent ordinairement que des traces de fer, de zinc, de plomb, à l'état d'oxydes, de sulfates et de carbonates.
Seconde opération, — Le minerai grillé est mélangé avecdu charbon pulvérisé et avec des fondants alcalins, tels que le carbonate de soude et la crème de tartre ; le mélange est introduit dans de grands creusets de terre, fermés par des couvercles : les creusets sont rangés sur la sole d'un four à réverbère, et chauffés trèsprogressivement au rouge. Lorsque la fusion est obtenue, on sort successivement les creusets et on coule les matières fondues dans des lingotières.
L'opération donne trois produits : l'antimoine métallique impur ou régule; les scories alcalines ; et les fumées.
Le régule contient une partie de tous les métaux étrangers que renferme le minerai, et de plus une petite quantité de métaux alcalins des fondants ; il ne contient que très-peu de soufre, alors même que le minerai grillé renferme du sulfure d'antimoine non oxydé et des sulfates divers.
La scorie est presque toujours assez riche : elle contient l'an- Jmoine principalement à l'état de sulfosels. Sa composition est très-complexe : il est impossible de l'utiliser dans le traitement métallurgique, et, par conséquent, il est inutile de l'analyser : il peut seulement être nécessaire de déterminer sa teneur en antimoine, afin de se rendre compte des pertes qui sont faites dans le traitement.
Les fumées sont encore produites à peu j)rès exclusivement par l'oxydation des vapeurs d'antimoine ; elles contiennent principalement de l'oxyde et de l'antimoniate d'oxyde d'antimoine. Dans le traitement des minerais blendeux, ces fumées contiennent de Toxyde de zinc en plus forte proportion que les fumées du grillage.
Troisième opération. — On refond le régule dans des creusets, en ajoutant une proportion variable de nitre et de carbonate de soude ; on coule le métal dans des lingotières. Cette fusion suffit ordinairement pour enlever à l'antimoine la totalité du soufre.
des métaux alcalins, du fer et du zinc, ainsi qu'une grande partie du plomb ; il est très-rare qu'on soit obligé de répéter la fusion.
L'opération ne donne que deux produits : Vantimoine purifié et les scories ; on no recueille pas ordinairement les fumées antimonisjes qui se produisent pendant la fusion.
L'antimoine est généralement assez pur et ne renferme que des traces de soufre et de métaux étrangers : quelquefois seulement il contient une proportion appréciable de plomb.
Les scories alcalines sont presque toujours assez riches, mais il est difficile de les utiliser dans les usines ; il n*est pas nécessaire de les analyser, mais il peut être intéressant de déterminer leur teneur en antimoine.
Quatrième opération, — On traite les fumées comme le minerai grillé ; on les mélange avec du charbon et avec des fondants alcalins; on fond dans des creusets dans un four à réverbère ; on coule dans des lingotières. On affine ensuite le régule par fusion dans des creusets, avec addition d'un peu de nitre et de fondants alcalins.
Lorsque le minerai renferme de l'arsenic, on ne parvient pas à obtenir de T antimoine tout à fait pur : le métal produit par les fumées contient ordinairement plus d'arsenic que l'antimoine produit dans le traitement du minerai. On s'en rend aisément compte.
Pendant le grillage, fait à basse température en présence d'une quantité d'air assez limitée, l'arsenic passe en grande partie à l'état d'acide arsénieux qui se volatilise et vient se condenser dans les chambres en même temps que l'oxyde d'antimoine. Le minerai grillé ne retient qu'une faible proportion d'arséniatcs. Pendant la fusion, les arséniates sont partiellement réduits par le charbon ; le régule doit donc contenir un peu d'arsenic. Dans la purification du régule, l'arsenic combiné avec l'antimoine ne s'oxyde pas avec plus de facilité que ce métal, et se retrouve presque en totalité dans l'antimoine purifié. L'arsenic se trouve donc réparti dans les divers produits du traitement ; mais ce sont les fumées qui en contiennent le plus, et le métal qu'on en retire est notablement arsenical.
D'après ces explications, on peut avoir à examiner au laboratoire : le sulfure fondu, le minerai grillé, le régule, Yantimoine purifié, les fumées et les scories diverses.
flULlUBS VASTmOTB^ TOmV.
Le sulfure d' antimoine fondu peut contenir, outre le soufre et l'antimoine, un peu de fer, de zinc, de plomb, d'arsenic et plus rarement du cuivre. Il n est presque jamais utile d'en faire une analyse exacte ; on doit s'attacher principalement à recoonaitro la présence de l'arsenic, et à constater la présence ou l'absence des métaux que nous venons de citer.
On attaque 4 grammes du sulfure par l'eau régale chlorhydrique ; on étend d'eau; on sature les acides par l'ammoniaque; on ajoute du sulfhydrate en excès ; on lave par décantations, et avec du sulfliydrate, les sulfures de fer, de zinc, de plomb, de cuivre qui restent indissous. On traite ces sulfures comme nous l'avons indiqué précédemment; on cherche à reconnaître approximativement les proportions des divers métaux.
Dans la dissolution qui contient l'antimoine et l'arsenic à l'état de sulfosels, on doit seulement constater l'arsenic. On décompose le sulfhydrate par l'acide chlorh^drique, en ajoutant progressivement une quantité d'acide assez grande pour redissoudre le sulfure d'antimoine, qui est d'abord précipité en même temps' que le sulfure d'arsenic et du soufre libre. On lave la partie insoluble par décantations, en employant de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique et en faisant chauffer à SO ou 60 degrés.
Il est essentiel de prolonger ces lavages , afin de dissoudre certainement la totalité de l'antimoine, et d'enlever complètement au soufre et au sulfure d'arsenic le chlorure d'antimoine dont ils sont imprégnés.
On fait chauffer pendant quelques heures la partie insoluble dans l'eau régale ; on étend d'eau; on filtre pour séparer le soufre indissous ; on ajoute de 0^,25 à 0^%30 de peroxyde de fer dissous* dans l'acide chlorhydrique ; on sature les acides par l'ammoniaque. Après avoir bien lavé le précipité , on le traite p^ l'acide sulfurique pur, et on essaye la liqueur acide dans l'appareil de Marsh. La proportion de l'arsenic est ordinairement assez faible pour qu'on puisse l'évaluer d'après l'intensité des taches. n faut toujours constater que les taches obtenues sont formées par l'arsenic et qu'elles ne contiennent pas d'antimoine.
BiniERAlS OBXLtÊS.
Ainsi que nous l'avons déjà dit, la composition des minerais grillés est très-variable ; on peut la connaître d'avance lorsqu'on a examiné les minerais non grillés , et lorsqu'on a constaté s'il y a eu une agglomération notable pendant le grillage.
Nous admettrons, pour fixer les idées, que le minerai d'antimoine contient, comme gangues, du quartz et du carbonate de chaux, et que les matières se sont un peu agglomérées vers la fin de l'opération. Le minerai grillé peut contenir : du quartz resté inerte, des silicates, des sulfates, des arséniates, des antimoniates de chaux, de fer, de zinc, de plomb, de cuivre, d'antimoine ; de l'oxyde d'antimoine libre ; du sulfure d'antimoine qui a échappé à l'action oxydante, et peut-être un peu de carbonate de chaux non décomposé.
Au point de vue industriel, l'analyse complète ne présente que très-peu d'intérêt ; mais il peut être utile de la faire pour se rendre compte des résultats obtenus dans un four spécial, ou pour comparer les résultats donnés par des fours différents.
Cette analyse exige plusieurs séries d'opérations :
1* Evaluation du carbonate de chaux. — On traite 3 grammes du minerai par l'acide chlorhydrique ; on reçoit les gaz qui se dégagent dans une dissolution ammoniacale de chlorure de barium ; on pèse le carbonate de baryte : d'après son poids, on calcule la proportion du carbonate de chaux. Cette proportion est toujours très-faible.
2* Détermination du sulfure (f antimoine. — On traite par l'acide chlorhydrique concentré de 4 à S grammes du minerai proposé ; on reçoit les gaz dans une dissolution ammoniacale de chlonire de cuivre ; on dose le soufre dans le précipité qui se produit : d'après le nombre obtenu pour le soufre, on calcule le sulfure d'antimoine du minerai.
Cette détermination est un peu incertaine, car on est obligé d'admettre que le sulfure d'antimoine, seul de tous les sulfures métalliques, a pu échapper partiellement à l'action oxydante du grillage.
3* Dosage de C acide sulfurique. — On fait chauffer à 100 degrés, pendant vingt-quatre heures, 3 grammes du minerai porphyrisé dans une dissolution concentrée de carbonate do soude pur ; on
lave ]a partie insoluble à Teau bouillante. L'acide sulfurique se trouve en totalité dans les liqueurs alcalines.
On acidifie ces liqueurs par Facide chlorhydrique ; on étend de beaucoup d'eau ; on laisse en repos pendant plusieurs jours ; on sépare par décantation ou par filtration le dépôt qui se produit et qui contient de la silice, de l'acide antimonique, etc. ; on verse du chlorure de barium dans la liqueur très-étendue ; on lave et on purifie le sulfate de baryte avec les précautions que nous avons tant de fois indiquées. On pèse le tulfate de baryte après calcination. On calcule ensuite la proportion de l'acide sulfurique; mais il est impossible> de reconnaître avec quels oxydes il est combiné.
4** Evaluation du quartz et de la silice. — On attaque 5 grammes du minerai par l'acide azotique ; on évapore à sec ; on traite le résidu par l'acide azotique concentré ; on lave longtemps par décantations la partie insoluble, en employant de l'eau acidulée par l'acide azotique ; on la fait passer sur un filtre ; on achève le lavage avec de l'eau pure. On fait sécher à 100 degrés ; on sépare la matière du papier; on brûle ce dernier seul. On calcine au rouge, dans une capsule de porcelaine, les cendres et la matière qui a été détachée du papier. On pèse après refroidissement ; on obtient ainsi la somme des poids du quartz, de la silice et de l'antimoniate d'oxydç d'antimoine.
Le nombre n'est pas très-exact, ainsi que nous l'avons dit précédemment, § 2.
Pendant la calcination, le quartz et la silice agissent partiellement sur l'oxyde d'antimoine ; de plus, l'acide azotique ne sépare pas complètement les oxydes de l'acide antimonique. Ces deux causes principales d'erreur étant de sens contraire, on peut espérer une approximation presque suffisante en adoptant l'hypothèse que la matière calcinée est un mélange de quartz, de silice et du composé S6*0^. L'antimoine étant déterminé dans une autre série d'opérations, on calcule le poids de ce composé S6*0^ et on déduit par différence le quartz et la silice.
On attaque de nouveau 5 grammes du minerai par l'acide chlorhydrique concentré ; on fait chauffer vers 80 degrés, assez longtemps pour qu'on puisse espérer que les antimoniates sont complètement dissous ; on lave la partie insoluble à l'eau bouillante ; on la reçoit sur un filtre, et on la calcine au rouge. Cette
matière calcinée contient certainement la totalité du quartz ; elle renferme une faible partie de la silice des silicates ; elle peut contenir encore une certaine quantité d'aatimoniates, car ces composés sont difficilement solubles dans Tacide chlorhydrique. On la fait chauffer au rouge dans un courant d'hydrogène pur et sec ; on laisse refroidir dans l'hydrogène ; on traite ensuite la matière par l'eau régale très-chlorydrique.
Après avoir lavé et calciné la partie insoluble qui ne contient plus que le quarfz avec un peu de silice, on la fait chauffer doucement dans une dissolution étendue de potasse ; on lave à l'eau bouillante ; on calcine, et on pèse enfin le quartz qui est resté seul indissous dans la liqueur alcaline. En comparant les poids obtenus dans les deux séries d'opérations pour le quartz et la silice et pour le quartz seul, on obtient par différence la proportion de silice.
Toutes les erreurs étant reportées sur la silice, on ne peut espérer pour elle qu'une approximation très-douteuse.
S* Détermination de F antimoine et de rarsenic, — On a pu se rendre compte dans la dernière série d'opérations de la difficulté plus ou moins grande qu'on éprouve à dissoudre complètement les antimoniatcs par l'acide chlorhydrique; on sait donc si on peut arriver assez facilement à dissoudre tout l'antimoine en faisant agir l'acide chlorhydrique seul, ou s'il est difficile d'atteindre ce résultat. Nous admettrons que les antimoniates résistent partiellement à l'action do cet acide.
On attaque 3 grammes du minerai par l'acide chlorhydrique concentré, en faisant chauffer à 40 ou à 50 degrés au plus ; on ajoute un peu d'acide tartrique et on étend d'eau. On lave par décantations la partie insoluble. Après l'avoir fait sécher et l'avoir calcinée, on la mélange avec trois parties de carbonate de soude ; on fait fondre le mélange dans un creuset de porcelaine.
Après refroidissement, on traite la matière par l'acide chlorhydrique concentré ; on ajoute un peu d'acide tartrique, et on étend d'eau. On laisse en repos pendant deux ou trois jours, afin que la silice indissoute puisse se déposer ; on la lave par décantations avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique et par l'acide tartrique. On réunît les deux liqueurs acides qui contiennent alors la totalité de l'asenic, de l'antimoine et des oxydes ; elles renferment un peu de silice et de la soude.
On fait arriver de l'hydrogène sulfuré en grand excès, on
étend de beaucoup d'eau; on sature par rammoniaque les acides et Thydrogëne sulfuré ; ou laisse le précipité se rassembler ; on le lave par décantations avec de Teau chargée de suifhydrate; on acidifie très-faiblement les liqueurs par Taoide chlorhydrique, ce qui précipite les sulfures d'antimoine et d'arsenic, avec du soufre libre. Le précipité étant produit dans une liqueur qui contient une proportion considérable de chlorure de sodium, on doit le laver plusieurs fois par décantations, redissoudre les sulfures dans le sulfhydrate, et recommencer la précipitation et les lavages.
On reçoit les sulfures et le soufre sur un filtre pesé d'avance ; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau ; on dose le soufre en opérant sur i gramme du précipité. On peut calculer, d'après ces nombres, le soufre contenu dans le précipité, et, par différence, la somme des poids de l'arsenic et de l'antimoine* L'arsenic étant toujours en quantité très-faible, on peut considérer le nombre obtenu comme représentant l'antimoine contenu dans le minorai grillé.
On cherche ensuite à évaluer Tarsenic : on traite une autre portion du précipité, de soufre et de sulfures, par l'acide chlorhydrique concentré. Après avoir bien lavé la partie insoluble, on l'attaque par l'eau régale ; on ajoute une quantité convenable de perchlorure de fer ; on sature les acides par Tammoniaquo ; on dissout le peroxyde de fer dans l'acide sulfurique, et on essaye la liqueur acide dans l'appareil de Marsh.
6* Dosage des métaux étrangers. — Dans les opérations dont nous venons de parler, les sulfures de fer, de zinc, de plomb et de cuivre, ont été séparés par le sulfhydrate des sulfures d'arsenic et d'antimoine ; ils sont accompagnés d'un peu de silice et même d'un peu de sulfate de chaux. On peut négliger la présence du sulfate de chaux, car ce composé a dû être dissous à peu près en totalité pendant les lavages très-prolongés auxquels les sulfures insolubles ont été soumis.
On traite les sulfures par l'acide chlorhydrique , en ajoutant quelques gouttes d'acide azotique ; on étend d'eau et on filtre. La liqueur acide contient seulement les métaux, fer, zinc, plomb, cuivre : on la traite par l'hydrogène sulfuré ; le plomb, le cuivre et une partie du zinc sont précipités à l'état de sulfures ; le fer et une partie du zinc restent en dissolution.
46 i MÉTAUX PROPREMENT DITS.
On fait chauffer la liqueur pour expulser riiydrogëno sulfuré ; on sépare le soufre indissous ; on fait passer le fer à Tétat de peroxyde, et on le précipite par Tammoniaque ; on néglige la faible quantité d'oxyde de zinc que le peroxyde de fer entraîne dans sa précipitation ; on pèse Toxyde de fer après calcitfation.
On traite les sulfures de zinc, de plomb et de cuivre par Tacide chlorhydrique, avec quelques gouttes d* acide azotique; on sépare le soufre ; on précipite le plomb par Toxalate d'ammoniaque et l'ammoniaque. On réunit les deux liqueurs ammoniacales ; on fait l'évaluation du cuivre d'après la coloration de la liqueur ; on précipite les deux métaux parle sulfhydrate ; on pèse les deux sulfures calcinés, à l'abri du contact de l'air, dans un creuset de porcelaine taré. Pour les détails de ces dernières opérations, nous renvoyons nos lecteurs à l'analyse du sulfure d'antimoine, § 3.
7"* Évaluation de F oxyde d antimoine. — • On attaque 2 grammes du minerai par l'acide chlorhydrique concentré, en faisant chauffer entre 50 et 60 degrés pendant vingt-quatre heures ; on étend d'une faible proportion d'eau ; on filtre, et on lave la partie insoluble avec de l'acide chlorhydrique étendu de son volume d'eau. On ajoute à la liqueur acide une dissolution concentrée de chlorure double d'or et de sodium ; on pèse l'or qui est amené à l'état métallique ; on calcule, d'après son poids, la proportion de l'oxyde d'antimoine.
Le nombre ainsi obtenu est fort incertain. Les deux causes principales d'erreur sont les suivantes :
L'acide chlorhydrique ne dissout pas complètement l'oxyde d'antimoine ; la liqueur acide, sur laquelle on fait agir la dissolution de chlorure d'or, contient à l'état d'oxyde l'antimoine qui provient du sulfure contenu dans le minerai grillé. Ces deux causes d'erreur sont de sens contraire ; mais il est fort douteux qu'elles puissent se compenser.
8^ Dosage de la chaux. — On attaque S grammes du minorai par l'acide chlorhydrique : on n'a pas à craindre la perte des métaux résultant de l'entraînement de leurs composés par les vapeurs acides ; on peut faire chauffer assez fort et assez longtemps pour dissoudre entièrement la chaux.
On ajoute un peu d'acide tartrique ; on étend d'eau ; on fait
arriver de l'hydrogène sulfui'é ; on laisse le gaz en excès agir pendant un temps assez long, et se dégager ensuite lentement à la température ordinaire. L'antimoine, le plomb, le cuivre, sont précipités en totalité; l'arsenic et le zinc sont précipités, sinon en totalité, du moins en grande partie. La liqueur acido ne contient plus que la chaux, l'oxyde de fer, une quantité trèspetite d'arsenic, de zinc et de silice.
Après avoir séparé et lavé le précipité, on fait arriver un peu d'hydrogène sulfuré dans les liqueurs acides, dont le volume est nécessairement considérable; on sature progressivement par l'ammoniaque l'acide chlorhydrique et l'hydrogène sulfuré. Le zinc et le fer sont précipités à l'état de sulfures, avec une partie de la silice ; il ne reste en dissolution que la chaux et l'arsenic à l'état de sulfosel : on lave le précipité avec de l'eau chargée d'un peu de sulfhydrate.
Dans les liqueurs , on décompose le sulfhydrate par l'acide chlorhydrique ; on chauffe pour expulser l'hydrogène sulfuré ; on filtre pour séparer le soufre et le sulfure d'arsenic ; on précipite enfin la chaux par l'ammoniaque et par l'oxalate ; on pèse la chaux à l'état caustique.
ANTIMOINE UÊTALUQUC.
Les usines produisent le régtile et Y antimoine purifié : ces deux produits contiennent à peu près les mêmes corps étrangers ; la seule différence est que le régule renferme assez fréquemment des proportions notables de soufre, de fer, de zinc, de cuivre, do plomb, de potassium et de sodium, tandis que l'antimoine purifié renferme à peine des traces app^réciables de la plupart de ces corps : l'arsenic se trouve à peu près dans la même proportion dans les deux produits.
L'examen, au laboratoire, doit être fait de la même manière pour le régule et pour l'antimoine purifié. U nous suffira de considérer le régule : les explications que nous allons donner feront comprendre de quelle manière il comment de modifier les opérations pour l'examen de l'antimoine purifié.
Analyse nu régule. *-< Le régule peut contenir : antimoine, T. nr. 80
arsonic, plomb, zinc, fer, cuivre, métaux alcalins, soufre. L'analyse exige les opérations suivantes :
1° Dosage du soufre, — On attaque S grammes du régule par Tacide azotique concentré, en faisant chauffer h 100 degrés et en ajoutant de nouveau de Tacide, jusqu'à ce que Tantimoine métallique soit entièrement transformé en acide antimonique : le soufre se trouve alors en totalité à l'état d'acide sulfurique. On ajoute de T acide cblorhydrique ; on fait chauffer à iOO degrés assez longtemps pour décomposer la majeure partie de l'acide azotique ; on met dans la liqueur acide environ 1 gramme d'acide tartrique ; on étend de beaucoup d'eau, et on laisse la partie insoluble se rassembler par un repos prolongé ; on la lave par décantations avec de l'eau acidulée par l'acide cblorhydrique.
On verse du chlorure de barium dans la liqueur acide ; on lave et on purifie le sulfate de baryte avec les précautions ordinaires : on le pèse après calcination. D'après son poids, on calcule la proportion de soufre du régule.
Les opérations sont longues et un peu délicates : on perd certainement un peu d'acide sulfurique pendant l'attaque par l'acide azotique et par Tacide cblorhydrique ; la partie insoluble dans l'acide cblorhydrique peut retenir une petite quantité d'acide sulfurique. Les pertes sont certainement très-faibles, mais leur importance est grande relativement à la proportion de soufre que contient le régule. Les nombres qui sont obtenus pour le soufre dans les analyses de différents régules sont à peine comparables.
2® Évaluation de f arsenic et des métaux étrangers. — On attaque 8 grammes du régule par l'eau régale très-chlorhydrîque, en faisant chauffer à 40 degrés au plus : on étend d'un peu d'eau { on fait arriver un courant d'hydrogène sulfuré ; on sature progressivement par l'ammoniaque les acides et l'hydrogène sulftiré. On attend que les sulfures insolubles soient nettement rassembléis ; on décante la liqueur^ et on la remplace par du sulfhydrate un peu étendu. Les sulfures insolubles de fer, de plomb, de cuivre, de zinc, étant presque toujours en quantité très-faible, il n'est pas utile de prolonger les lavages.
On traite ces sulfures en suivant la marche que nous avons tracée précédemment (analyse des minerais grillés); on fait le dosage ou l'évaluation des métaux étrangers.
Uarsônic et Tan li moine sont en dissolution dans le sulfhydratc : on cherche seulement à évaluer la proportion de l'arsenic. On décompose le sulfhydratc par l'acide chlorbydrique ; on lave par décantations la précipité de soufre et de sulfures d'arsenic et d'antimoine ; on traite ce précipité par l'acide chlorbydrique un peu concentré, afin de dissoudre l'antimoine.
On lave longtemps, avec de Tenu acidulée par l'acide chlorhydrique, le mélange de soufre et de sulfure d'arsenic ; on le traite par l'eau régale ; on étend d'eau; on sépare le soufre iudissous; on ajoute du sulfate de magnésie ammoniacal et de l'ammoniaque. On observe s'il se produit un précipité appréciable d'arséniate double de magnésie et d'ammoniaque : on pèse, s'il y a lieu, l'arséniate de magnésie .
Lorsque le précipité est trop faible, et dans le cas où il ne se produit pas de précipité d'arséniate double de magnésie ammoniacal, il convient de recommencer l'attaque du régule par l'eau régale, en opérant seulement sur i gramme. On sépare encore le fer, le zinc , le plomb et le cuivre par le sulfhydrate d'am*moniaque : on précipite les sulfures d'arsenic et d'antimoine en décomposant le sulfhydrate par l'acide chlorbydrique ; on dissout l'antimoine en traitant les sulfures par l'acide chlorbydrique un peu concentré.
Après avoir lavé longtemps la partie insoluble, soufre et sul* fure d'arsenic, avec de l'acide chlorbydrique faible, on cherche à constater la présence de l'arsenic dans cette matière, en se servant de l'appareil de Marsh. On peut même évaluer assez exactement la proportion de l'arsenic d'après l'intensité des taches ; mais il faut, avant de faire cette évaluation, constater que les taches ne renferment pas d'antimoine. Il est, en effet, très'difficile d'enlever au soufre et au sulfure d'arsenic la totalité du chlorure d'antimoine dont ils sont imprégnés.
y Dosage des métaux alcalins. — La recherche des métaux alcalins doit être faite sur un poids un peu fort de régule, sur 8 et môme sur 40 grammes. On attaque le régule par l'acide azotique ; on évapore à sec ; on fait chauffer le résidu à une température voisine de 100 degrés pendant vingt-quatre heures ; on traite ensuite le résidu desséché par l'acide azotique étendu ; on lave par décantations l'acide antimonique insoluble.
La liqueur azotique renferme les alcalis avec une petite quan-
tité d'oxydes de fer, de zinc, de plomb, de cuivre et d'acide arscnique. On évapore cette liqueur à siccité; on traite le résidu par l'acide oxalique ; on recommence l'évaporation à sec, et de nouveau le traitement par l'acide oxalique et l'évaporation à sec. L'acide azotique est alors entièrement expulsé ; on chauffe le résidu au rouge sombre, sous le moufle, afin de décomposer les oxalates ; on traite par l'eau la matière calcinée.
Les oxydes de fer, de zinc, de cuivre et de plomb restent insolubles et retiennent la majeure partie de l'acide arsénique. On peut admettre que la dissolution dans l'eau contient seulement les alcalis à l'état de carbonates. On évapore cette dissolution en terminant l'évaporation dans une capsule de platine tarée ; on chauffe le résidu jusqu'au rouge : on pèse la capsule après refroidissement.
L'augmentation de poids de la capsule donne le poids des carbonates alcalins. On traite les carbonates, d'abord par l'eau, ensuite par l'acide chlorhydrique, on précipite la potasse par le chlorure de platine et par l'alcool. D'après les poids des carbonates et du chlorure double de platine et de potassium, on calcule les proportions des deux métaux alcalins.
Ce procédé de séparation des alcalis de l'acide antimonique et des oxydes métalliques n'est pas très-rigoureux, mais il permet d'obtenir pour les métaux alcalins des nombres aussi approchés que ceux auxquels on arriverait par des méthodes de séparation plus exactes.
En effet, la séparation des métaux alcalins ne peut être obtenue suffisamment nette que par la précipitation des autres métaux à l'état de sulfures, en opérant dans une liqueur chlorhydrique. On est alors obligé d'évaporer à siccité une liqueur chlorhydrique d'un volume considérable, renfermant une quantité très-grande de sel ammoniac. On perd certainement une forte proportion des chlorures alcalins dans l'évaporation à sec de la liqueur et dans la calcination du résidu.
Les opérations que nous venons^ de décrire étant terminées, on calcule l'antimoine par différence. On n'arriverait certainement pas à un résultat plus exact en cherchant à faire l'évaluation ou le dosage de ce métal.