CHAPITRE XX
Le plomb est d'un blanc légèrement bleuâtre ; son éclat est très-vif à la coupure fraîche, mais il se ternit promptement àFair humide. Le plomb est très-mou et Fongle le raye avec facilité. On peut apprécier assez bien la pureté du plomb d'après la facilité avec laquelle il se laisse rayer par l'ongle ; on ne doit cependant considérer cette indication comme à peu près certaine que dans le cas où le métal a été coulé avec les précautions convenables : le métal pur, coulé très-chaud dans un moule froid, est toujours assez dur à la surface.
Le plomb est ductile, malléable, peu tenace ; sa densité est de 11,445.
Le plomb entre en fusion à 32S degrés, d'après quelques chimistes, à 334 degrés, suivant d'autres expérimentateurs : les différences dans les points de fusion, déterminés par des expériences diverses, peuvent être expliquées parla difficulté qu'on éprouve à obtenir du plomb rigoureusement pur.
Par refroidissement lent, le plomb donne de petits cristaux, dont la forme se rapproche du tétraèdre.
Au rouge, le plomb donne des vapeurs appréciables, surtout lorsqu'on le chauffe dans un courant de gaz : cette volatilité fait perdre des proportions très-fortes de plomb dans les opérations de la métallurgie, et dans les essais par la voie sèche des minerais de plomb et de toutes les matières plombeuses.
Le plomb s'oxyde lentement au contact de Teau aérée parfaitement pure ; il se produit du protoxyde de plomb hydraté qui se dissout dans l'eau. Dans l'eau pure, tenant de l'acide carbonique en dissolution, il se forme encore de l'oxyde de plomb, mais cet oxyde se combine avec l'acide carbonique et le carbonate de plomb se dépose. Lorsque l'eau n'est pas rigoureusement pure, l'oxyde de plomb ne se forme qu'avec un grande lenteur et ne se dissout pas.
Le plomb ne décompose pas l'eau^ même à une température très-élevée, ou du moins la décomposition de l'eau n'a lieu qa avec une lenteur extrême, alors même qu'on fait arriver la vapeur préalablement chauffée spr le métal porté au rouge vif.
Les acides non oxydants n'exercent sur le plomb qu'une action très-faible : l'acide sulfurique concentré l'attaque lentement, à l'aide de la chaleur, avec dégagement d'acide sulfureux et formation de sulfate de plomb.
Ap ooQt^t dqii acides non oxydants, minéraux ou organi • qiie^, le plomb s'oxyda assez rapidement à Pair ; les dissolutions alpaliQes exercent une action analogue.
L'acide azotique et l'eau régale attaquent aisémept le plQmb. L'acide azotique de force moyenne dissout le métal plus rapidement qiie l'acide très-ooncentré.
Par voie ^èche, le plomb n'est pas attaqué notablement par les fdcalj^ caustiques et par les carbonates ^lealins; il est oxydé lentement par le nitre.
Plomb Chauffé progressivement W oontaet ^b l'aip, le plomb comet oxygfeûe. mence à s'oxyder un peu au-dessous du rouge sombre i è cette températurp^ il sq tr^^forme aAseg lentement en protoxyde qui repte pulvérulent. Afi rouge, l'oxydation du métal est plus rapide, et le produit est çppore du protoxyde ; mais ee composé entre en fusion ; il se çoliéiQe par refroidissement plus ou moins brusque en une masse çrii^t^illine d'un jaune verdâtre, eu en paillettes nacrées d'uu rougp plus pu moius foncé.
Les noms de massicqt^ de Htharge jau^e., de liiharge rouge, sont 4^nu^s fiux produits industriels obtenus par oxydation directe, à d^B tpmpératura^ différentes et dans diverses conditions
dQ r^froidi^spmPUt•
|je massicpt et 1^ litJiarge jaune porphyrisée, chauffés bngtemps au contact de l'air, uft peu au-dessous du rouge sombre, al^AOrbent d§ l'oxygène pt donnent un autre produit , le tmnium.
Par d§s prpp^dés plus cpmplaJies, ou obtient un peroxyde, qui cputieut d^U^ fois autant d'oxygène que le protoxyde. Ce pero^^yde jse coml>iQ0 avec plusieiirs protoxydes, bases énergiques, npfammpnf; avpo 1§ prptoj^yde de plomb ; et on admet que le miniuui est up cpmpos^ de bioxyde et de protoxyde de plomb.
D'après cel^, le plomb ne forme avec l'oxygène que deux composés bien définis : le protoxyde, P60, base très-énergique, elle
bi0xy4e, PdOS qui se comporte comme acide faible avee les bases fortes.
Jje plpmb se combine directement ^vec le soufre ; mais il est piomb difficile d'obtenir un composé nettement défini, en faisant agir le ^^ ^^^^^' soufre $ur le métal eu fusion.
On ne connaît qu'un seul sulfure ; il répond par sa eoipposU tion jSu protosyde ; il existe en grande abondance dans la nature, et constitue le minerai de plomb le plus ordinaire, la galène.
On produit fréquemment ce sulfure dans les opérations a^a^ lytiques, et presque toujours par voie humide.
Les propriétés du sulfure obtenu par voie bumide ne différent P4S notablement dp cpUefi du sulfure naturel porphyrisé.
Nous aurons dono seulement à présenter quelque^ observations sur Ift précipitation du plomb 4 l'état de sulfure, ^t ^ rappeler les propriétés les plus importantes de la galène i
On précipite lo plomb à l'état de sulfure en faisant agir sur une dissolution d(9 plomb, soit l'bydrogène sulfuré, soit le sulfhydratp d'^rompuiaque *.
Hydrogène sulfuré, -r- J^ précipitation, du ptorob exige des précftutiQus particulières, un peu variables suivant Ift netqre dp
l'acide et le degré de concentration.
liprsque la dissolution proposé» pst chlorbydfiqufi, un peu fortement acidp et concentrée^ elle doit être cbaufTée h une tem-^ pérature voisine dd ' OQ degrés, afin quç le cblo^ure do plomb ne s'en sépare pas en cristaux. On fait arriver Thydrog^no wlfuré en pouri^nt trèsr-r^pide, et pu étond peu ^ ppu d'e»u froido, à mei^urp que Ijs réftctif ert en plus grand excès, Le plomb se précipite complétppent ^ l'état de sulfure noir lorsque la Uqiieur j» été ^inpnée, p^F l'ftdditipn d'oau froide, #u point convenable d'acidité, 4e toppér^turo et d'gjjepsion. l\ est trèp-fopite dp pppor^
ndtre qu'on est arrivé ^ cp point :
Tflflt qup 1^ Jiqupw e§t trop ftPide, toop poncont^éo ou trop
cbaudp, l'bydrogègp ^plforé «P produit pftP de prépipité, m bien il p^Pd^it np précipité dpnt k poujpnr v^rie du jftifflQ pâle au rouge un peu brunâtre.
Dè^ qu'upe quantité d'PW sqfgp^tp f( été ajpfttéfi, W PO fOMne
tpnt d'un poup qn prépipifé npir, qui «p dépopo avfip rapidité.
1 Dans le cas d'ane diasolsUon acide, on doU toi^oure saturer Facide libre par Pammoniaqiie aYWl de foire i^r 1^ ffi4lliy4r9te.
On verse alors encore un peu d'eau ; on fait passer l'hydrogène sulfuré jusqu'à ce que la liqueur en soit saturée ; on laisse la fiole en repos pendant un jour; on lave le précipité par décantations. On peut le faire passer sur un filtre dès qu'on a enlevé au sulfure la plus grande partie de l'acide dont il est imprégné. Pendant qu'on achève le lavage sur le filtre, au contact de l'air, le sulfure ne s'altère pas sensiblement. Sa composition correspond exactement à la formule P6S ; mais il est presque toujours mélangé avec un peu de soufre libre, provenant de l'action de l'air sur l'hydrogène sulfuré.
Lorsque la dissolution proposée, très-étendue, ne contient qu'un poids très-faible de plomb, on n'arrive que très-difficilement à précipiter le métal à l'état de sulfure ; on est obligé de saturer presque complètement l'acide libre par l'ammoniaque, afin de faire agir l'hydrogène sulfuré sur une liqueur à çeine acidulée.
Considérons maintenant une dissolution azotique, un peu étendue, contenant peu d'acide azotique libre : l'hydrogène sulfuré, conduit en courant rapide dans la liqueur, produit de suite un précipité noir ; la sulfuration du plomb est complète dès que le réactif est en excès un peu grand.
Le sulfure doit être lavé par décantations, et sur le filtre, avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré ; les lavages doivent être prolongés jusqu'à ce qu'on ait enlevé au sulfure la totaUté de l'acide dont il est imprégné.
Si on néglige ces précautions, si, par exemple, on achève à Feau pure le lavage du sulfure contenant encore un peu d'acide azotique, l'acide agit sur le sulfure et forme de l'azotate de plomb soluble ; cette action ne peut être empêchée que par la présence de l'hydrogène sulfuré en excès jusqu'à la fin' du lavage. Le sulfure une fois bien lavé ne s'altère plus à Tair.
Le précipité ainsi obtenu est toujours mélangé d'une quantité très-notable de soufre libre, provenant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré par l'acide azotique et par l'oxygène de Tair.
La précipitation du plomb par l'hydrogène sulfuré dans une dissolution régale demande encore plus de précautions : il faut que la liqueur contienne peu d'acide azotique libre; qu'elle soit très-étendue d'eau, et que l'hydrogène sulfuré soit employé en
très-grand excès ; il faut, de plus, laver le sulfure avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré. Le sulfure précipité est toujours mélangé d'une assez forte proportion de soufre^ même lorsque la liqueur renferme très-peu d'acide azotique.
On cherche ordinairement à se dispenser de l'obligation de laver le précipité avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré, et on fait agir le réactif sur une dissolution chlorhydrique ne renfermant pas du tout d'acide azotique.
Dans une liqueur acétique, l'hydrogène sulfuré précipite rapi*^ dément et complètement le plomb à l'état de sulfure ; le précipité se rassemble promptement lorsque la liqueur est suffisamment étendue ; on peut le laver avec de l'eau pure, par décantations et sur un filtre. Le précipité est encore mélangé d'un peu de soufre libre provenant de Faction de l'air sur l'hydrogène sulfuré.
Sulfhydrate. — Quel que soit l'acide dans lequel l'oxyde de plomb ect dissous, on obtient la précipitation complète du métal à l'état de sulfure, en saturant l'acide par l'ammoniaque, et en ajoutant du sulfhydrate en faible excès. Le sulfure est noir ; il se rassemble assez rapidement ; il est tout à fait insoluble dans un excès de sulfhydrate. On peut le laver sans précautions spéciales par décantations ou sur un filtre ; il ne s'altère pas au contact de l'air. Le sulfure n'est pas mélangé de soufre libre ; sa composition répond très-exactement à la formule Ptô lorsqu'il a été lavé avec les soins convenables.
Le précipité donné par le sulfhydrate n'est pas gélatineux ; cependant, il retient avec une force assez grande les sels ammoniacaux (et généralement tous les sels solubles) dont il est imprégné ; on ne parvient à les lui enlever qu'en multipliant les lavages par décantations. On doit employer pour ces lavages, d'abord de l'eau chargée de sulfhydrate, et ensuite de l'eau pure.
Propriétés. — Le sulfure de plomb est d'un gris légèrement bleuAtre ; il a l'éclat métallique ; cet éclat ne se ternit pas à l'air; sa poussière est d'un gris très-foncé; sa densité est do 7,385. H entre en fusion au rouge sombre. On admet généralement que le sulfure do plomb chaufifé au rouge vif est décomposé assez rapidement en un persulfure volatil et en un sous-sulfure fusible et beaucoup moins volatil. Les vapeurs donnent par refroidissement des cristaux très-nets de protosulfure PAS ; la composition du sous-sulfure paraît se rapporter à
la formule Pâ*S. Il est difficile de préciser dans quelles limites la chaleur seule peut produire cette décomposition.
On est obligé d'opérer dans un creuset brasqué, car la galène en fusion traverse les creusets de terre ; le charbon de la brasque peut contribuer beaucoup à la formation du sous-sulfure relativement fixe. Quoi qu il en soit, la perte de plomb qui a lieu quand on chauffe fortement et longtemps la galène au creuset brasqué, augmente avec la durée delà calcination et avec Téléyation de la température. En deux heures de temps, dans un four à essais de fer, la perte est d'environ 75 pour 100.
Le sulfure de plomb est insoluble dans Teau, et n'est pas altéré sensiblement par l'air en dissolution dans l'eau. Soumis à l'action de la vapeur d'eau , un peu au-dessous du rouge sombre, le sulfure de plomb est lentement décomposé ; il se forme du protoxyde de plomb et de l'hydrogène sulfuré.
Le sulfure de plomb, chauffé progressivement dans un courant d'air, commence à s'oxyder au-dessous du rouge sombre ; il y a dégagement d'acide sulfureux, formation d'oxyde et de sulfate de plomb. L'oxydation est complète lorsque ib grillage est conduit à une température suffisamment basse; la proportion du sulfate de plomb formé, dépend en grande partie de l'excès d'air qui est mis on contact avec le sulfure.
Lorsque la température est élevée au-dessus du rouge sombre avant que l'oxydation soit terminée, les matières entrent en fusion pâteuse, et l'oxydation ne fait plus do progrès rapides. Les matières fondues contiennent, à l'état de mélange^ du sulfure, du sulfate et de l'oxyde do plomb; elles sont désignées en métallurgie sous le nom à! oxy sulfures.
L'acide chlorhydrique et presque tous les acides non oxydants, étendus d'eau, sont à peu près sans action sur le sulfure de plomb ; l'acide chlorhydrique concentré le décompose assez rapidement, à l'aide de la chaleur, avec dégagement d'hydrogène sulfuré, et formation de chlorure de plomb.
L'acide azotique concentré exerce une action oxydante tièsénergique sur le sulfure, et le transforme en grande partie en sulfate de plomb ; il ne se sépare que très-peu de soufre libre. Lorsqu'on fait agir l'acide à une température voisine de 100 degrés, ou ne parvient pas à éviter des projections assez fortes.
L'acide azotique très-étendu attaque encore assez rapidement
le sulfure de plomb, en produisant de Tazotate et très-peu de sulfate de plomb ; presque tout le soufre se sépare à l'état libre. On peut dissoudre tout le plomb à l'état d*azotate en faisant agir sur le sulfure Tacido azotique très-étendu et froid, par exemple, en mettant le sulfure dans un volume d'eau un peu grand, et en rersant de temps en temps quelques gouttes d'acide azotique.
L'eau régale attaque le sulfure de plomb aussi énergiquemcnt que l'acide azotique ; on ne parvient à faire passer tout le soufre à l'état d'acide sulfurique qu'en faisant agir l'eau régaie concentrée et bouillante , et alors on n'évite pas les projections.
Le sulfure de plomb n'est pas attaqué par les dissolutions de potasse et de soude, et par les dissolutions des carbonates alcalins. Lorsqu'on fait arriver un courant de chlore dans une liqueur alcaline, dans laquelle on tient en suspension du sulfure de plomb porphyrisé,le sulfure est attaqué avec une assez grande rapidité. Le soufre est bientôt entièrement dissous à l'état d'acide sulfurique ; le plomb passe successivement à l'état de protoxyde et à l'état de peroxyde ; ces deux oxydes sontsolubles dans la liqueur alcaline ; lorsqu'on fait agir le chlore jusqu'à saturation de Tal* cali, tout le plomb se précipite à l'état de peroxyde.
Le sulfure de plomb se combine par voie sèche avec presque tous les sulfures métalliques;. les composés sont généralement très-fusibles ; ceux qui sont formés par les sulfures alcalins sont décomposés par l'eau, qui laisse le sulfure de ploml) nettement insoluble. Le sulfure de zinc est celui de tous les sulfures métalliques qui parait avoir le moins de tendance à se combiner avec le sulfure de plomb.
Plusieurs métaux et oxydes, divers 6el8, notamment des carbonates et des sulfates, décomposent le sulfure de plomb à l'aide de la chaleur; nous signalerons quelques-unes des réactions les plus importantes.
Métaux, — Le fer, le zinc, le cuivre, l'étain et même l'antimoine , enlèvent le soufre au plomb au - dessus du rouge
sombre .
Dans les essais par la voie sèche et dans la métallurgie, on utilise l'action du fer métallique : c'est la seule qu'il nous importe
d'examiner.
L'action désulfurante du fer est rapide et complète lorsqu'on a pu faire un mélange à peu près intime du sulfure de plomb
avec le fer, par exemple, lorsqu'on fait agir le fer réduit en limaille très-fine et en excès un peu grand.
Le mélange, chauffé rapidement au rouge dans un creuset de terre, donne en quelques minutes du plomb métallique retenant une partie du fer en excès, et une scorie bien fondue, composée principalement de sulfure de fer, contenant à peine 1 pour 100 de sulfure de plomb.
Lorsque , au contraire, on fait agir des lames ou des barreaux de fer sur le sulfure de plomb en fusion, le plomb se sépare lentement à l'état métallique ; il se forme une scorie de sulfures de plomb et de fer combinés, sur laquelle le fer métallique agit avec une lenteur extrême ; il faut faire chauffer pendant longtemps pour arriver à une scorie qui ne retienne plus que S ou 6 pour 100 de plomb.
Oxyde et carbonate de plomb. — Lorsqu'on chauffe progressivement jusqu^au rouge un mélange intime de sulfure et d'oxyde, ou bien de sulfure et de carbonate; il se dégage de l'acide sulfureux seul, ou bien de l'acide sulfureux et de l'acide carbonique, et une quantité correspondante de plomb se sépare à l'état mé* tallique.
Tout le soufre est expulsé lorsque l'oxyde de plomb est dans la proportion de 2P60 pour PdS, ou bien en proportion plus forte. La réaction n'est pas complète, il se produit de Yoxysulfure lorsque les matières sont chauffées trop rapidement jusqu'à fusion. Au laboratoire et dans un creuset, il est facile d'obtenir le mélange intime des matières et de conduire le feu avec la lenteur convenable. Daqs les fours à réverbère employés en métallurgie, le mélange du sulfure et de l'oxyde est irrégulier, on évite difficilement la formation d'une quantité notable d'oxy-sulfure.
Oxyde de fer. Oxyde de manganèse, — Les oxydes de fer et do manganèse, et plusieurs autres oxydes métalliques, agissent également comme oxydants du soufre. Ainsi, lorsqu'on fait chauffer au rouge le sulfure de plomb mélangé avec une proportion convenable de peroxyde de fer, tout le soufre se dégage à l'état d'acide sulfureux, tout le plomb passe à l'état métallique, le peroxyde de fer est amené à un degré inférieur d'oxydation. Avec le peroxyde de manganèse on obtient de l'acide sulfureux, du plomb métallique et un oxyde de manganèse inférieur au bioxyde.
Lorsqu'on fait agir d'autres oxydes, par exemple les oxydes
de cuivre, les produits sont plus complexes, une partie seulement du soufre passe à l'état d*acide sulfureux.
Sulfate de plomb. — Le sulfure et le sulfate de plomb^ intimement mélangés, chauffés progressivement au rouge, se décomposent mutuellement; il se dégage de l'acide sulfureux, et on obtient comme produit fixe du plomb métallique, ou bien de l'oxyde de plomb, ou bien encore un mélange d'oxyde et de sulfate.
La netteté des réactions dépend de l'intimité du mélange, du mode d'élévation de la température ; la nature du produit fixe dépend principalement de la quantité relative des deux composés. Ainsi, lorsqu'on fait agir les poids de sulfure et de sulfate que représentent les formules P^S, SCPdO, tout le soufre se dégage à l'état d'acide sulfureux, tout le plomb est amené à l'état métallique. Lorsque la proportion du sulfate est trois fois plus forte, on obtient de l'acide sulfureux et de l'oxyde de plomb.
Ces réactions sont utilisées en métallurgie ; mais on ne parvient que difficilement à leur donner une grande netteté ; on n'arrive pas, dans un réverbère, par grillage de la galène, à mettre en présence le sulfure et le sulfate dans des proportions définies, à les mélanger intimement, ni même à élever la température avec la lenteur et au degré convenables ; on obtient toujours des crasses imparfaitement fondues, qui renferment encore du sulfure et du sulfate de plomb.
Alcalis. — Carbonates cUcalins. — Les alcalis et leurs carbonates agissent énergiquement sur le sulfure de plomb au-dessus du rouge sombre ; nous prendrons pour exemple l'action du carbonate de soude, et nous admettrons que ce réactif est employé en grand excès, comme cela est ordinairement le cas dans les essais par la voie sèche.
Le mélange intime de sulfure de plomb et de carbonate de soude est chauffé au rouge dans un creuset de terre, jusqu'à ce que les matières soient en fusion tranquille. 11 y a dégagement d'acide carbonique pendant la fusion ; il reste dans le creuset du plomb métallique, et une scorie qui contient : le carbonate de soude en excès; du sulfate de soude; du sulfure de plomb et du sulfure de sodium. Lorsqu'on opère à Tabri du contact de l'air, on obtient à l'état métallique de 50 à 85 pour 100 du plomb contenu dans le sulfure.
D'après e^la il est facile de comprendre les réactions qui ont lieu. Une partie de l'alcali agit sur une portion du sulfure métallique, en produisant du sulfate de soude, du sulfure de sodium, et du plomb métallique : le sulfure alcalin, en se combinant avec le reste du sulfure de plomb le préserve de l'action de l'alcali. Les quantités qui réagissent étant représentées par les signes 4 PôS, 4 CO*NaO, on obtient : 4 CO* qui se dégagent; 4 PA, qui se réunissent en culot ; SO'N«0 et SNflS , qui forment la scorie. Il est probable que les 3 NaS retiennent en combinaison 3 P6S ; c'est du moins ce qui parait résulter de la proportion du plomb qu'on obtient à l'état métallique.
En employant le carbonate alcalin en très -grand excès, et en prolongeant la fusion, on arrive à une scorie contenant relative* ment moins de sulfure de plomb, le culot métallique n'est cependant pas beaucoup plus fort.
Ces faits s'expliquent aisément : l'excès du carbonate alcalin agit lentement sur le sulfure de plomb combiné avec le sulfure alcalin ; mais, Topération durant plus longtemps^ on perd une fraction plus grande du métal par volatilisation.
L'addition d'un peu de nitre au mélange de carbonate alcalin et de sulfure de plomb permet d'obtenir un culot plus fort, et une scorie renfermant moins do sulfure de plomb. L'action du nitre sur le sulfure de plomb précède certainement celle du carbonate de soude, surtout lorsqu'on élève lentement la température jusqu'à la fusion des matières ; elle produit une certaine quantité de sulfate alcalin et d'oxyde de plomb. L'oxyde métallique est ensuite décomposé par le sulfure alcalin, résultant de l'action du carbonate dq soqde, ce qui met en liberté une quantité correspondante de sulfure de plomb, sur lequel ^aotio^ du carbonate alcalin peut encore s'exercer.
Lorsque les matières sont chauffées un peu rapidement à fusion, toutes les actions se superposent, c'est-à-dire que le nitre agit en partie sur la galène , en partie sur le sulfure alcalin ; mais le résultat final est le même : l'addition du nitre diminue la quantité de sulfuje de plomb qi4 reste dans la scorie, et aug* mente la proportion du plomb métallique.
Lorsque le nitre est employé en poids convenable, la scorie ne contient plus de sulfures, tput le plomb se trouve dans le culot : si le nitre est en excès, la scorie retij^nt de VQ^yde 4^ ploin|)«
L'air atmosphérique peut produire le même effet que l'addi-* lion de nitre ; son action est nécessairement très-variable suivant les conditions dans lesquelles on fait les expériences ; nous ne r étudierons que dans un seul cas :
Après avoir intimement mélangé le sulfure de plomb avec un faible excès de carbonate de soude (de deux à trois parties), on chaufib lentement le mélange jusqu'à fusion tranquille, dans un creuset de terre ; on maintient les matières en pleine fusion pen«dant quelques minutes, en découvrant le creuset, et en disposant le feu de telle manière que T^ir arrive aiséipent en contact avec les n^atières, Ainsi q^e pqus Tavoos dit précédemment, il se forme pepdant Iç^ première pc^rtie de l'opération du plomb métal** liqqe, et une Qcori^ cputenapt du plomb k l'état de sulfure double de plpinb et ^e sodium : 4^^ que l'air est en contact avec la scorie, le sulfure alcalin est progressivement et rapidement transformé en sulfate, ce qui permet au carbonate alcalin d'agir sur la portion correspondante du sulfure de plomb* Si donc, le contact de l'air est suffisan^ment prolongé la scorie ne peut plus (contenir do sulfure^ : la majeure partie du plomb ^e trouve h l'état métallique dans le c^lpt.
Nou§ doyens faire deux observation^ :
l"" En prolongeant la fusion, on pprd ui^e partie du plomb par volatilisation ;
â"* L'action oxydante de Vair ne se porte pa^ exclusivement sur le sulfi^re alcalin, surtout vprs la Qq de l'opération, lorsque la scorie pe repferme plus qiie t^ès-peu de sulfure de sodium : il se forme un peu d'oxyde de plomb, qui reste d^s la qçorie.
Pour ces deux motifs, on ne parvient pas ^ obtenir dans le culot la totalité du plomb coptepu dajf^s le s^ilfure mis en expérience.
Dans les ess^i^ par voie sèche on emploie fréquemment le /lux noir, ou bien des mélanges de carbonate de soude et de charbon, de carbpnate de soude et de crème de tartre, etc.. On obtient la majeure partie du plomb à l'état métallique : la scorie ne contient pas de sulfate alcalin ; elle renferme une forte proportion de sulfure de sodium, et un peu de sulfure de plomb. On comprend aisément l'absence du sulfate alcalin dans la scorie, car pe con^posé ne peut pas se former en présence des réductifs éi^ergîqueif ; mais il est plus difficile d'expliquer la décomposition
presque complète du sulfure métallique. Ouest obligé d'admettre que le mélange de carbonate de soude, de charbon, ou do crème de tartre, produit le même effet que le métal alcalin isolé ; que le charbon aï)sorbe seul Toxygène, et que le métal alcalin enlève presqu' entièrement le soufre au plomb, en produisant du sulfure de sodium.
Lorsqu'on fait agir le fer métallique en même temps que le carbonate de soude, on obtient en culot une proportion de plomb bien supérieure à celle que donne le carbonate de soude seul. Le fer enlève le soufre à une partie du sulfure de plomb, et la scorie contient des sulfures de sodium, de fer et de plomb. On obtient une scorie très-pauvre en faisant agir le fer en limaille très-fine, mélangée avec le carbonate alcalin et avec le sulfure de plomb. La scorie est plus riche en plomb lorsqu'on fait agir le fer en lames ou en barreaux.
Dans le premier cas, le fer et le carbonate alcalin agissent à peu près séparément, jusqu'à ce que les matières commencent à entrer en fusion : à ce moment la scorie contient du fer métallique en suspension, qui décompose assez rapidement le sulfure de plomb combiné avec le sulftire de sodium. Si le fer est en quantité suffisante, le sulfure de plomb est entièrement décomposé : si le fer est en excès, le plomb métallique est ferreux.
Dans le second cas, le carbonate alcalin agit d'abord à peu près seul, l'action du fer ne s'exerce que sur le sulfure de plomb combiné avec le sulfure alcalin ; cette action est lente, le sulfure de plomb n'est décomposé à peu près en totalité que si on prolonge beaucoup la fusion, et alors il y a perte très-notable de plomb par volatilisation.
Le sulfure de plomb, Ptô, contient :
Plomb 86,67
Soafre 13,43
Sous-sulfure. — On obtient un sous-sulfure de composition assez bien définie, en chauffant très-fortement le protosulfure au creuset brasqué ; on peut produire le même composé en chauffant dans un creuset de terre de la galène et du plomb métallique. Dans les deux modes de préparation, le sous-sulfure se prend, par
IPLOMB. 66»
refroidissement lent, en une masse cristalline, dont la composition se rapporte presque exactement à la formule Pb*S,
Le sous-sulfure est beaucoup moins volatil que le protosulfure; ses propriétés chimiques présentent beaucoup d'analogie avec celles du composé que nous venons d'examiner. Toutes les réactions qui ont lieu quand on traite le sous-sulfure par les acides, par les agents alcalins, par les oxydes métalliques, etc., tendent à faire considérer le sous-sulfure comme une combinaison peu stable du plomb avec le protosulfure, ou même comme une dissolution par voie sèche du métal dans le sulfure.
Le sous-sulfure Pd'S contient :
Plomb 02,80
Le plomb et le sélénium se combinent directement à Taide de pj^^^^ la chaleur. On trouve dans la nature un séléniure dont la compo- «* sélénium, sition se rapporte à la formule VbSe. Sa texture est cristalline; il a la couleur et presque l'éclat de la galène. Il est fusible au rouge, un peu volatil, n est partiellement décomposé lorsqu'on le chauffe très-fortement au creuset brasqué : il reste dans le creuset un séléniure, dont on peut représenter approximativement la composition par la formule PA'Sc. On obtient le même composé en fondant au creuset de terre du plomb métallique et du séléniure de plomb dans des proportions convenables.
Le séléniure de plomb, chauffé au contact de l'air, commence à s'oxyder au rouge sombre : la plus grande partie du sélénium se volatilise à l'état d'acide sélénieux ; le produit fixe du grillage est un mélange d'oxyde, de sélénite et de séléniate de plomb.
Les acides non oxydants, minéraux ou organiques, un peu étendus, sont à peu près sans action sur le séléniure. L'acide chlorhydrique concentré ne l'attaque que très-lentement, à l'aide de la chaleur, avec formation de chlorure de plomb et dégagement d'hydrogène sélénié.
Les acides oxydants dissolvent assez facilement le plomb et le sélénium, au moins lorsqu'ils sont un peu concentrés : l'acide azotique très-étendu, et froid, agit lentement sur le séléniure, et dissout à la fois le métal et le métalloïde : on n'observe pas ordinairement de séparation du sélénium libre, tandis qu'en opérant
gur le sulfare de plomb on ne parvient que trës-dif&oilement à produire l'oxydation totale du soufre.
Le séléniuro de plomb se combine aisément, par voie sèche, avec les séléniures alcalins et avec presque tous les séléniures métalliques : les séléniures doubles formés par les séléniures al« câlins sont décomposés par Veau, qui laisse insoluble le séléniure de plomb.
Les alcalis, les carbonates alcalins, les peroxydes de fer et de manganèse, exercent par voie sèche, sur le séléniure de plomb, des actions analogues à celles que nous avons signalées pour le sulfure de plomb. Dans ces réactions, le sélénium passe à Fétat de séléniure alcalin, de sélénite de potasse, de soude, d'oxyde de fer ou d'oxyde de manganèse.
Le séléniure et l'oxyde de plomb ne réagissent pas l'un sur l'autre, comme le sulfure et l'oxyde : chauffés lentement on rapidement jusqu'au rouge, ils entrent en fusion, saaa qu'il se sépare du plomb métallique : Ifi ipatière fondue est parfaitement homogène ; elle attaque les creusets de terre aussi rapidement que la litharge.
Lorsque, après avoir porphyrisé cette matière, on l'attaque par un acide non oxydant un peu énergique, Voxyde de plomb se dissout seul ; la partie insoluble est le séléniui^ de plomb à peu près pur.
Le séléniure de plomb contient :
Plomb 72,86
sélénium 27,74
iOÛ,00
(iO plomb a trèa-peu d't^fÇnit^ pour le phqsphpre : on peut obet phosphore, tenir li^ combinaison directe d^s d^^^ cprps; mais lorsqu'on chauffe ces composé^ jusqu'au rpqge tr^3-vif> tout le phosphore est mis en liberté ; il se volatilise en nième temps qu'une portion très-notable du plomb : le plomb^ qui reste fixe après la calcination, ne retient pas de phos^ore.
Le ploipb et l'arsenic se combinent très-facilement à l'aide de
et arsenic, la chaleur : Tarsenic se dissout en proportion considérable dans
le plomb en fusion. On n'a obtenu qu'une seule combinaison
4|^tmie, V^i^sénifire Fb*^; il est fr^s-f u^ib^e , i^défûnfposfJ)le
PL8MB. 867
par lu chaleur, inattaquable par les acides non oxydants. L'adde azotique et l'eau régale oxydent en même temps le plomb et Tarsenîc.
Cet arséniure est un peu plus dur que le plomb pur. Les com« posés qui renferment une proportion plus grande d'arsenic sont un peu aigres ; plusieurs d'entre eux prenneQt une texture eri»« talline par refroidissement lent. Ohauffés au rouge vif, à l'abri du contact de l'air^ les arséninres sont ramenés à la composition que représente la formule Bb^As : l'arsenic qui se volatilise en* traine une quantité très^notable de plomb.
Le fer décompose complètement les arséniures de plomb ; le zinc et plusieurs autres métaux agissent très*probablement comme le far, mais il n'est pas aussi facile de constater leur action.
On connaît deux chlorures de plomb, le chlorure FhGl et le ^^^^^ bichhrure PAC/^: ce dernier est peu stable, et on ne le produit que «^ chioro. rarement dans les analyses.
Chlorure. — Le chlorure de plomb est blanc, très-fusible : il acquiert une grande fluidité un peu an-dessus du rouge sombre ; le chlorure fondu se prend par refroidissement lent en une masse cristalline, blanche, présentant à la cassure un éclat nacré. Il est volatil, mais difficilement distillable : au rouge vif il donne déjà des vapeurs blanches abondantes.
n est facilement et complètement décomposé, par voie sèche, par les alcalis caustiques et par les carbonates alcalins. R forme des composés très-fusibles avec l'oxyde de plomb, avec le sulfure de plomb, et avec plusieurs sels, tels que l'arséniate, le phosphate et le sulfate de plomb.
Le chlorure de plomb fondu et pulvérisé, mis en présence de l'eau, se dissout lentement, en très-faible proportion dans l'eau froide, en proportion plus forte dans Teai^ bouillante : il est presque rigoureusement insoluble dans FalcooK
Dans les opérations analytiques on obtient souvent le chlorure de plomb en dissolution dans l'acide chlorhydrique ou dans Tean régale. Les dissolutions chaudes laissent déposer par refroidissement la plus grande partie du chlorure de plomb, sous forme d'aiguilles blanches, un peu nacrées ; ces cristaux se redissolvent lentement lorsqu'on fait chaufiTer les liqueurs à l'ébuUition. On admet qu'il faut 33 parties d'eau bouillante pour dissoudre 1 partie du cblprurp d§ plomb. Les acides chlorhydrique Pt a^o-
tique augmentent un peu la solubilité. A froid, le chlorure de plomb est très-peu soluble soit dans l'eau pure, soit dans Teau acidulée par l'acide chlorhydrique ou par l'acide azotique.
La cristallisation du chlorure de plomb par refroidissement des liqueurs est très>gènante dans un grand nombre d'opérations, par exemple, lorsqu'il s'agit de précipiter le plomb à l'état de sulfure par l'hydrogène sulfuré ; ce réactif ne transforme pas en sulfure les aiguilles cristallines : les cristaux noircissent seulement à la surface. On augmente la solubilité du chlorure de plomb en ajoutant à la liqueur, neutre ou acide, du sel ammoniac, du chlorure de potassium ou du chlorure de sodium.
Le sel ammoniac agit bien moins que les deux autres chlorures, et n'empêche pas aussi bien la formation des cristaux par refroidissement ; mais il n'est pas toujours possible d'introduire des sels alcalins dans les analyses, en raison des difficultés qu'on éprouve dans les lavages pour enlever complètement les sels alcalins aux précipités.
Lorsqu'on évapore très-lentement k sec une dissolution acide de chlorure de plomb, le chlorure n'est pas notablement entraîné par les vapeurs d'eau et d'acide ; le résidu de l'évaporation à siccité contient le chlorure de plomb non altéré. Le chlorure ne se décompose pas lorsqu'on chauffe progressivement le résidu jusqu'à fusion, même au contact de l'air. Le résidu de l'évaporation à sec, séché à iOO degrés, est insoluble dans l'alcool : il se dissout très-lentement dans l'eau froide^ et même dans l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique.
Par addition d'un volume considérable d'alcool à une dissolution chlorhydrique un peu concentrée de chlorure de plomb, on détermine la formation d'un précipité blanc, qui se rassemble avec lenteur. La précipitation du chlorure de plomb n'est pas complète. On ne peut utiliser l'insolubilité du chlorure dans l'alcool qu'en évaporant à sec la liqueur chlorhydrique, et en traitant par l'alcool le résidu desséché à iOO degrés*
Le chlorure de plomb contient :
Plomb 74,49
Chlore 25,51
iOO,00
Bkhhrure. — On obtient le bichlorure de plomb en dissolu-
VLOm. 669
tion, en traitant par l'acide chlorhydrique étendu et froid le bioxyde de plomb encore humide, et préparé à ime température peu élevée, entre 4U et SO degrés. La dissolution est colorée en jaime : elle est très-stable à froid ; elle laisse déposer le bioxyde hydraté lorsqu'on la traite par l'ammoniaque en faible excès. La dissolution se décolore en laissant dégager du chlore lorsqu'on la concentre par évaporation, ou bien lorsqu'on la fait chauffer à l'ébuUition : elle ne renferme plus alors que le chlorure de plomb PbCl. Le bioxyde ne donne que du protochlorure de plomb (avec dégagement d'oxygène) lorsqu'on le traite par l'acide chlorhydrique concentré et bouillant.
Le bichlorure est très-soluble dans l'eau ; mais cette propriété ne peut pas être utilisée dans les analyses, en raison de l'instabilité du bichlorure.
« On ne connaît qu'un seul composé du plomb et du brome, le Plomb bromure PôBr. Il est jaune, fusible, notablement volatil ; lorsqu'il *^ '*"**' est refroidi lentement après avoir été fondu, il se prend en une masse cristalline d'un très-beau jaune.
n est moins soluble dans l'eau que le chlorure : une dissolution concentrée, faite à la température de l'ébuUition, laisse déposer par refroidissement de petits cristaux blancs ; ces cristaux , chauffés progressivement jusqu'à fusion, prennent la couleur jaune un peu au-dessus de 100 degrés.
Le bromure cristallisé est attaqué très-facilement par l'acid.e azotique et par l'acide sulfurique. Le bromure fondu n'est pas décomposé par l'acide azotique étendu, mais il ne résiste pas à l'acide sulfurique. Le bromure de plomb se dissout en assez forte proportion dans les bromures alcalins ; il est presque insoluble dans l'alcool.
Le plomb ne se combine avec l'iode que dans une seule pro- Plomb portion. L'iodure ¥blo est d'un beau jaune ; il est fusible et peu volatil ; il est presque insoluble dans l'eau froide, mais il se dissout dans l'eau bouillante : la dissolution laisse déposer par refroidissement des écailles nacrées d'un très-beau jaune.
Il se dissout assez bien dans les dissolutions chaudes et concentrées des iodures alcalins ; les liqueurs laissent déposer, en se refroidissant, des cristaux jaunes qui contiennent l'iodure de plomb combiné avec les iodures alcalins. Cependant, lorsqu'on dissout l'iodure de plomb dans une liqueur chauffée à 100 de-
670 MÉTAUX PROPRBHENT DITS.
grés» contenant une faible proportion d'iodure de potafisinm, les cristaux qui se forment par refroidissement sont des écaiUes d'iodure de plomb ; ils ne renferment pas d*iodure alcalin. Les acides azotique et sulfurique décomposent aisément l'iodure de plomb.
Alliages. Le plomb a très-peu d'affinité pour le fer, pour le cobalt, pour le nickel et pour le cuivre ; il se combine aisément avec tous les autres métaux. Plusieurs alliages sont employés dans l'industrie et dans les arts.
Le plomb a de l'affinité pour le potassium et pour le sodium : on obtient des alliages contenant des proportions assez fortes de métaux alcalins en chautfant fortement au creuset brasqué des mélanges intimes de litharge et de flux noir, de litharge et de crème de tartre. Dans les conditions ordinaires des essais par la voie sèche, on peut négliger les proportions très-faibles de métaux alcalins qui se trouvent alliés au plomb dans les culots.
§ t. — €«iiiMMal»oM(» du ptoH* avtM Vmiifgéme.
Le plomb ne forme que deux oxydes bien distincts : le pratoxyde PAO et le bioxyde PAO*.
On obtient dans l'industrie des produits qui peuvent être nomvfiés oxydes intermédiaires^ par calcination à température modérée, et dans une atmosphère oxydante , du massicot et de lacéruse réduits en poudre impalpable. La composition du minium est très-variable, et il est à peu près impossible de démontrer s'il y a combinaison véritable ou seulement mélange du protoxyde avec le bioxyde.
Les oxydes du plomb sont aisément réduits par l'hydrogène, par l'oxyde de carbone, par le charbon \ par les matières
^ La réduclibilité de l'oxyde de plomb présente des partieularités remarquables. Lorsqu'on fait agir des gaz réductifs ou bien du cbarbon sur la litharge pure^ on n'obtient pas aisément le ploteb à l'état métallique. Citons deux exeitaples :
lo on finit chauffer de la litharge pulvérisée dans une nacelle en porbelaine, placée dans un lube de porcelaine, dana lequel on fait arriver un courant rapide d'hydrogène : soit qu'on maintienne le tube au rouge sombre, soit qu^on élève la température jusqu'au rouge, on n'obtient dans la nacelle qu'une matière grise, agglomérée, mais non fondue ; à sa surface se tronveiil quelques grenailles dont l'aspecl est celui da plomb mèUUiqus.
organiques^ par plusieurs métaux^ etc.u^ tant par voie sëehe quo par voie humide.
PàOtOKTOB BE FKidlB. PM.
Le protoxyde de ploml) anhydre et non fondu (massicot) y est pulvérulent, d'un jaune pâle ; il entre en fusion au rouge, et acquiert une grande fluidité ; il traverse rapidement les vases poreux, tels que les coupelles faites en os calcinés ; il attaque rapidement les creusets de terre et les v-ases de porcelaine, en formant des silicates basiques très-fusibles.
Lorsqu'on laisse refroidir lentement l'oxyde de plomb fondu dans un creuset, il se solidifie en une masse à texture cristalline dont la surface est parfaitement unie et brillante, et dont la couleur est un peu variable, du jaune verdâtre au jaune orange.
Dans les usines dans lesquelles on produit de grandes quantités de litharge par coupellation, le mode de refroidissement exerce une grande influence sur la texture et sur la nature du produit.
Lorsqu'on fait couler la litharge en plaques assez minces, la solidification se fait en peu de temps, de la surface vers le centre ; on voit souvent la croûte solide, formée d'abord à la surface, se briser et donner passage à de la litharge encore en fusion et à des gaz qui s'échappent en produisant des projections; la nature de ces gaz n'a pas été bien déterminée ; on. sait seulement qu'ils contiennent beaucoup d'oxygène. La litharge en fusion a donc la même propriété que l'argent, de dissoudre de l'oxygène, et de le laisser se dégager par refroidissement.
Lorsqu'on prend les dispositions convenables pour que la litharge, à la sortie du four de coupelle, reste en masses un
La matiëre grise, porphyrisée, traitée par l'acide cMorhydrtqoe faible, donné de Ttiydrogëne et du eblornre de plomb.
2» Oq répète la même expérience en mélangeant préalablement la litharge avec 25 pour 100 de charbon de bois. Le produit obtenu sous l'InQuence des deux agents rédacteurs, est une matiëre presque noire^ pulvérulente, n*ayant qu'an irës-foible éclat : fondue au creuset avec deux parties de carbonate de soude, et à Tabri du contact de l'air, cette matiëre donne une scorie eonleoani de l'oxyde de plomb^ et un culot de plomh- métallique contenant un peu de litharge en mélange irrégulier.
L'oxyde de plomb engagé dans des combinaisons diverses, ou bien mélangé avee les carbonates alcalins, chauffé en présence du charbon ou des gu réducteurs, est, au contraire, réduit avec une grande facilité. Il y a donc un vaste champ de recherches ouvert aux chimistes qui s'occupent des propriétés générales des corps inorganiques. Les limites de 'notre Traité de docimasie ne nous permettent pas de décrire toutes les expériences que nous avons faites sur ce sujet.
peu épaisses à l'état pâteux, et pour que le refroidissement se fasse ensuite avec une grande lenteur, on observe un foisonnement considérable ; la litharge s'exfolie d'elle-même, et se divise en paillettes nacrées dont la couleur varie du rouge au brun clair.
On désigne sous les noms de litharges jaunes et litharges rouges les deux qualités obtenues dans ces conditions différentes de refroidissement. On n'a pas encore démontré la présence du bioxyde de plomb dans les litharges rouges.
Le protoxyde de plomb est un peu soluble dans Teau parfaitement pure; il ne se dissout pas sensiblement dans l'eau contenant des sels en dissolution.
n se combine aisément, par voie sèche, avec les alcalis, avec les terres alcalines, avec un grand nombre d'oxydes métalliques. Les composés sont presque tous très-fusibles.
L'oxyde de plomb , réduit en poudre impalpable , se dissout lentement dans les dissolutions de potasse et de soude : d'après des expériences déjà fort anciennes, il faut 13 parties de soude, et seulement 9 parties de potasse, pour dissoudre 1 partie d'oxyde de plomb ; les dissolutions donnent, par évaporation lente, des cristaux qui contiennent des combinaisons définies de l'oxyde de plomb avec les alcalis. Lorsqu'on laisse les dissolutions en concontact avec l'air assez longtemps pour que l'acide carbonique, lentement absorbé, sature entièrement les alcalis, l'oxyde de plomb se dépose à l'état anhydre, sous forme de petits cristaux blancs un peu transparents.
L'oxyde de plomb non fondu et porphyrisé se dissout avec assez de facilité dans presque tous les acides ; il peut même se combiner avec l'acide carbonique à l'aide d'une douce chaleur. La litharge en paillettes est au contraire difficilement attaquée par les acides : on ne parvient à la dissoudre entièrement dans l'acide azotique, et même dans l'acide chlorhydrique, qu'en faisant agir ces acides en assez grand excès , à une température voisine de 100 degrés.
L'oxyde de plomb forme avec l'eau un hydrate PéO,HO. L'hydrate est blanc, un peu gélatineux, notablement soluble dans l'eau pure, très-soluble -dans les dissolutions alcalines et dans presque tous les acides. 11 attire l'acide carbonique de l'air à la température ordinaire. Il perd entièrement son eau par calcinât ion, à une température inférieure au rouge.
L'oxyde anhydre contient :
Plomb 92,83
Oxygène 7,47
iOO,00
L'hydrate PôO,HO renferme :
Oxyde de plomb. ...« 92,54
Eau 7,46
100,00 8EL8 rOBMtiS PAH L'OZTDE DE PLOMB.
L'oxyde de plomb se comporte avec les acides comme une base très-énergique ; plusieurs de ses combinaisons salines pré* sentent des analogies avec les sels formés par les terres alcalines. L'oxyde de plomb expulse aisément l'ammoniaque des sels ammoniacaux à l'aide de la chaleur.
Mous rappellerons d'abord les propriétés principales des sels de plomb les plus importants.
Azotate. — L'azotate neutre de plomb est en cristaux blancs et opaques, ne renfermant pas d'eau de cristallisation, mais contenant une proportion assez notable d'eau interposée. Il est trèsdifficile de le dessécher complètement sans le décomposer en partie : pour obtenir la dessiccation parfaite, il faut opérer sur un poids un peu faible d'azotate, le porphyriser et le chauffer trèsprogressivement à 120 degrés environ.
L'azotate de plomb bien desséché, chaufTé progressivement, commence à se décomposer un peu au-dessous de 200 degrés : la décomposition est complète au rouge sombre. Lorsqu'on chaufiTe jusqu'au rouge , le produit fixe de la décomposition est du protoxyde fondu ; lorsqu'on ne dépasse pas le rouge sombre on obtient du bioxyde de plomb mélangé d'une proportion variable de protoxyde.
L'azotate de plomb se décompose à une température plus basse lorsqu'il est mélangé avec du peroxyde de fer, avec des oxydes de manganèse, etc. Ainsi, lorsqu'après avoir évaporé à siccité une dissolution d'azotates de plomb, de fer, de manganèse, etc..., on chaufTe le résidu jusqu'à 180 degrés, dans le but de décomposer entièrement les azotates de fer et de manganèse, la matière calcinée contient la majeure partie du plomb à l'état de bioxyde^
L'azotate de plomb est soluble dans F eau, et il se dissout dans Teau bouillante en proportion plus grande que dans l'eau froide ; il est peu soluble dans l'acide azotique concentré ; il cristallise facilement dans une liqueur acide.
Lorsqu'on verse du sulfate de soude, ou tout autre sulfaté soluble, dans une dissolution neutre d'azotate de plomb, il se forme un précipité de sulfate de plomb très-peu soluble dans Teau : après des lavages prolongés le précipité retient encore une quantité appréciable d'azotate de plomb. Ce fait est analogue à celui que présente la dissolution d'azotate de baryte, traitée par un sulfate soluble.
Nous ne parlons pas ici des azotates basiques de plomb i ils ne se présentent pas habituellement dans les opérations analytiques.
Acétates. — On prépare dans les fabriques l'acétate neutre et les acétates basiques. Tous sont décomposés par la chaleur; lorsqu'on fait la calcination dans un creuset fermé, l'oxyde de plomb est partiellement réduit ; sous le moufle, et dans une capsule de porcelaine, on parvient à éviter la réduction et à obtenir la totalité de l'oxyde de plomb à l'état de pureté.
L'acétate neutre est soluble dans l'eau ; on l'obtient en cristaux très-nets par le refroidissement d'une dissolution chaude et concentrée. Les sous-acétates sont moins solubles que l'acétate neutre ; ils donnent des dissolutions laiteuses, qui deviennent claires par addition d'acide acétique.
L'acide carbonique enlève ime partie de l'oxyde de plomb à Tacide acétique des sous-acétates , et les transforme en acétate neutre, en précipitant du carbonate neutre de plomb. Cette réaction est utilisée dans l'industrie pour la préparation de la céruse. Le précipité de carbonate, lavé longtemps par décantations, retient encore de l'acide acétique combiné avec l'oxyde de plomb.
Sulfate de plomb. — Le sulfate neutre, SO'PôO, est blanc, trèspeu fusible : il entre facilement en fusion lorsqu'on le chauffe avec une proportion convenable de litharge ; il est alors transformé, au moins partiellement, en sous-sulfate. Au rouge blanc le sulfate neutre commence à se décomposer, et laisse dégager un peu d'oxygène et d'acide sulfureux. Le sous-sulfate résiste parfaitement à la chaleur blanche.
Lorsqu'on fait chauffer au rouge, à l'abri du contact de l'air, un mélange intime de sulfate et de charbon, le sulfate est dé-
composé : les produits obtenus sont variables avec la proportion de charbon employé ; avec 6 pour 100 de charbon, c'est-à-dire avec la quantité nécessaire pour amener l'acide sutfurique à l'état d'acide sulfureux et pour enlever Toxygëne à l'oxyde de plomb, on obtient la totalité du plomb à Tétat ihétallique ; avec une pro- ]portion de charbon un peu moindre, on obtient de l'acide sulfureux, du plomb métallique et du sulfure de plotnb, qui restent mélangés sous forme d'une matière métallique trës-peu ductile.
On a essayé plusieurs fois dans rindustrie de réduire le sulfate de plomb par le charbon, mais on a toujours échoué, c'est-àdire qu'on n'a pas pu obtenir régulièrement le ploinb & l'état de pureté. Il est vrai qu'on n'a Jamais pris les précautions convena-^ blés pour obtenir un mélange parfaitetneUt intime Su sulfaté bt du charbon, et pour éviter le contact dés gass biydants pendant la calcination.
Le sulfate neutre de plomb, desséché aU rouge i^ombre, est ^ës-peu soluble, et surtout très-lenteinent âoluble dans Tëau froide : il est un peu plus aisément dissous par les àcidbâ étendus, notamment par l'acide asotiqUe, par l'acide sulfurique et par l'acide acétique. Il faut cependant, potii* le dissbudre entièrement, faire agir les liqueurs acides eh Volume considérable, et pendant un temps très-long. L'acide chrorhydriqùe concentré et bouillant le décompose complètement ; la dissolution laisse déposer par refroidissement des aiguilles de chlorure de plomb, ne contenant que très-peu de sulfate.
Le sulfate de plomb se dissout assez facilement dans les dissolutions concentrées des alcalis caustiques. Il est cothplètiement décomposé par les carbonates alcalins , par voie humide et par voie sèche.
Lorsqu'on fait agir les carbonates alcalins par fusion, il faut employer 4 parties de carbonate pour 1 partie de sulfate ; on fait chauffer au rouge pendant un quart d'hfeure ; après refroidissement, on traite la matière par l'eau ; tout l'acide sulfiirique est dissous à l'état de sulfate alcalin ; l'oxyde de plomb reste assez nettement insoluble.
Lorsqu'on opère par voie humide , il faut employer de 7 à 8 parties de carbonate pour 1 partie de sulfate : on fait chauffer à 100 degrés pendant douze heures au moins ; on étend de beaucoup d'eau bouillante, et on laissé refroidir : tttt lave là pwtiiô in-
soluble par décantations. Les liqueurs décantées contiennent tout Tacide sulfurique à l'état de sulfate alcalin, et une quantité presque négligeable d'oxyde de plomb. La majeure partie do l'oxyde de plomb reste insoluble à l'état de carbonate.
Il faut bien se garder d'employer un trop grand excès de carbonate alcalin pour la décomposition du sulfate de plomb , et surtout de laisser le carbonate de plomb se déposer dans une liqueur concentrée : le carbonate de plomb est assez soluble dans les dissolutions concentrées des carbonates alcalins ; il n'est à peu près insoluble que dans des liqueurs très-étendues.
Il faut donc préférer la voie sèche à la voie humide, toutes les fois que cela est possible, pour la décomposition du sulfate de plomb par les carbonates alcalins.
Le sulfate de plomb forme des composés très-fusibles avec un très-grand nombre de sels, avec les chlorures et avec les sulfates alcalins, avec le fluorure de calcium, avec le chlorure de plomb, etc.. Il est lentement et complètement décomposé par le quartz, et par les silicates qui contiennent une forte proportion d'acide silicique. Ainsi, en chauffant progressivement au rouge vif un mélange très-intime de 3 parties de sulfate de plomb avec 1 partie de quartz porphyrisé , on obtient l'expulsion totale de l'acide sulfurique, qui se décompose en acide sulfureux et en oxygène : tout l'oxyde de plomb passe à l'état de silicate.
Lorsque le mélange du quartz avec le sulfate de plomb n'est pas intime, l'expulsion de l'acide sulfurique est partielle ; on obtient une masse fondue contenant du silicate et du sulfate de plomb : cette matière, maintenue pendant longtemps en pleine iusion, ne laisse dégager que très-peu d'acide sulfureux. La décomposition du sulfate par le quartz, ou par les silicates contenant une forte proportion d'acide silicique, ne se fait rapidement que quand les matières sont en mélange intime,' et sont seulement à l'état pâteux : la décomposition du sulfate devient très-lente lorsque les matières ont été amenées à l'état de fusion parfaite.
Le sulfate neutre de plomb contient :
Acide sulfurique 26,42
Oxydede plomb 73»58 — Plomb métallique 68,09
Carbonate de plomb* — Le carbonate neutre est blanc, pulvé-
rulent, facilement décomposable par la chaleur; lorsqu'on le chauffe un peu au-dessous du rouge sombre dans une atmosphère oxydante, le protoxyde de plomb absorbe une certaine proportion d'oxygène, et se transforme en minium.
Le carbonate neutre est insoluble dans Teau ; il se dissout en petite quantité dans l'eau chargée d'acide carbonique. Préparé par double décomposition, il se dissout en proportion assez forte dans les dissolutions très-concentrées des carbonates alcalins ; il s'en sépare à peu près en totalité, quand on les étend de beaucoup d'eau. Il est notablement moins soluble dans le carbonate d'ammoniaque que dans les carbonates de potasse et de soude.
Oxalate. — L'oxalate neutre de plomb est blanc, pulvérulent, décomposable par la chaleur au-dessous du rouge sombre ; lorsqu'on le calcine dans un creuset fermé, l'oxyde de plomb est réduit en partie ; si la calcination est faite sous le moufle et dans une capsule ouverte, l'oxalate est entièrement décomposé sans qu'il y ait réduction partielle de Toxyde. Il est insoluble dans l'eau; il se dissout rapidement dans l'acide azotique étendu; il n'est pas nettement insoluble dans l'acide acétique, dans les dissolutions concentrées des alcalis caustiques, des oxalates alcalins, et d' oxalate d'ammoniaque.
Lorsqu'on cherche à précipiter à l'état d' oxalate le plomb contenu dans une liqueur acide, il faut ajouter de l'oxalate d'ammo* niaque, saturer l'acide par l'ammoniaque, attendre que le précipité soit nettement rassemblé, et le laver par décantations, en employant de l'eau faiblement ammoniacale. La précipitation du plomb est complète lorsqu'on n'a mis dans la liqueur acide qu'un très-faible excès d'oxalate d'ammoniaque.
Phosphates, — On peut préparer par doubles décompositions plusieurs phosphates de plomb; ils sont tous blancs, fusibles, indécomposables par la chaleur, très-difficilement réductibles par le charbon. Les phosphates basiques chauffés au creuset brasqué donnent un culot de plomb métallique, et une scorie de phosphate de plomb contenant plus de 75 pour 100 d'oxyde de plomb. On n'obtient la réduction complète de l'oxyde métallique qu'en chauffant pendant une heure au moins, dans un creuset brasqué et à la température des essais de fer, le phosphate intimement mélangé avec du charbon. Dans cette opération, on perd par volatilisation une portion très-forte du plomb métallique.
Le phosphate nputre et leg phosphates basiqaes sont insolubles dans Veau ; ils se dissolvent avec plus ou moins de facilité dans les dissolutions un peu concentrées de potasse et de soude, dans Tacide azotique et môme dans l'acide acétique. Ils sont décomposés par 1q^ carbonates alcalins, par voie humide comme par voie sèche ; cependant il est assez difficile d'enlever complète* nient l'acide pbosphorique à l'oxyde de plomb, principalement par voie humide.
lies phosphates de plomb peuvent se combiner avec différents sels et former des composés fusibles ; ils fondent en toute proportipu avec le chlorure de plomb et avec le sulfure de plomb.
Arséniates. — On prépare par doubles décompositions plusieurs arséniates do plomb- Us sont très-fusibles et indécomposables par la chaleur. Ils sont facilement réduits par le charbon aiY rouge vif; suivant la prpportion du réductif, on obtient de l'arséniurq de plofnb, oq du plomb presque exempt d'arsenic. Les arséni^t^ç basiques ^t l'arséniate neutre sont insolubles dans l'eau ; ils se djssolvent §ptièrement dans l'acide azotique, dans les dissolutions concentrées de potasse et de soude ; l'acide acétique les dissout difficilement. Ils sont complètement décomposés par les carbonates alcalins, par voie sèche et par voie humide.
Borate, — Le borate neutre 4a plomb est très-fusible ; lorsqu'on le cbauffe au rouge, i) perd une partie de son ^cide; la perte d'acide borique devient très-faible quand le borate est mélangé avec une proportion un peu forte de litharge.
Il est peu soluble dans l'eau, ce qui permet de le préparer par double décomposition; le borate récemment précipité, mis en contact avec une dissolution uu ppu concentrée do carbonate a^paliu, q^ 4e cfirbonate d'ammoniaque, est complètement et rapidement 4èco)^posé; tout l'acide borique se dissout en se combiif((nt dvec l'alcali ; la partie insoluble pst du carbonate de plomb.
0(fserv^fion. ^~ Tous leÉ sels de plon^b insolubles ou peu solubles daqs l'eai), qoircissent au çontfict de l'hydrogène sulfuré; plusieurs d'entre eux sont ïJf\ème complètement décomposés, et transformés en sulfures, lorsqu'ils sont mis, encore humides, en suspension dans de l'eau saturée d'bydrogène sulfuré. Les sels desséchés résistent beaucoup plus longtemps. Le sulfate et les phosphates de plon^b ne sont jamais que partiellement transformés en sulfurf^.
Caractères généraux. — Nous prendrons pour exemple une dissolution d'azotate de plomb, neutre ou contenant très-peu d'acide azotique libre.
Une dissolution de potasse ou de soude produit un précipité blauQ, gélatineux^ très-lourd, d'oxyde de plomb hydraté, entièrement soluble dans un grand excès de réactif.
La dissolution de l'oxyde de plomb dans l'alcali est très-stabl§; on peut la porter à l'ébuUition sans produire le dépôt d'une partie de l'oxyde. Elle se trouble lorsqu'on y fait arriver un couraftt très-lent d'acido carbonique ; le plomb est entièrement précipité à l'état d'pxyde quand l'alcali est complètement saturé par l'acide carbonique.
Le carbonate de potasse ou de soude produit un précipité blanc, très-lourd, de carbonate de plomb, un peu soluble dans un grand excès de réactif, surtout à la température de 100 degrés ; le carbonate se dissout assez facilement dans une dissolution concentrée de potasse.
Les bicarbonates alcalins se comportent à peu près comme les carbonates neutres ; un excès de ces réactifs redissout un peu plus facilement le précipité d'abord formé.
L'ammoniaque, employée en excès, précipite à peu près complètement l'oxyde de plomb à l'état d'hydrate blanc ; lorsqu'on a laissé le précipité se rassembler par un repos prolongé, la liqueur ammoniacale ne contient plus qu'une quantité négligeable d'oxyde de plomb ; elle noircit faiblement par l'hydrogène sulfuré.
La précipitation du plomb est très*nette lorsque la liqueur acide contient de l'alumine ou du peroxyde de fer en proportion suffisante.
Le carbonate d'ammoniaque, employé en très-faible excès, précipite complètement le plomb à l'état de carbonate neutre ; le précipité est peu soluble dans une dissolution concentrée de carbonate d'ammoniaque. Lorsqu'on a fait agir un grand excès de réactif, on peut obtenir la précipitation presque complète du plomb, en faisant chauffer pendant longtemps la liqueur à 100 degrés, en étendant de beaucoup d'eau, et en laissant ensuite le liquide se refroidir lentement.
L'oxalate d'ammoniaque produit un précipité blanc, d'oxalate de plomb, seulen^ent dans la Uqueur neutre. Lorsque la dissolution contient de l'acide azotique libre^ on n'obtient le précipité
qu'en saturant T acide par l'ammoniaque. Le précipité est presque nettement insoluble dans l'ammoniaque et dans l'oxalate d'ammoniaque (Y. page 677) ; il se dissout rapidement dans l'acide azotique et dans les dissolutions concentrées de potasse et de soude.
Le phosphate et l'arséniate de soude produisent des précipités blancs dans la liqueur neutre. Dans une dissolution acide ces réactifs ne produisent des précipités qu'après saturation de l'acide libre par l'ammoniaque. Les précipités de phosphate et d'arséniate de plomb sont très-lourds ; ils se rassemblent très-promptement ; ils sont très-peu solubles dans un grand excès des réactifs ; ils se dissolyent promptement dans Tacide azotique et dans les dissolutions concentrées de potasse et de soude.
Le prussiate jaune produit un précipité blanc^ très-lourd ; le prussiate rouge ne donne, au contraire, aucun précipité.
Le fer, le zinc et plusieurs autres métaux précipitent le plomb à l'état métallique; l'action manque de netteté en présence de l'acide azotique ; on ne peut obtenir facilement la précipitation complète du plomb qu'en faisant agir les métaux sur une dissolution ne renfermant pas d'acide oxydant.
L'acide sulfurique et les sulfates solubles produisent des précipités blancs de sulfate de plomb. La précipitation est trèsincomplète lorsqu'on opère sur une liqueur acide ; le plomb est à peu près entièrement précipité lorsqu'on verse une dissolution de sulfate neutre dans l'azotate neutre de plomb. Le précipité se dissout avec assez de facilité dans les dissolutions alcalines concentrées; il n'est que très-lentement soluble dans l'eau acidulée par l'acide azotique ou par l'acide sulfurique.
L'acide chlorhydrique étendu produit un précipité blanc de chlorure de plomb ; le précipité se dissout lentement dans l'eau froide, et rapidement dans l'eau bouillante. On n'observe pas ce dépôt de chlorure de plomb lorsqu'on verse l'acide chlorhydrique dans une liqueur très-étendue. L'addition d'alcool favorise la formation du précipité ; mais on n'arrive jamais à précipiter complètement le plomb à l'état de chlorure, alors même qu'on ajoute un volume considérable d'alcool à une liqueur peu acide et concentrée.
Le cyanure de potassium, versé dans une dissolution neutre, produit un précipité blanc, très-lourd, de cyanure de plomb,
iosoluble dans un excès de réactif ; Ce précipité se dissout rapidement dans les acides.
L'hydrogène sulfuré produit immédiatement un précipité noir, de sulfure de plomb ; on obtient facilement la précipitation complète du plomb, en étendant de beaucoup d'eau, et en faisant agir le réactif en grand excès. Le précipité noir s'altère rapidement lorsqu'on fait chauffer la liqueur de manière à expulser l'hydrogène sulfuré; le plomb est redissous entièrement par l'acide azotique, et la matière insoluble est seulement du soufre.
L'action de l'hydrogène sulfuré sur une dissolution de chlorure de plomb est un peu différente, ainsi que nous l'avons déjà exposé; le précipité produit dans une liqueur chlorhydrique chaude et concentrée, varie de couleur à mesure qu'on étend d'eau froide ; il est d'abord presque blanc ; il devient ensuite jaune, jaune orangé, presque rouge, et enfm noir ; la précipitation du plomb est complète seulement lorsque lo précipité est entièrement noir.
Le précipité ne s'altère pas sensiblement lorsqu'on expulse riiydrogène sulfuré à une très-douce chaleur; il se dissout, avec dégagement d'hydrogène sulfuré, quand on le fait chauffer avec de l'acide chlorhydrique concentré.
Le sulfhydrate d'ammoniaque, versé dans la dissolution neutre, produit do suite un précipité noir, très-lourd, de sulfure de plomb, insoluble dans un excès de réactif, et se rassemblant avec rapidité ; on peut le laver facilement avec de l'eau pure, sans qu'il s'altère au contact de l'air.
Matières organiques. — La présence des matières organiques s* oppose, en général, à la précipitation totale du plomb par l'ammoniaque, par les carbonates et mèïne par les phosphates. Elle retarde notablement la précipitation du sulfate de plomb ; elle est presque toujours sans influence sur l'action de l'hydrogène sulfuré et du sulfhydrate.
L'oxyde dô plomb forme avec un grand nombre d'acides et de substances organiques des composés insolubles, ou très-peu solubles dans l'eau ; ces composés se dissolvent presque tous dans l'acide azotique, dans l'acide chlorhydrique et dans les dissolutions concentrées de potasse et de soude.
Chalumeau. — L'oxyde de plomb présente des caractères fort
nets lorsqu'on le chauffe au chalumeau, seul, ou avec les réactifs ordinairement employés ; ces caractères sont également faciles à constater lorsque l'oxyde de plomb est engagé dans des combinaisons diverses.
L'oxyde de plomb chauffé seul sur le charbon, à la flamme intérieure, est aisément réduit; on obtient un bouton métallique, mou et malléable. Une partie du plomb se volatilise pendant la réduction ; les vapeurs, se réoxydant au contact de l'air, déposent sur le charbon une auréole, dont la couleur varie pendant le refroidissement du jaune citron au blanc légèrement bleuâtre.
Avec la soude, sur le charbon et à là flamme intérieure, l'oxyde do plomb est promptement réduit ; on obtient encore un bouton métallique malléable et une auréole sur le charbon; à la flamme extérieure et sur le charbon, l'oxyde de plomb n'est pas réduit ; il forme avec l'alcali une perle transparente, incolore après refroidissement.
Avec le borax, à la flamme extérieure, sur le charbon comme au bout du fil de platine, l'oxyde de plomb entre très-rapidement en fusion; il forme une perle, d'un jaune pâle tant qu'elle est chaude, incolore après refroidissement; la perle est opaque lorsque la proportion de l'oxyde de plomb est un peu forte. A la flamme intérieure et sur le charbon, l'oxyde de plomb est réduit avec quelque difficulté ; on obtient un bouton métallique malléable et une auréole sur le charbon.
Avec le sel de phosphore, Toxyde de plomb se fond rapidement ; il donne une perle incolore après refroidissement et présentant presque toujours des indices de cristallisation ; les caractères sont les mêmes aux deux flammes, car le phosphate de plomb n'est pas réductible. '
BIOZTDE DE PLOBIB. P60*.
Le bioxyde de plomb [oxyde puce), est obtenu dans les opérations analytiques dans trois conditions différentes : 1"* par l'évaporation à sec d'une dissolution d'azotate de plomb, et par calcination très-modérée du résidu ; 2° par l'action oxydante du chlore sur l'acétate de plomb, dans une liqueur acétique contenant une proportion assez forte d'acétate alcalin; 3** par l'action du chlore sur l'oxyde de plomb, sur le carbonate et sur le sulfure, en présence d'uQ^ liqueur alcaline.
!• Décomposition de tazotaie. — Par révaporation à sec d'une dissolntion d'azotate de plomb et par la calcination du résidu, on n'arrive jamais à obtenir la totalité du plomb à l'état de bioxyde, quelles que soient les précautions prises dans la calcination. En traitant la matière calcinée par un acide très-faible, ou par l'azotate d'ammoniaque, on dissout une certaine quantité de protoxyde de plomb, on laisse insoluble la partie du plomb qui a passé à l'état de bioxyde.
L'oxyde puce ainsi obtenu est d'un brun très-foncé; il est insoluble dans l'acide azotique un peu étendu, dans l'acide acétique, dans les dissolutions alC'alines faibles. Il est dissous par l'acide chlorhydrique concentré avec dégagement d'oxygène ; la liqueur acide ne contient que du protochlorure.
2!" Action du chlore siêt une liqueur acétique. — On fait agir le chlore sur une dissolutipn acidulée par l'acide acétique, contenant avec l'acétate de plomb une assez forte proportion d'acétate de soude ou de potasse, chauffée à 60 degrés environ. Lorsque la liqueur est suffisamment étendue, l'action oxydante du chlore se porte sur l'oxyde de plomb ; le métal se précipite rapidement et complètement à l'état de bioxyde.
L'action est un peu incertaine ; il arrive souvent que l'action oxydante se porte sur l'acide organique ; on n'obtient pas de bioxyde de plomb.
La peroxydation du plomb peut avoir lieu en présence des acétates de cuivre et de zinc ; elle ne se produit pas lorsque la liqueur contient des oxydes de fer, de manganèse, de cobalt, etc. . . Eu raison de ces irrégularités, on no peut presque jamais utiliser dans les analyses la précipitation du plomb à l'état de peroxyde par l'action du chlore sur une liqueur acétique.
Le peroxyde obtenu par cette action est d'un brun assez foncé ; il est insoluble dans l'eau, dans Tacide acétique et dans l'acide azotique faible. Il se dissout rapidement dans l'acide chlorhydrique étendu et froid; la dissolution contient le porchlorure de plomb. Il se dissout avec dégagement d'oxygène dans l'acide chlorhydrique concentré et chauffé à 100 degrés; la dissolution contient le protochloruro de plomb. Il peut se dissoudre, bien que difficilement, dans les dissolutions alcalines concentrées ; il se dépose quand on sature les alcalis par l'acide azotique ou par l'acide acétique.
3® Action du chlore sur une dissolution alcaline. — On fait passer rapidement et complètement le plomb à Tétat de peroxyde en faisant agir le chlore en présence d'une dissolution un peu concentrée de potasse ; l'action est tellement énergique qu'on peut transformer, en vingt ou vingt-cinq minutes, plusieurs grammes de galène en peroxyde. Lorsqu'on opère sur dos sels de plomb solubles dans la potasse, la peroxydation du plomb est terminée bien plus rapidement. Elle a lieu à froid un peu plus lentement qu'à 100 degrés.
Dans tous les cas, le bioxyde de plomb n'est entièrement précipité qu'au moment oîi le chlore a saturé la totalité de l'alcali libre : si on prolonge l'action du chlore, le bioxyde se dissout progressivement, bien qu'avec une lenteur extrême.
Le bioxyde obtenu à froid, ou bien à une température peu élevée, est d'un brun rougeàtre, un peu gélatineux, difficile à laver ; il se dissout rapidement dans les liqueurs alcalines, dans l'acide chlorhydrique étendu et froid ; il n'est même pas rigoureusement insoluble dans l'acide azotique et dans l'acide acétique. L'oxyde qui a été produit à une température voisine de 1 00 degrés est grenu, d'un brun très-foncé; il se lave avec facilité par décantations ; il est presque insoluble dans les dissolutions alcalines, dans l'acide chlorhydrique étendu et froid ; l'acide azotique faible et l'acide acétique ne le dissolvent pas.
D'après ces caractères, les conditions les plus favorables à la précipitation du plomb à l'état de bioxyde sont les suivantes :
On met la matière plombeuse proposée^ oxyde, sel, sulfure, chlorure, dans une dissolution un peu concentrée de potasse, contenant de 20 à 30 grammes de potasse libre ; on fait chauffer à Tébullition, et on fait arriver un courant un peu rapide de chlore jusqu'au moment où le gaz n'est plus absorbé rapidement par l'alcali.
Lorsqu'on opère sur un composé du plomb soluble dans la potasse, la précipitation, à l'état de bioxyde, est certainement complète ; lorsqu'on opère sur le sulflire imparfaitement porphyrîsé, on n'est pas aussi certain de la peroxydation ; il faut examiner le dépôt : on y reconnaît facilement la présence du sulfure à sa couleur ; dans ce cas, on ajoute à la liqueur une nouvelle quantité de potasse, et on fait arriver du chlore jusqu'à saturation de l'alcali. Nous ferons d'ailleurs remarquer que la galène
n'est facilement transformée en peroxyde qu'après avoir été réduite en poudre impalpable.
Bien que le bioxyde de plomb puisse se dissoudre dans l'acide chlorbydrique faible et froid, dans les dissolutions concentrées de potasse et de soude, on ne peut pas le considérer comme base ou comme acide. Il parait être anhydre; du moins l'oxyde desséché à iOO degrés ne contient pas d'eau combinée ; sa composition se rapporte exactement à la formule P60'. Chauffé dans une atmosphère oxydante, il commence à perdre de l'oxygène un peu au-dessus du rouge sombre ; il est entièrement transformé en protoxyde au ronge, à la température à laquelle la litharge est en fusion parfaite.
Le bioxyde de plomb contient :
Plomb 86,6Î
Oxygène i3,38
On donne le nom de minium à tous les produits d'un rouge plus ou moins vif, qu'on obtient en calcinant au contact de l'air, à une température inférieure au rouge sombre, le massicot porphyrisé, ou le carbonate de plomb réduit en poudre impalpable. Ces produits contiennent, en proportions très-variables, du protoxyde et du bioxyde de plomb. On admet généralement que ces oxydes sont combinés entre eux, au moins en grande partie, et que le minium renferme des composés définis mélangés d'une certaine quantité de protoxyde.
Il est à peu près impossible de constater le véritable état chimique du protoxyde de plomb, car les agents qui peuvent dissoudre le protoxyde libre agissent en partie sur le protoxyde combiné avec le bioxyde.
L'acide chlorbydrique concentré attaque le minium avec dégagement d'oxygène ; la dissolution contient seulement du protochlorure de plomb.
L'acide azotique étendu dissout lentement le protoxyde et laisse insoluble la plus grande partie^ mais non pas la totalité du bioxyde de plomb. La dissolution contient un peu de peroxyde lorsqu'on a évité toute élévation de température pendant l'action de l'acide et pendant le lavage delà partie insoluble; elle contient
seulement de Fazotate de protoxyde quand on a fait chauffer à 50 ou 60 degrés. L'action de Facide azotique ne permet donc pas de déterminer avec exactitude la proportion du bioxyde que renferme le minium.
L'acide acétique concentré agit encore avec plus d'énergie : au contact de cet acide, et à froid, le minium devient d'abord blanc; il se dissout ensuite en totalité. La liqueur portée à TébuUition laisse déposer d'abord une certaine quantité de bioxyde ; mais on ne peut pas être certain que la totalité du bioxyde contenu dans le minium soit obtenue par ces opérations : dissolution dans l'acide organique, précipitation par la chaleur.
L'acide acétique très-étendu, et froid, dissout avec une grande lenteur la totalité du protoxyde de plomb, et ne parait dissoudre qu'une très-faible proportion de bioxyde.
L'acétate neutre de plomb, en dissolution concentrée, attaque lentementle minium porphyrisé, etlui enlève de l'oxyde de plomb. En prolongeant son action, on arrive certainement à transformer en sous-acétate le protoxyde de plomb libre ; mais il est à peu près certain qu'une partie du protoxyde, combiné avec le bioxyde, passe également à l'état de sous-acétate. La matière inattaquée ne peut pas être considérée comme représentant la combinaison des deux oxydes existant dans le minium.
La même observation est applicable à l'action des dissolutions alcalines, étendues ou concentrées : l'alcali dissout lentement le protoxyde de plomb libre, mais il attaque en partie la combinaison des deux oxydes.
Le minium du commerce contient ordinairement de 25 à 30 pour 100 de bioxyde de plomb.