‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 2)Chapitre 31 sur 45 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Le platine est employé dans les laboratoires sous forme de capsules, de creusets, de cornues, de tubes, de nacelles, etc., ci sous un état bien différent, en éponge ou en mousse.

Travaillé au rouge plus ou moins vif, le platine est d'un blanc gris&tre ; il est susceptible de prendre un très-beau poli, qui ne se ternit pas au contact de Tair ; il ne fond pas aux températures qui peuvent être produites dans les fours ordinairement employés au laboratoire. On peut le fondre en grandes masses, et même le volatiser, dans un four construit en chaux, en se servant comme combustible d'un mélange d'oxygène et d'hydrogène, ou bien d'oxygène et de gaz d'éclairage.

Le platine fondu et coulé, ou refroidi lentement, est criblé de cavités, ce qui le rend très-difficile à travailler au marteau. Sa densité est de 2 1,1 S. On éprouve moins de difficultés à forger au rouge vif le platine très-divisé qui a été aggloméré avec les précautions convenables.

Le platine travaillé au marteau est ductile, malléable, presque aussi tenace que le fer ; sa densité varie de 21,47 à 21,83; elle peut même devenir encore un peu plus grande par le laminage et par le passage à la filière.

On obtient le platine extrêmement divisé, sous forme d'une mousse noire tachant les doigts, en décomposant un sel de protoxyde ou le protochlorure par l'alcool^ à la température de 400 degrés; sa densité varie de 1S,78 à 17, S7.

On prépare l'éponge de platine par la calcination d'un sel ou d'un chlorure ; le platine est alors d'un gris plus ou moins foncé, mat, spongieux et faiblement aggloméré ; sa densité est un peu plus grande que celle de la mousse de platine.

Le platine en fusion dissout l'oxygène ; il roche comme l'argent lorsqu'il n'est pas refroidi très-lentement. Sous forme de mousse ou d'épongé, le platine absorbe des volumes considérables de

différents gaz, avec dégagement de chaleur; ces propriétés sont utilisées pour produire des actions chimiques, telles que la combinaison de rhydrogène avec l'oxygène.

Le platine ne s'oxyde pas à l'air, au moins aux températures auxquelles il est exposé dans les opérations analytiques ; lorsqu'on le porte à un degré de chaleur tel, qu'il se volatise en partie, on observe une flamme blanche très-vive, qui parait indiquer que le métal en vapeur peut s'oxyder.

Le platine ne décompose pas l'eau ; il est inattaquable par la plupart des acides: ainsi, l'acide azotique, l'acide chlorhydrique, l'acide sulfurique ne dissolvent pas le platine pur, alors même qu'il est très-divisé. Lorsque le platine est combiné avec quelques métaux, notamment avec l'argent, il est attaqué par l'acide azotique ; il est entièrement dissous par cet acide lorsque l'alliage renferme une proportion suffisante d'airgent. L'acide sulfurique n'attaque pas sensiblement le platine combiné à l'argent.

L'eau régale dissout assez facilement le platine très-divisé ; il agit plus lentement sur le métal travaillé. Lorsqu'on fait chauffer de l'eau régale dans une capsule de platine, la surface de la capsule, promptement attaquée, présente une apparence analogue à celle du moiré métallique.

Les dissolutions alcalines, chaudes et concentrées, n'exercent pas d'action sensible sur le platine. Par voie sèche, le métal est attaqué promptement par les alcalis caustiques, même à l'abri du contact de l'air ; la potasse et la lithine agissent avec beaucoup plus d'activité que la soude. La chaux et généralement tous les oxydes infusibles, difficilement réductibles, sont à peu près sans action sur le platine, même au rouge très-vif.

Les oxydes indécomposables par la chaleur seule, mais dont les métaux ne retiennent pas l'oxygène avec beaucoup d'énergie, attaquent quelquefois assez rapidement le platine ; les oxydes de plomb et de bismuth sont dans ce cas.

On peut employer un creuset de platine pour faire fondre des silicates avec de la litharge ou avec du carbonate de plomb, pour décomposer le sulfate de plomb par le carbonate de soude. Lorsqu'on opère sous le moufle, ou dans une atmosphère trèsoxydante, le platine est à peine attaqué; on doit cependant éviter de faire chauffer trop fort et trop longtemps.

Si on opère dans une atmosphère faiblement réductrice, par

iOOB MÉTAUX PRiC«>BEa|ENT DITS.

{exemple sur un fou de charbon ou sur ]^ flamipe d'ope iampe à alcool à courant d'air forcé, le creuset d^ platine ^8t presqi^ toujours percé. L'effet est produit par la réductio|i partielle de Yp^yà^ 4^ pbo^, ^t par la formation 4' un alliage fusible de plpwib et dp platipe.

Jj^ bisulfate d'aipu^pniaque e$jb sans ae^oja sur le platiné ; mais le bisulfate de potasse atjaque lenteme^ijt le métal ; U ne se forme pas de composé soluble dans l'eau, en soife que dans les opérations analytique^ pn peut faire agir le bisulfate alcalin dans un crens^f; d/B platine, et faire cba^ffer pendant plusieurs heures an rpugp, sans qu'il en résulte 4^s difficultés pour l'analyse ellemême ; aun$ ^ /o^ienset ne résiste pas longtemps : le métal devient ^gre et ca^swt^ et lie crensejt est nus ti*ès-promptemeDt hors de seryic^^

P^ vfiie ^nmide, i^ sjulfhydrsJte d'an^pnonM^na et les sulfures alcalins n'hissent pas sensiblement sjur le platine ; au contraire, l^ar yo^e sèche, les sulfuras ^l^alins .et presque tons }es sulfures n^tall^ques fusibles attaquent assez rapideniont le platiné.

L^s s.ylfn^es infu^bli^s^ comme .q^ux à§ ^^ et i» cadmium, lorsqif 71$ ne spnt pas mélangés avec du so|#rie libre, peuvent ëtr^ grillés dans une capsule de platinée s,ans qup }^ métal Soit notablement ^ttaqu^ ; mais ^ faut pour cela que ^^action oxydante de ^'air soit énergique. Nons avpns dit précé4^emment que 1^ grillage de ces sulfnf eS; notf^n^ent le grillage d}f SMlfure 4^ zinc, doit être conduit d^ns des con4itiyons tout à fait opposées. Dans le con^in.e^^empnt xiu grillée, il faut linnter T^on o^y^ante de r^ir , et alors la jc^snle de platine ^st toujours a4^aqnée assez fortement.

L'arsenic, le phoi^fphore, lef ar^éniur^s, ^ }e# pljiosphures métalliques ^taquent rapidenijent le pjL^ine* jL'iacide axisénieux lui-méine n'est pa^s çans actn^n^

Lorsqu'on doit calciner dans UM capsule lOn idans un creuset /^e pl^itine de^ sulfates, des arséniaj^ on 4es pbnsphçtos^ il faut éviter avec |a pltf s grw»de attention fouti^ a^tiw ré^trie^, qui pourrait donne;* n^is^anpe 4 d.es j^nÙ^^^s» à des i^^j^énUires, ou à d^s ^I;L.ospbures9 car .ces con^;^és ^t^^p^nf {^us ou uaoins fortement le platine.

Le chlore gazeux .et l'eafi de x^blore fgissen|; rapidenient s^ur le j^latine très-divisé, lentement au .contraire sur la pLalù?^ 1ïr|iv«iUé;

le brome et Tiodo u exercent que dos aotiqns tr^i|«faihl^9, même sur le platine très-divisé.

On connaît deux oxydes, et on Admet que leur» compositions PiaUne sont représpntées par les formules, P^O, P/0*. Tpus les deux *^®*y«^"*sont décomposables piur U obi^eur, H^ sont aî^ém^P^ réduits par tous les corps qui ont de raffinitépour Voxygènq, Cependant Tacide sulfureux se cpmbine ayeo le protoxyde, et ne précipite p^s le platipe à l'état métallique, jilors iflêmp qu'on le f^t agir en grand excès et pendant longtemps.

Oï^ a prépftfé deux sylfwre^ 4© platîue, PfS, Ptô*. D^^s les putine opérations analytiques, on produis c^s dPW^ composés seule- «*«>'*fr«ment par voie humide.

Par voie sèche on fait aisément passer le platine à l'état de sulfure, en faisant chauffer le métal t^ès-divisé avec du soufre et du carbonate de soude, ou bien ^vec les persiflfures alcalins,

I^a pij^tière fondue parçiît homogène ; e}le coptient le bisulfure de platine combiné avec le sulfure alcalin ; ej\ la traitant par Teai) froide, on laisse insoluble la majeure partie du bisulfure métallique, §i, au coptraire, on traite la matière fondue par l'eau bouillante, ou la dissout en totalité ; la liqueur est fq^temeot colorée en brun, et contient tout le platine & l'état de sulfure double.

Si la fusion est faite dans un creuset b^asqué, et à l^ température du rouge bl^nc, on obtient un culot de couleur noire, à texT ture cristalline, et une scorie brune, Le culot f^st du pfotosulfure de platine; la scorie contient une partie du platine à l'état de bisulfure combiné avec le sulfure alcalin.

Par voie humide on obtient les deux ^ulfu^es en faisant agir sur les dissolutions de platine l'hydrogène sulfuré ou le sulfhydrate d'ammopi^que.

L'hydrogène sulfuré produit un précipité d'un brun plus ou moins foncé dans les dissolutions qiii renferment le pro^oxyde pu le bioxyde de platine, ou bien les chlorures çorfesppndants,

La précipitation n'est pas complète lorsque les dissolutions sont cencentrées et fortement acides. Il faut opérer comme pour précipiter le plomb contenu dans une liqueur chlorhydrique ; on fait arriver l'hydrogène sulfuré en courant très-rapide dans la dissolution acide un peu concentrée ; on étend progressivement d'eau jusqu'à ce que la dissolution, très-étendue, soit à peine acidulée ; on bouche la fiole, et on laisse l'hydrogène sulfuré agir

en excès pendant au moins vingt-quatre heures. On pent laver le précipité par décantations et sur un filtre ; il ne s'altère pas à l'air, à la température ordinaire.

La composition du sulfure obtenu correspond à celle de l'oxyde ou du chlorure contenu dans la dissolution.

On ne fait agir le. sulfhydrate que sur les liqueurs qui contiennent le bioxyde ou le bichlorure de platine, et qui ne renferment pas un excès d'acide. Tant que le sulfhydrate n'est pas en excès, le platine est presque entièrement précipité à l'état de sulfure, la liqueur est faiblement colorée et brune ; il faut ajouter un énorme excès de réactif pour dissoudre complètement quelques grammes de sulfure. La dissolution est colorée en brun rouge&tre très-

I foncé.

I En la traitant par une quantité d'acide suffisante pour décom-

poser le sulfhydrate, on obtient un précipité d'un brun jaunâtre de soufre libre et de bisulfure de platine. Le précipité se rassemble mal, et la précipitation n'est pas complète lorsqu'on fait agir trop d'acide et lorsque la liqueur est concentrée. Le précipité doit toujours être lavé par décantations avant d'être recueilli sur un filtre ; il retient avec beaucoup de force les sels ammoniacaux dont il est imprégné.

Protosulfure Ptô. — Le protosulfure est d'un gris foncé; il a l'éclat métallique; il est fusible et prend la texture cristalline par refroidissement lent. H n'est pas décomposé quand on le fait chauffer au rouge dans un creuset de porcelaine & l'abri du contact de l'air ; à la chaleur extrêmement élevée qui peut être produite avec le chalumeau à gaz oxygène et hydrogène, le platine abandonne entièrement le soufre. Par grillage sous le moufle, il donne du platine métallique et de l'acide sulfureux.

Préparé par voie humide, il n'est pas nettement insoluble dans le sulfliydrate d^ammoniaque ; mais il paraît se dissoudre en se transformant lentement en bisulfure. Lorsqu'il a été calciné, il est tout à fait insoluble dans le sulfhydrate et dans les sulfures alcalins.

Le protosulfure contient :

Platine 85,99

Soufre 14^01

iOO,00

Bisulfure Ptô\ — Le bisulfure est d'un brun plus ou moins foncé, suivant la proportion de soufre libre avec lequel il est mélangé. Lorsqu'il a été bien lavé par décantations, on peut le recevoir sur un filtre, et le faire sécher au contact de l'air sans qu'il s'altère ; mais on doit faire la dessiccation à une température peu élevée.

Par calcination au rouge dans un creuset de porcelaine^ et dans ime atmosphère non oxydante, il est transformé complètement en protosulfnre. Lorsqu'on le fait chauffer sous le mouQe au rouge sombre, il s'oxyde, et la majeure partie du soufre passe & Fétat d'acide sulfurique.

Il est attaqué par l'acide chlorhydrique un peu concentré ; l'acide azotique le dissout entièrement, à l'aide de la chaleur, et ne laisse insoluble que le soufre non combiné : tout le soufre du sulfure de platine passe à l'état d'acide sulfurique, au moins lorsque l'acide azotique est assez concentré.

Le sulfure se dissout assez facilement dans les dissolutions des alcalis caustiques, des carbonates alcalins, du sulfhydrate d'ammoniaque, des sulfures alcalins. Les liqueurs sont d'un brun très-foncé; lorsqu'on les traite par l'acide chlorhydrique, employé en quantité convenable, on obtient la précipitation totale du platine à l'état de sulfure.

Le platine forme deux chlonu:es : P/C/, P/G/* ; ils sont décom- Platine posables par la chaleur, très-facilement réductibles par l'hydrogène. Us se combinent aisément avec les chlorures alcaUns, alcalins terreux, et métalUques ; les chlorures doubles sont décomposés par la chaleur avec plus de difficulté que les chlorures simples.

Protochlorure VtCL — On prépare le protochlorure de platjne en chauffant le bichlorure à la température de fusion du plomb, tant qu'il y a dégagement appréciable de chlore. La matière ainsi calcinée contient encore un peu de bichlorure non décomposé, qu'on parvient à dissoudre par des lavages un peu prolongés, faits avec de Feau froide.

Le protochlorure est d'un vert oliv&tre ; il ne s'altère pas quand on le conserve dans l'obscurité; à la lumière, il devient lentement noir.

n est insoluble dans l'eau, dans les acides azotique et sulfurique étendus. Il est un peu soluble dans l'acide chlorhydrique;

T. lY. 64

et chlore.

lOiO MÉTAUX PROPREMENT DITS.

la liqueur est colorée en rouge ^ elle devient asses rapidement jaune ati contact de Tair, par suite de la transformation du protochlorure en bichlorure. La mémo transformation a lieu lorsque le protochlorure imprégné d'acide chlorbjdrique est exposé au contact de Fair.

Le protochlorure se dissout plus facilement dans une dil|solii« tion de bichlorure que dans Vacide chlorhydrique i la Hqueor est colorée en brun tl^ës^foncé; elle pi'end lentement la couleur jaune, lorsqu'on l'exposa à Tair après y avoir ajouté de l'acide ôhlorhydrique.

L'eau régale dissout aisément le protochlorure en le transformant en bichlorur« ; l'eau de chlore a la même action.

Les dissolutions étendues et froides de potasse et de soude di^ composent le protoohlorure ; la majeure partie du platine reste indissoute à l'état de protoxydo ; les liqueurs sont colorées en vert très-foncé lorsque les alcalis sont employés en grand excks.

A la température de 100 degrés, les alcalis déposent une oertame quantité de platine à l'état métallique. L'ammoniaque^ agissant à l'aide de la ehaleur et en grand excès sur la dissolution ohliffhydrique du protochlorure, produit lentement un précipité vert, cristallin \ insolubie dans l'eau, dans l'akool et dans l'adde chlorhydrique étendu ; tout le platine est précipité.

On obtient des chlorures doubles, solufales dans l'eau et dans l'alcool, en versant les dissolutions de divers chlorures dans une liqueur chlorhydrique contenant du protochlorure de platine. On a réussi à faire cristalliser quelques-uns de ces chlorures doubles par une évaporation lente. Le chlorure donble de platine et de potassium cristallise en prismes d'un beau rouge» dont la cpmposition se rapporte à la formule T?tCl+KGl^

Le protoohlorure de platine contient i

Platine 73,55

dhlorc ■ 26,45

< la eomposition dM éristaui YtiHâ «8t feptértntis fkf là fofUaAè Pffll,ABB' ; oi adnet génénlenent <|ae oe compati ^ us ehlofure <li*UA radletl eompiaie (AsP'PI), ^ a été obtenu combiné avec Toxygëne. L'étude de ce composé a conduit à la découverte de combinaisons extrêmement curieuses ; elles ne se présentent pas dans les opérations analytiques, et nous nous dbpenserons de rappeler leurs carnelères, bien oosaos d*ai1]airs ck t«Qs les chimistes.

PLATINE. lOll

Bîcklorure de platine T?tCP. — Le bichlorure est d'un brun rougeàtre, décomposable par ]a chaleur, soluble dans l'eau et dans rafcool; il est plus soluble à chaud qu'à froid ; on le fait aisément cristalliser par refroidissement.

Les dissolutions sont d'un rouge brun lorsqu'elles sont concentrées ; étendues, elles sont d'un jaune orangé ; elles dcvionneîii Jaunes par addition d'acide chlorhydrîque. La dissolution acide du chlorure de platine parait contenir du chlorhydrate de chlorure; elle donne, par évaporation lente, des cristaux jaunes, qui deviennent bruns, avec dégagement d'acide chlorhydrique, lorsqu'on les chauffe modérément.

L'acide sulfurique ne décompose pas le chlorure de platine k la température ordinaire ; lorsqu'on verse de l'acide sulfurique concentré dans une dissolution, elle-même concentrée, de chlorure, on obtient un précipité jaune, qui se dissout quand on le lave avec de l'eau pure.

Le chlorure de platine se combine aisément avec presque tous les chlorures solubles ; les chlorures doubles se rapportent à la formule P^C/'+RC/; plusieurs d'entre eux sont solubles et cristallisables; les cristaux contiennent en général de l'eau de cristallisation. Les chlorures doubles les plus importants au point de vue des analyses sont ceux formés par le chlorure de potassium et par le chlorhydrate d'ammoniaque.

Le chlorure double de platine et de potassium, PtCP+KCl^ est pulvérulent ou en petits grains cristallins ; il est d'un beau jaune orangé. Il est peu soluble dans l'eau froide, car il faut 144 parties d'eau pour dissoudre 1 partie du chlorure double; il est un peu plus soluble dans l'eau bouillante et dans l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique. H est presque insoluble dans l'alcool, alors même que la liqueur renferme de Tacide chlorhydrique libre ; son insolubilité est beaucoup moins nette lorsque la liqueur alcoolique contient divers acides, notamment de l'acide acotique, de l-aoide sulfurique, de l'acide phosphorique.

Lorsqu'on cherche à précipiter le potassium ou le platine à l'état de chlorure double, en présence de l'alcool, il est essentiel d'opérer sur une liqueur concentrée, seulement acidulée par l'acide chlorhydrique, et ne contenant ancun autre acide.

Le chlorure double est entièrement décomposé au rouge ; le produit fixe de la calcination est un mélange de platine métal-

Platine

lique.et de chlorure de potassium ; en le traitant par l'eau , on dissout le chlorure alcalin; on obtient comme seul résidu le platine en éponge. B y a toujours perte très-notable du chlorure *de potassium pendant lacalcination.

Le chlorure double contient 40,38 pour 100 de platine métallique.

Le chlorure double de platine et d'ammonium, PtCP+AxWCl^ est pulvérulent ou en très-petits cristaux ; il est d'un jaune orangé, très-peu soluble dans l'eau froide et presque insoluble dans l'alcool. Il est décomposé par l'eau bouillante, avec production de chlorure d'azote. Son insolubilité dans l'alcool est encore assez nette eu présence d'im peu d'acide chlorhydrique libre; mais elle perd toute netteté en présence des autres acides.

L'ammoniaque décompose le chlorure double et donne naissance à un composé pulvérulent, d'un jaune clair*

Le chlorure double est facilement décomposé par la chaleur : chauffé au rouge, il laisse comme résidu fixe 44,21 pour 100 de platine métallique.

Le bichlorure de platine contient :

Platine 58,12

Chlore 41,88

On connaît deux combinaisons du platine avec l'iode : leurs et iode, compositions sont représentées par les formules Pdo, Pilo*.

Le protoiodure est pulvérulent, noir, assez facilement décomposable par la chaleur, insoluble dans l'eau et même dans les acides étendus.

Le biiodure est d'un brun foncé ; la chaleur le décompose plus facilement encore que le protoiodure : il perd déjà de l'iode à 150 degrés.

Il est insoluble dans l'eau, un peu soluble dans l'alcooL U se dissout aisément dans l'acide iodhydrique; la dissolution est d'un rouge foncé; elle donne^ par évaporation lente, des cristaux aciculaires, d'un brun presque noir, d'iodhydrate d'iodure de platine. Chauffés progressivement jusqu'à 2S0 degrés, ces cristaux abandonnent de l'acide iodhydrique et ensuite de l'iode ; ils laissent comme résidu fixe du platine métalhque*

Les deux iodures se combinent avec les iodures alcalins etpro-

bablement avec la plupart des iodures alcalins terreux et métalliques. Les iodures doubles de potassium et d'ammonium, P/Io'+KIo, Pdo*+AzH*I(?, sont un peu solubles dans l'eau, et presque insolubles dans l'alcool.

On n'a préparé qu'un seul cyanure de platine, VtCy; le cya- puime nure correspondant au bichlorure n'a pas encore été isolé. et cyanogène.

Le cyanure simple est pulvérulent , d'un jaune un peu verdàtre. Chauffé au contact de l'air, il brûle et laisse, comme résidu, le platine métallique.

Il est insoluble dans l'eau, dans les acides et dans les alcalis. Il forme avec plusieurs cyanures alcalins et métalliques des composés assez bien définis, dont les propriétés sont analogues à celles des prussiates.

On admet l'existence d'un sesquicyanure et d'un bicyanure de platine, qui, en se combinant avec les cyanures alcalins et avec divers cyanures métalliques, donnent des composés qui ne peuvent pas être considérés comme des cyanures doubles, et qui se rapprochent beaucoup des prussiates. Nous no rappellerons pas les propriétés de ces composés, parce qu'elles offrent peu d'intérêt pour les analyses.

Le platine a de l'affinité pour un grand nombre de métaux. Alliages.

On a pu former plusieurs alliages du platine avec le fer, en opérant à une température trës-élevée ; ils sont durs, susceptibles de prendre un très-beau poli ; leur couleur est analogue à celle du platine, mais un peu plus foncée.

Les alliages formés par le platine avec le nickel et avec le cobalt sont plus facilement fusibles, et peuvent être produits à la température des essais de fer ; ils sont d'un jaune pâle et susceptibles de prendre un beau poli.

La combinaison du cuivre avec le platine se fait avec plus de facilité que celles du nickel, du cobalt et du fer.

Les alliages sont très-durs, mais ils peuvent être travaillés aisément au marteau lorsque les proportions des métaux sont convenables. On emploie quelques-uns de ces alliages pour la confection des miroirs des télescopes, parce qu'ils peuvent recevoir un très-beau poli.

La couleur des alliages de cuivre et de platine est très-variable ; ceux qui contiennent de 4 à 5 pour ^ 00 de platine sont d'un

«014 MÉTAUX PHOPREMENT DITS.

rose pâle; ceux qui renferment de 12 à 15 pour 100 de platine ont la couleur de l'or.

Par Goupellation avec du plomb on ne parvient pas à enlever la totalité du cuivre au platine ; il faut ajouter une assez forte proportion d'argent et employer un poids considérable de plomb, pour obtenir à la coupelle un alliage de platine et d'argent exempt de cuivre.

Les alliages de platine et d'antimoine sont assez fusibles et trës-cassants : il suffit d'une trës-faible proportion d'antimoine pour enlever au platine sa ductilité et sa malléabilité. En chauSknt ces alliages au chalumeau à gàz oxygène et hydrogène, on volatilise aisément la totalité de l'antimoine, principalement lorsque la flamme est un peu oxydante.

L'étain et le zinc rendent également le platine très-cassant; les alliages de platine et de zinc, chauffés à la température des essais de fer, perdent la totalité du sine.

Le mercure ne se combine facilement qu'avec le platine trbsdivisé ; on peut tenir pendant longtemps du mercure dans un vase de platine sans qu'il se forme d* amalgame. Les composés solides formés par l'action du mercure sur la mousse du platine sont blancs comme l'argent^ et se dissolvent aisément dans le mercure en excès. Soumis à l'action de la chaleur, ils perdent facilement la totalité du mercure, en laissant le platine pulvérulent.

Les alliages de platine et de plomb sont fusibles, cassants ; leur texture est lamellaire ou cristalline ; ils passent mal à la coupelle sans addition d'une forte proportion de plomb ; le platine reste sur la coupelle sous forme de chou-fleur, et retient du plomb ; il faut coupeller ces alliages sur des coupelles en chaux, au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène.

Les alliages de platine et d'argent sont peu ductiles ^ ils sont assez fusibles lorsque la proportion de l'argent est un peu forte ; lorsqu'on cherche à purifier le platine impur par coupellation en opérant sous le moufle, on ajoute au platine de 3 à 4 parties d'argent, et une proportion de plomb très-grande, variable avec la nature des métaux dont il faut purifier le platine. Le bouton obtenu reste parfaitement fondu au moment de l'éclair, à la température à laquelle on termine ordinairement la coupellation de l'or ; il ne contient plus que le platine et l'argent.

I#or$qu*on traite les alliages db platiçe avee les métaux étudiés jusqu'au présent chapitre, à l'exception de l'or, par les acides qui peuvent attaquer ces métaux et qui sont sans action sur le pla^ tine, on arrive difficilepient à attaquer complètement les métaux, à moins que le platine ne 9oit en proportion assez faible. Dans ce cas, les acides dissolvent presque toujours une quantité appréciable de platine. L'acide sulfuHque est de tous les acides celui dont l'action dissolvante est la plus faible ; on peut séparer presque nettement l'argent du platine en employant l'acide sulfurique concentré, et en faisant agir l'acide sur un alliage contenant au moins 3 parties d'argent pour 1 partie de platine»

L'acide azotique dissout au contraire une proportion notable, quelquefois même la totalité du platine ; l'action de cet acide dépend de la nature des métaux contenus dans les alliages. L'argent est celui de tous les métaux qui facilite le plus l'action dissol* vante de l'acide azotique sur le platine ; cette propriété est utilisée pour la séparation de l'or et du platine. L'or rend lui-même fort appréciable l'action de l'acide azotique sur le platine ; ainsi, quand on traite par cet acide du platine contenant quelques nul-^ lièmes d'or, le platine est notablement attaqué.

L'acide chlorhydrique agit sur certains liages beaucoup moins que l'acide azotique, mais un peu plus que Tacide sulfurique.

§ t. — CombtnaUMins du platine avec Toxygène.

Les deux oxydes du platine peuvent se combiner avec les acides et avec les alcalis ; en raison de ces propriétés il est très-difficile de les obtenir suffisamment purs. Les sels de protoxyde et de bioxyde forment des sels doubles avec les sels alcalins, alcalins terreux, et avec divers sels métalliques.

Nous exposerons brièvement les principaux caractères du protoxyde, du bioxyde, et de leurs combinaisons salines; nous ne parlerons pas du sesquioxyde, ou oxyde intermédiaire, dont l'existence est admise par plusieurs chimistes.

^EOTOXTDB BC PLATimS. ViO,

On obtient le protoxyde hydraté en décomposant le protochlorure par la jjotassc caustique, employée k froid, en grand excès,

et en dissolution un peu étendue. La décomposition du protochlomre n'est à peu près complète qu'au bout d'un temps assez long ; le protoxyde hydraté se dissout en partie dans la liqueur, en la colorant en vert très-foncé ; la majeure partie de l'oxyde reste iudissoute. Lavé longtemps par décantations, l'oxyde retient encore un peu de chlore et une petite quantité d'alcali.

L'oxyde ainsi obtenu est d'abord très-volumineux et gélatineux ; il devient de moins en moins gélatineux à mesure que les lavages sont plus prolongés ; desséché sous la cloche de la machine pneumatique, il est pulvérulent et noir. U perd son eau d'hydratation un peu au-dessus de 100 degrés ; il se décompose au rouge sombre.

L'oxyde anhydre ne se dissout pas dans les acides, dans les dissolutions alcalines, dans les dissolutions des carbonates alcalins. L'oxyde hydraté et desséché ne se dissout pas facilement dans l'acide azotique et dans l'acide sulfurique ; il est décomposé par l'acide chlorhydrique concentré, avec formation de bichlorure, et séparation d'une partie du platine à l'état métallique, il est à peu près insoluble dans les dissolutions des alcalis caustiques et des carbonates alcalins. Il ne se dissout bien que dans l'acide sulfureux ; la liqueur est d'un bleu verd&tre.

L'oxyde récemment précipité^ gélatineux, est soluble dans presque tous les acides^ dans les alcalis et dans les carbonates alcalins ; les dissolutions sont d'un brun verd&tre très-foncé.

Le protoxyde de platine contient :

PlaUne 92.49

OzygëAe 7,51

100,00 SELS D£ PAOTOZTDE PE PIATIBE.

Les sels simples de protoxyde de platine sont peu stables ils se décomposent lentement à la température de 100 degrés, en laissant déposer du platine métallique, et en donnant des sels de bioxyde ; la présence d'un acide libre favorise la décomposition. Les sels desséchés ou en dissolution sont d'un brun verd&tre.

Les sels doubles sont plus stables que les sels simples ; leurs dissolutions sont moins fortement colorées. Les sulfites doubles sont blancs, et leurs dissolutions sont incolores.

Nous citerons comme exemple les principaux caractères de la dissolution chlorhydrique de protochlorure de platine.

La potasse et la soude ne produisent pas de précipité , alors même que les alcalis sont employés en grand excès. Lorsque les proportions d'acide libre et d'alcalis sont convenables, la liqueur, assez fortement colorée, contient tout le platine à l'état de chlorure double de platine et de potassium , ou bien de platine et de sodium.

Les carbonates alcalins produisent des précipités bruns, un peu solubles dans un excès de réactifs ; les liqueurs sont colorées en brun rouge très-foncé.

L'ammoniaque, employée en grand excès et à une température voisine de 100 degrés, donne un précipité vert, cristallin. La précipitation du platine est complète ; la liqueur ammoniacale est tout à fait incolore.

Le carbonate d'ammoniaque, le phosphate de soude, l'acide oxalique, les prussiates, le sulfate de protoxyde de fer, ne produisent pas de précipités.

Le protochlorure d'étain colore la liqueur en brun rouge sans prodm're de précipité.

L'iodure de potassium donne d'abord à la liqueur chlorhydrique une coloration d'un brun rouge très-intense ; il se forme ensuite un précipité noir d'iodure de platine, et la liqueur devient tout à fait incolore ; le platine est entièrement précipité.

L'hydrogène sulfuré précipite le platine à l'état de sulfure, mais il est difficile d'obtenir une précipitation très-nette. Lorsque la liqueur proposée est fortement acide, l'hydrogène sulfuré produit seulement une coloration brune ; il faut ajouter progressivement une très-grande quantité d'eau, à mesure que le réactif est en plus grand excès, pour faire passer tout le platine à l'état de sulfore noir.

L'action du sulfhydrate ne peut pas servir aussi nettement à la précipitation totale du platine. H faut d'abord saturer l'acide libre par un alcali, et verser peu à peu le sulfhydrate, tant que ce réactif produit un précipité. Un excès de sulfhydrate redissout partiellement le sulfure de platine ; la liqueur est colorée en brun rouge.

En décomposant le sulfure alcalin par l'acide chlorhydrique

I0«8 MÉTAUX PROnUBMENT DITS.

trës-faible, on arrive à précipiter la totalité du platine à Tétat de sulfure. Mais, dans tous les cas^ le sulfure ne peut pas être complètement lavé.

Matiàref organiques. — Diverses matières organiques, notamment celles qui ne sont pas volatiles, empêchent la précipitation du platine par les carbonates alcalins ; mais elles ne s'opposent pas aux actions de Tammoniaque et de l'hydrogène sulfuré.

BIOXTDR PB FLATIHE, PtO^

On ne peut préparer l'oxyde de platine hydraté qu'en décomposant un sel de platine par ]a potasse : cette réaction ne donne que de l'oxyde assez impur, en raison de la grande affinité de cet o^^yde pour les alcalis.

L'hydrate ainsi préparé, lavé longtemps par décantations, retient encore une proportion très-notable de potasse. U est d'un brun rougeàtre, volumineux et gélatineux, analogue au peroxyde de fer hydraté pour son aspect et pour sa couleur.

U se contracte beaucoup et devient presque noir par dessiccation prolongée. En le chauffant avec ménagement, on parvient à lui enlever l'eau, et à obtenir l'oxyde anhydre, noir et pulvérulent.

Chauffé au rouge sombre, l'oxyde perd entièrement son oxygène. L'oxyde anhydre se dissout difficilement dans les acides ; l'oxyde hydraté est au contraire rapidement soluble dans l'acide azotique, dans l'acide sulfurique, dans l'acide chlorhydrique, etc. Les dissolutions étendues sont colorées enjaune; les dissolutions concentrées sont d'un brun jaunâtre.

L'oxyde de platine àe combine aiâément;, par voie humide ou par voie sèche, avec les alcalis, avec les terres alcalines, et avec un assez grand nombre d'oxydes métalliques. Ces composés sont insolubles ou très-peu solubles dans l'eau ; ils se dissolvent fticilement dans l'acide chlorhydrique et dans l'acide azotique.

On admet que l'oxyde de platine se rapporté 6 la formule P/0* ; il contient :

PlaUne • 86»04

Oxygène i 3,96

snt wùêmèê va» lb Bifunros m puktam.

L'oxyde de platine fonne des sels simples et des sels doubles assez bien caractérisés^ presque tous solubles dans l'eau.

Les sels simples sont tous décomposés par la chaleur, et donnent du platine métallique à l'état de mousse ou d'épongé^ sui-^ vaut le mode de calcination et la nature de l'acide.

Les sels doubles sont également décomposés par la chaleur, mais le résidu fixe de la calcination ne contient pas toujours le platine h l'état métallique : ainsi, par exemple, lorsqu'on chauffe progressivement au rouge l'azotate double d'oxyde de platine et de potasse, on obtient un composé d'oxyde de platine et d'alcali. Le sulfate double donne au contraire du platine métallique et du sulfate de potasse.

Nous indiquerons les principaux caractères des sels de platine, en prenant pour exemple la dissolution du chlorure, et nous signalerons les différences que présentent les dissolutions d'azotate et de sulfate de platine.

La potasse en dissolution concentrée, employée sans excès, produit un précipité jaune de chlorure double ; la liqueur reste un peu colorée en jaune ; elle laisse déposer de nouveau un précipité jaune et cristallin par addition d'alcool.

Lorsqu'on opère avec des liqueurs étendues, ces précipités ne se forment pas immédiatement, et la précipitation du platine n'est pas complète, même après plusieurs jours et en présence d'un volume très-grand d'alcool.

Le chlorure double est un peu soluble dans l'acide chlorhydrique ; il se dissout en totalité dans une dissolution un peu concentrée de potasse ; il est de nouveau précipité lorsqu'on sature l'alcali libre par l'acide chlorhydrique.

La soude ne se comporte pas comme la potasse ; elle ne produit aucun précipité lorsque l'acide chlorhydrique libre est en proportion suffisante pour la formation du chlorure double de platine et de sodium.

Les dissolutions d'azotate et de sulfate de platine, traitées par les alcalis, laissent déposer des précipités d'un brun jaunâtre, insolubles ou très-peu solubles dans un excès de réactifs, se dissolvant au contraire dans l'acide azotique et dans l'acide sulfurique. Lorsqu'on a fait agir la soude, le précipité se dissout aisé-

ment dans l'acide chlorhydrique ; il n'en est pas de même dn précipité produit par la potasse : il est transformé par l'acide chlorhydrique en chlorure double de platine et de potassium.

L'ammoniaque se comporte à très-peu près comme la potasse : elle produit un précipité jaune de chlorure double dans la dissolution chlorhydrique de chlorure de platine, et un précipité brun dans les dissolutions d'azotate et de sulfate de platine.

Les actions des carbonates alcaUns et du carbonate d'ammoniaque sont analogues à celles des alcalis et de l'ammoniaque.

Le phosphate de soude et l'acide oxalique ne produisent pas de précipités.

L'acide oxalique, employé en grand excès, agissant à une température voisine de 100 degrés, ne produit pas la précipitation du platine à l'état métallique. L'acide formique et le formiate de soude agissent au contraire avec assez de rapidité sur le chlorure de platine, à la température de 100 degrés; tout le platine peut être précipité à Fétat métallique.

Les prussiates ne précipitent que partiellement le platine.

Le sulfate deprotoxyde de fer^ en dissolution concentrée, agissant sur la liqueur chlorhydrique faiblement acide, ne produit aucun précipité à la température ordinaire ; il ne précipite que très-incomplétement le platine à l'état métallique à la température de 100 degrés.

L'action du sulfate de fer sur les dissolutions d'azotate et de sulfate de platine n'est un peu énergique qu'à 100 degrés ; lorsque le réductif est en excès suffisant, le platine est lentement mais entièrement précipité sous forme d'une poudre grise qui adhère fortement aux parois du vase.

Le protochlorure d'étain donne une couleur brune très-foncée, sans produire de précipité.

L'iodure de potassium donne à la liqueur une coloration trèsfoncée, d'un brun rouge, et produit au bout d'un certain temps un précipité brun ; la précipitation du platine n'est pas complète, n ne se produit pas de précipité lorsque les liqueurs sont trèsétendues.

L'hydrogène sulfuré colore en brun la dissolution chlorhydrique un peu concentrée ; il se forme lentement un précipité d'un brun foncé, par addition d'eau. La précipitation du platine est totale lorsque, l'hydrogène sulfuré étant en grand excès, la li-

queur est très-étendue et faiblement acidulée. Le précipité parait presque noir lorsqu'il est bien rassemblé ; il est tout à fait noir après dessiccation.

Le sulfhydrate produit un précipité brun de sulfare de platine, entièrement soluble dans un très-grand excès de réactif : la dissolution est colorée en brun très-foncé. Lorsqu'on décompose le sulfhydrate par l'acide chlorhydrique, en évitant tout excès d'acide, on précipite entièrement le sulfure de platine mélangé de soufre libre.

Le fer, le zinc et plusieurs autres métaux précipitent le platine à l'état métallique et sous forme d'une poudre presque noire ; la précipitation a lieu plus rapidement lorsqu'on fait agir ces métaux sur une dissolution faiblement acide de sulfate de platine, que dans le cas où l'on opère sur une liqueur chlorhydrique.

MfjUières organiques, — La présence des substances organiques n'empêche pas en général la formation du précipité jaune de chlorure double de platine et de potassium, ou du chlorure de platine et d'ammonium ; on ne doit pas cependant chercher à précipiter le platine à l'état de chlorure double dans une liqueur qui renferme de l'acide tartrique, de l'acide citrique, de l'acide oxalique, etc. ; la précipitation n'est presque jamais complète.

Les actions de l'hydrogène sulfuré et du sulfhydrate d'ammoniaque ne paraissent pas être influencées par les matières organiques ; le dépôt du précipité de sulfure de platine est seulement beaucoup plus lent.

CHALtJifEAU. — Le platine et ses composés ne donnent aucune coloration à la flamme du chalumeau ; tous les composés sont réduits aux deux flammes ; le platine métallique obtenu reste pulvérulent, même après une très-longue insufflation.

S 9. — Dopage da platine.

La détermination exacte du platine présente presque toujours de grandes difficultés, principalement lorsqu'on fait l'analyse des minerais qui renferment du palladium, de l'iridium, etc. Nous indiquerons, dans les chapitres suivants, les procédés de séparation de ces divers métaux ; nous ne considérerons mainte-

am MÉTAUX PROPREMENT DITS.

nant que le dosage du platine contenu dans une liqueur chlorhydrique, et l'analyse des alliages formés par le platine avec l'or et avec l'argent.

Liqueur chlorhîdrique. — Le platine peut être précipité à l'état métallique par le mercure, par l'azotate d'oxydule de mercure, par l'acide formique ou par le formiatc de soude ; on peut utiliser pour la précipitation l'insolubilité, dans l'alcool^ des chlorures doubles de platine et de potassium, de platine et d'ammonium.

Mercure. — La dissolution chlorhydrique de chlorure de platine doit être peu acide et assez concentrée ; on la fait chauffer de 40 à SO degrés avec quelques grammes de mercure ; le platine est lentement précipité, il se forme du protochlorure de mercure. La décoloration de la liqueur exige un jour entier et souvent même un temps plus long.

On admet que tout le platine est précipité lorsque la liqueur est devenue tout à fait incolore ; on lave alors par décantations l'amalgame de platine et le protochlorure de mercure ; on les fait passer dans une capsule de porcelaine , et on chauffe lentement au rouge. On achève la calcination au rouge vif et dans une capsule de platine. On pèse le platine métallique.

Ce procédé de dosage ne donne pas un résultat très-exact : on réussit assez bien la précipitation du platine, mais il est presque impossible de ne pas perdre une petite quantité du métal pendant la calcination.

Azotate doxydule de mercure. — L'azotate d'oxydule de mercure agit à peu près comme le mercure métallique : il précipite lentement le platine très-divisé ; il se dépose en même temps du protochlorure de mercure. Le réactif doit être employé en dissolution concentrée, en assez grand excès, et à la température de SO à 60 degrés ; il faut prolonger l'action pendant au moins deux jours pour que le p^tîn^ c^oH en^èr^ipent précipité.

Lorsque ce résultat est obtenu, on lave par décantations le mélange de platine et de protochlorure de mercure ; on le fait passer dans une capsule de platine ; on fait chauffer lentement au rouge vif, et on pèse le platine après refroidissement.

Le métal étant extrêmement divisé^ il est très-difficile d^éviter quelques pertes dans les décantations et surtout dans la calcination.

PLATINB. 1033

Aeide f&nnique au formiaêe de soude* -^ L'emploi de ces réductifs organiques présente de trës-grandes difficultés ; on les fait agir en grapd excès sur la dissolution chlorhydrique un peu concentrée de chlorure de platine, à la température de 60 à 70 d^grés^ jusqu'à ce que la liqueur soit entièrement déooloré0«

Le platine est bien complètement amené 4 Vétat métallique ; mais il est très-divisé, il adhère partiellement m^ parois du vase t on est fort embarrassé pour le détucher ^n totalité» et pour le laver par décantations, sans en perdre uue portion appréciable*

On en perd encore une petite quantité Ipr^que, les lavages étant terminés, on fait passer le platine dans une capsule ; la caloination expose encore h une perte sensible, alors même que la température est élevée avec les plus grandes précautions.

Le poids du platine calciné est toujours uu peu trop faible lors* qu'on a employé Vacide formique. Le poids obteuu est tantôt trop faible, tantôt trop fort quand on s'est servi du formiate de soude t il estt ^^ ®9^^ presque impossible d'enlevfor au p^atiue, par des layages prolongés, la totalité ^u chlorure alcalin dont il est im- "ffçégné : \e chorure n'est pas entièrement volç^tilisé p^^dant la çalcin^tiqn*

Nous insistons peu sur c^s procédé^ qui sout très-rarement appliqués. On préfère employer pour la précipitation du platine le sel ammoniac ou le chorure de potassium et V alcool ; le platine est pesé à l'état de chlorure double ou h Té^t piétallique.

Sel ammoniac. — ^ On concentre la dissolutiqu chlorhydrique faiblenp^ent acide du chlorure de platiné ; on y ajoute une disso* lution, elle-même très-concentrée, de chlorhydrate ^'cM^moniaque, en quantité suffisaute pour que le platine pui^^e passer eu totalité à Vétat de ph^rure double. Un excès de ^el amuxoniaoest inutile et même nuisible, ^ ce qu'il I|UB>^^^^ ^^^ ^U^ÇU^^^^ du lavage. Ou verse ensuite de Valcpol en prçiport^on teUe, que \^ la liquev^r contienne iiu moins la moitié, de spn yolunie 4' alcool.

On laisse çn repos pédant vingt-quatre heures. Après ce temps, le p)atinp doit êtrp entièrement précipité ^ l'état de chlorure double. On décante la liqueur, on y ajoute un peu de sel i(U)moniac et de l'alcool reçti^é ; on la conserve, afin de vérifier, pi^r l'absence de tout précipité coloré en js^une orangé, qu'où a réussi à faire passer tout le platine à l'état de chlorure doubla, et è^ rendre ce composé insoluble.

i024 MÉTAUX PROPREMENT DITS.

Dans le cas où la liqueur décantée laisse déposer un peu de chlorure double, il faut réunir le précipité au premier, et laver avec de l'alcool le composé insoluble. Les lavages ne peuvent pas être prolongés, parce que le chlorure double n'est pas nettement insoluble ; on en perd une portion appréciable lorsqu'on cherche à dissoudre la totalité du sel ammoniac dont le chlorure double est imprégné.

On reçoit le précipité sur un filtre pesé; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau ; l'augmentation du poids du filtre ne donne pas exactement le poids du chlorure double, car ce chlorure retient toujours une quantité appréciable de sel ammoniac. En calculant la proportion du platine d'après le poids du précipité desséché à 100 degrés et d'après la composition du chlorure double (44,21 pour 100 de platine), on n'obtient pas une détermination exacte, et le nombre obtenu est ordinairement trop fort.

Il faut peser le platine à l'état métallique, en décomposant le chlorure double par calcination. On sépare autant que possible le précipité du filtre ; on brûle le papier dans une capsule de platine ; on réunit aux cendres le précipité séparé du filtre ; on chauffe très-progressivement au rouge ; on maintient la capsule à ce degré de chaleur pendant quinze à vingt minutes. Il ne reste plus alors dans la capsule que du platine métallique : on le pèse après refroidissement.

Il est très-difficile de conduire convenablement la calcination : il faut, en effet, réussir à volatiliser le sel ammoniac non combiné, et à décomposer le chlorure double, avec une lenteur telle, qu'aucune partie du platine ne puisse être entraînée.

On perd souvent un peu de platine, et le poids obtenu pour le métal est un peu trop faible. On peut cependant obtenir un nombre trop fort, mais seulement dans le cas où l'on néglige la précaution, que nous avons recommandée, défaire chauffer longtemps au rouge à la fin de la calcination. Si le degré de chaleur n'est pas assez élevé, la décomposition du chlorure double n'est pas complète.

Ce procédé de dosage est d'une application délicate et ne peut pas donner des résultats très-rigoureux. On est exposé à perdre un peu de platine dans la précipitation ; on en perd presque toujours une certaine quantité pendant les lavages et pendant la

oalcination : toutes les causes d'erreur sont de même sens lorsque les opérations sont bien conduites.

La pesée du chlorure double desséché à 100 degrés donne quelquefois un résultat plus exact que celui qui est obtenu par la pesée du platine métallique ; mais l'exactitude plus grande résulte de la présence d'un peu de sel ammoniac qui compense la perte de platine faite dans la précipitation et dans les lavages. On n'est jamais certain d'arriver à cette compensation rigoureuse, et on doit, par conséquent, considérer comme incertain le nombre qui est obtenu par la pesée du chlorure double.

Chlorure de potassium. — On conduit les opérations à peu près comme nous venons de l'exposer pour l'emploi du sel ammoniac. La dissolution chlorhydrique de chlorure de platine doit être très-concentrée ; on y ajoute du chlorure de potassium en dissolution également concentrée, en quantité suffisante pour que tout le platine puisse passer à l'état de chlorure double : on évite d'employer un excès de chlorure alcalin.

On verse de l'alcool à 40 degrés en. proportion assez grande pour que la liqueur contienne au moins 60 pour 100 de son volume d'alcool. On laisse en repos pendant vingt-quatre heures; on lave le précipité par décantations avec un mélange en parties égales d'eau et d'alcool à 40 degrés.

On fait sur la première liqueur décantée les vérifications dont nous avons parlé précédemment ; on y ajoute un peu de chlorure de potassium et de l'alcool, et on s'assure qu'après vingt-quatre heures il ne s'est pas produit de précipité coloré ; s'il se forme un peu de chlorure double, on le réunit au premier précipité.

Le chlorure double est accompagné de chlorure alcalin, et il est à peu près impossible de dissoudre la totalité du chlorure de potassium, car ce composé est très-peu soluble dans l'alcool.

Le précipité contient donc, même après des lavages prolongés, du chlorure double et du chlorure de potassium ; on ne doit pas peser ce précipité desséché à 100 degrés : le poids obtenu ne donnerait pour le platine qu'une approximation trop incertaine ; il est nécessaire de peser le platine métallique.

On reçoit le précipité sur un filtre; on fait sécher à 100 degrés, on sépare le précipité du papier; après avoir brûlé ce dernier dans une capsule de platine, on réunit le chlorure double aux

cendres du filtre ; on fait chauffer très-progressivement jusqu'au rouge ; on termine la calcination au rôugê vif ; il est même nécessaire de tenir la capsule e^cposée à ce degré de chaleur pendant quinze à vingt minutes, pour achever la décomposition du chlorure double.

On laisse refroidir, et on traite par Te^u, afin de dissoudre le chlorure de potassium; on lave par décantations le platine métallique, on le fait passer sur un filtre; on achève le lavage à l'eau bouillante. *

Le platine, très-divisé, retient avec force un peu de chlorure alcalin ; on ne réussit à dissoudre ce composé que par des lavages très -prolongés.

Lorsque le platii^e est bien lavé, on le fait sécher à 100 degrés ; on place le filire dans une capsule de platine, sans séparer du papier le platine pulvérulenti! On fait' chauffer lentement au rouge, d'anord en* couvrant la capsule avec une feuille de platine, ensuite en laissant l'air arriver sur le filtre carbonisé.

En opérant ainsi, c'est-à-dire en produisant lentement la décomposition du papier qui entoure le platine très-divisé, et en brûlant ensuite le charbon, le métal n'est pas notablement entraîné hors de la capsule.

On pèse le platine après refroidissement.

En employant le chlorure de potassium, au lieu du sel ammoniac, pour la précipitation, on parvient à doser le platine avec un peu plus d'exactitude. Cela tient à deux causes : d'abord le chlorure double de platine et de potassium est un peu plus nettement insoluble dans falcool, le platine est plus cohiplêtement précipité; ensuite, le platine produit parla calcination du chlorure double est moins divisé, il est moins facilement entraîné par les gaz et les vapeurs pendant là calcination.

Les causes principales de perte sont certainement moins fortes. Cependant, Ids opérations étant plus longues, et les difficultés du lavage beaucoup plus grandes, on emploie généralement le sel ammoniac de préférence au chlorure de potassium.

En pesant le platine métallique précipité de la dissolution chlorhydrique par le sel ammoniac ef par l'alcool, on obtient un nombre un peu trop faible; mais, du moins, on sait dans ouel sens est Terreur commise. Au contraire, lorsqu'on se sert du chlorure de potassium, on doit toujours craindre de laisser un

peu de chlorure alcalin avec le platine métallique, et d'obtenir un nombre trop fort.

Observations. — Les divers procédés que nous venons d'exposer ne peuvent pas être appliqués lorsque la liqueur proposée contient do l'acide azotique. En présence de cet acide oxydant, on ne réussit pas à précipiter complètement le platino à Tétat métallique par l'acide formiquc et parle fbrmiatè de soude; on arrive beaucoup plus difficilement avec le mercure et avec l'azotate d'oxydule dé mercure. Les chlorures doubles ne sont pas insolubles dans l'alcool lorsque la liqueur contient une proportion même trës-faible d'acide azotique.

Quand le platine a été dissous dans l'eau régale, il est indispensable de décomposer complètement l'acide azotique par évaporation à sec. On traite le résidu par l'acide chlorhydrique concentré : s'il ne se produit pas de vapeurs rutilantes, on peut être certain que l'acide azotique a été entièrement expulsé ; on procède alors à la précipitation et au dosage du platine par l'un des procédés indiqués.

Platine et argent. — La séparation du platine et de l'argent doit être faite par des procédés différents, suivant que l'un ou l'autre des deux métaux domine dans les alliages. Considérons seulement trois cas particuliers :

l"* Un alliage contenant très-peu de platine ;

2* Un alliage renfermant une faible Proportion d'argent ;

3*" Un alliage à peu près en parties égales des deux métaux.

1* Alliage contenant peu de platine. — On dissout l'alliage par l'acide azotique ; on étend de beaucoup d'eau ; on précipite l'argent à l'état'de chlorure par l'acide chlorhydrique très-étendu. On lave et on pèse le chlorure d'argent avec les précautions que nous avons exposées dans le chapitre XXI; on calcule l'argent d'après le poids du chlorure ; on évalue le platine par différence.

Ce procédé donne des résultats assez exacts lorsque l'alliage renferme plusieurs centièmes de platine ; la pesée du chlorure d'argent peut être faite plus rigoureusement que celle du platine métallique.

L'évaluation par différence donne, au contraire, un résultat incertain pour le platine lorsqu'il s'agit de constater dans l'argent la présence de quelques millièmes de platine. Dans ce cas,

il faut évaporer à siccité la liqueur azotique, de laquelle on a séparé le chlorure d'argent. On termine Tévaporation dans une capsule de platine préalablement tarée ou pesée avec exactitude; on calcine au rouge vif le résidu de l'évaporation; on pèse la capsule après refroidissement; l'augmentation de poids donne assez exactement le platine contenu dlans l'alliage.

2"" Alliage contenant peu d argent. — On lamine l'alliage et on l'attaque par l'eau régale un peu concentrée ; on étend de beaucoup d'eau; on laisse le chlorure d'argent se déposer; on pèse ce chlorure avec les précautions précédemment indiquées; on calcule la proportion de l'argent d'après le poids du chlorure ; le platine est évalué par différence.

Il serait assez difficile d'effectuer le dosage du platine et d'obtenir une approximation aussi grande que celle à laquelle on arrive en évaluant le métal par différence.

On est cependant obligé de faire ce dosage lorsqu'on n'est pas assuré que l'alliage proposé ne renferme pas d'autres métaux que l'argent et le platine.

Pour doser le platine, on évapore à sec la liqueur régale, en ajoutant de temps en temps de l'acide chlorhydrique en quantité suffisante pour que l'acide azotique soit entièrement décomposé. On traite le résidu par un peu d'acide chlorhydrique; on ajoute du sel ammoniac et de l'alcool ; on calcine le chlorure double de platine et d'ammonium, et on pèse le platine à l'état métallique. Lorsqu'il y a peu de différence entre les deux nombres obtenus pour le platine, on doit admettre celui qui est donné par l'éva* luation par différence. Dans le cas contraire, on est averti par l'écart des deux nombres que l'alliage renferme probablement d'autres métaux : il faut chercher à les reconnaître et recommencer l'analyse, en suivant la marche la plus convenable pour la séparation et pour le dosage des divers métaux.

3"* Alliage renfermant des proportions peu différentes de platine et d argent. — On ne parvient à attaquer complètement un pareil alliage ni par l'acide azotique, ni par l'eau régale : on est obligé d'employer l'acide sulfurique.

On lamine l'alliage en un ruban très-mince ; on le fait chauffer à 100 degrés dans l'acide sulfurique concentré, jusqu'à ce que, l'alliage étant désagrégé, l'acide ne paraisse plus exercer d'action. On laisse refroidir; on verse le liquide dans un volume

d'eau assez grand pour qu'il n'y ait pas dégagement de chaleur trop considérable au contact de l'eau et de l'acide concentré. On lave longtemps le platine, qui reste seul insoluble, avec de l'eau bouillante ; on pèse le platine métallique après calcination au rouge.

Ce dosage n'est pas très-exact : d'un côté, l'acide sulfurique dissout un peu de platine, on perd une portion plus ou moins notable du métal pendant les lavages et pendant la calcination ; d'un autre côté, on n'est jamais certain de dissoudre la totalité de l'argent.

n est donc nécessaire de vérifier l'absence de l'argent dans le platine calciné, et de doser l'argent dissous par l'acide sulfurique.

On dissout le platine dans l'eau régale concentrée, on étend de beaucoup d'eau, et on laisse en repos pendant plusieurs heures ; s'il se produit un précipité appréciable, on le lave par décantations, et on le conserve pour le réunir ultérieurement au chlorure d'argent qui sera obtenu dans le traitement do la liqueur sulfurique.

On précipite l'argent dissous dans l'acide sulfurique, en ajoutant progressivement de l'acide chlorhydrique étendu, tant qu'il se forme un trouble appréciable ; on lave le chlorure d'argent par décantations : les lavages doivent être très-prolougés, car il est essentiel d'enlever au chlorure d'argent l'acide sulfurique dont il est imprégné.

Après avoir pesé le chlorure, on calcule la proportion de l'argent et on évalue le platine par différence. On obtient ainsi pour le platine une détermination un peu plus exacte que celle donnée par la pesée directe.

Dans ce cas encore, lorsque les deux nombres présentent un écart un peu fort, on est averti de la présence probable d'autres métaux dans l'alliage, et de la nécessité d'en faire une analyse plus complète.

Platine et or. — H est très-difficile d'effectuer la séparation à peu près nette de l'or et du platine lorsqu'on opère sur un alliage qui ne renferme pas d'argent; on réussit, au contraire, assez facilement cette séparation en introduisant dans l'alliage une proportion d'argent assez forte pour rendre le platine entièrement soluble dans l'acide azotique.

On passe Talliage à la coupelle avec 4 parties d'argent et S parties de plomb. On pèse le bouton métallique ^ afin de constater le poids exact de l'alliage des trois métaux, platine, or et argent, sur lequel les opérations vont être faites.

On lamine le bouton, et on le fait chauffer pendaixt plusieurs heures, d'abord dans de Tacide azotique un peu étendu, ensuite dans de l'acide azotique concentré. L'acide dissout le platine et l'argent, il laisse insoluble l'or très-divisé. On lave l'or par décantations, et on le pèse après calcination.

On vérifie la pureté de l'or en le dissolvant dans l'eau régale, et en étendant de beaucoup d'eau; lorsqu'il ne se produit pas de trouble appréciable, on est certain que l'argent a été dissous en totalité par l'acide azotique, et on admet que l'or ne retient pas de platine.

On précipite l'argent contenu dans la liqueur azotique en lyoutant progressivement de l'acide chlorhydrique étendu, tspt qu'il se produit un trouble appréciable. On lave le chloruré d'argent par décantations ; on le pèse : d'après son poids on calcule l'argent, et on évalue enfin le platine par différence.

On peut encore doser le platine , en le pesant à l'é^t métallique : on évapore à siccité la liqueur azotique, et on calcine le résidu au rouge dans une capsule de platine préalablement pesée : le nombre ainsi obtenu sert de contrôle à celui qui est donné par le calcul, et qui est généralement plus exact.

Recherche du platine dans les roches. — La recherche du platine dans quelques roches et dans divers minerais métalliques offre un intérêt exclusivement théorique ; la présence de ce métal dans certàiniBS roches, dans quelques minerais aiurifères et argentifères, a été annoncée par plusieurs savants; mais elle n'a pas encore été constatée avec certitude.

Nous indiquerons de quelle manière il convient de procéder à cette recherche, en prenant pour exemple une roche quartzeuse contenant des pyrites aurifères. On fait fohare aii creuset de terre 100 grammes de la roche pulvérisée, mélangée intiin'èhieill avec 300 grammes de liîhargè. Lorsque lés manières sont bieil foii-

1 Oo termine la eoupelUtion ii une température trte-élevée ; la perte d*argettt est toajours trés-nolable, et on ne peut pas admettre que le bouton contienne toat Fargent fia qui a été ajouté k l'alliage proposé.

PLATINE. i03«

I dues, on introduit dans le creuset un mélange de 60 grammes de

e litharge et de 2 grammes de charbon.

,i On obtient un culot de plomb qui contient l'or et le platine de

la roche et l'argent de la litharge. On passe le plomb à la cou-

I pelle, en ajoutant avant la fin de l'opération 0'',020 d'argent fin,

I On lamine le bouton, on l'attàqilb (>àr l'acide azotique ; on pèse

I s'il y a lieu, l'or qui reste seul indissous.

I On cherche à constater la présence du platine dans la liqueur

azotique. On précipite l'argent par l'acide cnlorhydrî que, en évi-

i tant d'employer un excès d'acide ; on sépare le chlorure d'argent

1 pai^ filtration ; on évapore la liqueur à sec, en terminant l'évapo-

ration aahs ûnè très-petite capsule ie porcelaine ; on chauffe le résidu jusqu'au rouge. La présence du platine est indiquée par un résidu pulvérulent et presque noir, formant un anneau au fond delà capsule.

Cette inaication n'est pas toujours suffisante : les acides employés contiennent fréquemment des traces d'oxyde de fer, qui proauisent également au fond dé la capsulé ûh ânbeau de couleur très-foncée. Pour constater avec exactitude la présence du platine, il faut traiter l'anneau par l'eaii régale chlorhydrique, évaporer pour décomposer l'acide azotique, imprégner le résidu d'acide cnlorhydriqtie, ajouter iine goutte d'une dissolution de sel ammoniac et un peu d'alcool.

On observe, à la loupe, s'il se produit un précipité jaune, cristallin, de chlorure double de platine et d' ammonium : en l'absence de ce précipité bien caractérisé, on ne peut pas admettre que là roche proposée renferme du platine.

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