‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 2)Chapitre 32 sur 45 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

PALLADIUM. Pd=:665,48.

Le palladium travaillé au marteau ou fondu est un peu plus blanc que le platine : il a un bel éclat métallique, qui ne se ternit pas à Tair ; il est ductile et malléable. H est fusible et notablement volatil à la température élevée qu'on peut produire avec le chalumeau à gaz oxygène et hydrogène. Au rouge blanc, il se laisse souder et travailler au marteau. La densité du métal fondu est do 11,30; la densité du palladium laminé est de 11,80.

Fortement chauffé au contact de l'air, et refroidi lentement, le palladium s'oxyde à la surface, et devient bleu ; le métal n'augmente pas sensiblement de poids, mais il est bien certain que la coloration bleue est due à une oxydation, car cette couleur disparaît quand on chauffe le métal dans l'hydrogène.

Le palladium très-divisé, à l'état de mousse ou A'éponffe^ a des propriétés analogues à celles du platine. H s'oxyde un peu plus facilement que le palladium travaillé, lorsqu'on le porte au contact de l'air à un degré de chaleur convenable. Il est attaqué et dissous avec assez de facilité par l'acide azotique et par l'acide sulfurique concentrés, tandis que le palladium travaillé n'est que faiblement attaqué par ces acides.

L'acide chlorhydrique n'exerce qu'une action très-faible sur le palladium divisé ; il n'attaque pas sensiblement le métal travaillé. L'eau régale dissout rapidement le palladium ; la liqueur contient des composés différents, suivant les proportions des deux acides, suivant le degré de concentration et la température.

Les dissolutions alcalines sont sans action sur le palladium. Le chlore, gazeux ou en dissolution, attaque le palladium, rapidement lorsque le métal est très-divisé, lentement lorsque le métal est aggloméré. L'iode dissous dans l'alcool noircit le palladium travaillé; il attaque plus rapidement le palladium en éponge.

Par voie sèche, le palladium est faiblement attaqué par les

alcalis caustiques et par le nitre. Le bisulfate de potasse agit sur lui bien plus fortement que sur le platine : il se produit du sulfate double de palladium et de potassium, soluble dans l'eau.

On admet trois combinaisons du palladium et de l'oxygène : le Palladium sous-oxyde PûPO ; le protoxyde PrfO ; et le bioxyde PrfO'. Les ^ ^*^* ^^' deux derniers se combinent avec les acides, mais le protoxyde seul se comporte comme base un peu énergique.

L'affinité du palladium pour l'oxygène est plus grande que celle du platine : on n'obtient le palladium métallique par calcination d'un oxyde, qu'en faisant chaufTer pendant un temps assez long au rouge très-vif. Le degré de chaleur qui peut être obtenu soiis le moufle ne suffit pas pour la décomposition totale du sous-oxyde .

Les oxydes sont tous facilement réduits par Thydrogène, par l'oxyde de carbone, par le charbon, etc.

Le palladium se combine directement avec le soufre, au rouge Paliadiom sombre; il passe à l'état de sulfure lorsqu'on le fait chauffer au ®^■^"'^•• rouge avec les persulfures alcalins, ou bien avec un mélange de soufre et de carbonate de soude.

L'hydrogène sulfuré, agissant sur une liqueur chlorhydrique étendue et peu acide, précipite lentement et complètement le palladium à l'état de sulfure d'un brun plus ou moins foncé. On peut même réussir la précipitation totale du palladium en faisant agir l'hydrogène sulfuré en grand excès sur une dissolution contenant de l'acide azotique ; mais il faut que la liqueur soit extrêmement étendue, très-peu acide; il faut, de plus, laver le précipité par décantations avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré avant de le recueillir sur un filtre.

Le sulfhydrate d'ammoniaque précipite complètement le palladium à l'état de sulfure, et ne redissout pas le précipité.

On connaît deux sulfures, PrfS, Pû?S*; mais le premier seul est stable : au rouge sombre le bisulfure est entièrement amené à Fétat de protosulfure.

Les deux composés préparés par voie humide sont assez volumineux, et se rassemblent avec lenteur ; lorsqu'ils ont été bien lavés, ils ne s'altèrent pas au contact de l'air à la température ordinaire.

Ils ne sont pas sensiblement attaqués par les acides non oxydants. L'acide azotique étendu dissout assez rapidement le palladium en séparant la plus grande partie du soufre à l'état libre.

L'acide azotique concentré et bouillant fait au contraire passer presque tout le soufre à l'état d'acide sulfnrique.

Le protosulfure est fusible un peu au-dessus du rouge sombre ; il se prend par refroidissement lent en une masse à texture cristalline, d'un gris bleuâtre, douée de l'éclat métallique.

Chauffé au rouge vif, il perd une partie de son soufre ; mais il faut le chauffer au cnalumeau à gaz oxygène et hydrogène pour expulser la totalité du soufre*

Par grillage au rouge sombre, le sulfure se transforme facilement en sousHSulfate .

Le protosulfure de palladium contient :

PtUadiam 76,83

Soufre 23,17

iOO,00

Paliadiom ^ palladium forme avec le chlore trois composés : le sousct chlore, chlorure PcPC/; le prptochlorure PrfC/; le bichlorure VdCP. Les deux derniers se combinent avec les chlorures alcalins et avec la plupart des chlorures métalliques .

Sous-chlorure PcPC/. — Ce composé se produit lorsqu'on calcine le protochlorure au rouge dans un creuset de porcelaine ; on doit arrêter la calcination au moment où le dégagement de chlore cesse entièrement. La matière fondue contenue dans le creuset a la composition bien définie que représente la formide Pc^C/.

Ce chlorure est d'un brun rougeàtre. à texture cristalline; lorsqu'il est pulvérisé, il est d'un rouge clair.

Il se décompose au rouge très-vif : le résidu de la calcination est du palladium ne retenant pas trace de chlore. Exposé à l'air huinidie^ il devient d'un brun foncé, et se décompose lentement en protochlorure et en palladium métallique ; la mj^me décomposition a lieu, mais plus rapidement, au contact de réaû.

Prqtochlorure Pcfc/. — On ootièirit le prDtpchibrure en baitant le palladium par l'eaii régalé très-chlôrhydrique, en fivapbrant à siccité, en faisant chauffer le résidu à lOO degrés, tant qu'il se dégage du chlore, et en traitant le chlorure par l'eau très-fcdblement acidulée par l'acide chlorhydirique.

Par évaporation très-lente, la liqueur laisse déposer des cristaux aiguillés, dont la composition se rapporte a la formule

FdCl+2110^ et qui peuvent être, considérés comme étant d]U chlorydrate de protoxyde de palladium. Lorsqu'on évapore la .liqueur à 1^ température de 80 degrés environ, on obtient un dépôt cristallin, brun, qui est un chlorhydrate basiq.ue^

On obtient encore un sel basique en lyoutânt à la liqtièùr acide . une quantité de potasse insuffisante pour précipiter tout l'oxyde de palladium.

Le protochlorurè desséché est d'un vert assez foncé. H est âoluble dans l'eau : la dissolution est verte, elle laisse déposer après qufdlqqes JQUrs un précipité presque noir, de chlorhydrate badi<}ue;

La dissolution dans l'acide chlorhydHque est d'un jaune plus ou moins foncé, suivant soi^ d.egré d'acidité et de. eôUcentrUtion ; elle est plus stable que la dissolution dans l'eau. Traitée par Tacide sulforeux en excès, elle laisse déposer du palladium mé^ tal^que.

Le protochlorure de palladium contient :

i>ailadium :...:....:....'..:.... éb,05

Chlore '.........'.........'. SD.97

. Les chlorures doubler sont solubles dans l'eau et dans Falcopl; plusieurs 4' entre eux sont déliquescents. Au point de vue des analyses, il importe principalement jle faire remarquer la solubilité dans l'alcool du chlorure double de palladium et d'ammonium et du chlorure double de palladium et de potassium. Leui^s compositions sont représentées par les formules : FdCl + EC/ ; PrfC/+i2H*C/+H0.

Le chlorure double formé par le chlon^re de potassium est d'un jaune verdfttre, sa dissolution est d'un be^u jaune^

Le chlorure ammoniacal est d'un vert bronzé : il se dissout assez facilement dans l'alcool faible, mais il est presque insoluble dans l'alcool rectifié.

L'ammoniaque, agissant en excès convenable sur le chlorure simple ou sur les chlorures doubles, donhe naissance à de^ composés très-divers, analogues à ceux qui sont obtenus par l'action de l'ammoniaque sur le chlorure de platine : nous nous conten* terons de siçnaler l'existence des bases de palladium^ sans décrire leurs caractères.

Bichlorure de palladium^ l?dCP. — Le bichlorure ne peut

1036 MÉTAUX PROPREMENT DTK.

être obtenu qu'en dissolution ; pour Tavoir pur, il faut traiter le bioxyde hydraté par l'acide chlorhydrique. Dans les opérations analytiques, on l'obtient accompagné d'azotate de bioxyde, en traitant le palladium pur Teau régale concentrée ; la liqueur est fortement colorée en brun.

Le bichlorure se décompose à peu prës complètement par Tévaporation à sec de sa dissolution : il acquiert une stabilité plus grande en se combinant avec les chlorures alcalins.

Le perchlorure de palladium et de potassium, PrfC/*+KC/, est ordinairement obtenu sous forme de très-petits cristaux octaédriques, d'un rouge brun. Il est décomposé par la chaleur à une température peu élevée ; il se transforme en chlorure double Ç?dCl+KCl) avec dégagement de chlore.

Il est insoluble dans l'eau contenant du chlorure alcalin en dissolution, et très-peu soluble dans l'alcool; l'insolubilité du perchlorure double est moins nette en présence de l'acide chlorhydrique^ de Tacide azotique, et de plusieurs autres acides.

Il est un peu soluble dans l'eau pure, mais la dissolution laisse bientôt dégager du chlore, et ne contient plus, après un certain temps, que du protochlorure double ; à la température de 100 degrés, cette décomposition a lieu très-rapidement.

En raison de ces propriétés, il est très-difficile de précipiter complètement le palladium à l'état de perchlorure double, principalement lorsque le métal a été dissous dans l'eaii régale.

Le perchlorure de palladium et d'ammonium a des propriétés analogues; il est moins nettement insoluble dans l'eau chargée de sel ammoniac, et il se décompose avec plus de facilité que le perchlorure double de palladium et de potassium. Pinadiam L'iodure de palladium Prflo, présente seul de l'intérêt pour les et iode, analyses : on l'obtient par double décomposition, en versant une quantité convenable d'iodure de potassium dans une dissolution d'azotate ou de protochlorure de palladium ne contenant pas d'acide libre.

n est d'un brun presque noir au moment de sa précipitation; desséché à la température de 25 ou 30 degrés, il retient une certaine proportion d'eau; chauffé à 100 degrés, il devient tout à fait noir, et ne retient plus d'eau.

n se décompose à un degré de chaleur bien inférieur au rouge, et donne comme résidu du palladium métallique.

Il est presi^ue rigoureusement insoluble dans Teau ; mais il est notablement soluble dans les dissolutions des iodures alcalins. Son insolubilité peut être utilisée pour le dosage de Tiode beaucoup plus facilement que pour la détermination du palladium.

L'iodure de palladium contient :

Palladium 29,58

Iode 70,42

L'iodure de palladium se combine avec les iodures alcalins et avec plusieurs iodures métalliques. Les iodures doubles sont tous assez facilement décomposés par la chaleur ; ceux qui sont formés par les iodures alcalins sont solubles dans l'eau.

Le cyanure de palladium, P^Cy, est obtenu par double dé- Palladium composition. Desséché un peu au-dessous de 100 degrés^ il est **^^*"^^"** d'un gris jaunâtre et pulvérulent ; au moment de la précipitation il est un peu floconneux et d'un blanc jaunâtre.

n est à peu près nettement insoluble dans l'eau et il se laisse laver avec assez de facilité. Il est dissous, ou bien il est décomposé par les acides concentrés ; il est presque insoluble dans les liqueurs faiblement acidulées par l'acide azotique ou par l'acide chlorhydrique.

Il se dissout aisément dans l'ammoniaque et dans les dissolutions des cyanures alcalins ; il est un peu soluble dans les dissolutions étendues des carbonates de potasse et de soude : les dissolutions alcalines concentrées le décomposent partiellement. Chauffé jusqu'au rouge, il donne du palladium métallique.

Le cyanure de palladium contient :

Palladium 67,19

Cyanogène S2,8i

On a réussi à préparer un percyanure ; mais il est peu stable : il se transforme très-rapidement en protocyanure, même à une température bien inférieure à 100 degrés.

Le palladium se combine avec presque tous les métaux à Alliages, l'aide de la chaleur; il peut même se combiner par voie humide avec quelques-uns des métaux qui le précipitent de ses disse-

1038 MÉTAUX PROPREJdENT DITS, :

lutions. Les alliages sont généralement plus durs que le palladium, mais peu ductiles et peu malléables.

Le palladium a pour le mercure une affinité beaucoup plus grande que celle dii platine ; le mercure dissout assez rapidement le métal en fils ou en feuilles ; les amalgames ne perdent la totalité du mercure qu'au rouge blanc.

Les alliages formés par le palladium avec l'argent sont d'un beau blanc, et sqpt susceptibles de prendre un trè|$!-beau poli ; ils sont assez durs, jluctiles, malléables et moins fusibles que Targent. Us sont entièrement dissous par Tacide azotique et même par rapide sUlfurique ; Vpa»! légale ;ie le§ attç^qup complétôwent que lo^^qn^ la proportioi^ de V^rgççt i^'i^st pa^ trop forte.

Lps aUi^e^ d» p§D^c|îum qt d*or. sont d'uu jaune pAle; ils sont durs, mais mçox^ ductilei^ et malléables.

L'ficidQ a^Qtiqus dissout difficilement la totalité du palladium, alors ip^me que la proportion de Tpr e^t très-faible. Pour séparer çomplâfem^nt le palladium deVpr» p$pr Taction de Vacide azotique, il faut introduire dw^ l'alUagQ une assez forte proportion d'argent ; ea traitant par l'acide azotique concentré le fiouvel alliage, on dissout aisément le palladium et l'argent : 1-or seul reste

indissoua.

L'acide sulfiiriqpe agit moins bien que l'acide azotique sur le? alliages d'or, de palladium et d'argent : il dissout tpùt l'argent et la majeure partie du palladium, mais il reste presque toujours un peu de ce dernier méta^ avec l'or indissous.

Les oxydes de palladium sont décomposés par la chaleur, mais il faut cbaufTer jusqu'au rouge très-vif pour enlever au métal les dernières parties de l'oxygène. L'hydrogène, l'oxyde de carbone, et tous les corps avides d'oxygène les réduisent avec facilité.

Le sous-oxyde, PcPO, ne se combine ni avec les bases ni avec les acides. H est décomposé par les acides un peu concentrés, à l'aide d'une douce chaleur, en palladium métallique et en protoxyde qui se combine avec les acides.

On l'obtient par calcination ménagée du protoxyde. Nous insisterons seulemeût sur les deux autres oxydes.

PBOTOXTDB DE PALLAOnm. PdO.

On connaît le protoxyde anhydre et hy4raté. On l'obtiept anhydre en évaporant la dissolution d'azotate et en calcinçint doucement le résidu. On prépare l'hydrate en décomposant un sel de protqxyde de palladium par un carbonate alcalin en excès.

Le protoxyde ai^hydre est pulvérulent, d'un brun presque noir ; il a un certain éclaf ; il sqpporte sans se décomposer la chaleur du rouge sombre ; chauffé un peu plus fortement, il laisse dégager nne p^e de son oxygène, et se transforme en sous-oxyde ; au rouge très-vif, la décomposition qst complète : on obtient le palladium métallique. Il est leptement disspus par les acides forts; il ne parait pas avoir d'affinité pour les alcalis.

L'hydrate est d'un brun foncé, volumineux et gélatineux ; il se contracte beaucoup par dessiccation : il perd toute son eau audessqus du rouge sombre.

L'hydrate encore humide se dissout rapidement dans les acides forts ; l-hydrate desséché se combine déjà plus lentement avec les acides. H est insoluble dans les alcalis fixes et dans l'ammoniaque.

Le protoxyde de palladiqm contient :

Falladîaîn «6,«

Oxygène 13,08

mm

SELS DB PBOTOZrpS DE PAIXADICM.

Le protoxyde de palladium est une base assez faible, et ne peut pas se combiner avec l'acide carbonique. Presque tous les iels ne sont stables en dissolution qu'en présence d'un excès d'àcide; les liqueurs neutres laissent déposer avec plus ou moips de rapidité des sous-sels peu solubles.

Les dissolutions sont d'un brun rougeâtre lorsqu'elles sont concentrées et peu acides ; elles sont d'une couleur beaucoup plus claire, tirant sur le vert ou sur le jaune, lorsqu'elles sont étendues, et lorsqu'elles sont fortement acides. Les dissolutions qui se présentent le plus ordinairement dans les analyses sont celles qui contiennent l'acide azotique ou l'acide chlorhydrique ; leurs caractères principaux sont Ips suivants :

La potasse et la soude en dissolutions étendues, produisent des précipités d'un brun jaunâtre, qui paraissent être des sels basiques de palladium ; ils se dissolvent avec facilité dans un excès de réactifs.

Les carbonates alcalins, employés en dissolutions un peu concentrées, produisent des précipités analogues, entièrement solublés dans un excès de réactifs. Lorsqu'on porte les liqueurs à Tébullition, elles deviennent d'abord brunes et laissent ensuite déposer de l'hydrate de protoxyde de palladium; le précipité est difficile à laver et retient une proportion très-appréciable de carbonate alcalin, même après des lavages prolongés.

Les bicarbonates alcalins se comportent comme les carbonates neutres.

L'ammoniaque ne produit pas de précipité dans l'azotate de palladium ; la liqueur se décolore assez promptement lorsque le réactif est en excès. Dans une dissolution de chlorure de palladium, l'ammoniaque donne un précipité rose, devenant jaune par dessiccation.

Lorsqu'on n'a employé qu'un faible excès d'ammoniaque, et qu'on chauffe modérément le précipité dans la liqueur faiblement ammoniacale, il se dissout lentement; la dissolution est colorée en brun. Si, au contraire, l'ammoniaque est employée en grand excès et à froid, le précipité ne se dissout qu'avec lenteur ; la dissolution est incolore.

Le carbonate d'ammoniaque se comporte comme l'ammoniaque.

Le phosphate de soude produit un précipité brun, volumineux et gélatineux, de phosphate hydraté, facilement soluble dans les acides.

L'acide oxalique ne trouble pas [es dissolutions de palladium lorsqu'elles contiennent une faible proportion d'acide. Dans les dissolutions neutres, il donne un précipité, d'un brun jaun&tre, d'oxalate de palladium, entièrement soluble dans l'acide oxalique et dans l'acide chlorhydrique. La précipitation n'est jamais complète.

En faisant agir les oxalates alcalins sur les dissolutions neutres, on peut précipiter tout le palladium à l'état d'oxalate.

Les prussiates ne produisent d'abord aucun précipité : au bout d'un temps assez long, les liqueurs se prennent en une gelée presque opaque.

Le cyanure de mercure produit un précipité floconneux, d'un blanc jaun&tre, de cyanure de palladium, soluble dans l'acide chlorhydrique et dans le cyanure de potassium. Le précipité se forme immédiatement dans les liqueurs neutres ; il ne se forme que très4entement dans les liqueurs faiblement acides*

Dans les dissolutions qui renferment une' proportion un peu forte d'acide azotique libre, le cyanure de mercure ne produit pas de précipité.

L'azotate d'oxydule de mercure ne parait exercer aucune action sur l'azotate de palladium ; au contraire, il produit un précipité noir, de palladium métallique, dans la dissolution de chlorure de palladium. Si la dissolution contient de l'acide chlorhydrique libre, le précipité de palladium est accompagné de protochlorure de mercure.

Le sulfate de protoxyde de fer n'agit pas sur la dissolution du chlorure de palladium; il exerce, au contraire, une action assez énergique sur l'azotate. Lorsqu'il est employé en excès suffisant, il précipite une partie du palladium à l'état métallique. La précipitation n'a pas lieu lorsque la dissolution d'azotate renferme de l'acide azotique libre. Dans une liqueur neutre, le palladium se dépose lentement sous forme d'une poudre grise, adhérente aux parois du vase, et s'en détachant par l'agitation en écailles douées d'un certain éclat sur l'une de leurs faces.

Le protochlorure d'étain précipite partiellement le palladium à l'état métalhque ; la liqueur reste colorée en brun verdàtre.

L'iodure de potassium, agissant sur une dissolution à peu près neutre, produit un précipité presque noir, d'iodure de palladium, soluble dans un grand excès de réactif ; la dissolution est colorée en brun très-foncé.

L'hydr(^ène sulfuré produit un précipité noir de sulfure de palladium. On obtient plus facilement la précipitation complète dans une dissolution chlorhydrique, neutre ou faiblement acide, que dans une liqueur azotique ou régale. Dans le cas d'une dissolution contenant de l'acide azotique, il faut étendre de beaucoup d'eau à mesure que l'hydrogène sulfuré est en plus grand excès ; il faut, de plus, laver le précipité avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré. Cette précaution est inutile lorsqu'on a fait la précipitation dans une liqueur qui ne renferme que de l'acide chlorhydrique.

T. IV. w

IMt MÉTAUX PROPREMENT DITS.

Le mlfhydntte d'ammoniaque précipite complétomeot le palladium à l'état de sulfure^ insoluble dans un exoès de réactif. Le précipité se rassemble avec lenteur ; au bout de quelque heures, la liqueur est jaune et parfaitement limpide « Le précipité peut être lavé par décantations avec de l'eau pure.

MaiOrês organiquet. — La présence des substauee» organiques, et notamment celle de Vaoide tartrique, empoche la précipitation de l'oxyde de palladium par les carbonates alcalips, |>ar les alcalis caustiques, etc.; elle ne parait pas avoir d'influence sur las actions du cyanure de mercure, de Tiodure de potassiuui, de l'by* drogène sulfuré et du sulfbydrate»

BIOZTDE DE PALLADIUM, PtfO^

Le bioxyde de palladium n'a pas encore été préparé k l'état 4o pureté ; on l'obtient en décomposant le bichlorure par )a potasse OU par le carbonate de potasse. Le précipité brun qui se produit, lavé longtemps par décantations, est du bioxyde hydraté retenant une notable proportion d'alcali ; il devient noir h la température de l'ébuUition ; mais on ne lui enlève entièrement l'eau qu'eu le abauffant au rouge pombre. A ce degré da chaleur l'oxyde perd déjà une partie de squ oxygène.

L'oxyde desséché au^essua da iOQ degrés se dissout trèsdifficilen^ent dans l'acide azotique \ l'acide chlorhydrique le dissout avec dégagement de chlore \ la liqueur renferme lf> palladium à l'état de protochlc^rure.

L'hydrate encore humide ne se dissout pas très-facilement dans l'acide azotique ni dans l'acide suif urique ; il est aiséinent soluble dans l'acide chlorhydrique : les dissolutiona sont d'un brun jaune.

Le bioxyde de palladium doit contenir :

PaHaéiafir 76,

OKffëiif. 93

§ t. — llQMce da palla4iaiii<

La détermination du palladium se fait avec assez de facilité lorsqu'il s'agit d'une liqueur azotique ou chlorhydrique qui ne renferme aucun autre métal : elle présente, au contraire, de

PALLADIUM. «Ole

grandes difficultés lorsqu'il faut s^rer le palladium du cuivre, de Tor, du platine.

Considérons d'abord le cas le plus simpU.

LiQOEUR AZOTiQUi OIT cHiiOaHTiHiiQUE» -^ Lofsque U Hqueor proposée est un peu fortement acide , on sature à très-peu près exac^ tement 1* acide libre par le cari>onate de soude ; on verse ensuite du cyanure de mercure, et on laisse en repos pendant vingtquatre heures. Le précipité est alors parfaitement rassemblé ; on le lave par décantations ; on le fait passer sur un filtre ; on le Oftlcine au rouge après l'avoir fait sécher à 400 degrés.

On pèse le palladium métallique, seul produit fiae de la dé« composition du cyanure par la chaleur.

Ce procédé de dosage est très-simple^ d'une application facile; il donne des résultats suffisamment exacts»

Palladium bt guivbs. — Dans l'analyse des minerais de platine^ <tt obtient le palladium et le cuivre précipités ensemble à l'état de sulfures ; pour déterminer les deux métaux dans le précipité de sulfures, on peut suivre deux procédés diff^wits»

Premier procédé. — On grille les sulfures dans une capsule de porcelaine, sous le moufle, et im ne dépassant pas le rouge som* bre ; on dissout la matière par l'acide chlorhydrique un peu con* centré; on ajoute à la liqueur acide du chlorure de potassium et de l'asotate de potasse.

On évapore à sec à une très^douce chaleur ; l'acide chlorhydri^ que doit être en excès assez grand, relativement à l'azotate de potasse, pour que l'acide azotique soit entièrement décomposé. En ajoutant de l'azotate de potasse et en évaporant lentement à une basse température, on cherche à faire passer le palladium à l'état de bichlorure, et à prévenir la transformation en protochlorure pendant l'évaporation. Il est essentiel que le résidu contienne le chlorure double (PdC/*+KC/). Il renferme, en outre,^ du chlorure alcalin en excès et le chlorure de cuivre combiné arec le chlorure de pqtassium.

On lave longtemps ce résidu avec de l'alcool à la densité de 0,84; le chlorure double de palladium et de potassium reste indissous, tandis que le chlorure de cuivre et le chlorure alcalin se dissolvent avec lenteur.

Lorsque le lavage est terminé, on reçoit le chlorure double sur un filtre pesé d'avance ; on fait sécher à 100 degrés et on pèse de nouveau. L'augmentation de poids du filtre permet de calculer approximativement la proportion du palladium, en admettant (jue la matière reçue sur le filtre a la composition que représente la formule {PdCP + KCl).

Cependant le dosage est incertain.

Le chlorure double est probablement mélangé d'un peu de chlorure de potassium et même de sulfate de potasse \ car ces composés sont peu solubles dans l'alcool.

Pour déterminer le palladium avec plus de certitude, on dissent le chlorure double dans l'eau bouillante et on précipite le palladium par le cyanure de mercure ; on calcine le cyanure et on pèse le palladium à l'état métallique.

Pour doser le cuivre, on ajoute beaucoup d'eau à la liqueur alcoolique; on expulse l'alcool par la chaleur; on précipite le cuivre par l'hydrogène sulfuré, et on le pèse à l'état de suUure.

Second procédé . — Après avoir grillé les sulfures au rouge sombre, on dissout la matière par l'acide chlorhydrique ; on ajoute à la liqueur un assez grand excès de formiate de soude ; on fait chauffer doucement, tant qu'il se dégage de l'acide carbonique. Le palladium est entièrement précipité à l'état métallique ; le cuivre reste en dissolution. On lave par décantations le précipité de palladium ; on pèse le métal après calcination.

Quant au cuivre, on le précipite à l'état de sulfure par l'hydrogène sulfuré, et on pèse le sulfure Ct/'S, calciné au rouge sombre à Tabri du contact de l'air.

Ces deux procédés ne permettent pas d'obtenir une séparation très-nette des deux métaux : un peu de palladium reste toujours avec le cuivre. '

Palladium ET or. — Le procédé le plus convenable pour séparer l'or du palladium est le suivant.

On passe à la coupelle l'alliage des deux métaux, avec 4 parties d'argent et de 5 à 6 parties de plomb. On pèse le bouton qui contient l'or, l'argent et le palladium ; on le lamine en un ruban très-

1 Le grillage des salfares donne des sous -sulfates ; la liqueur chlorhydrique renferme par suite un peu d'acide sulfurique^ qui se retrouve k l'état de sulfate alcalin dans le résida de l'évaporalion à sec.

PALLADIUM. iOiS

mince ; on Fattaque par l'acide azotique, en faisant agir successivement l'acide de pins en plus concentré. L'or seul reste insoluble ; on le pèse après calcination ; l'argent et le palladium se dissolvent en totalité.

On étend d'eau la liqueur azotique ; on précipite l'argent par l'acide chlorhydrique ; on pèse le chlorure d'argent. On calcule, d'après son poids, la proportion de l'argent métallique, et par différence ceUe du palladium.

On peut, du reste, peser directement ce dernier métal ; il se trouve seul dans la liqueur azotique, de laquelle on a séparé le chlorure d'argent. On sature presque exactement l'acide par le carbonate de soude ; on précipite le palladium par le cyanure de mercure ; on calcine le précipité et on pèse le palladium métallique.

Palladium et platine. — On doit faire la séparation et les dosages des deux métaux dans l'analyse des minerais de platine. Les minerais renferment du rhodium et de l'iridium avec le palladium et le platine. Nous indiquerons bientôt de quelle manière il faut procéder à l'analyse; nous n'envisagerons maintenant qu'un cas particulier, l'examen d'une dissolution régale contenant seulement du platine et du palladium.

On fait chauffer la liqueur à peu près à 100 degrés, en y ajoutant de temps en temps de l'acide chlorhydrique ; on concentre par évaporation lente, jusqu'à ce que les vapeurs rutilantes aient cessé de se produire. La liqueur contient alors le platine k l'état de bichlorure et le palladium à l'état de protochlorure. On ajoute du chlorure de potassium et de l'alcool ; on laisse en repos pendant vingt-quatre heures ; on lave avec de l'alcool le précipité de chlorure double de platine et de potassium ; on reçoit le précipité sur un filtre préalablement pesé ; on fait sécher à 100 degrés, e( on pèse de nouveau.

On calcule la proportion du platine d'après l'augmentation de poids du filtre, et d'après la composition du chlorure double ; ou bien on calcine fortement le chlorure double, on dissout le chlorure de potassium par l'eau, et on pèse le platine métallique.

Pour doser le palladium, on ajoute de l'eau à la liqueur alcoolique ; on expulse l'alcool par la chaleur ; on précipite le palladium parle cyanure de mercure, et on le pèse à l'état métallique.

40M MÉTAUX PROIfRBIlINT DITS.

Ces opérations donnent une assez grande approximation pour le palladium^ et, au contraire, un nombre trop faible pour le pla* tino ; il est impossible de ne pas perdre une portion appréciable de ce métal dans la précipitation, dans les lavages du précipité, et dans la calcination*

niiiëri^um, — Le palladium ei^iste en grains séparés, et à l'état de combinaison avec d'autres métaux, dans les minerais de platine. On le trouve en grains irréguliers dans les sables aurifies du Brésil, et en combinaison avec Tor et l'argent dans le même pays ; on a même signalé le séléniure de palladium dans le Harz.

Nous exposerons dans un autre chapitre la composition et les procédés d'analyse des minerais de platine ; nous n'avons à pré* senter maintenant que de courtes observations sur les grains de palladium^ sur l'alliage de palladium et d'or^ et sur le séléniure.

Paixaditjm natif. — Les grains de palladium, séparés par triage des minerais de platine de la Sibérie et du Brésil, ou des sables aurifères du Brésil, sont d'un blanc un peu grisâtre ; ils ont l'éclat métallique. Leur forme est ordinairement irréguliëre : on n'a trouvé qu'un petit nombre de grains octaédriques. Leur densité est de ll,iO, un peu inférieure à celle du palladium travaillé. Ils contiennent, avec le palladium, une faible proportion d'iridium et de platine.

AiiUAGE D^OR KT Di FALLADiini. — > Cet alliage a été trouvé k

fiorpez (Brésil). H est en grains irréguliers, d'une couleur jaune

un peu pâle. 8a composition est indiquée par une seule ana»

lyse :

Or ,.. 85,98

Palladium 9,58

Argent 4,17

SiKidaïuiiK PS PAuuDiuic. -^ Ce minéral n'a été rencontré qu'à Tilkerode (Harz) ; il est en petites lamelles hexagonales, d'un giis d'acier, douées de l'éclat métallique. Ou n'en a publié aucune analyse ; il a été seulement constaté que las lamelles contiennent principalement du palladium et du sélénium.

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