CHAPITRE XXV
RHODIUM. IU=s6Sa.
Le rhodium est d'un blano grisâtre, comme le palladium. Lora- €[u'il n'a pas été parfaitement fondu, il est très-poreux et s'écrase sous le marteau. Sa densité varie de 10,64 à li,20, suivant qu'il a été moins ou plus fortement aggloméré*
Au ohalumeau à gaz oxygène et hydrogène, il fond plus difficilement que le platine ; il roche comme l'argent en se refroidissant. Après fusion parfaite, sa densité est de 12,10; on peut le travailler au marteau, bien que difficilement.
Le rhodium ne s'altère pas à l'air à la température ordinaire : au rouge, il s'oxyde avec assez de rapidité ; l'oxyde ne perd son oxygène qu'au-dessus du rouge blano.
Le rhodium très-divisé est faiblement attaqué par l'eau régale ; il ne l'est pas sensiblement par les acides azotique, chlorhydrique, sulfbrique. Le rhodium fondu, ou fortement aggloméré, n'est pas dissous par l'eau régale. Lorsqu'il est combiné avec certains métaux, tels que le cuivre, le plomb, le bismuth, le platine, il peut être attaqué et même entièrement dissous par l'eau régale. L'or et l'argent ne paraissent pas rendre le rhodium attaquable par ce mélange d'acides.
Les alcalis caustiques n'exercent pas d'action sur le rhodium par voie humide ; il n'en est pas de même par voie sèche x le métal est facilement oxydé au rouge parles alcalis et par le nitre. Le sulfate acide de potasse attaque le rhodium au-dessus du rouge sombre. Lorsque, le réactif étant en excès convenable, on ne dépasse pas le rouge, le rhodium passe à l'état de sulfate double, soluble dans l'eau bouillante. Au rouge très-vif, le rhodium est encore attaqué, mais il ne se forme pas de composé soluble dans l'eau.
On admet que le rhodium forme avec l'oxygène seulement j^. .. deux combinaisons, le sesquioxyde RA'O* et le peroxyde RhO*. etoxygëne.
Le premier peut se combiner avec les acides ; le second ne parait avoir d*affinité ni pour les acides ni pour les alcalis.
1048 MÉTAUX PROPREMSn' DITS.
Tous les deux sont décomposés à une température peu élevée par l'hydrogène , par Toxyde de carbone, par le charbon et par tous les corps avides d'oxygène, e^ Mufr" ^® rhodium chauffé au rouge dans la vapeur de soufre forme un sulfure fusible à une température très-^levée, décomposable par la chaleur seulement lorsqu'on le chauffe au chalumeau, insoluble dans les acides oxydants, et même dans l'acide azotique. Chauffé au contact de l'air, il est rapidement décomposé, avec production d'acide sulfareux et d'oxyde de rhodium. Il ne paraît pas se combiner avec les sulfures alcalins ; il ne se dissout pas dans le sulfhydrate d'ammoniaque.
Sa composition est représentée par la formule RAS ; il contient :
Rhodium 76,44
Soufre 23^56
On prépare par voie humide divers sulfures de rhodium en traitant les dissolutions de l'oxyde ou des chlorures soit par l'hydrogène sulfuré, soit par le sulfhydrate d'ammoniaque. Ces composés sont d'un brun plus ou moins foncé ; leurs compositions paraissent correspondre à celles de l'oxyde ou des chlorures contenus dans les dissolutions.
Us sont très-altérables à l'air, facilement attaqués par l'acide azotique, insolubles dans le sulfhydrate et dans les sulfures alcalins. Desséchés sous la cloche de la machine pneumatique, et chauffés ensuite au rouge à l'abri du contact de l'air, ils perdent une partie du soufre, et se transforment en sulfure RAS.
On ne parvient que très-difficilement à précipiter la totalité du rhodium à l'état de sulfure par l'action de l'hydrogène sulfuré sur une liqueur acide : la précipitation est rendue plus facile par la présence de plusieurs métaux, tels que le cuivre et le palladium. Rhodium ^^ rhodium est assez rapidement attaqué par le chlore gazeux, et chlore, ^i même par le chlore en dissolution dans l'eau : et cependant il est assez difficile d'obtenir un chlorure de composition nettement définie.
En faisant agir le chlore sec, au rouge sombre, sur le rhodium très-divisé, on obtient un chlorure d'un rouge un peu pâle, qui renferme encore une proportion assez notsible de métal non combiné avec le chlore. H faut pulvériser ce produit, le sou-
RHODIUM. 1049
mettre de nouveau à raction du chlore, et répéter plusieurs fois ces opérations, pour arriver & un chlorure homogène, ne renfermant plus de rhodium métallique. Le chlorure ainsi obtenu répond à la formule RA'C/*. .
n est d'un rouge pâle, insoluble dans Teau et même dans les acides. Il est décomposé par la chaleur du rouge blanc ; il est réduit par l'hydrogène un peu au-dessus du rouge sombre.
Traité par une dissolution concentrée de potasse, à la température de 100 degrés, le chlorure de rhodium est partiellement décomposé, et devient jaune. L'acide chlorhydrique concentré, agissant sur cette matière, dissout une partie seulement du rhodium; la dissolution est rouge ; le résidu est du sesquichlorure anhydre.
On n'obtient facilement une dissolution contenant le sesquichlorure, qu'en traitant par l'acide chlorhydrique le sesquioxyde de rhodium hydraté. La liqueur est colorée en rouge ; évaporée lentement, elle donne une masse brune, déliquescente, soluble dans l'eau et dans l'acide chlorhydrique, qui peut être considérée comme du chlorhydrate de sesquioxyde, ou comme du sesquichlorure hydraté.
En calcinant modérément ce résidu, on n'obtient pas le chlorure rouge : il se dégage de l'acide chlorhydrique, et la matière calcinée parait contenir le rhodium & l'état de sesquioxyde, ne retenant qu'une très*faible proportion d'acide chlorhydrique.
Le sesquichlorure de rhodium contient :
Modiam 49,50
Chlore 50,50
Chlorures doubles. — Le chlorure de rhodium se combine avec les chlorures alcalins et avec le chlorhydrate d'ammoniaque : on a même préparé deux séries de chlorures doubles, répondant aux formules 2AC/ + RA'C/*, 3 AC/-+. RA*C/*, dans lesquelles la lettre A représente 1 équivalent d'un métal ou d'ammonium.
Le composé qui est produit le plus ordinairement est le chlorure double de sodium et de rhodium ; on l'obtient en cristaux brillants, d'un rouge cerise très-foncé : ils répondent à la formule 3NaC/ + RA'C/» + 24HO.
Soumis à l'action de la chaleur, ces cristaux fondent dans l'eau de cristallisation, et en laissent dégager la majeure partie ; on
1080 MÉTAUX PROFMaiENT DITS.
obtient an résidu de couleur foncée, qui ne renferme que 3 ou 4 équivalents d'eau. Au rouge très-vif, le chlorure double est décomposé, avec dégagement de chlore, en rhodium métallique et en chlorure de sodium. Le chlorure double est trfes-soluble dans Teau, mais presque insoluble dans Talcool à la densité de 0,84.
Le chlorure double de potassium et de rhodium répond à la formule 2KC/ + RA*C^ + 2H0* Il est en cristaux d'un rouge foncé, difficilement solubles dans l'eau, insolubles dans Talcool. Le chlorure double , 8KC/ + RA'C/* -H 6H0, est encore moins soluble dans l'eau, et tout à fait insoluble dans l'alcool : ses cristaux sont efflorescents.
Le chlorure double de rhodium et d'ammonium est peu soluble dans l'eau, insoluble dans Talcool : il se dissout bien dans i'acide cblorhydrique étendu* La dissolution est colorée en rotge rubis ; elle donne des cristaux très-nets par évaporation lente. Ce chlorure double se décompose plus facilement par calcination que les composés formés par les chlorures alcalins. AosphoJê. ^® rhodium se combine directement avec le phosphore et avec Arsenic. Tarsenic ; les composés sont assez fusibles ; ils perdent la totalité du phosphore et de Tarsenic lorsqu'on les chauffe au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène, au moins lorsqu'on fait arriver l'oxygène en certain excès, fls sont insolubles dans les acides. Alliages. Le rhodium peut se combiner avec presque tous les métaux ; il ne paraît pas s'allier avec le mercure.
Lorsqu'on fait fondre du rhodium avec du zinc ou avec de l'étain, il y a dégagement de chaleur considérable. Les alliages sont fusibles à une température relativement peu élevée, lorsque le zinc et l'étain sont en excès. En traitant par l'acide cblorhydrique les alliages obtenus dans ces conditions, on dissont une grande partie du zinc et de l'étain ) on laisse insolubles des combinaisons définies, dont les compositions sont représentées par les formules RAZn\ RASn.
Les alliages formés par le rhodium avdo l'or et aveo l'argent sont fusibles à des températures élevées; ils sont ductiles et malléables. Ainsi que nous l'avons déjà dit, lorsqu'on traite ces alliages par Veau régale, le rhodium reste inattaqué, tandis que l'eau régale dissout la totalité ou la majeure partie du rhodium combiné aveo le plomb, le zinc, l'étain, le cuivre, etc.
RHQDnJM. lOBi
On n'a étudié un peu attentivement que le sesquioxyde, le seul des deux composés du rhodium et de l'oxygène qui puisse se combiner avec les acides et avec les alcalis. Le bioxyde est ordinairement préparé par voie sëcbc, et peut-être doit-on attribuer à ce mode de préparation son insolubilité dans les acides et dans les dissolutions alcalines*
SCSQinoSTDE DE aBODIUll, Rft*0>.
Le sesquioxyde a été obtenu anhydre et hydraté.
Anhydre, il est presque noir, pulvérulent, presque insoluble dans les acides et dans les dissolutions alcalines.
L'hydrate, RÂ*0*+5flO, est pulvérulent, d'un jaune citron, insoluble dans Teau. H se dissput aisément dans les acides, en produisant des sels colorés en jaune. Il se dissout également dans une dissolution concentrée de potasse ; il se sépare en partie de oette dissolution lorsqu'on l' étend de beaucoup d'eau. Le précipité ainsi obtenu retient une proportion notable d'alcali.
L'hydrate perd entièrement son eau au rouge sombre.
Le sesquioxyde de rhodium contient :
Rhodium S1,2S
Oxygène 18,72
wmlè MB sss4|inomB oe mmomom.
Le sesquioxyde de rhodium est une base assez faible; il forme des sels simples et des sels doubles, presque tous solubles dans l'eau. Les dissolutions des sels simples sont d'un brun rougeà* tre; les sels doubles sont jaunes.
Nous dirons quelques mots des sulfates.
Sulfate de sesquioxyde de rhodium , — On obtient le sulfate en traitant le sulfure de rhodium par l'acide azotique fumant; on expulse l'excès d'acide azotique par évaporation, et on traite le résidu par l'eau. Le sulfate se dissout très-lentement, en donnant une dissolution d'un brun rougefttre.
Le sulfate desséché est brun ; il perd presque complètement son acide par calcination au rouge très-vif. On ne peut pas ob* tenir le sesquioxyde tout à fait exempt d'acide sulfurique en calcinant pendant longtemps sous le moufle.
Le sulfate chauiFé au rouge sombre seulement est presque insoluble dans l'eau bouillante.
Sulfate double de rhodium et de potassium. — On obtient un sulfate double, soluble dans l'eau, en faisant chauffer au rouge le rhodium trës-divisé avec un grand excès de bisulfate de potasse. On traite par l'eau bouillante après refroidissement: on obtient une liqueur jaune qui renferme du sulfate alcalin et da sulfate double de rhodium et de potassium ; il est impossible de séparer le sulfate alcalin en excès.
Le sel double est partiellement décomposé par les alcalis caustiques et par les carbonates alcalins. Dans les analyses des minerais de platine, on doit obtenir l'oxyde de rhodium en décomposant le sulfate double par le carbonate de soude ; la décomposition n'est pas complète par voie humide, il faut l'effectuer par voie sèche.
A la dissolution du sulfate double, on ajoute un grand excès de carbonate alcalin ; on évapore à sec, et on chauffe longtemps au rouge le résidu de l'évaporation. En traitant la matière fondue par l'eau bouillante, on dissout les sels alcalins, on laisse insoluble la totalité de l'oxyde de rhodium.
Caractères généraux. — Nous prendrons pour exemple la dissolution du chlorure double de rhodium et de sodium ; ses caractères diffèrent très-peu de ceux de la dissolution chlorhydrique du sesquioxyde de rhodium.
La potasse, employée en quantité faible et à froid, produit lentement un précipité cristallin, d'un rouge cerise ; il parait être un mélange de sesquioxyde hydraté et de chlorure double de rhodium et de potassium. A la température de 100 degrés, l'action de la potasse est différente : elle produit un précipité d'un jaune citron, de sesquioxyde hydraté, retenant un peu d'alcali même après des lavages prolongés : la précipitation est très-incomplète, une grande partie du rhodium reste en dissolution.
En faisant agir la potasse en grand excès, on n'obtient aucun précipité, soit à froid, soit à la température de l'ébullition ; la
RHODIUM. 40oa
liqueur se colore en jaune citron, lentement ou rapidement suivant la température. Le rhodium parait exister dans la liqueur, sinon en totaKté du moins en grande partie, à Tétat d'oxyde dissous dans T alcali en excès.
Lorsqu'on fait arriver du chlore dans la liqueur alcaline, on précipite la totalité du rhodium à l'état d'oxyde hrun ; la composition de l'oxyde ainsi produit dépend de la proportion de l'alcali libre et de celle du chlore employé, c'est-à-dire de l'énergie de l'action oxydante. On peut produire, bien que difficilement, le bioxyde de rhodium ; en général on n'obtient qu'un mélange de bioxyde et de sesquioxyde hydratés.
Lorsqu'on ajoute de l'alcool à la dissolution jaune, obtenue par addition d'un grand excès de potasse, il se forme, même à froid, im précipité noir qui paraît être du rhodium métallique.
Pour les autres métaux qui se trouvent dans les minerais de platine, l'alcool ne produit la réduction des oxydes en présence des alcalis qu'à l'aide de la chaleur.
L'ammoniaque employée en petite quantité produit lentement un précipité d'un jaune citron^ de sesquioxyde hydraté ; la liqueur est assez fortement colorée en jaune et contient le rhodium sous un état chimique particulier. Lorsqu'on fait agir l'ammoniaque en très grand excès, il ne se forme qu'un très-faible précipité d'un jaune citron ; la liqueur contient une base du rhodium analogue à celles qui sont formées dans des conditions analogues par le platine et par le palladium.
Les carbonates alcalins produisent des précipités d'un jaune assez beau, mais la précipitation est incomplète ; on ne peut séparer la totalité du rhodium qu'en opérant comme nous l'avons indiqué pour le sulfate double de rhodium et de potassium. Après avoir ajouté le carbonate alcalin en grand excès, on évapore à sec, on chauffe le résidu jusqu'au rouge, et on traite la matière calcinée par l'eau bouillante : le rhodium reste indissous à l'état de sesquioxyde anhydre.
Le borax précipite entièrement le rhodium à l'état de sesquioxyde hydraté ; la précipitation se fait lentement à la température ordinaire, très-rapidement à 100 degrés ; un excès de réactif ne re dissout pas le précipité.
Le phosphate de soude produit un précipité jaune, analogue pour son aspect au sesquioxyde hydraté, ne retenant qu'une faible
iûM MÉTAUX PROPRBUëNT DITS.
proportion d'aoide phosphorique après des lavages prolongés. La précipitation a lieu très-lentement à froid, très-rapidement à la température de TébuUition.
Uiodure de potassium modifie d'abord la couleur de la diiasolution et la rend d'un jaune im peu brun : la coloration devient lentement d'un brun foncé ; il se produit à la longue un précipité presque noir d'iodure de rhodium. La précipitation n'est pas complète, alors même qu'on fait chauffer à l'ébulUtion.
Le formiata de soude décolore à froid la dissolution ; à la température de 100 degrés, il produit la précipitation du rhodium à l'état métallique.
Le protochlorure d'étain agit également comme réductif, mab son action est moins énergique que celle du formiate aloaiin.
Le sulfate de protoxyde de fer ne précipite pas le rhodium.
'L'azotate d'argent et l'azotate d'oxydule de mercure produisent des précipités d'un rose rouge&trOi qui renferment le rhodium à l'état de chlorures doubles. La composition du prédpité produit par l'azotate d'argent est représentée pur la formule 3A^C/+RA*Cf .
L'acétate de plomb produit un précipité analogue^
L'hydrogène sulfuré produit d'abord un trouble d'un jaune pèle ; si on étend de beaucoup d'eau à mesure que l'hydrogène est en excès, il se forme un précipité brun de sulfure de rhodium ; la précipitation n'est pas complète.
Le sulfhydrate d'ammoniaque produit lentement un précipité brun, de sulfure, insoluble dans un excès de réactif, mais trèsaltérable à l'air.
hb zinc et le fer précipitent assez rapidement le rhodium à l'état métallique, sous forme d'une poudre presque noire, adhérant assez fortement au métal précipitante
Btoxnc niB aniMinni, EAO*.
On éprouve d'assez grandes difficultés à préparer le bioxyde anhydre ou hydraté. Pour l'obtenir anhydre, on fait chanfEer le liiodium très-divisé avec de la potasse et de l'azotate de potasse; on lave à l'eau bouillante pour dissoudre l'alcali \ on traite de même l'oxyde obtenu, et on répète plusieurs fois ces opérations. On lave enfin l'oxyde, d'abord avec l'eau addulée par l'acide azotique, ensuite avec de l'eau pure.
RHODIUM. I0H5
Pour obtenir l'hydrate, on fait agir le chlore sur la dissolution de sesquioxyde dans la potasse; on lave & Teau bouillante Toxyde brun obtenu, et on le soumet de nouveau à l'action oxydante du chlore en présence d*une dissolution de potasse. £n répétant plusieurs fois ces opérations, on arrive h un oxyde dont la composition se rapproche beaucoup de celle du bioxyde.
L'oxyde anhydre est d*un brun foncé, il est insoluble dans les acides et dans les dissolutions alcalines ; il ne se combine pas avec les alcaUs par la voie sèche; mais ces propriétés ne peuvent être que très-difficilement utilisées pour la séparation du rhodium d'avec les métaux qui existent dans les minerais de platine.
Ainsi, lorsqu'on fond avec de la potasse et de l'azotate de potasse le rhodium oontenaiit de l'iridium, les deux métaux passent à l'état d'oxydes, qui peuvent être lavés avec de l'eau bouil^ lantc ; en traitant ces oxydes par l'eau régale, on dissout la plus grande partie du rhodium en même temps que l'iridiuit)»
Le bioxyde hydraté est brun, un peu gélatineux ; il devient presque noir par dessiccation; il perd entièrement Teau au*-dessous du rouge sombre. Lorsqu'il est encore humide^ il se dissout dans l'acide cblorhydrique concentré ; la dissolution est d'un vert assez foncé.
L'hydrate est insoluble dans les alcalis ; mais on n'arrive que difficilement, par des lavages très-prolongés, faits à l'eau bouil* lante, à enlever à l'hydrate la totalité des alcalis et des sels alcalins dont il est imprégné au moment de sa préparation.
Le bioxyde de rhodium contient ;
Rbodiam , . . . . 76^50
Oxygène 23,50
Lorsque, dans la préparation du bioxyde, anhydre ou hydraté, on ne répète pas plusieurs fois les opérations qui sont destinées à produire la peroxydation, on obtient des composés qui renferment des proportions variables de sesquioxyde et de bioxyde. Un seul de ces composés est obtenu avec une composition constante RAO»H-RAHy. Cet oxyde intermédiaire n oifre pas d'intérêt au point de vue des analyses.
S t. — Dosage dn iHhadlnm.
Le dosage du rhodium peut être fait avec beaucoup d'exactitude lorsque ce métal est contenu dans une dissolution qui ne renferme que des sels alcalins, par exemple dans la dissolution de chlorure double ou de sulfate double. Il est au contraire fort difficile de séparer nettement le rhodium des métaux qui l'accompagnent dans les minerais de platine, et de quelques métaux, tels que l'or, l'argent, l'étain, etc., avec lesquels on a cherché à produire des alliages utilisables dans les arts.
Chlorure double. — Sulfate double. — On doit opérer de la manière suivante pour doser le rhodium dans une dissolution de sulfate de rhodium et de potassium, ou de chlorure de sodium et de rhodium.
On ajoute à la liqueur un excès assez grand de carbonate de soude ; on évapore lentement à sec^ en terminant l'évaporation dans un creuset de platine. On chauffe le résidu jusqu'au rouge; on traite par l'eau bouillante après refroidissement ; on lave longtemps, par décantations^ l'oxyde de rhodium insoluble.
Ces lavages ne suffisent pas pour enlever à l'oxyde la totalité des alcalis et des sels alcalins dont il est imprégné : il faut, après cinq ou six décantations, employer l'acide azotique étendu, et terminer les lavages à l'eau bouillante.
On calcine l'oxyde de rhodium, on le pèse; on calcule la proportion du métal en admettant que la composition de l'oxyde calciné se rapporte à la formule RA^O*.
On n'est jamais certain d'amener le rhodium rigoureusement à cet état d'oxydation ; on obtient plus de certitude dans la détermination en réduisant l'oxyde par l'hydrogène, et en pesant le métal. La réduction a lieu & une température inférieure au rouge sombre, et ne présente aucune difficulté.
Rhodium et fer. — Le procédé que nous venons d'indiquer pour le dosage du rhodium peut être appliqué, avec quelques modifications, lorsque la dissolution contient du fer.
On ajoute du carbonate de soude en excès ; on évapore à sec, et on calcine le résidu jusqu'au rouge.
RHODIUM. 40r>7
En traitaot la matière par Teau bouillante, après refroidissement, on dissout presque tous les sels alcalins ; on obtient les oxydes de fer et de rhodium, ne retenant qu'une proportion trèsfaible de sels alcalins.
Après avoir lavé les oxydes aussi bien que possible, on les calcine, et on les soumet à Faction de l'hydrogène un peu audessus du rouge sombre .
On laisse refroidir dans l'hydrogène ; on traite par l'acide chlorhydrique un peu étendu le mélange de fer et de rhodium métalliques. Le fer se dissout rapidement ; le rhodium reste nettement insoluble. On pèse le rhodium à l'état métallique. Quant au fer, il faut le peroxyder, précipiter le peroxyde par l'ammoniaque, et peser le peroxyde après calcination.
Rhodium et zinc. — L'analyse d'un alliage de zinc et de rhodium peut être faite par diverses méthodes : la plus simple est la suivante :
On réduit l'alliage en poudre très-fine, on le place dans une nacelle préalablement pesée, dans un tube de porcelaine lu té, disposé dans un four à réverbère. On fait arriver un courant de chlore sec, et on chauffe progressivement jusqu'au rouge, tant qu'il se dégage des vapeurs appréciables de chlorure de zinc.
Tout le zinc est expulsé à l'état de chlorure volatil; le rhodium reste dans la nacelle à l'état de chlorure fixe.
Lorsque le tube est refroidi, ou chasse le chlore, on fait arriver un courant d'hydrogène pur et sec ; on chauffe de nouveau au rouge. Le chlorure de rhodium est rapidement décomposé ; on reconnaît que la décomposition est terminée à ce que l'hydrogène qui sort de l'appareil n'entraîne plus d'acide chlorhydrique. On laisse refroidir, et on pèse le rhodium à l'état métallique. Le zinc est évalué par différence.
Le nombre obtenu pour le rhodium est probablement un peu faible ; il y a perte appréciable de chlorure entraîné par le chlorure de zinc; on n'évite pas'facilement l'entrsunement partiel du rhodium très-divisé hors de la nacelle pendant la réduction du chlorure par l'hydrogène.
On doit donc obtenir pour le zinc un nombre trop fort. Le même procédé d'analyse est applicable aux alliages de rhodium et d'étain : les résultats obtenus sont un pou plus certains,
i058 MÉTAUX PROPREMENT DITS.
parco quo^ le chlorure d'étain étant plus volatil que le ohlonire de zinc, ou n'est pas obligé de chauffer aussi fortement le tube de porcelaine dans lequel ou fait arriver le chlore sec.
RhodiuM) akgent £t ob, — On a signalé, au Mexique, l'existence d'un minéral contenant du rhodium, de l'or et une faible proportion d'argent. Son analyse peut être faite de la mamëre sui* vante :
On passe à la coupelle un poids déterminé de l'alliage avec 4 parties d'argent et 2 parties de plomb. On lamine le bouton; on attaque par l'acide azotique, qui dissout seulement l'argent : on pèse ensemble l'or et le rhodium , et on évalue Fargent par différence.
On attaque par l'eau régale faible l'or et le rhodium qui n'ont pas été dissous par l'acide azotique. Le rhodium seul reste insoluble; on le pèse après calcination ; on évalue l'or par différence.
Ces opérations ne peuvent pas donner des résultats exacts .* une quantité variable de rhodium se dissout dans l'acide azotique et dans l'eau régale, et on évaluant successivement l'argent et l'or par différence, on obtient pour ces deux métaux des nombres peut-être trop forts.
Il est donc nécessaire de vérifier les résultats obtenus, de cher* cher si les dissolutions acides contiennent du rhodium, et de peser les fractions du rhodium qui ont été dissoutes par les acides.
Liqueur azotique, — On précipite l'argent par l'acide chlorhydrique ; le rhodium est entraîné en totaUté dans la précipitation du chlorure d'argent; il est en quantité trop faible pour donner une coloration appréciable au précipité.
On soumet le chlorure d'argent à l'action de l'hydrogène pur et sec, à une température un peu supérieure au rouge sombre, inférieure à celle qui serait nécessaire pour la fusion de l'argent.
On obtient ainsi l'argent et le rhodium à l'état métallique, et non combinés» En les traitant par l'acide azotique faible, on dis^ sont seulement l'aident s le rhodium reste assez nettement insoluble ; on le pèse s'il y a lieu.
Liqueur régale, — On évapore lentement à sec, en terminant l'évaporation dans nti creuset de platine ; on adapte au creuset un couvercle percé d'un trou» dans lequel on engage un tube de platine cpmmuniqnant avec an appareil à hydrogène.
RHODIUM. iOm
On fait arriver le gaz pur et sec dans le creuset, et on chauffe un peu au-dessus du rouge sombre. On obtient ainsi Tor et le rhodium à l'état métallique, et non combinés.
En les traitant par l'eau régale irëfl-faible^ on dissout aisément l'or, en laissant le rhodium inattaqué. On pèse cette nouvelle fraction du rhodium.
On retranche ensuite des nombres primitivement obtenus par différence, pour l'argent et pour l'or, les deux poids donnés par ces opérations ; on les ajoute au contraire au poids du rhodium qui est resté indissous dans les acides.
Remarque. — L'analyse est beaucoup plus simple lorsque le minéral ne contient pas d'argent.
On dissout Talliage d'or et de rhodium dans l'eau régale, on évapore lentement à sec ; on traite le résidu par l'hydrogène ; on dissout l'or par l'eau régale très-faible, on pèse le rhodium indissous ; Tor est évalué par différence.