CHAPITRE XXVIII
OSMIUM. 05=1242,50.
L'osmium peut être pbtenu à Tétat métallique parla réduction de plusieurs de çea pqmbjnî^iso^s avec Vo^yg^Qe» ^veç; le chlore, avec le çoufre.
Lorsque la réduction est faite à bassç température, le métal est extrèmeipçnt divisé ; il est facilpm^i^t oxyiïé p^r Toxygèue de Tair ; il est attaqué ï^veç la plu^ grc^ude facilita par l'acide azotique et pa^ l'eau régale ; Vaçide chlorhydrique concentré pxerce même sur lui une certaine action.
Lprsque le métal ç^t obtenu au rouge vif, ps^r exemple par la réduction de ^* acide osmique par l'hydrogène, il est un peu aggloméré, d'un gri^ fo.pcé; \\ prçnd up peu d'éclat par le frottement du pilon; sa densité est de 10,00 ; il est moins pxydablç à l'air, et moins facil^m^P* ^t^qu^ par l'acide azotique, que l'osmium très-div^sé.
On peut obtenir l'osmium eucore plus fortement aggloméré en chauffant un sulfure dans un creuset de charbon, au rouge blanc très-vif. On obtiept le métal presque fondu en chauffant au chalumeau à gaz oxygène et hydrogène sur une coupelle en chaux. La fusion de Vosmium a lieu plus difficilement que celle du ruthéniun^ ; il est le moins fusible dp tous les métaux qui se trouvent dans les minerais ^e platine ; h la température la plus élevée qui puissQ être produit^ au ç|ialv\ïpeau, ypsmiun^ paraît se volatiliser sans entrer en fpaion parfaite.
L'osmium aggloméré est d'un blanc bleuâtre, il a l'éclat métallique; sa dpnsité est de 21,40. Il ne s'oxyde au contact de l'air qu'au-dessus du rouge sombre ; il n'est que très-difficilement attaqua par l'acide azotique et par l'eau régale.
L'osmium très-divisé se combinp avec le chlorp à la tempérsjture ordinaire; l'osmium fortement chauffé, mais non fondu, n'est attaqué par le chlore qu'à Faide de la chaleur; le chlore n'exerce qu'une action très-lente sur l'osmium fondu.
1084 MÉTAUX PROPREMENT BITS.
L'osmium trës-divisé, chauffé au rouge sombre avec des alcalis, des azotates ou des chlorates alcalins, est rapidement oxydé : il passe en totalité à l'état d'acide osmique. Csmium On connatt cinq combinaisons de l'osmium et de l'ozygëne; *^^ " * leurs compositions sont représentées par les formules : 0^0; Os*0»;050«;050»;050*.
L'acide osmique, 0^0^, est le seul composé qui puisse èire obtenu directement, par l'oxydation du métal à une température plus ou moins élevée, ou par l'action de l'acide azotique et de l'eau régale. L'acide osmieux, O^O*, n'a pas encore été isolé. Les trois oxydes 0^0, 05*0*, 0^0* ne peuvent être obtenus que par la décomposition des chlorures.
L'acide osmique prend naissance à une température trfes-élevée et n'est pas décomposé par la chaleur, au moins aux températures qui sont produites dans les fourneaux ordinairement employés dans les laboratoires.
Toutes les combinaisons de l'osmium avec l'oxygëne sont réduites, à l'aide de la chaleur, par l'hydrogène, par le charbon; elles sont principalement décomposées avec facilité par les substances organiques.
Osmium L'osmium très-divisé se combine directement avec le soufre, à
et soufre. , '
l'aide de la chaleur ; on n'a pas déterminé avec certitude la composition du sulfure ainsi produit directement. On obtient des sulfures, correspondant très-probablement pour leurs compositions aux oxydes et aux chlorures, en faisant agir l'hydrogène sulfuré sur les dissolutions qui contiennent de l'osmium.
La précipitation se fait avec une grande lenteur ; les précipités, d'un brun plus ou moins foncé, sont un peu solubles dans l'eau, et surtout dans l'eau chargée d'hydrogène sulfuré.
Pour précipiter à peu près complètement l'osmium, il faut faire agir le réactif en grand excès pendant plusieurs jours, faire chauffer ensuite la liqueur de manière à expulser presque tout l'hydrogène sulfuré, laisser enfin la liqueur se refroidir, et le précipité se rassembler.
Les sulfures ainsi produits doivent être lavés par décantations. Us ne s'altèrent pas lorsqu'on les fait sécher à l'abri du contact de l'air; ils s'oxydent assez rapidement, ils peuvent même s'enflammer, lorsqu'on les fait sécher au contact de l'air à la température de 100 degrés.
OSMIUM. 1065
Us ne sont pas notablement attaqués par l'acide chlorhydrique étendu. L'acide azotique faible les dissout rapidement à l'aide d'une douce chaleur ; l'acide azotique concentré et l'eau régale les attaquent vivement, et font passer rapidement l'osmium à l'état d'acide osmique.
Les sulfures préparés par voie humide ne se dissolvent pas dans te sulfhydrate d'ammoniaque ni dans les dissolutions des sulfures alcalins. Chauffés au rouge blanc dans un creuset de charbon ils sont entièrement décomposés ; le produit fixe de leur décomposition est de Tosmium métallique, assez fortement aggloméré.
En chauffant un peu au-dessus du rouge sombre, dans un creuset de porcelaine et à l'abri de tout gaz oxydant, l'un de ces sulfures mélangé avec du soufre pulvérisé, on obtient un sulfure imparfaitement fondu, d'un gris bleuâtre, insoluble dans l'eau chargée d'hydrogène sulfuré.
Sa composition parait être représentée par la formule O^'S* ; il contient :
Otmiim 71,25
Soufre 28,77
On connaît quatre combinaisons de l'osmium avec le chlore ; osninm leurs compositions sont représentées par les formules, O5C/, ^^ ^^* Os^GP^ OsCP^ OsCP. On n'a pas encore obtenu le chlorure correspondant à l'acide osmique.
Protochlorure ^ OsCL — Lorsqu'on fait chauffer l'osmium métallique très-divisé dans un courant de chlore desséché, en opérant dans un long tube de verre» on voit se former deux chlorures, OsC/, O^C/*, inégalement volatils ; ils se déposent en cristaux en des points différents du tube. Le moins volatil est le protochlorure.
Il est en petites aiguilles d'un vert foncé ; il est déliquescent et très-soluble dans l'eau ; la dissolution est d'un très-beau vert ; quand on l' étend de beaucoup d'eau^ elle se décolore immédiatement et laisse déposer de l'osmium métallique. La liqueur incolore est acide ; elle contient de l'acide osmique et de l'acide chlorhydrique.
Le protochlorure d'osmium parait se combiner avec les chlo-
mres alcalins ; on n'a pad encore obtenu les chlorures doubles cristallisés; ils sont soluhles dans Tbau, et le chlorure d'osmium ne se décompose pas lorsqu'on étend beaucoup les liqueutij.
SesquicMorwe^ Os'C/': — Ce chlorure n'a pas été obtenu isolé; en dissolvant le sesquioxyde ammoniacal dans l'acide chlorhydrique, on obtient une liqueur brune, qui doit contenir le sesquichlorure d'osmium combiné avec le sel ammoniac. Là liqueur acide, évaporée à douce chaleur, donne un résidu briin de chlorure double, soluble dans l'eau.
Bichloru^e^ OsCl^. — On obtient ce thlorure par l'action directe du chlore sec sur le métal très-divisé ; il se forme en même temps que le protôchlorurcj et comme il est plus volatil, il se dépose dans le tube à uile plus grande distance;
Il est pulvérulent et d'un brun irotige; il est bygrbmérique. Mis en présence d'iihë petite quantité d'eau, il se dissout rapidement; la dissolution est colorée ëh jaune. Le chlorure se aécompose ptésque immédiatement Ibrsqu'on le traite par iiii volume d'eau un peu grand; une partie de l'osmium se séparé à l'état métallique; la liqueur acide est incolore; elle Contient de l'acide osmique et de l'acide chlorhydrique.
Le bichlorurë se combine avec les chlorures alcalins.
Le chlorure double d'osmium et de potassium s'obtient en traitant par le chlore, à une température assez peu élevée, l'osmium métallique mélangé avec du chlorure de potassium. Ainsi préparé il est pulvérulent, d'un jaune de bronze; il supporte le rouge sombre sans se décomposer ; mais au rouge vif on obtient de l'osmium métallique et du chloruxe de potassium.
Le chlorure double est soluble dans l'eau, presque insoluble dans Talcool et dans les dissolutioiis concentrées des chlorures alcalins. L'alcool le précipite presque complètement de sa dissolution dans l'eau lorsque celle-ci est très-concentrée; le précipité est pulvérulent et rouge.
L'acide sulfureux est sans action sur le chlorure double dissons dans l'eau.
La composition du chlorure double est représentée par la formule OsCl^+KCl^ analogue à celle du chlorure correspondant d'iridium et de potassium.
L'acide azotique concentré décompose le chloruré d'osmium,
OSMIUM. 1087
et en général tous les composés de l'osmium; lorsqu'on fait chauffer 1 100 âegrés, il se vtylàtiliée de TAddé bBiiii(}ue.
Perchlorure, OsC^. — On n'a pas isolé le perchlorure ; on ne l'a obtenu qu'en combinaison avec le sel ammoniac. Pour prépair'er lé cmorure double, on sature ractde osinique par l'ammoniaque ; on laisse la liqueur en repos JJéndàUt quelques heures, à la température ordinaire ; on ajôtitè de l'acide chlorhydriqiie, et ensuite du hiercure métallique.
La liqueur cesse, après qlièlqucs joui-s, d'éniÎBttrë l'odeiir de l'acide bsmique ; ôû séparé par décantations le mercbre inaltaqué et le protochlôrùre dé mércUre qiii S'esl foi-nié; on évapoi:e là liqueur à une douce chaleur. On obtient le chlorure doublé sous (orme de cristaux; il est soluble dans l'eau et dans l'alcool.
Lorsqu'on traite par la potasse la dissolution du chlorure double, il se produit ûh précipité die bibxydë d'osmium, et non pas d'acidb bsmièux, correspondant au chlorute.
L'osmium ne paraît pas avoir une grande affinité pbtir les iné- j^ni^ges taux, telâ 4^e le zinc, l'étaiti, etc., qui s'e combinent aisémeiit avec les autres métdux des minerais de platine.
Ainsi, lorsqu'on fait chauffer au rougè Vif, danâ hn breuset de charbon, 1 partie d'osmium avec 7 à 8 parties d'étain, on obtient une masse métallique, homogène en apparence^ diàns laquelle les deux métaux ne sont pas combinés. En la traitant par l'acide chlorhydrique, on dissout l'étain et on laisse indissous l'osmium pur. Dans cette opération, le refroidissement étant suffisamment ralenti, on obtient l'osmium sous fôtme de petits cristaux.
Lorsqu'on fait fondre l'osmium avec dii zinc aii rouge vif et dans un creuset de bharbon, il reste dans le creuset un alliage des deuxmélaux; l'acide chlorhydrique lui enlève la totalité dû zinc, en laissant indissous l'osmiiDn pulvérulent. Si on chauffe cet alliage au chalumeau à gaz oxygène et tydrogène, tout le zinc est volatilisé ; l'osmium reste pur, plus ou inoins àgglomërë ou même fondu, suivant qu'on à chauffé pluâ bu moins fortement. On peut même volatiliser la totalité du zinc en chaiifiant l'alliage dans iln creuset bt'asqilé à là tempéf attire dès essais dé fer.
§ t. — €aiiibiiud(Mii« de l'oAiiiiiim avec Vmicfgème.
Protoxtde OsO. — Il est impossible de préparer à l'état de pureté le protoxyde d'osmiuin anhydre ou hydraté.
On obtient Fhydrate en traitant par la potasse une dissolution de protochlorure d'osmium (chlorure double d'osmium et de potassium) ; il se produit, après quelques heures, un précipité d'un vert foncé, presque noir, de protoxyde hydraté retenant une assez forte proportion d'alcali. On ne réussit pas à le purifier par des lavages prolongés.
Il est lentement soluble dans les acides ; les dissolutions sont d'un vert foncé.
On peut enlever l'eau à l'hydrate en le chauffant au rouge dans une atmosphère d'acide carbonique; mais en reconmiençant les lavages après la calcination on n'enlève pas l'alcali, on n'a pas le protoxyde pur. Si on calcine au contact de l'air, le protoxyde se transforme en acide osmique, qui se volatilise.
Le protoxyde doit contenir :
Osmiiim 9i,55
Oiygène 7,45
Sesquioxtbe O^^O*. — Le sesquioxyde n'a été obtenu qu'en combinaison avec Tammoniaque.
On ajoute de l'ammoniaque en excès à une dissolution d'acide osmique dans l'eau; la liqueur est d'un jaune d'or; on fiiit chauffer longtemps à environ SO degrés. L'acide osmique est réduit lentement ; il y a dégagement d'azote ; la liqueur se colore en brun foncé, et il se forme un précipité brun qui contient du sesquioxyde d'osmium, de l'ammoniaque et de l'eau.
En évaporant la liqueur à une douce chaleur, on obtient une matière brune, qui parait avoir la même composition.
Le sesquioxyde ammoniacal devient presque noir pas dessiccation ; chauffé au rouge à l'abri du contact de Tair, il donne de l'osmium métallique. Il est difficilement dissous par les acides; les dissolutions sont d'un brun plus ou moins foncé. Le zinc et le fer ne précipitent pas l'osmium de ces dissolutions.
OSMIUM. ' i089
Les carbonates alcalins dissolvent le sesquioxyde ammoniacal sans qu'il y ait dégagement d'ammoniaque. Le sesquioxyde doit contenir :
Osmium 89;
Oxygèue 10,77
iOO,00
BioxTDE, O5O". — On peut préparer cet oxyde à l'état de pureté en décomposant par le carbonate de soude la combinaison du bichlorure d'osmium avec le chlorure de potassium. On opère par voie humide ou par voie sèche.
On obtient l'hydrate en ajoutant un faible excès de carbonate de soude à la dissolution du chlorure double ; on fait chauffer à 100 degrés pendant quelques heures. Tout l'osmium est précipité à l'état de bioxyde hydraté, retenant une certaine proportion d'alcali ; par des lavages prolongés on parvient à eiùever à peu près la totalité de la soude.
On obtient l'oxyde anhydre en évaporant à sec la dissolution du chlorure double, après y avoir ajouté un assez grand excès de carbonate de soude, en chauffant le résidu jusqu'au rouge dans un creuset de platine, et en traitant la matière par l'eau bouillante.
L'oxyde anhydre est noir ; il supporte sans se décomposer la chaleur rouge, pourvu que la calcination soit faite à l'abri du contact de l'air. Chauffé à Tair, ou en présence de l'acide azotique concentré, il se transforme rapidement en acide osmique. Il ne parait pas se combiner avec les acides, et il n'a pas d'affinité pour les alcalis.
L'hydrate est brun ; il perd son eau au-dessous du rouge. Lorsqu'il a été desséché, il est insoluble dans les acides. Au moment de sa précipitation, il se dissout en petite quantité dans les acides forts; il ne se combine pas avec les alcalis.
Le bioxyde d'osmium doit contenir :
Otmium 86,15
Oxygëne 13,87
ÂciDE oSMŒtx, 0^.— L'acide osmieux n'a pas été isolé; lorsqu'on essaye de le séparer des bases, il se décompose en sesqui-
^OeO MÉTAUX PHÛPRËMENT DITS.
oxy4pi^t 9» m^0 psmique. 0^ peut Qbtepir le» o^mitas en îmmi
agir un réductif peu énergique sur une dissolution alcidine d'osmiate , ou bien on mettant le se&quiosyde hydraté en présence d'une dissolution d'osmiate alcalin.
L'osmite de potasse est cristallisé en octaèdres; il est rouge, solublo dans Teau, insoluble dans l'alcool et Péther. Lorsqu'on fait chauffer sa dissolution à 100 degrés, l'osmite se décompose rapidement en osini^te alcalin qui reste dissous, et en sesquioxyde hydraté qui se dépose.
Exposée au contact de l'air, la dissolution absorbe asse^ \ent^ ment l'oxygène; il se forme une certaine quantité d'osniiate,
L'osmite de spude est analogue h celui de potasse» viais il ne cristallise pas.
L'acide osmieux doit contenir :
Osmiom SO
OsygèM i^M
AciDis osMiQUE, QsO\ — ^L'acido osmique se produit par oxyda.tion directe du métal, et par l'action de l'acide azotique ou de l'eau régale sur l'osmium et sur presque tpus ses composés.
L'acide osmique est blanc ; il cristallise aisément en prismes ; à 1^ température de 35 degrés environ, il devient mou comme de la cire; il eutre en fusion un peu au-dessus de 100 degrés, et en ébullition à uu degré de chaleur très-peu plus élevé ; il donne des vapeurs bien au-dessous de son point d' ébullition. Ses vapeurs ont une odeur extrêmement forte | qui ressemble à celle du chlorure de soufre ; elles attaquent vivement le nez et les yeux ; elles sont très-danger euse3 h respirer.
L'acide osmique est très-soluble dans l'eau, mais il ne s'y dissout qu'avec lenteur; la dissolution est incolore; elle a la même odeur que l'acide sec ; on ne peut l'évaporer à sicçité sans perdre une fraction très-notable de l'acide, L acide osmique est également soluble dans l'alcool et dans l'éther ; mais ces liquides organiques agissent lentement comme réductifs sur l'acide osmique ; les dissolutions laissent déposer au bout d W certain temps de l'osmium métallique.
Les matières oi^aniques exercent, en général, une action réductrice énergique sur l'acide osmique en dissolntion dans l'eau.
OSMIUM. 4091
y acido anlfuvoux agit aveo plu» da lontcur \ la dissolution devif^nt d'abord jaune, ensuite brune et enfin d'un ascias baau bleu. {4a lit
quew bleue donne, par évaporation h 8^ç, une matière d*un bleu foncé, à laquelle l'eau enlève une a^e^i grande quotité d'acide sulfurique.
L'acide onmiqua contient \
Osmium 75,64
OiygëiM ^4,86
iOO,00
Osmiates, — Uacide owniquc est un aoide faible ; $9, dissolution dans r^au ne rougit pas la teinture de tournesol ; Tacide osmiquene déplace pas Tacidc carbonique combiné avec alcalis.
Les osmiates alcalins résistent assez bien au rouge ; nai^ qi^and on les chauffe plus fortement, ils perdent une partie de leur acide ; ils sont solubles dans l'eau et incristalUsables, Les osmiates formés par les bases moins fortes que les alcalis perdent presque
tout leur acide m rouge,
Tous lea acides un peu énergiques déplacent Taoid^ oainique, même à froid.
L'hydrogène sulfuré produit un précipité brun dan3 lea ^ismlutionti de l'acide ospique et dea o$iniates alcalina* On n'obtient la précipitation complète de l'osmium à l'état de sulfure, qu'en faisant agir pendant longtemps l'hydrogène sulfuré en grand excès, et en acidulant la liqueur par l'acide cblorhydrique.
L'ammoniaque produit un précipité jaune, cristallin, dans la dissolution d'osmiate de potasse; ce précipité contient la po« tasse combinée avec un acide do composition trè4W}Oloplexe , O^O^-i^O^A;:, que plusieurs chimistes désignent soua le nom diacide osmaruorniique^
Cet aoide se combine avec presque toutes les baae;i un peu énergiques ; la composition des sels est représentée par la for*mule générale O5O\05A9 + Ii0. Ils détonent par U dbaleur et même par le choc.
L'acide osman-osmique peut être obtenu en dissolution dans l'eau ; pour le préparer, il faut décomposer le sel de baryte ou le sel d'argent par la quantité d'acide étendu strictement né* cessaire pour précipiter la baryte h l'état de sulfate, ou l'argent à l'état de chlorure.
iOM MÉTAUX PROPREMENT DITS.
La dissolution est peu stable ; l'acide se décompose lorsqu'on cherche à concentrer la liqueur.
L'osman-osmiate d'ammoniaque est produit dans certaines opérations analytiques, notamment quand on absorbe par l'ammoniaque les vapeurs d'acide osmique ; le sel se décompose quand on concentre sa dissolution ; il se forme un précipité de sesquioxyde ammoniacal hydraté. On peut précipiter à peu près complètement l'osmium de cette dissolution, soit par le sulfhydrate d'ammoniaque, soit par l'hydrogène sulfuré.
Quand on emploie ce dernier réactif, il faut prendre les précautions que nous avons déjà recommandées : faire agir l'hydrogène sulfuré en excès pendant plusieurs jours ; aciduler par l'acide chlorhydrique, et attendre que le sulfure d'osmium soit nettement rassemblé.
mssoLunovs coirrEVAST L'osmuif .
La dissolution contenant l'osmium qui se présente le plus ordinairement dans les analyses est celle de l'osman-osmiate d'ammoniaque. Le seul caractère important de cette dissolution est celui que nous venons de signaler, la précipitation de l'osmium à l'état de sulfure par Fhydrogène sulfuré et par le sulfhydrate d'ammoniaque.
Dans les recherches théoriques sur l'osmium, on peut obtenir un grand nombre de dissolutions différentes ; nous ne considérerons ici que la plus importante, celle qui contient le chlorure double d'osmium et de potassium OsCP+KCl. Elle est d'un jaune citron, tirant sur le vert.
La potasse ne produit pas d'action, à la température ordinaire, sur la dissolution étendue ; lorsque les liqueurs sont concentrées, il y a précipitation partielle du chlorure double, qui est peu solublc dans une dissolution alcaline ; le précipité disparaît par addition d'eau. A la température de l'ébullition, la Uqueur prend une belle coloration bleue, et laisse ensuite se déposer dubioxyde hydraté.
L'ammoniaque, employée sans excès, n'exerce aucune action apparente à froid ; à l'ébullition, elle produit un précipité presque noir d'oxyde d'osmium. Lorsqu'on fait agir pendant longtemps à la température ordinaire l'ammoniaque en grand excès,
OSMIUM. 1093
la liqueur se trouble lentement, et laisse déposer un précipité d'un blanc jaun&tre, qui est probablement le chlorure d'un radical organique contenant de l'osmium.
Les carbonates alcalins, le borax, et le phosphate de soude se comportent comme la potasse.
L'azotate d'argent produit un précipité d'un vert olive, presque noir, qui devient d'un rouge de brique lorsqu'on le traite par l'ammoniaque.
L'azotate d'oxydule de mercure produit un précipité dont la couleur varie du jaune pâle au brun clair, suivant le degré de concentration des liqueurs.
L'action de Tiodure de potassium est également un peu variable : tantôt la dissolution prend une coloration pourpre sans qu'il se produise de précipité, tantôt il se forme un précipité noir, et la liqueur se colore en bleu.
L'acétate de plomb est sans action apparente.
Le cyanure de mercure donne d'abord à la liqueur une coloration verte ; il se forme à la longue, et à la température de l'ébullition, un précipité noir.
Le formiato de soude précipite assez promptement l'osmium à l'état métallique.
Le sulfate de prôtoxyde de fer agit de la même manière, mais bien plus difficilement.
L'hydrogène sulfuré produit un précipité brun, de sulfure d'osmium ; la précipitation ne commence qu'après un certain temps ; elle a lieu plus promptement quand on opère à une température voisine de i 00 degrés. Le sulfhydrate d'ammoniaque agit de même.
S S. — -iKMMige de f
Nous exposerons dans le chapitre suivant les procédés d'anar lyse qui peuvent être appliqués à Tosmiure d'iridium ; nous n'examinerons maintenant que deux cas particuliers : 1* le dosage de Tosmium contenu dans une dissolution à l'état de chlorure double ; 2"" la détermination de l'osmium dans un alliage attaquable par l'eau régale.
i*" Chlorure double. — On traite la dissolution par la potasse, ou
1094 MÉTAUX KIOPREMENT DITS.
par le carbonate de {loadé ; où fait chauffeir à rébullitioU pendant quelques heures ; ou bouche la fiole^ et on attend que le précipité d'oxyde d'osmium soit Dettetnêût rassemblé. Où le IftVe par . décautatious ; on le reçoit ensuite sur un filtre ; on le fait sécher ; on sépare le précipité du papier ; on brûle ce dernier seul dans un creuset de platine, à la température là plu!i basse possible. On retire lé creuset du feu dès que le charbon du filtre est entièrement brûlé. On réunit les cendres au précipité, et on fait la réduction de l'oxyde par l'hydrogène \ on pfese l'osmium à Tétat métallique.
On obtient ainsi un résultat assez eXdCt, au moins dans le cas où la dissolution proposée contient l'osmium* à l'état de bichlorure. Dans ce cas, en effet, l'oxyde précipité peut être entièrement débarrassé de l'alcali par des lavages prolongés ; il n'y a qu'une seule cause de porte ; il peut se former pendant la combustion du filtre un peu d'acide ûsmique qtii se volatilise. La perte est très-faible lorsqu'on a l'attention do séparer dîi papier la majeure partie du sulfure, et d* arrêter le grillage dès que le filtre est entièrement brûlé.
2"* Alliage. — On introduit l'alliage, réduit en poudre très-fine, dans une cornue dô verre dont le col plonge dans une fiole refroidie à l'extérieur*; on ajoute de l'eau régale, composée de parties égales d'acide azotique et d'acide chlorhydrique ; on fait chauffer à 100 degrés jusqu'à ce que le liquide ait pris, dans la cornue, la consistance sirupeuse. On laisse refroidir ; on intro-
I On peut encore mettre dans la fiole de Fammoniaqae très-étendue d'eau, en ayant Tattention de ne pas faire plonger le col de la cornue dans la liqueur. L'acide osmique volatilisé est retenu par l'uiavaitqtie fllus tSM^MMIbent oO du moins plus sûrement que dans le cas où la fiole est seulement refroidie à l'extérieur. Cependant nous ferons observer que Vaction des vapeurs acides sur l'ammoniaque faible est toujours très-vive, et qu'on est forcé de conduire plus lentement Tattaque de TaUiage par l'eau régale. On «expose à latiaur dins ta cèruttê une eerUfiii qtiatttité d'àoide iMHI^Uè.
A la liqueur amraoniflcale, contenant beaucoup de tels ammoftiaoaix, on ^oute mi pel de sulfhydrate d'ammoniaque; on évapore lentement à sec; on fait passer le résidu dans un creuset de charbon, et on chauffe progressivement au rouge blanc. On pëse rosmioB ^ l'état métallique.
II est difficile d'éviter quelque perte d« milfure d*o«miom péftdMt l'elpulâloft Àm sels ammoniacaux, et en définitive on n'obtient pas pour l'osmium une délemiiiiation plus exacte que celle à laquelle on arrive en suivant la marcke que bous avoas tnoée dans le texte.
OSMIUM. i095
duit dlans la corilue unô nouvelle quantité ct'eau régale, et en recommence la distillation.
Il ^Aut continuer ainsi tant que les acides (}ui passent à la distillatioil ont une odeur appréciable d'acide osmiqiië.
Par Taction de l'eau régale, Tosuiium passe en totalité à l'état d'acide osmique, qui se volatilise, et vient se condenser dans la fiole. Il y a toujours perte d* acide osmique; la perte est faible lorsque la distillation est conduite avec lenteur, et lorsque la fiole de condensation est convena()Iemént refroidie.
On étend de beaucoup d'eau la liqueur acide ; on sature ptes-^ que complètement les acides par T ammoniaque ; on fait arriver de l'hydrogbne sulfuré en grand exc^s ; on boucbe la fiole, et on laisse l'hydrogène sulfuré agir, pendant plusieilrs jours, à la température ordinaire.
On vérifie de temps en temps que le réactif est toujours en excès ; on en fait arriver de nouveau lorsque la liqueur n*a plus qu'une faible odeur. Lorsque le précipité de sulfure d'osmium est tiettement rassemblé, on le lave par décantations, et on le reçoit sur un filtre ; on le fait sécher autant que possible à Tabri du contact de l'air.
On réunit toutes les liqueurs décantées ; on y faii arriver de l'hydrogène sulfuré, et on les conserve pendant plusieurs jours : s'il se produit un précipité qui paraisse contenir encore un peu do sulfure d^osmiilm, en même temps que <iu souâ:è libre provenant de la décomposition de Thydrogëne sulfuré, on le reçoit sur un nouveau filtre, et on le traite avec le premier.
Le sulfure d'osmium ainsi obtenu est toujours mélangé d'une assez forte proportion de soufre libre, en sorte que son poids ne peut donner pour l'osmium qu'une approximation douteuse. H est cependant utile d'employer des filtres pesés d'avance, et de les peser après dessiccation ; mais ces pesées ne doivent servir qu'à rapporter au précipité total le nombre qui sera obtenu pour l'osmium par le traitement de la partie du précipité qu'on peut séparer du papier.
On mélange le sulfure séparé du papier avec un peu de soufre pulvérisé ; on fait chauffer un peu au-dessus du rouge sombre dans un creuset de porcelaine préalablement taré, et en prenant les précautions nécessaires pour que les gaz oxydants ne puissent pas pénétrer dans le creuset. On pèse après refroidissement.
1096 MÉTAUX PROPREMENT WTS.
L'augmentation de poids da creuset donne le poids du solfnre O^^S*, qui contient 71^3 pour 100 d'osmium.
On peut encore traiter d'une autre manière la partie du précipité qu'on a séparée du papier : on la fait chauffer au rouge blanc dans un creuset de charbon ; le soufre est entièrement expulsé ; on pèse, après refroidissement^ l'osmium métallique. On calcule ensuite la proportion d'osmium qu'on aurait obtenue si on avait opéré sur la totalité du précipité.
On n'arrive ainsi qu'à une approximation un peu douteuse : il y a perte d'osmium dans la distillation; on n'est jamais certain de précipiter la totalité du métal à l'état de sulfure ; la partie du précipité qu'on parvient à séparer du papier n'a pas la même composition que la partie qui reste adhérente ; le sulfure calciné au rouge sombre à l'abri des gaz oxydants n'a pas toujours rigoureusement la composition que représente la formule Os^S* ; par calcination au blanc dans un creuset de charbon, on n'est pas certain d'enlever à l'osmium la totalité du soufre en excès.
Lorsqu'il s'agit d'évaluer une faible quantité d'osmium, on n'obtient même pas une approximation; en effet, le précipité adhère au papier en totaUté ou en très-grande partie; on est obligé de brûler le filtre, et de là résulte une perte d'osmium, très-importante relativement à la petite quantité de métal qu'il s'agit d'évaluer.
Dans ce cas spécial, on peut se contenter de peser le sulfure d'osmium sur le filtre ; on admet que le sulfure contient 80 pour 100 d'osmium; on obtient ainsi une approximation de même ordre que celle à laquelle on arriverait en cherchant à peser l'osmium à l'état métallique, ou à l'état de sulfure 05*S*.