CHAPITRE XXn
OR. Au= 1243,00.
L'or trèfl-dirisé est d*iuie couleur aMez variable du bruntiMieé au pourpre. Eu feuilles extrAmraient unnces, il est un pea transluGÎde et parait vert par transparence. L'or en feuilles d'ine épaisseur apfMréetable, en fils ou en maaaes, est d'un beau jaoas très-légërement rougeàtre. H a un bel éclat métallique, qnine se ternit pas au contact de l'air bomide.
C'est le plus ductile et le plus maUéable de toua lee métaux. Sa ténacité est asse2 grande ; il est noo et se laisse travailkr avec beaucoup de facilité. Cependant il prend, dans un grand nœnbre de circonstances, de Taigreur et un peu d'élasticité; oa peut lui rendre aisément ses propriétés normales paor le rtcmi.
La densité de Tor fondu est de 19,40 ; elle augmente par Técrouissage jusqu'à 19,68.
Vùt entre eo fusion au reuge vif; il devient akm d'un tciI bleuâtre clair; U n'est pas sensîbleflMnt volatil aux températures qui sent produites dans les fourneaux ovdinaîremsat sm*ployés dans les laboratoires et dans les uainee* On peut fus cnstalHser Tor par refroidissement tressent; les eristaui dérivent du cube.
L'acide sulfurique n'attaque pas l'or, même à l'aide de la eha* leur ; on emploie cet acide dans l'industrie pour U séparalioD de l'or et de l'argent.
L'acide azotique étendu est également sans action sur l'or; le même acide concentré, à l'aide de la cbaleur, dissont un peu d'or lorsqu'on le &it agir sur le métal trës-divisé ou sur des alliages de l'or avec le cuivre, avec le fer, ou avec d'autres métaux facilement attaquables par l'acide azotique.
L'acide chlorbydrique très-concentré est presque sans action sur l'or très-divisé ; il n'attaque pas du tout l'or en fils, en feuilles ou en grains de dimensions appréciables. L'eau régale et tons les mélanges d'hydracides avec des acides oxygénés, avec des sob
ou des oxydes, qui sont capables de produire du chlore, du brome, etc., attaquent l'or avec la plus grande facilité.
Les dissolutions alcalines sont sans action, même sur le métal trës-divisé ; au contraire, les dissolutions un peu concentrées des sulfures alcalins dissolvent l'or avec rapidité lorsque le métal est divisé, avec lenteur quand on opère sur l'or travaillé.
Par voie sèche, les alcalis caustiques et les carbonates alcalins n'agissent sur Tor qu'au contact de l'air; l'or est partiellement oxydé ; l'oxydation a lieu cependant avec une extrême lenteur. L'or s'oxyde plus facilement au contact de l'air, à une température élevée, en présence des borates et des silicates alcalins, et même en présence des silicates contenant seulement de l'alumine, de la chaux et des oxydes métalliques. Les scories qui sont obtenues dans le traitement des minerais aurifères renferment toujours un peu d'oxyde d'or.
L'or a peu d'affinité pour l'oxygène ; il ne se combine directe- ^^ ment avec lui qu'en présence des alcalis, des borates alcalins et do quelques oxydes métalliques.
On a réussi à préparer deux oxydes, auxquels on attribue les formules Aw'O, Ati"0'. Es sont tous les deux décomposés par la chaleur, et même par la lumière; ils acquièrent une stabilité très-remarquable lorsqu'ils sont combinés avec certains corps, notamment quand ils entrent dans la composition des silicates.
Les oxydes isolés sont réduits avec une grande facilité, et à une température peu élevée, par l'hydrogène, par l'oxyde de carbone, et généralement par tous les corps qui ont de l'afiBnité pour l'oxygène.
L'or ne se combine pas directement avec le soufre ; il est faci- q^ loment transformé en sulfure par les persulfures alcalins, par voie «* sounpe. humide comme par voie sèche. On connaît ieuK sulfures, leurs compositions sont représentées par les formules Ati"S, Am^'. Tous les deux sont peu stables lorsqu'ils sont isolés ; ils laissent dégager la totaUté de leur soufre au-dessous du rouge.
Le protosulfure est difficile à préparer. Dans les opérations analytiques, on ne produit que le persulfure ; nous désignerons ce composé sous le nom de sulfure (for.
Sulfure Am*S'. — On produit ce sulfure isolé seulement par voie humide; par voie sèche, on ne peut l'obtenir qu'en combinaison avec les sulfures alcalins et avec divers sulfures métalii-
ques. En faisant agir Thydrogëne sulfuré sur une dissolution étendue de chlorure d'or, on précipité la totalité du métal à Tétat de sulfure : le précipité est d'un jaune foncé; il est floconneux, très- volumineux, difficile à laver.
Par dessiccation à 100 degrés, il devient d'un brun presque noir. Il est partiellement décomposé par les dissolutions alcalines concentrées, chaufTées à 100 degrés ; une partie de l'or se sépare à l'état métallique, une autre partie se dissout à l'état do sulfure double.
Le sulfure d'or encore humide, ou desséché à 100 degrés, se dissout rapidement dans les dissolutions des sulfures alcalins. Les dissolutions des monosulfures de potassium et de sodium, en dissolvant le sulfure d'or, prennent une couleur assez foncée, d'un jaune rougeâtre. Traitées par l'acide chlorhydrique trèsétendu, elles laissent déposer le sulfure d'or. Le précipité ainsi produit est très-volumineux ; il se rassemble très-lentement, en sorte qu'il est presque impossible de lui enlever par lavage les sels alcalins dont il est imprégné. On utilise difficilement, dans les analyses, la précipitation du sulfure d'or par l'action de l'acide chlorhydrique sur les dissolutions qui contiennent ce sulfure dissous dans les sulfures alcalins.
Par voie sèche, le sulfure d'or se combine aisément avec les sulfures alcalins et avec un grand nombre de sulfures métalb'ques ; ces sulfures doubles sont indécomposables par la chaleur. En traitant par l'eau les composés formés parles sulfures acalins, on dissout la totalité du sulfure d'or. Les sulfures doubles formés par les sulfures métalliques sont insolubles dans l'eau ; ceux qui contiennent des sulfures facilement attaquables par l'acide chlorhydrique sont décomposés par cet acide avec dégagement d'hydrogène sulfuré et séparation du sulfure d'or. Le sulfure ainsi produit n'est pas très-gélatineux.
Le sulfure d'or, Aw*S', contient :
Or 80.50
Soufre i9,50
Or L'or et Tarsenic se combinent directement à Taide de la cha-
et arsenic, leur : il suffit d'une faible proportion d'arsenic pour modifier la
couleur et les propriétés de l'or ; le métal devient blanc et trèscassant.
En chauffant très-fortement l'or combiné avec l'arsenic, on volatilise la plus grande partie, mais non pas la totalité du métalloïde. Pour enlever à l'or les dernières traces d'arsenic, on doit le passer à la coupelle avec une certaine quantité de plomb.
On n'a pas préparé d'arseniure d'or nettement défini.
L'or est rapidement attaqué par le chlore, par voie humide et ^ par voie sèche ; on a préparé deux chlorures, dont les compositions sont représentées par les formules Au^Cl, Âti'C/'.
Protochhrure Ati"C/. — Le protochlorure est d'un jaune pâle ; il se décompose lentement à la lumière, au contact de Teau, en or métallique et en perchlorure ; il est assez stable dans l'obscurité, au moins à la température ordinaire ; il est complètement décomposé au-dessous du rouge sombre. H est insoluble dans l'eau froide ; l'eau bouillante le décompose rapidement en métal et en perchlorure ; ce dernier se dissout.
Les dissolutions alcalines étendues agissent assez lentement sur le protochlorure et le transforment en protoxyde. Les dissolutions concentrées et bouillantes de potasse et de soude le décomposent avec rapidité ; une partie de l'or se sépare à l'état métallique, une autre partie se dissout^ probablement à l'état d'aurate alcalin.
Le protochlorure se dissout dans l'acide chlorhydrique ; il est décomposé par Tacide sulfurique, par l'acide azotique, etc. Ces acides séparent en général une partie de l'or à l'état métallique.
On obtient le protochlorure en chauffant le perchlorure avec beaucoup de précaution, à une température un peu supérieure à 200 degrés, tant qu'il se dégage du chlore. La décomposition du perchlorure n'étant jamais totale, il faut traiter la matière calcinée par l'eau froide et dans l'obscurité, pour enlever au protochlorure les dernières traces de perchlorure.
Perchlorure AiâCP. — Ce composé est ordinairement désigné sous le nom de chlorure dor. U est d'un rouge brun très-foncé, déliquescent, très-soluble dans l'eau et dans l'alcool ; les dissolutions sont rouges lorsqu'elles sont concentrées, et d'un jaune rougeàtre lorsqu'elles sont étendues.
n se dissout bien dans l'éther; la dissolution est d'abord d'un rouge assez vif; elle se divise bientôt en deux couches : l'une
incolore et contenant seulement de l'eaa et de Tacide chlorhydrique, Tautre d'un beau jaune et renfermant la totalité de For à un état chimique encore indéterminé. La liqueur jaune portait autrefois le nom A^ or potable.
En évaporant avec lenteur la dissolution de chlorure d*or dans Teau, on obtient le chlorure anhydre, non décomposé. Le résida de Tévaporation à sec, chauffé au delà de 100 degrés, laisse dégager du chlore ; la transformation en protochlorure n'est à peu près complète qu'après un temps assez long, et lorsqu'on a &iit chauffer au moins à 200 degrés.
Lorsqu'on verse de l'acide chlorhydrique dans la dissolution rouge de chlorure d'or, la liqueur devient immédiatement jaune; elle donne, par évaporation lente, dos cristaux jaunes, non déUquescents, de chlorhydrate de chlorure ^of. Les cristaux abandonnent de l'acide chlorhydrique lorsqu'on les fait chauffer à 100 degrés. Il ost difficile d'obtenir l'expulsion totale de l'acide par dessiccation très-prolongée à 100 degrés seulement; en chauffont un peu plus, on obtient un dégagement de chlore et d'acide chlorhydrique ; la matière desséchée contient alors un mélange en proportions variables de chlorure d'or et de protochlorure.
Le chlorure d'or forme des composés cristallisables avec les chlorures alcalins, alcalins terreux, et métalliques. Ces chlorures doubles peuvent être représentés par la formule RCZ+AttHy + mHO. Dans les chlorures doubles qui ont été analysés, le nombre m d'équivalents d'eau est au moins égal à 4.
En se combinant avec certains chlorures, le chlorure d'or acquiert une plus grande stabilité. Les chlorures doubles d'or, de potassium et de sodium peuvent être desséchés, et chauffés au« dessus de 200 degrés, sans qu'il y ait dégagement do chlore. Plusieurs chlorures doubles laissent , au contraire , dégager du chlore lorsqu'on cherche à leur enlever l'eau par dessiccation à 100 degrés, ou à une température un peu plus élevée.
Le chlorure d'or est déoomposé avec plus ou moins de rapidité par tous les corps qui ont une certaine affinité pour le chlore : nous avons cité dans les volumes précédents quelques exenqxles de cette facile décomposition. Lorsqu'il s'agit de précipiter entièrement l'or à l'état métallique, on fait agir le sulfate de protoxyde de fer ou l'acide oxalique sur la dissolution de chlorure d'or un peu oonoentrée, acidifiée par l'acide chlorhydrique.