‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 3)Chapitre 25 sur 46 · OR. 95K · texte numérisé non relu

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Nous insisterons seulement sur les actions de ces deux agents réducteurs.

Sulfate de' prôtoxyde de fer. — On ajoute le sulfate en assez grand excès dans la liqueur chlorhydrique ; on fait chauffer à 30 degrés environ ; on opère dans une fiole imparfaitement bou* chée, afin d'éviter autant que possible Faction de Tair sur le sel de prôtoxyde de fer.

La liqueur devient d'abord d'un beau vert ; l'or commence à se précipiter sous forme d'une poudre brune. A mesure que la précipitation du métal fait des progrès, la couleur verte passe au bleu. Cette dernière teinte s'afiaiblit de plus en plus; elle disparaît lorsque l'or esl entièrement précipité. E faut en général beaucoup de temps pour atteindre ce résultat. Lorsqu'il s'agit, dans une analyse, de précipiter environ 1 gramme d'or contenu dans une liqueur chlorbydrique fortement acide, on ne peut pas ordinairement obtenir la réduction totale du chlorure d'or par le sulfate de fer en moins de quarante-huit heures.

L'or ainsi obtenu est très-divisé ; il faut une grande attention pour le laver et pour le recevoir sur un filtre, sans en perdre une portion appréciable.

Acide oxalique. — On fait agir dans une capsule l'acide oxalique ou Toxalate de potasse en grand excès sur la dissolu^ tion chlorbydrique, faiblement acide, du chlorure d'or. On fait chauffer à 100 degrés; on ajoute de l'eau à mesure quelevo* lume du liquide diminue par l'évaporation.

La décomposition du chlorure d'or commence promptement; elle fait même des progrès assez rapides tant que la liqueur con-* tient une quantité un peu notable du chlorure métallique. Elle devient de plus en plus lente lorsqu'il ne reste plus que peu de chlorure non décomposé. La majeure partie de l'or est précipitée en quelques heures, et il faut souvent plus de quarante^huit heures pour achever la précipitation. L'or se dépose sous forme de petites écailles de couleur jaune, et douées de l'éclat métalli-^ que ; il est très- facile de le laver et de le recevoir sans perte sur un filtre.

Le chlorure d'or contient :

Gbltre g4,S4

966 MÉTAUX PROPREMENT WTS.

.^ On connaît deux bromures d'or; celui qu'on obtient avec le

plus de facilité est leperbromure. Sa composition est représentée par la formule Aî/Br^. H est d'un gris foncé, très-soluble dans l'eau ; la dissolution est d'un brun rougeàtre lorsqu'elle est concentrée ; elle donne des cristaux par évaporation lente. Le bromure est facilement décomposé par la chaleur; il forme des bromures doubles avec les bromures alcalins, alcalins terreux et métalliques.

Le sulfate de protoxyde de fer et l'acide oxalique agissent sur le bromure à peu près comme sur le chlorure. Or M Iode. Qn a préparé deux iodures : Am*Io, Am*Io'.

Le protoiodure est celui qui se produit ordinairement ; il est d'un jaune verdàtre, et insoluble dans l'eau froide. C'est en raison de cette insolubilité de l'iodure que l'oi^ est à peine attaqué par l'iode, par voie humide, tandis qu'il est rapidement dissous par le brome et par le chlore.

L'iodure est un peu soluble dans l'eau bouillante ; il se dissout en plus grande proportion dans les dissolutions concentrées des iodures alcalins. Mais les dissolutions contiennent l'or à l'état de periodure.

n ne résiste pas à une température supérieure à 150 degrés. Les acides azotique, chlorhydrique , sulfurique, très-étendns sont, à froid, presque sans action sur l'iodure d'or; les mêmes acides un peu concentrés le décomposent facilement, surtout à l'aide d'une douce chaleur. AUia^. L'or se combine facilement avec presque tous les métaux; nous dirons seulement quelques mots des principaux alliages.

Fer. — L'or et le fer peuvent se combiner en toute proportion. Les alliages qui contiennent de 8 à iO pour iOO de fer sont d'un blanc jaunâtre, ductiles, tenaces, d'une assez grande dureté, et susceptibles de prendre un très-beau poli.

On emploie en bijouterie, sous le nom d'or çi[i$, des alliage qui renferment de J5 à 20 pour 100 de fer; ils sont d'un gris très-légèrement jaunâtre, très-durs ; ils se laissent bien travailler, et ils prennent un beau poli. Les alliages qui contiennent de 75 à 80 pour 100 de fer sont aussi blancs que l'argent; ik ont une très-grande dureté; on peut encore les travailler au marteau. Dans la combinaison de l'or avec le fer il y a dilatation.

Ces alliages sont tous attaqués par l'eau régale, qui dissout les

deux métaux. L'acide azotique n'enlève que très-difficilement la totalité du fer à l'or ; les alliages qui contiennent peu de fer sont trës-incomplétement attaqués par cet acide. L'acide chlorhydrique dissout le fer avec encore plus de difficulté que l'acide azotique. L'acide sulfurique un peu étendu, agissant à une température voisine de 100 degrés sur les alliages réduits en limaille très-fine, sépare plus nettement l'or en dissolvant tout le fer.

Cuivre. — L'or et le cuivre ont une très-grande affinité l'un pour l'autre ; il y a dilatation dans la combinaison des deux métaux. Le cuivre donne à l'or une couleur rougeâtre très-prononcée ; il ne diminue pas beaucoup sa ductilité et il augmente notablement sa dureté.

L'alliage le plus dur est celui qui contient environ 12 pour 100 de cuivre ; le maximum de dureté doit répondre à la combinaison de 3 équivalents de cuivre avec 7 équivalents d'or.

Les monnaies françaises contiennent 10 pour 100 de cuivre ; les bijoux et la vaisselle renferment de 8 à 2S pour 100 de cuivre. Dans la plupart des pays étrangers, les titres.des monnaies d'or diffèrent notablement de celui qui a été adopté en France.

Les alliages d'or et de cuivre ne sont pas notablement attaqués par l'acide chlorhydrique. L'acide azotique dissout la majeure partie du cuivre, mais il enlève difficilement à For la totalité du cuivre, au moins lorsqu'on le fait agir sur des alliages qui renferment une forte proportion d'or. Lorsque l'acide azotique dissout la totalité du cuivre, il dissout en mémo temps un peu d'or. L'eau régale attaque rapidement tous les alliages d'or et de cuivre, en dissolvant les deux métaux.

Zinc. — Le zinc se combine aisément avec l'or ; il y a contraction dans la combinaison. Les alliages sont d'un blanc plus ou moins jaunâtre, suivant la proportion du zinc; ils sont assez durs, peu ductiles et peu malléables ; ils peuvent prendre un très-beau poli, mais ils sont tous trop cassants pour être utilisés dans l'industrie. Ils se comportent avec les acides à peu près comme les alliages de fer et d'or. Soumis à une calcination très-forte, les alliages laissent volatiliser la totalité du zinc ; les vapeurs de ce métal entraînent toujours un peu d'or.

Étain et antimoine. — Ces deux métaux forment avec l'or des alliages très-fusibles, mais très-peu ductiles ; il suffit d'une proportion très-faible, de 1 à 2 pour 100 d'étain ou d'antimoine,

pour rendra Tor très^igre. La couleur des alliages varie du gris jaunAtre au gris presque blanc. Us ne sont facilement attaqués que par Teau régale. Il y a contraction dana la combinaisoii de l'or avec l'antimoine et avec l'étain.

Plomb. — Le plomb se combine avec la plus grande facilité avec l'or; les alliages sont d'un gris plus ou moins jaunâtre, d'une faible dureté ; ils ne sont ni ductiles ni malléables ; il suffit même d'une très-faible proportion de plomb pour enlever i l'or toute ductilité. Les alliages sout très- fusibles. Lorsqu'on les passe à la coupelle, le plomb s'oxyde en totalité, et la litharge, absort)ée par la coupelle, n'entraîne qu'une quantité négligeable d'or.

L'acide azotique sépare assez bien le plomb de l'or l(Hrsque les alliages sont suffisamment divisés. L'eau régale attaque aisément les alliages en dissolvant les deux métaux.

Argent, — L'or et l'argent se combinent en toute proportion ; mais lorsqu'on maintient longtemps en fusion tranquille les alliages qui renferment beaucoup d'argent, il se produit dans la masse une liquation ; les parties voisines de la surface ne contiennent plus que de l'argent faiblement aurifère, tandis que vers le fond de la masse en fusion se trouve un alliage qui renferme S parties d'or pour i partie d'argent.

L'argent donne à l'or une couleur verd&tre lorsque la propo^ tion de l'argent n'est pas trop forte. Les alliages qui contiennent plus de 80 pour iOO d'argent sont- presque blancs» L'alliage em* ployé en bijouterie sous le nom iior vert contient 30 pour iOO d'argent et 70 pour 100 d'or.

L'argent en se combinant avec l'or lui donne de la dureté, un peu d'élasticité, et ne lui enlève pas notablement de ductilité.

Les alliages qui contiennent au moins 80 pour 100 d'argent sont entièrement attaqués par l'acide azotique ; l'argent seul est dissous ; l'or reste presque nettement insoluble. Les alliages qui contiennent beaucoup d'or sont au contraire difficilement attaqués par l'acide azotique ; l'or indissous retient une portion fort appréciable de l'argent.

L'acide sulfurique concentré attaque les alliages à la tempéra-

ture de 100 degrés ; il dissout la totalité de l'argent lorsque ce

métal est en proportion assez forte ; l'or reste plus nettement

insoluble que dans le cas où l'on fait agir l'acide azotique.

L'eau régale attaque incomplètement les alliages qui renfe^

ment beaucoup d*argent, et dissout la totalité de Tor contenu dans les alliages qui ne sont pas trop riches en argent; en étendant la liqueur acide d'une très-grande quantité d*eau, on obtient la séparation très-nette des deux chlorures d'argent et d'or. Le chlorure d'argent insoluble peut être entièrement débarrassé par des lavages du chlorure d'or dont il est imprégné.

Platine. — On obtient des mélanges homogènes d'or et de platine en chauffant très-fortement les deux métaux. Tous sont ductiles et malléables. La couleur se rapproche de celle du platine pur lorsque la proportion de l'or ne dépasse pas 20 pour 100; les alliages qui contiennent moins de 10 pour 100 de platine ont tout à fait la couleur de l'or.

Ces alliages ne sont pas attaqués par l'acide azotique, par l'acide chlorhydrique, etc. ; ils sont aisément dissous par l'eau régale.

Les alliages qui renferment en même temps de l'argent sont plus roides et plus élastiques; ils sont très-ductiles; ils sont blancs lorsque Ter n'est pas en quantité dominante.

Les alliages d'or, d'argent et de platine sont attaqués par l'acide azotique ; lorsque l'argent est en proportion suffisamment grande, tout l'argent et en môme temps tout le platine sont dissous par l'acide, l'or seul reste indissous.

L'or se combine également avec facilité avec les métaux qui accompagnent le platine dans ses minerais ; les alliages sont gé^ néralement très-durs.

Mercure. — L'or se combine rapidement avec le mercure ; une feuille d'or blanchit presque immédiatement au contact de la vapeur de mercure ; les grains d'or très-petits que contiennent les sables aurifères se dissolvent en quelques heures dans le mercure liquide ; mais les grains un peu gros échappent à l'amalgamation. Ce fait est bien connu dans l'industrie. On cherche toujours à séparer par lavages, et en profitant de leur grande densité, tous les grains de dimensions appréciables; on n'appUque l'amalgamation qu'aux matières (minerais, sables, produits divers) contenant l'or très-divisé.

L'amalgame qui contient 2 parties d'or pour 1 partie de mercure est solide ; on peut l'obtenir cristallisé en prismes ; celui qui renferme 7 parties de mercure pour 1 partie d'or est mou et pétrissable ; il faut employer plus de i 0 parties de mercure pour dissoudre 1 partie d'or, et pour obtenir un amalgame liquide.

Par compression dans une peau de chamois on sépare la plus grande partie du mercure; il reste dans la peau un amalgame solide ; sa composition dépend de Fénergio de la compression.

En chauffant progressivement jusqu'au rouge un amalgame d'or, on volatilise la totalité du mercure; les vapeurs n'entraînent pas une proportion d'or appréciable ; il y a au contraire un peu d'or entraîné lorsque la distillation est conduite trop rapidement

1 • — CombiaaUwas de l'or avee VoTfgèwÈe.

Le protoxyde d'or est peu stable ; il ne forme pas de combinaisons salines, et on n'a presque jamais occasion de le produire dans les opérations analytiques. Le peroxyde est un peu plus stable ; il se comporte avec les bases fortes comme un véritable acide ; il peut se combiner avec un certain nombre d'acides, mais les dissolutions n'offrent pas les caractères des sels.

PEOTOSTDfi D'OR. ÂuK>.

Le protoxyde est difficile à préparer k l'état de pureté ; on l'obtient en décomposant le protochlorure par une dissolution trèsétendue de potasse, ou bien en faisant agir sur une dissolution de chlorure d'or l'azotate d'oxydule de mercure on proportion convenable.

Il est d'un brun violet très-foncé, presque noir. H devient d'un bleu violacé à la température de 100 degrés ; chauffé un peu plus fortement, il se décompose en totalité.

Il est insoluble dans l'eau^ à froid ; 11 reste, en partie, très-longtemps en suspension ; il se rasseml)le rapidement lorsqu'on fait chauffer pendant quelque temps à 100 degrés.

L'acide chlorhydrique le décompose en or métallique et en chlorure d'or qui se dissout : les acides bromhydrique et iodhydrique le transforment au contraire en protobromure et en pro* to-iodure. Les oxacides étendus ne l'attaquent pas ; les acides un peu concentrés le décomposent, et séparent une partie de For à l'état métallique. Le protoxyde se dissout dans l'eau régale ; la liqueur contient l'or à l'état de perchlorure.

Il n*est pas notablement soluble dans les dissolutions de potasse et de soude.

Le protoxyde contient :

Or 96,13

Oxygène 3,87

100,00 PEaOZTDC D'OE. Au<OS.

On connaît le peroxyde d'or anhydre et hydraté. On obtient Toxyde anhydre en décomposant par l'acide azotique concentré Faurate de zinc ou l'aurate de magnésie. On produit Thydrate en traitant ces composés par Tacide azotique très-étendu, ou bien en décomposant le chlorure d'or par le carbonate de soude.

L'oxyde anhydre est d'un brun foncé, presque noir ; il est insoluble dans Teau, dans les acides azotique, sulfurique et acétique étendus : les mêmes acides concentrés n'en dissolvent qu'une très-petite quantité. Il est presque insoluble dans les dissolutions alcalines, étendues et froides.

L'hydrate est volumineux, gélatineux, d'un beau rouge : il ressemble beaucoup à l'hydrate de peroxyde de fer précipité par l'ammoniaque. Il est un peu soluble dans les acides azotique, sulfurique et acétique concentrés ; il est presque insoluble dans ces acides étendus.

n se dissout facilement dans les dissolutions alcalines concentrées, surtout à l'aide de la chaleur; les liqueurs sont assez fortement colorées en jaune lorsqu'elles ne sont pas trop étendues ; elles ne se troublent pas quand on les étend d'eau.

L'acide oxalique décompose rapidement l'oxyde d'or, anhydre ou hydraté, à une température voisine de 100 degrés : il se produit de l'or métallique et de l'acide carbonique. Plusieurs acides et matières organiques enlèvent également l'oxygène à l'or, à l'aide de la chaleur : mais pour l'acide oxalique seul il y a production d'acide carbonique.

L'acide chlorhydrique et l'eau régale dissolvent aisément l'oxyde d'or; les liqueurs acides contiennent l'or à l'état de chlorure ou de chlorhydrate de chlorure.

L'oxyde d'or contient :

Or 89,23

Oxygène 10.77

iOO,00 T. ir. «I

COMBINAIflOm SALIIHÎS.

Dans les opérations analytiques on obtient l'oxyde d*or combiné avec les bases énergiques, ou bien For en dissolution dans Tacide chlorhydrique ou dans l'eau régale. Noos indiquerons les principaux caractères des aurates^ et ceux de la dissolution chlorhydrique.

AuRATES. — L'oxyde d'or forme des composés solubles avec la potasse, la soude et la baryte. Avec la magnésie, Toxyde de zinc et divers oxydes métalliques, il forme des aurates insolubles ou peu solubles dans Teau : ces divers composés sont entièrement dissous par Tacide chlorhydrique, employé en excès; les acides oxygénés, tels que l'acide azotique et l'acide sulfurique étendus d'eau, séparent à peu près nettement l'oxyde d'or.

Les acides agissent de la même manière sur les dissolutions des aurates solubles : ainsi, par exemple, lorsqu'on verse progressivement de l'acide chlorhydrique faible dans une dissolution d'aurate de potasse, on obtient un précipité d'oxyde d'or hydraté, qui se redissout facilement dans un excès d'acide. Dans les mêmes conditions, les acides azotique et sulfurique ne redissolvent pas le précipité d'oxyde d'or.

Lorsqu'on fait agir l'acide azotique ou l'acide sulfurique sur une dissolution d'aurate alcalin, en faisant varier le degré de concentration des liqueurs, on peut obtenir de l'oxyde d'or anhydre ou hydraté, d'une couleur variable du noir au brun rougeâtre. L'oxyde est toujours très-difficile h laver : on prépare l'oxyde d'or plus pur en faisant agir l'acide azotique sur l'aurato de magnésie ou sur l'aurate de zinc.

L'oxyde d'or, combiné avec les bases énergiques, n'est pas aussi facilement décomposé que l'oxyde isolé par la chaleur et par l«s corps avides d'oxygène. On ne parvient même pas à ramener tout l'or à l'état métallique en faisant chauffer au rouge l'aurate de potasse ou l'aurate de sopde, ou bien en faisant agir longtemps l'oxalate de potasse sur la dissolution concentrée des aurates alcalins.

Dissolution chlorhydrique. — La dissolution acide de chlorure d'or tache presque immédiatement la peau en brun violacé; elle

laisse déposer Tor à l'état métallique sous Taction d'un grand nombre de matières organiques et de composés inorganiques ayant de Taffinité pour l'oxygène.

Presque tous les métaux en précipitent rapidement Tor loufi forme d'une poudre brune très-lourde.

Une dissolution de potasse ou de soude, ajoutée progressivement, même en grand excès, ne produit aucun précipité lorsque l'acide chlorhydrique libre est en quantité suffisante. Il se forme d'abord un chlorure double soluble, qui est ensuite décomposé partiellement par Talcali en excès, avec production d'aurate alcalin, également soluble.

Quelquefois cependant, lorsque l'alcali contient une petite quantité de substances organiques, il se forme à la longue un léger précipité brun ou noir, de protoxyde d'or. Ce précipité ne se produit pas quand les alcalis ont été convenablement préparés.

L'ammoniaque, employée en excès, produit un précipité pul«vérulent et jaune, d'or fuUninant. Ce composé détone avec vio* lence par une douce chaleur et par le choc. Il faut toujours éviter avec la plus grande attention de mettre l'ammoniaque ou des sels ammoniacaux en contact avec les dissolutions acides ou alcalines qui contiennent de l'or.

lies carbonates alcalins ne produisent à froid aucun précipité ; à Faide de la chaleur ils précipitent l'or h l'état d'oxyde hydraté ; il reste toujours dans la dissolution une certaine partie de l'or à l'état de chlorure double ; il est, de plus, impossible d'enlever au précipité, par des lavages prolongés, la totalité des sels dont il est imprégné.

Le cyanure de potassium produit un précipité jaune, entière* ment et facilement soluble dans un excès de réactif ; lorsque la dissolution contient beaucoup d'acide chlorhydrique libre, le cya<> nure de potassium ne donne aucun précipité.

L'acide oxalique et les oxalates alcalins précipitent l'or à l'état métaUique ; il faut chauffer pendant longtemps à 100 degrés pour obtenir la précipitation complète. L'action des réactifs organiques est nulle, ou du moins très-incomplète, lorsque la disaolutioi} renferme de l'acide azotique.

Le prussiate jaune produit un précipité d'un vert émeraude ; le prussiate rouge ne donne aucun précipité, même dans la dissolution très-faiblement acide.

L'azotate d'oxydule de mercure, veraé sans excès dajis la dissolution faiblement acide de chlorure d'or, produit un précipité presque noir de protoxyde d'or. Si l'azotate est en excès, on obtient un mélange de protoxyde d'or et de protochlorure de mercure*

Le sulfate de protoxyde de fer produit la précipitation cornplète de l'or à l'état métallique lorsqu'on opère à 40 ou 50 degrés sur des liqueurs concentrées. Dans la dissolution très-étendue et froide, il donne d'abord à la liqueur une coloration bleue ; le précipité brun d'or métalUque très-divisé se forme ensuite^ avec beaucoup de lenteur ; la précipitation de l'or n'est pas complète même après plusieurs jours.

Le protochlorure d'étain, dissous dans l'acide chlorhydrique, donne une coloration d'un brun rougeàtre à la dissolution trèsétendue de chlorure d'or. Dans la dissolution concentrée, le chlorure d'étain produit un précipité dont la couleur varie du brun au rouge pourpre. Pour obtenir le pourpre de Cassins d*une belle couleur, il faut employer une dissolution chlorhydrique contenant du protochlorure et du bichlorure d'étain.

L'iodure de potassium colore d'abord en brun très-foncé la dissolution faiblement acide de chlorure d'or ; il se forme, au bout de quelque temps, un précipité d'un jaune verdàtre de protciodure d'or; la liqueur contient de l'iode libre.

L'hydrogène sulfuré donne un précipité dont la couleur varie avec le degré de concentration et d'acidité de la dissolution ; il est généralement d'un brun foncé, ou même presque noir ; il se rassemble très-lentement; il est insoluble dans l'eau saturée d'hydrogène sulfuré.

Dans une dissolution tout à fait neutre, le sulfhydrate d'ammoniaque et les sulfures alcalins produisent d'abord des précipités bruns, de sulfure d'or, entièrement et facilement solubles dans un excès de réactif. En décomposant par l'acide chlorhydrique le sulfhydrate ou les sulfures alcalins, on précipite l'or à l'état de sulfure. Le précipité, accompagné d'une proportion plus ou moins forte de soufre libre, est très-volumbieux et d'un brun jaunâtre. On ne parvient que très-difficilement à le laver et à le recueillir sur un filtre.

S t. — D«Mige de l'or.

Le dosage de l'or présente presque toujours de grandes difficultés ; on détermine souvent le métal par la voie sèche, qui permet d'obtenir avec facilité des résultats exacts. Quelquefois, par exemple dans les analyses de certains alliages, on évalue l'or par différence. On ne fait le dosage de For par voie humide que lorsqu'il est impossible d'évaluer différemment le métal, et, dans ce cas, on pèse l'or à Fétat métallique.

Dissolution cmiORHTDRiQUE. — - Considérons d'abord le cas le plus simple : il s'agit de déterminer l'or dans une liqueur chlorhydrique, ne renfermant par d'acide azotique. On amène l'or à l'état métallique par l'action du sulfate du protoxyde de fer ou par celle de l'acide oxalique.

Sulfate de protoxyde de fer. — La dissolution de chlorure d'or doit être un peu concentrée et assez fortement acidifiée par l'acide chlorhydrique ; on ajoute un assez grand excès de sulfate de protoxyde de fer ; on agite pendant quelques instants ; on recouvre l'orifice de la fiole d'un papier, et on la laisse pendant deux jours exposée à une température d'environ 40 degrés. Après ce temps, l'or est quelquefois précipité en iotalité ; mais il est impossible de reconnaître à l'aspect de la liqueur si la précipitation est réellement complète.

Pour s'en assurer, on décante la liqueur ; on y ajoute une nouvelle quantité de sulfate de fer, et on la conserve pendant vingt-quatre heures, en la faisant chauffer à environ 50 degrés. Si, après ce temps, il ne s'est formé aucun précipité^ on admet que tout l'or se trouve à l'état métallique dans la première fiole. S'il se forme un nouveau dépôt d'or, il faut encore essayer la liqueur décantée, et faire agir, sur le liquide qui est resté dans les deux fioles, une petite quantité de l'agent réducteur. On continue ainsi jusqu'à ce que l'essai d'une des liqueurs décantées indique l'absence de l'or.

On arrive quelquefois du premier coup à la précipitation totale de l'or; mais on est plus ordinairement obligé d'essayer cinq ou six liqueurs décantées successives , chacune d'elles lais-

sant déposer une petite quantité d'or. On est ainsi conduit à employer une proportion trèa^grande du sulfate de fer, à ajouter successivement do l'acide chlorhydrique afin de maintenir les liqueurs suffisamment acides, et à diviser le précipité d'or entre plusieurs fioles d'assez grandes dimensions.

La précipitation totale étant obtenue, on lave l'or par décanta* tions avec de l'eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique i on le fait passer sur un filtre pesé ; on achève le lavage avec de l'eau pure ; on fait sécher à 100 degrés et on pèse de nouveau : l'augmentation de poids du filtre donne le poids de Vor métallique. Comme l'or est extrêmemeiit divisé, il faut tine grande attention pendant les lavages et pendant la filtration pour ne pas eh perdre une quantité appréciable.

Les chances de perte augmentent avec les difficultés qu'on a éprouvées à obtenir la précipitation complète, car le précipité est réparti entre un plus grahd nombre de fioleS) et il est bieti difficile de ne pas laisser quelques parcelles d'or adhérentes aui parois de chacune d'elles.

En raison de cette perte, à laquelle on est toujours ezposé^il ne faut pas attacher une très-grande importance à l'incertitude qui peut résulter du mode de pesée sur un filU^, après dessioct* tion à 100 degrés. La différence dans l'état hygrométrique du papier, lors des deux pesées, n'a ^as une bien grande influencé sur l'exactitude du résultat.

U est^ du reste , assez facile de peser l'or réuni on un bou* ton, en opérant de la manière suivante.

On sépare, autant que possible, le métal du papier ; on brûle ce dernier ; on introduit les cendres et l'or qui a été séparé du filtre, dans une feuille de plomb pur et pauvre, dont le poids doit être environ le double de celui de l'or ; on passe à la ooupelle; on obtient ainsi l'or sous forme d'un bouton qu'on peut peser avec beaucoup d'exactitude. Les opérations sont un peu délicates; mais il est possible de les effectuer sans perte notable du métal précieux.

Cependant nous ne conseillons pas d'opérer ainsi : en cherchant à peser l'or sous forme de bouton, on n'écarte qu'une cause d'incertitude relativement peu importante. Les principales causes de perte sont dans la précipitation, dans le lavage , et dans la filtration de l'or extrêmement divisé.

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