‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 3)Chapitre 26 sur 46 · OB · texte numérisé non relu

OB

Nous ne potivotis fixer, même approxiinatiTëmeiit, le degré d'exactitude qu'il est possible d'atteindre parle procédé que nous venons d'exposer : il dépend exclusivement de l'habileté de l'opérateur. Nous dirons seulement qu'il est presque impossible d'obtenir, pour le dosage de l'or, autant d'exactitude que pour les déterminations du fer, du cuivre, du nickel, eto* Le procédé de dosage est donc trës-défectueux.

Acide oxalique. — L'emploi de l'acide oxalique présente peutêtre des difficultés moins grandes : on n'a pas à craindre l'action oxydante de l'air sur l'acide oxalique ; on peut opérer dans une capsule, et sur une dissolution renfermant peu d'acide chlorhydrique libre.

On fait agir l'acide oxalique en assez grand excès, à la température de 50 à 60 degrés, pendant deux jours au moins.

La précipitation de l'or, accompagnée d'un dégagement d'acide carbonique, se fait d'abord avec assez de rapidité ; elle devient très-lente lorsque la liqueur ne renferme plus qu'une petite quantité d'ôr \ on ne peut pas reconnaître à quel moment la précipitation est terminée.

n faut décanter la liqueur claire , y ajouter de l'acide oxalique, faire chauffer entre 60 et 70 degrés pendant 24 heures au moins. S'il se produit un dépôt d'or appréciable, il faut encore décanter, et faire agir une nouvelle quantité d'acide oxalique sur la liqueur décantée, ainsi que sur les petites quantités de liqueurs qui se trouvent au dessus des deux précipités.

L'absence de tout dépôt d'or métallique dans les liqueurs acides décantées, contenant un grand excès d'acide oxalique, et chauffées à 80 degrés environ, est la seule indication à peu près certaine de la précipitation totale de l'or.

Lorsque ce résultat est obtenu, on fait passer tous les précipités dans une seule capsule ; on les lave par décantations. L*or est presque toujours en écailles jaunes, douées de l'éclat métallique ; il est rarement très-divisé ; le lavage peut être fait aisément sans qu'il y ait perte de métal. On le reçoit sur un filtre pesé; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau. On peut encore opérer comme nous l'avons dit précédemment, et peser l'or fondu en un bouton.

Le dosage de l'or est un peu plus exact que dans le cas où la précipitation est faite par le sulfate de fer ; mais on n'est jamais

certain de réduire la totalité de For à l'état métallicpie ; la pesée du précipité desséché à 100 degrés, ou du bouton obtenu par coupellation, laisse toujours un peu d'incertitude sur la teneur réelle de la dissolution proposée.

Il est impossible d'employer un autre mode de précipitation. L'hydrogène sulfuré fait bien passer la totahté du chlorure d'or à l'état de sulfure, mais le sulfure ne peut pas être lavé ; il ne peut pas être aisément recueilli en totalité sur un filtre. L'emploi du sulfhydrate présente des difficultés plus grandes encore.

On est donc obligé de recourir à l'action de l'acide oxalique ou à celle du sulfate de fer, et nous venons d'indiquer combien les deux procédés de réduction laissent à désirer.

Dissolution régale. — Lorsque l'or est en dissolution dans Teau régale, ce qui se présente assez ordinairement dans l'analyse des alliages, il est impossible d'obtenir la réduction totale à l'état métalUque par l'acide oxaUque ou par le sulfate de fer : il faut concentrer la dissolution, en ajoutant progressivement de l'acide chlorhydrique, et faire chauffer presqu'à 100 degrés, jusqu'à ce que tout l'acide azotique soit décomposé ; on fait ensuite agir soit l'acide oxalique soit le sulfate de fer.

Dans la première partie des opérations, évaporation avec addi* tion d'acide chlorhydrique, on est exposé à perdre une fraction très-appréciable de chlorure d'or, entraîné par les vapeurs acides. Le dosage est donc encore plus incertain que dans le cas où la dissolution proposée ne renferme pas d'acide azotique.

Or et tellure. — On doit fahre la séparation de l'or du tellure dans l'examen des espèces minérales très-rares, qui renferment des tellurures de divers métaux, or, argent, plomb, etc.

Les procédés analytiques qui ont été proposés jusqu'à présent ne permettent pas d'obtenir le dosage très-exact de For; aussi ne ferons-nous connaître qu'un seul de ces procédés. Nous supposons que le minéral proposé contienne seulement du tellure, de l'or, de l'argent et du plomb.

On attaque le minéral par l'eau régale peu azotique ; on fait arriver de l'hydrogène sulfuré, et on sature progressivement par l'ammoniaque ; on lave longtemps avec de l'eau chargée de suifhydrate les sulfures de plomb et d'argent qui restent indissou9«

Ces sulfures retiennent presque toujours un peu de sulfures d'or et de tellure ; pour achever la séparation, il est nécessaire de traiter le précipité par l'acide chlorhydrique, auquel on ajoute un peu d'acide azotique, et de recommencer la sulfuration par l'hydrogène sulfuré et par l'ammoniaque, ainsi que les lavages avec de Veau chargée de sulfhydrate.

L'insolubilité du chlorure d'argent dans une liqueur acide n'empêche pas d'obtenir la totalité de l'argent à l'état de sulfure.

Nous nous occuperons seulement de la dissolution qui renferme les sulfures d'or et de tellure dissous dans un excès considérable de sulfhydrate.

On décompose le sulfhydrate par l'acide chlorhydrique étendu; on lave longtemps par décantations le précipité de soufre libre, de sulfure d'or et de sulfure de tellure. Le lavage exige beaucoup de temps et d'attention, bien que la présence du sulfure de tellure en forte proportion rende beaucoup plus nette la précipitation du sulfure d'or.

Lorsque tous les sels ammoniacaux ont été dissous, on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau. Ces pesées permettent de rapporter au précipité total les résultats qui seront obtenus ultérieurement^ en opérant sur la partie du précipité qu'il est possible de séparer du papier.

On introduit le soufre et les sulfures dans une boule de verre, soudée entre deux tubes de diamètres inégaux. Par le tube le plus petit on fait arriver un courant de chlore parfaitement desséché ; le tube le plus large est recourbé, et plonge dans une 'dissolution étendue de potasse.

Lorsque l'air a été expulsé de l'appareil, on fait chauffer la boule avec la flamme d'une lampe à alcool ; le soufre, le tellure et l'or sont rapidement attaqués par le chlore ; on règle la température et la rapidité du courant gazeux de telle sorte que la formation des chlorures ait lieu sans trop de vivacité.

Il faut que les chlorures volatils de teÛure et de soufre se dégagent lentement de la boule sans entraîner la plus petite quantité du chlorure d'or, et soient complètement absorbés par la dissolution de potasse. On doit chauffer de temps en temps avec la lampe le tube recourbé, afin d'en expulser la totalité des chlorures volatils qui adhérent aux paiois.

Lorsque l'opération est bien conduite on a, d'un côté le chlo-

rure d'or dans la boule, de l'autre côté les acides tellurîque et sulfurique combinés avec la potasse dans la liqueur alcaline. La séparation de l'or et du tellure est faite rapidement et avec beaucoup de netteté.

Pour déterminer le tellure, on acidifie par Tacide chlorhydrique la dissolution alcaline ; on la concentre par évaporation lente ; on précipite le tellure à l'état libre par l'action prolongée de l'acide sulfureux.

On pèse également l'or à l'état métallique ; on dissout le chlorure par l'acide cblorhydrique ; on lave longtemps la boule avec de l'eau faiblement acidulée par l'acide cblorhydrique, afin d'obtenir en dissolution tout le chlorure d'or ; on fait agir sur cette dissolution soit l'acide oxalique soit le sulfate de fer.

Les précipitations de l'or et du tellure réussissent difficilement, en sorte que les deux dosages ùe sont pas très-rigoureux. On peut obtenir, par voie sèche, une détermination plus certaine de l'or ; il ne faut jamais négliger de faire l'essai, toutes les fois qu'on peut disposer d'une quantité assez grande du minéral.

Or et ARGENT. — L'aualysc des alliages qui contiennent seulement de l'argent et de l'or peut être faite avec une assez grande exactitude ; en pesant l'argent à l'état de chlorure on obtient un contrôle suffisant de la pesée de l'or. Nous devons considérer différents cas particuliers pour l'analyse de ces alliages.

l' AlHage contenant phis de 80 pour fOO et argent. — On opère sur environ 1 gramme d'alliage laminé en une feuille très-mince » on attaque par l'acide azotique un peu étendu, en faisant chauffer entre 80 et 60 degrés. Lorsque l'argent paratt être entièrement dissous, on ajoute une certaine quantité d'acide concentré, et on fait chauffer à 80 degrés pendant une heure ou deux. L'argent est alors certainement en totalité dans la liqueur azotique ; l'or n'est que très-faiblement attaqué et reste indissous sous forme d'une poudre brune.

On étend de beaucoup d'eau, et on lave par décantations l'or indissous. Son lavage étant terminé, on le reçoit sur un filtre pesé ; on fait sécher à 100 degrés et on pèse de nouveau. Avant de considérer le poids ainsi obtenu comme représentant exactement For de Talliage, il convient de vérifier que la matière indissoute par Facido azotique ne retient pas trace d'argent.

OR. OTi

A cet effet, on sépare Tor du papier ; on brûle ce dernier seul dans une petite capsule de porcelaine ; on traite par Teau régale les cendres et l'or qui a été séparé du filtre ; lorsque le métal est entièrement dissous on ajoute un volume d'eau assez grand, et on laisse en repos pendant plusieurs heures.

S'il ne se produit aucun trouble, on peut être certain que l'or n'a pas retenu d'argent. Dans le cas où il se produit un léger précipité, on attend qu'il soit entièrement rassemblé ; on le lave par décantations^ et on le conserve pour le réunir au chlorure d'argent qui sera précipité ultérieurement dans la liqueur azotique. Dans ce second cas, la pesée de l'or impur ne peut pas servir au dosage : ce métal doit être évalué par différence, d'après la détermination de l'argent ;

On précipite par l'acide chlorhydrique l'argent contenu dans la liqueur azotique ; on pèse le chlorure d'argent avec les précautions indiquées dans le chapitre précédent.

On calcule d'après le poids du chlorure la proportion de l'argent. Ce dosage étant très-exact, on obtient par différence l'évaluation de l'or, avec une approximation certainement plus grande que celle qui est donnée par la pesée directe de l'or indissous parTacide azotique.

n est cependant nécessaire de peser l'or toutes les fois que cela est possible, c'est-à-dire lorsque Tacide azotique a dissous la totalité de l'argent: la comparaison des deux nombres obtenus pour Tor, l'un par la pesée du métal, l'autre par différence, permet de reconnaître la présence de métaux étrangers qui peuvent échapper à l'analyse, lorsqu'on se contente de peser l'argent à l'état de chlorure*

2* AlHage contenant plus de 80 pour 100 (for. -^ L'or natif renferme presque toujours quelques centièmes d'argent; il est à peine attaqué par l'acide azotique ; cet acide ne dissout qu'une fraction de l'argent.

U en est de même pour les alliages qui renferment une forte proportion d'or. Un alliage d'or et d'argent contenant moins de 60 pour 100 d'argent, réduit en feuille très-mince, n'est pas complètement attaqué par Tacido azotique : l'or indissous retient toujours une quantit<3 appréciable d'argent.

Pour l'analyse d'un alliage riche en or, on peut procéder clo deux manières différentes :

i"" Âjoater la quantité d'argent nécessaire pour former un alliage attaquable par l'acide azotique;

2'' Employer l'action de l'eau régale pour faire passer les deux métaux à l'état de chlorures; peser le chlorure d'argent; évaluer l'or par différence.

Inquarutiou. Le premier procédé est employé do préférence dans les laboratoires d'essayeurs ; son principal avantage est de permettre la pesée rapide de l'or, en donnant pour ce métal une approxima* tion suffisante.

Le titre de Talliage proposé est déterminé soit par la pierre de touche^ soit par un traitement préliminaire par l'acide azotique. Nous dirons plus loin quelques mots sur l'emploi de la pierre de touche; nous ne parlerons maintenant que de l'opération préliminaire.

On traite par l'acide azotique, un poids p, généralement assez petit, de l'alliage laminé en feuille très-mince ; on pèse rapide*

ment la partie indissoute, soit/?' son poids : le rapport ^ donne

une première approximation de la teneur en or de l'alliage pro-

D'après cette indication, ou bien d'après celle qui est donnée par la pierre de touche, on calcule le poids d'argent fin qu'il faut ajoutera 1 gramme del'alliage pour obtenir un bouton contenant 4 parties d'argent pour 1 partie d'or. On passe à la coupelle 1 gramme de l'alliage^ le poids de l'argent calculé, et 2 grammes de plomb ; on lamine le bouton en une feuille mince^ et on laroulc en cornet.

On introduit le cornet dans une fiole ; on ajoute de l'acide azotique un peu étendu (de densité 1,20); on fait chauffer doucement pendant plusieurs heures, tant que l'acide paraît exercer une action sur l'alliage ; on décante ; on verse dans la fiole de l'acide azotique plus concentré (de densité 4. ,30), et on porte à l'ébullition pendant une heure environ. L'argent est alors entièrement dissous ; l'or reste presque en totalité insoluble, en conservant la forme du cornet.

On lave l'or par décantations, en prenant les précautions nécessaires pour ne pas briser le cornet.

Le lavage étant terminé, on fait passer le cornet dans une capsuie ; on le fait chauffer jusqu'au rouge, afin de lui donner un

peu de solidité ; on le pèse après refroidissement : son poids donne assez exactement la teneur en or de l'alliage proposé ; l'argent est calculé par la différence.

En n'employant pas une proportion d'argent plus grande que celle indiquée précédemment, on cherche à conserver à l'or, indissous par l'acide azotique, la cohésion suffisante pour qu'il no soit pas amené à l'état de poudre ; on évite ainsi les difficultés que présentent le lavage et la filtration de l'or très-divisé. C'est là certainement un grand avantage, mais il est compensé par un inconvénient assez grave.

Lorsque les opérations sont bien conduites, lorsqu'aucune parcelle d'or ne se détache du cornet, on obtient un poids un peu trop fort, car l'or retient toujours un peu d'argent. Il est facile do s'en convaincre en traitant le cornet (après la pesée) par l'eau régale, et en étendant de beaucoup d'eau : il se produit un dépôt plus ou moins appréciable de chlorure d'argent.

Pour obtenir la détermination exacte de l'or, il faudrait peser ce faible dépôt de chlorure d'argent et retrancher le poids correspondant de l'argent du poids total du cornet. On ne fait pas ordinairement cette correction. En voici les raisons :

La pesée d'une quantité très-petite de chlorure d'argent présente beaucoup de difficulté ; on ne dose pas exactement l'argent qui a été retenu par l'or; la correction n'est donc pas très-rigoureuse.

On est conduit à faire des opérations assez longues, ce qui fait perdre le seul avantage du procédé.

Dans l'attaque de l'alliage par l'acide azotique on perd un peu d'or, et par conséquent le poids du cornet contenant un peu d'argent donne probablement une approximation plus grande que le poids corrigé, en admettant même que la correction puisse être faite exactement.

Les essayeurs qui ont acquis une grande habitude de ce genre d'opérations obtiennent, par les poids des cornets, la détermination très-exacte de l'or contenu dans les alliages.

On lamine l'alliage en feuille très-mince ; on attaque 1 gramme ^^^ régale, par l'eau régale, en faisant chauffer pendant plusieurs heures, et en agitant très-fréquemment. Lorsque l'action des acides paraît être épuisée, on étend de beaucoup d'eau ; on fait chauffer à 60 degrés environ, jusqu'à ce que le chlorure d'argent soit nette-

ment rassemblé ; on le lave par décantations. On doit continuer les lavages jusqu'à ce que les liqueurs décantées ne produisent plus le moindre trouble dans une dissolution d'azotate d'argent. On parvient en général à dissoudre la totalité de l'or par Teau régale, et par conséquent à obtenir la séparation très-nette des deux métaux. On doit cependant craindre de laisser une partie de l'alliage inattaqué, principalement lorsque la proportion de l'argent est un peu forte. 11 faut donc toujoiurs vérifier que l'alliage a été complètement attaqué.

A cet eliet, on dissout le chlorure d'argent dans l'ammoniaque. Si le réactif laisse insoluble une petite quantité de l'alliage, il faut la laver avec de Teau, assez longtemps pour enlever la totalité de l'ammoniaque. On recommence ensuite l'attaque par l'eau régale, les lavages du chlorure d'argent par décantations, et enfin la dissolution de ce chlorure dans l'ammoniaque.

Lorsqu'on a obtenu l'attaque complète de l'alliage, on traite les Uqueurs ammoniacales par l'acide azotique ; on lave longtemps le chlorure d'argent par décantations; on pèse le chlorure d'argent, et d'après son poids on calcule la proportion de l'argent; l'or est évalué par différence.

Il est impossible d'obtenir le dosage à peu près exact de l'or contenu en dissolution dans l'eau régale. Le procédé est donc très-défectueux, puisqu'il oblige à déterminer par différence celui des deux métaux dont la valeur est la plus grande.

3° Alliages contenant plus de 20 pour 100 dor et plus de 20 pour 100 d'argent. — Ces alliages ne sont complètement attaqués ni par l'acide azotique seul ni par l'eau régale; c'est-à-dire que l'acide azotique ne dissout pas la totalité de l'argent, et que par l'action de l'eau régale on ne parvient pas facilement à dissoudre la totalité de l'or.

On peut procéder de deux manières différentes à l'analyse de ces alliages :

l*" Employer l'acide sulfurique concentré qui dissout seulement l'argent ;

2* Ajouter une proportion d'argent assez grande pour former

un second alliage entièrement attaquable par l'acide azotique,

^çî^j^ L'alliage étant laminé en feuille très-mince, on le fait chauffer

sulfurique. au-dessus de 100 degrés, dans une capsule de platine avec de

l'acide sulfurique concentré. On fait chauffer plus ou moins for-

tement, suivant la vivacité de Faction de Tacîde ; il faut éviter toute projection qui pourrait résulter d'un dégagement trop rapide de Tacide sulfureux; il faut de plus chercher à diviser l'alliage avec une spatule de platine, afin d'arriver à faire passer tout l'argent à l'état de sulfate.

Lorsque l'attaque paraît être complète, on laisse refroidir; on fait passer toute la matière dans une capsule de porcelaine contenant un volume assez grand d'eau froide ; on fait chauffer à l'ébidlition; on lave par décantations l'or qui u'a pas été dissous.

On pèse l'or métallique avec les précautions précédemment indiquées; on calcule l'argent par différence.

L'acide sulfurique, lorsque son action est suffisamment prolongée, attaque en général complètement les alliages d'or et d'argent, alors même que l'or est en proportion très-forte ; cependant, on ne peut jamais être certain que l'or indissous par Tacide ne retient pas une quantité appréciable d'argent ; il est donc nécessaire de vérifier la pureté de l'or, après l'avoir pesé.

On dissout l'or dans l'eau régale ; on étend de beaucoup d'eau ; on laisse en repos pendant plusieurs heures. S'il se produit un trouble ou un précipité appréciable de chlorure d'argent, il faut chercher h peser ou à évaluer le chlorure, afin de faire une correction au poids de l'or métallique.

Cette correction est incertaine, parce qu'il est impossible d'évaluer ou de peser exactement une très-petite quantité de chlorure d'argent.

On n'obtient pas une plus grande exactitude en pesant tout l'argent à l'état de chlorure.

La majeure partie, sinon la totalité de l'argent se trouve dans la Uqueur sulfurique très-étendue, et contenant une forte proportion d'acide ; on n'arrive pas h précipiter nettement l'argent à l'état de chlorure, en ajoutant de l'acide chlorbydrique à la liqueur acide.

Le chlorure retient, même après de lopgs lavages, un peu d'acide sulfurique ; on n'obtient donc pas le dosage très-exact de l'argent, en pesant ensemble le chlorure qui a été précipité dans la liqueur sulfurique et le chlorure qui est produit par l'action de l'eau régale sur l'or indissous par l'acide sulfurique.

On évalue approximativement la richesse en or de TalUage Addition proposé en se servant de la pierre de touche. On calcule le poids

d'argent.

d'argent qu'il faut ajouter pour obtenir un alliage renfermant an moins 4 parties d'argent pour i partie d'or. On passe à la coupelle 1 gramme de l'alliage, avec ce poids d'argent fin, et de 2 à 3 grammes de plomb ; on lamine le bouton métallique ; on roule le ruban en cornet et on attaque par l'acide azotique. On pèse l'or indissous; on vérifie, après la pesée, que l'or ne retient pas une proportion notable d'argent.

Ce procédé permet d'obtenir pour l'or une approximation suffisante; il donne cependant une teneur un peu faible lorsque tout l'argent est dissous par l'acide azotique. '

L'argent étant en quantité assez grande, l'acide azotique dissout toujours un peu d'or ; de plus, on perd facilement un peu d'or pendant les lavages lorsque le cornet se brise pendant les opérations.

n résulte des observations que nous venons de présenter que l'analyse des alliages d'or et d'argent ne peut pas être faite avec le degré d'exactitude qu'exigerait la valeur des métaux; nne longue habitude de ce genre d'opérations permet seule de peser Tor avec une approximation suffisante.

Or, argent, cuivre. — On doit procéder à l'analyse de manières très-différentes, suivant la proportion de l'or; nous examinerons seulement deux cas particuliers :

r L'or est en faible quantité ;

2'' L'or est dominant dans l'alliage. Premier cas. Dans le premier cas, on attaque par l'acide azotique l'alliage réduit en une feuille très-mince ; Tor seul reste indissous; on le lave par décantations, et on le pèse avec les précautions indiquées précédemment.

On le dissout ensuite par l'eau régale, et on étend de beaucoup d'eau, afin de vérifier, par l'absence de tout précipité, qu'on est parvenu à dissoudre la totalité de l'argent dans l'acide azotique.

Dans la liqueur azotique qui contient le cuivre et l'argent, on précipite ce dernier métal par l'acide chlorhydrique ; on pèse le cblorure d'argent. Le cuivre est évalué par différence. Second cts. Lorsqu'il s'agit d'un alliage d'or contenant peu d'argent et de cuivre, on commence par se débarrasser du cuivre^ en passant à la coupelle i gramme de l'alliage avec 4 ou 5 grammes de plomb. On pèse le bouton d'or et d'argent.

On néglige la faible perte d'argent qui a lieu dans la coupellation ; on évalue le cuivre par différence.

On lamine le bouton, et on attaque l'alliage par Teau régale ; on étend de beaucoup d'eau; on pèse ie chlorure d'argent; son poids permet de calculer l'argent; l'or est évalué par différence.

Ce procédé oblige à évaluer par différence le métal auquel l'alliage doit presque toute sa valeur. Pour éviter cet inconvénient et pouvoir peser l'or, il faut opérer de la manière suivante :

On passe à la coupelle 1 gramme de l'alliage avec du plomb ; on pèse le bouton d'or et d'argent, ce qui permet d'évsJuer le cuivre par différence. On passe de nouveau à la coupelle le bouton obtenu, avec 4 grammes d'argent et avec 3 ou 4 grammes de plomb.

On lamine le nouveau bouton; on attaque par l'acide azotique l'alliage qui contient plus de 4 parties d'argent pour 1 partie d'or. On pèse l'or insoluble ; l'argent est évalué par différence.

On vérifie que l'or n'a pas retenu une quantité appréciable d'argent, en le dissolvant dans l'eau régale, et en étendant de de beaucoup d'eau.

Ainsi que nous l'avons dit précédemment, la pesée de l'or ne donne pas très-rigoureusement la proportion de ce métal. S'il y a une faible erreur, elle est reportée sur l'argent; mais une petite inexactitude sur l'argent n'a pas une grande importance : c'est principalement l'or qu'il faudrait doser très* exactement.

Lorsqu'il s'agit d'un alliage contenant seulement de l'or et du cuivre, la coupellation donne pour l'or une approximation suffisante ; le cuivre est encore évalué par différence. En cherchant à doser l'or par voie humide, on n'obtiendrait pas des résultats plus exacts.

Bmptol de la pierre de tenehe. — On se sert de la pierre de touche dans les laboratoires d'essayeurs pour constater rapidement si les alliages d'or et de cuivre, et plus rarement les aUiages d'or et d'argent, employés pour les bijoux et pour les objets d'art, sont au titre légal, ou au titre énoncé par les fabricants.

L'application de ce procédé étant généralement bien connue, nous en exposerons seulement le principe.

On peut, à la rigueur, employer comme pierre de touche des lames de verre dur et dépoli ; mais les résultats sont plus nets

97i MÉTAUX PROPRiMENT DITS,

lorsqu'on se sert d'ime pierre BAtureBe trè»-dturë, iHAtteqiielile aux acides ; on donne la préféirence à la œmierme^ perfaiteBieBl poliei

Le ôhoix de la pierre présente quelques diffîealtés ; il eel ee« sentiel (}u'elle présente sur toute Tétendae de la ënriuie polie le nlème grain et la même dufeté«

Pour les alliages de tuitte et d'or, on emploie «ne liqBciil* acide , composée de 88 parties d'aeide azotique pur de àmk^ site 1^34) de È parties d'acide chk^hydrique par de denfeité 1^173 ^ et de 28 parties d'eau.

On se sert de tomkêau9^ barreaux eu lames d'&lliagee e<mle« naot des pi*opottioHs connues de eutvre et d'or*

Pour les alliages d'or et d'argent, la liqueur acide a la mèaè eomposition ; les Umoheauit sont des alliages d'or et d'argent à des titrés oonnus*

Opération. — Prenons pour eaemple un idUage d'or et de euirre, dont le titre légal doit èfare de 7S0 millièmes.

On lait «ur la pierre de touche , Àveo l'aUiagei une traoe dé quelques millimètres de longueur et de largeur. On monûllé la trace avec utie baii)e de phime trempée dans la liqueur aoidê« en opérant^ autant que possible, à la température de 10 è iâ degrés^

On laisse la liqueur acide agir p^idant un t^iips tr68-M)o«rt| une minute tout au plus \ on examine l'effet produit sur là traee i on essuie la pierre^ et OU observé de nouveau la tram« Ce seul etamen suffit ordinairement pour faille reedtmàttre Si l'aUii^ proposé est au titre légal ou à un titre inférieur^

ËQ effist, la liqueur Otttde est à peu près smis aetioli sur la trassi à la température de 18 degrés, lorsque l'alliage est au titre de 750 millièmes; l'acide dissout une grande partie du cuivre lorsque l'alliage est à un titre inférieur.

On peut aiftemétit filer aveè approMimatioii la teneur M or de l'alliage ptoposé, éti faidâtif «tir U mdttlë pielte^deê ti^icee égtllM avec les todcheàux, et en traitàiit (5es ti^aeés de là ntme ma» nière. Là composition dé l'alliage propoëé se ^ippf oebe certaine** ment beaucoup de celle du touoheau, dent le traeè ^'est eompof* tée de même dand le tràilëi&eftt f%v là HquetET aeidei

Pour les alliages à un titre pltls élevé que 7S0 milliômea^ 3 faut opérer à une température d'autant plus élevée qtte les alliages doat pins riehes, et il n'est pas fiadlè de distinguef nette-

ment la faible différence exercée pai* la liqueur acide sur les traces d'alliages de titres peu écartés.

Au contraire^ pour les alliages plus pauvt^s que 750 millièmes, 1» euivre est facilement dissous par l'acide, et on distingue aveo netteté des différences asses faibles dans la oomposition des al** liages* Les essayeurs habiles font rarement une erreur de plus de 9 à 10 millièmes sur la teneur en or des alliages dont le titre est inférieur à 7H0 millièmes : un opérateur peu exercé conunet faeilement des erreurs de 18 à 20 millièmes^

Pour les alliages d'or et d'argent l'estimation de U teneur en or est un peu incertaine^ principalement lorsque les alliages sont h un titre élevé : on atteint bien rarement l'approximation de 10 millièmes.

S s. -^ MÈméwmmm et ■iliieMiiA.

ti^or se trouve presque toujours à l^état natif, en combinaison avec divers métaux, notamment avec l'argent, le cuivre, le fer, le palladium, le rhodium. U entre en proportion variable dans la composition de divers tellurures. Il est employé dans les arts, pour les bijoux, pour les monnaies, etc., à l'élat d'alliages avec le fer, l'argent et le cuivre.

Dans le$ usines qui traitent des minerais divers aurifères, où obtient un grand nombre de produits qui renferment une faible proportion d*or. Nous ne pouvons nous engager dans Texamen de ces produits, car il nous faudrait décrire en détail des procédés métallurgiques très-compliqués.

Nous devons nous borner à faire une seule observation à leur sujet : on ne peut déterminer que par la voie sèche leur teneur en or. Leurs analyses ne peuvent être utiles que pour faire connaître 6Î les opérations sont bien conduites, ou s*il est opportun de modifier la marche des opérations ; les produits contiennnent trop peu d'or pour qu'il y ait lieu d'en tenir compte dans les analyses.

Nous avons donné précédemment des indications suffisantes sur les propriétés des principaux alliages, et sur les procédés d'analyse qui leur sont applicables; nous n'avons à considérer maîntAïuuit que l'or natif.

OA HATir.

L'or natif se présente en abondance plus ou moins grande dans des conditions très-diverses. : disséminé en parcelles invisibles, en grains irréguliers, en petites masses ramifiées, dans un certain nombre de minerais métalliques, dans les roches quartzeuses qui contiennent ces minerais, ou dans les gangues terreuses qui les accompagnent dans les filons ; en grains, en paillettes, en masses parfois considérables, dans des filons de quartz et dans des alluvions très-anciennes ; en paillettes très-fines, et plus rarement en grains très-petits dans les alluvions modernes, déposées encore actuellement par les eaux de certains fleuves et torrents qui coulent sur des terrains aurifères.

Minerais métalliques. — Les minéraux et minerais métalliques qui renferment le plus ordinairement de For sont : les pyrites arsenicales; les pyrites de fer; les cuivres pyriteux et panachés; le sulfure d'antimoine ; les cuivres gris ; la galène ; la blende ; les minerais d'argent. L'or est souvent en proportion très-faible, et sa présence ne peut être constatée que par des essais faits par la voie sèche.

Dans un petit nombre de localités, les minerais d'argent, les pyrites de fer, les pyrites arsenicales, contiennent de l'or en grains ou en ramifications de dimensions appréciables, et sont d'une très-grande richesse : nous citerons les pyrites de Maxwell {Californie)^ et les pyrites arsenicales de Tolèdo (Californie), dont certains échantillons rendent à l'essai de 0,60 à {,00 pour 100 d'or *.

L'or natif séparé de ces minerais par des procédés mécaniques renferme un peu d'argent, de 5 à 10 pour 100 : il est probable que l'or contenu en particules invisibles dans les divers minerab métalliques contient également de l'argent ; mais ce fait ne peut pas être constaté par les essais, les minerais étant presque toujours ai'gentifères.

Il est même souvent très-difficile de fixer par les essais la te-

* A la partie supérieure des filons et des divers gisemenU de minerais auriftres, l'or se présente fréquemment en proportion assez forte dans les oxydes et dans les prodaiti oxydés provenant de l'altération des minerais par les agents atmospbériqoea. Us ctepeaux de fer des filous pyriteux sont presque toujours plus riches en or qne la i des pyrites.

neur véritable de ces minerais : on obtient par la coupellation des boutons très-petits, contenant l'or et l'argent ; la séparation des denx métaux par l'acide azotique ne donne que bien rarement pour l'or une approximation suffisante.

Filons quartzeux. — Les filons quartzeux contenant de l'or sont connus et exploités dans un grand nombre de localités ; ils traversent en général des terrains très-anciens, des micaschistes ou des schistes talqueux.

Les mines de Transylvanie sont exploitées depuis des siècles , mais elles ne produisent qu'une assez petite quantité d'or. Les filons les plus riches sont ceux des deux Amériques.

La matière principale de remplissage de ces filons est généralement le quartz blanc, et l'or se trouve réparti avec la plus grande irrégularité. Dans quelques mines, on a rencontré l'or dans des veines de quartz, dans des veines de carbonates de chaux spathique, et de sulfate de baryte. L'arrivée de l'or, évidemment contemporaine de celle du quartz, parait être postérieure à celle des remplissages calcaire et bary tique. L'or n'est jamais intimement mélangé avec ces deux gangues, il remplit seulement quelques fissures dans le calcaire ou dans le sulfate de baryte.

Certaines parties des filons quartzeux aurifères présentent des cavités irrégjiUèrcs, tapissées d'oxyde de fer, quelquefois même d'oxyde de manganèse ; ces oxydes renferment de l'or métallique ; ils proviennent de l'altération des pyrites par les eaux qui ont pu descendre de la surface.

Alluvions anciennes. — La plus grande partie de l'or livré à la circulation provient de l'exploitation et du lavage des alluvions anciennes, en Sibérie, en Californie, en Australie, etc-.

Ces alluvions présentent la plus grande diversité de composition ; elles contiennent l'or en pépites à angles arrondis, en grains aplatis ou de forme irrégulière, en plaquettes ou en paillettes isolées ou engagées dans du quartz. Elles renferment des galets de quartz contenant de l'or, et provenant évidemment de la destruction par les eaux de filons ou de roches quartzeuses aurifères. Elles forment quelquefois des bancs puissants imprégnés, postérieurement à leur dépôt, de quartz tenant de l'or en grains fins assez régulièrement disséminés.

L'or que renferment les alluvions se rapporte à deux époques différentes : c'est un fait que les exploitants ne doivent jamais

p^dre de vue. Sous le rapport de la composition chimique, il n'y a du reste aucune différence entre Tor en pépites ou en grains contemporains des alluvions, et Tor qui a pénétré duis les allavions postérieurement à leur formation : tous les deux contiennent de Targent en proportion presque constante dans la même contrée, variable d'un pays à l'autre.

Nous citerons plus loin la composition d'un assez grand nombre d'échantillons.

Alluvions modernes, — Presque tous les fleuves et torrents qni coulent sur des terrains anciens, et même sur les grandes assise quartzeuses qui constituent dans quelques contrées la hase du terrain houîller, roulent des paillettes d'or, et leur» alluvions peuvent être exploitées par lavages dans certaines parties de leur cours. Il est probable que les paillettes les plus fines échappent aux orpailleurs : ils ne peuvent traiter que les graviers, c'est-à-dire la partie la plus lourde des alluvions, contenant For en paillettes visibles.

L'or des alluvions modernes contient une certaine proportion d'argent, de même que l'or exploité dans les filons et Tor retiré des alluvions anciennes.

Caractères. — L'or natif a presque toujours la couleur jaune caractéristique de l'or pur, alors même qu'il contient une forte proportion d'argent : il faut cependant faire une exception pour certaines lamelles ou pour quelques grains métalliques qui accompagnent l'or natif de couleur jaune dans plusieurs gisements, notamment au Brésil et en Colombie. Ces lamelles ou ces grains ont une couleur beaucoup plus pâle et un éclat tout différent ; ils contiennent des alliages plus ou moins définis d'or et d'argent, d'or et de palladium, d'or et de rhodium.

La couleur jaune de l'or natif porte à admettre que les deux métaux, or et argent, sont seulement mélangés, et que, par conséquent, leur dépôt a été fait par voie humide.

On est conduit à la même conclusion par la densité de l'or natif; elle est ordinairement inférieure à la densité des alliages fondus contenant les mêmes proportions d'or et d'argent. La densité de l'or natif augmente par la fusion, et devient égale à celle qu'on peut calculer d'après les densités et les proportions des deux métaux. Ainsi, la densité de l'or de Californie contenant

Mi

8,80 {M^ur 100 d'argent est seulement de 14,60 1 elle ieyient de 17,48 par lafasioB.

L'or natif est faiblement attaqué par Tacide azotique; on ne parvient pas à dissoudre la totalité de l'argent en faisant agir Tacide eonoentré sur le métal amené à Tétat de feuille trè8*mince : lorsqu'il s'agit d'analyser un échantillon d'or, il faut toujours employer Teau régale.

Dans les nombreux échantillons qui ont été analysés, on n'a trouvé, avec l'or et l'argent, que dos quantités très-faibles de fer et de cuivre.

Nous citerons un certain nombre d'exemples numériques :

Tr«n«]flvaDiQ.

Or

Arfost. . .

Fer..,,., Cuitre. ..

Or 86,57..

Argent i%U.

fer 0.54.

Cuivre 0,29.

Australie.

Or

Argent. .

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