‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usines (volume 3)Chapitre 30 sur 46 · PALLADIUM · texte numérisé non relu

PALLADIUM

alcalis caustiques et par le nitre. Le bisulfate de potasse agit sur lui bien plus fortement que sur le platine : il se produit du sulfate double de palladium et de potassium, soluble dans l'eau.

On admet trois combinaisons du palladium et de l'oxygène : le sous-oxyde VcPO ; le protoxyde PrfO ; et le bioxyde PrfO*. Les deux derniers se combinent avec les acides, mais le protoxyde seul se comporte comme base un peu énergique.

L'affinité du palladium pour l'oxygène est plus grande que celle du platine : on n'obtient le palladium métallique par calcination d'un oxyde, qu'en faisant chauffer pendant un temps assez long au rouge très-vif. Le degré de chaleur qui peut être obtenu sous le moufle ne suffit pas pour la décomposition totale du sous-oxyde.

Les oxydes sont tous facilement réduits par Thydrogène, par l'oxyde de carbone, par le charbon, etc.

Le palladium se combine directement avec le soufre, au rouge sombre ; il passe à l'état de sulfure lorsqu'on le fait chauffer au rouge avec les persulfures alcalins, ou bien avec un mélange de soufre et de carbonate de soude.

L'hydrogène sulfuré, agissant sur une liqueur chlorhydrique étendue et peu acide, précipite lentement et complètement le palladium à l'état de sulfure d'un brun plus ou moins foncé. On peut même réussir la précipitation totale du palladium en faisant agir l'hydrogène sulfuré en grand excès sur une dissolution contenant de l'acide azotique ; mais il faut que la liqueur soit extrêmement étendue, très-peu acide; il faut, de plus, laver le précipité par décantations avec de l'eau saturée d'hydrogène sulfuré avant de le recueillir sur un filtre.

Le sulfhydrate d'ammoniaque précipite complètement le palladium à l'état de sulfure, et ne redissout pas le précipité.

On connaît deux sulfures, PrfS, PrfS'; mais le premier seul est stable : au rouge sombre le bisulfure est entièrement amené à l'état de protosulfure.

Les deux composés préparés par voie humide sont assez volumineux, et se rassemblent avec lenteur ; lorsqu'ils ont été bien lavés, ils ne s'altèrent pas au contact de l'air à la température ordinaire.

Ds ne sont pas sensiblement attaqués par les acides non oxydants. L'acide azotique étendu dissout assez rapidement le palladium en séparant la plus grande partie du soufre à l'état libre.

Palladium et oxygène.

Palladiam et soufre.

L'acide azotique concentré et bouillant fait au contraire passer presque tout le soufre à l'état d'acide sulfurîque.

Le protosulfure est fusible un peu au-dessus du rouge sombre; il se prend par refroidissement lent en une masse à texture cristalline, d'un gris bleuâtre, douée de l'éclat métallique.

ChauflS au rouge vif, il perd une partie de son soufre ; mais il faut le chauffer au chalumeau à gaz oxygëne et hydrogène pour expulser la totalité du soufre.

Par grillage au rouge sombre, le sulfure se transforme facilement en sous-sulfate.

Le protosulfure de palladium contient :

PtUtdIom 76,83

Soufre 23,17

PaïUdium ^ palladium forme avec le chlore trois composés : le souset chlore, chlorure Prf*C/; le protochlorure PrfC/; le bichlonire FdCP. Les deux derniers se combinent avec les chlorures alcalins et avec la plupart des chlorures métalliques.

Sau$'Chlonire FcPCl. — Ce composé se produit lorsqu'on calcine le protochlorure au rouge dans un creuset de porcelaine ; on doit arrêter la calcination au moment où le dégagement de chlore cesse entièrement. La matière fondue contenue dans le creuset a la composition bien définie que représente la formule Prf*C/.

Ce chlorure est d'un brun rougefttre, à texture cristalline; lorsqu'il est pulvérisé, il est d'un rouge clair.

n se décompose au rouge très-vif : le résidu de la calcination est du palladium ne retenant pas trace de chlore « Exposé à l'air humide, il devient d'un brun foncé, et se décompose lentement en protochlorure et en palladium métallique ; la même décomposition a lieu, mais plus rapidement, au contact de l'eau.

Protochlorure PrfC/. — On obtient le protochlorure en traitant le palladium par l'eau régale très-chlorhjdrique^ en évaporant à siccité, en faisant chauffer le résidu à iOO degrés, tant qu'il se dégage du chlore, et en traitant le chlorure par l'eau très-faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique.

Par évaporation très-lente, la liqueur laisse déposer des cristaux ^aiguillés, dont la composition se rapporte à la formule

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PrfC/4-2H0, et qui peuvent être conisldérés comme étant dtt chlorydratc de protoxyde de palladium. Lorsqu'on évapore la liqueur à la température de 80 degrés environ, on obtient un dépôt cristallin, brun, qui est un chlorhydrate basique.

On obtient encore un sel basique en ajoutant à la liqueur acide une quantité de potasse insuffisante pour précipiter tout l'oxyde de palladium.

Le protochlonire desséché est d'un vert assez foncé. H est soluble dans l'eau : la dissolution est verte, elle laisse déposer après quelques jours un précipité presque noir, de chlorhydrate basique.

La dissolution dans l'acide chlorhydrique est d'un jaune plus ou moins foncé, suivant son degré d'acidité et de concentration ; elle est plus stable que la dissolution dans l'eau. Traitée par l'acide sulfureux en excès, elle laisse déposer du palladium métallique.

Le protochlorure de palladium contient :

Palladium 60,05

Chlore. 39.97

Les chlorures doubles sont solubles dans l'eau et dans l'alcool; plusieurs d'entre eux sont déliquescents. Au point de vue des analyses, il importe principalement de faire remarquer la solubilité dans l'alcool du chlorure double de palladium et d'ammonium et du chlorure double de palladium et de potassium. Leurs compositions sont représentées par les formules : PrfC/+KC/; VdCl+AzE'Cl+EO.

Le chlorure double formé par le chlorure de potassium est d'un jaune verdàtre, sa dissolution est d'un beau jaune.

Le chlorure ammoniacal est d'un vert bronzé : il se dissout assez facilement dans l'alcool faible, mais il est presque insoluble dans l'alcool rectifié.

L'ammoniaque, agissant en excès convenable sur le chlorure simple ou sur les chlorures doubles, donne naissance à des composés très-divers, analogues à ceux qui sont obtenus par l'action de l'ammoniaque sur le chlorure de platine : nous nous contenterons de signaler l'existence des bases de palladium^ sans décrire leurs caractères.

Bichlorure de palladium^ VdCP. — Le bichlorure ne peut

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être obtenu qu'en dissolution ; pour l'avoir pur, il faut traiter le biozyde hydraté par l'acide chiorhydrique. Dans les opérations analytiques, on l'obtient accompagné d'azotate de bioxyde, en traitant le palladium par Teau régale concentrée ; la liqueur est fortement colorée en brun.

Le bichlorure se décompose à peu près complètement par l'évaporation à sec de sa dissolution : il acquiert une stabilité plus grande en se combinant avec les chlorures alcalins.

Le perchlorure de palladium et de potassium, PrfC/*+KC/, est ordinairement obtenu sous forme de très-petits cristaux octaédriques, d'un rouge brun. H est décomposé par la chaleur à une température peu élevée ; il se transforme en chlorure double (PdCl+RCt) avec dégagement de chlore.

n est insoluble dans l'eau contenant du chlorure alcalin en dissolution, et très-peu soluble dans l'alcool ; l'insolubilité du perchlorure double est moins nette en présence de l'acide chiorhydrique^ de Tacide azotique, et de plusieurs autres acides.

n est un peu soluble dans l'eau pure, mais la dissolution laisse bientôt dégager du chlore, et ne contient plus, après un certain temps, que du protochlorure double; à la température de 100 degrés, cette décomposition a lieu très-rapidement.

En raison de ces propriétés, il est très-difficile de précipiter complètement le palladium à l'état de perchlorure double, principalement lorsque le métal a été dissous dans l'eau régale.

Le perchlorure de palladium et d'ammonium a des propriétés analogues ; il est moins nettement insoluble dans l'eau chargée de sel ammoniac, et il se décompose avec plus de facilité que le perchlorure double de palladium et de potassium. Palladium L'iodure de palladium Prflo, présente seul de l'intérêt pour les cl iode, analyses : on l'obtient par double décomposition, en versant une quantité convenable d'iodure de potassium dans une dissolution d'azotate ou de protochlorure de palladium ne contenant pas d'acide Ubre.

n est d'un brun presque noir au moment de sa précipitation; desséché à la température de 25 ou 30 degrés, il retient une certaine proportion d'eau; chauffé à 100 degrés, il devient tout à fait noir, et ne retient plus d'eau.

n se décompose à un degré de chaleur bien inférieur au rouge, et donne comme résidu du palladium métallique.

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