‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usinesChapitre 16 sur 38 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

TELLURE. T«=80l,76.

Le tellure se rapproche beaucoup de rantimoine par ses propriétés physiques et chimiques, mats il ne forme avec l'oxygène aucun composé qui puisse être considéré comme une base, et, pour ce motif, il doit être rangé parmi les métalloïdes ; dans cette classe il doit être étudié à côté du sélénium, avec lequel il présente quelques analogies.

Le tellure brûle avec vivacité quand on le chauffe au rouge sombre à l'air ou dans l'oxygène, le produit de sa combustion est Yacide telhtreux. H est attaqué rapidement par les acides oxydants ; avec l'acide azotique on obtient encore l'acide tellureux ; avec l'eau régale il ae produit, dans certains cas, de l'acide tellureux et de l'acide tellurique. Le tellure fondu avec du nitre et des alcalis est toujours complètement transformé en acide tellurique.

Le tellure se dissout un peu moins facilement que le soufre dans les dissolutions des alcalis caustiques, mais il ne parait pas attaqué par les dissolutions des carbonates alcalins. Le chlore l'attaque rapidement par voie sèche, plus lentement par voie humide ; en présence des alcalis en dissolution, le chlore fait passer le tellure à l'état d'acide tellurique : c'est là le moyen d'oxydation le plus énergique, et en même temps celui qui convient le mieux dans les opérations analytiques.

Les combinaisons du soufre et du tellure sont décomposées par la chaleur ; la séparation du soufre et du tellure n'est totale qu'à une température très-élevée. Les sulfures se comportent, par voie humide et par voie sèche, comme sulfures acides vis-à-vis des sulfures .alcalins ; les sulfosels sont solubles.

Les sulfures de tellure préparés par voie humide.se dissolvent très-lentement dans l'ammoniaque, plus rapidement dans les dissolutions des alcalis caustiques, et presque immédiatement dans

les sulfures alcalins et dans le sulfhydrate d'ammoniaque. Lorsque, dans les dissolutions des sulfures de tellure dans les sulfures alcalins, on décomposp ces damiers par l'acide chlorhydrique, on obtient del p^écipitéB dé Jsiltfure de tellure, presque toujours mélangés avec une certaine quantité de soufre : ces sulfures sont à peu près inattaquables par les acides non oxydants ; ils sont, au contraire, clissous très-facilement par l'acide azotique et par l'eau régale.

Le tellure ne paraît former qu'un seul composé stable avec le chlore; il fépdnd à i'acidd tellureul; lills eti présence de TfetLu, îlsé dissout, J)btit-êtte en sfe décomposant en Acide tellureux et en acide chlorhydriqiie. Sa dissolutioii, évaporée jusqu'à consii^tancb sirut)euse, laisse se dégager Une proportion nolàble dutellure^ soitàl^éiat de chlorure volatilisé, soit 4 l'élat a*&c!de telluretlt entrahié par les vapeurs d'acide chlorhydriqufe \ ailsàt ne Mtll-il jamais évaporëi* ptes^ti'à sicbîté Uiie disôbliilioh <^\^ renfeMtf du tellure' et de l'àcidiô chlorhydriqùe ; oii s'êtposet'ait & des f^ettes notiables de tellure.

. Le teiltire àë cbthbiiife âvcé preèc^uë ibUs tes ttlétaux * êtes boiîfposés ôilt élé peu étndiés, mhis il bM bssetttiël dé rà^j^iteler que les telluiTirëfe albalîns, et plusieurs tfellUruteS niélâîliqdës; léoût attaqués fàiôllemcnt par les aéides non bxydtots, àVefe production d'hjrdrogène tellure : ce gaz possède une odeur très-forte, il agit sut l'économie hnimàle aUssi ëUërgiqUement tJUe l'hydrogène séléniét

AU tshalutoeaû, là présiôûfcé dû tfeliuriô Se rtecomiâtt aUi: tmûth tèÉres suivants \

Lès matières oxydéiès, acide tellurôUij àbîdë tellurîqtië, tet sels formés par cbii deUls: aciàes, cBauffife à \é flàthme iiitérîeUrfe rt sûr le charboUj donnent tlu tellure qui se vtolatiliiàïî et ^tîî, s'bxydant de nouveau au contact de Vtàit^ déposie sUr lé chài^bu ûnfe Uuréôle blanche.

D se pi*oduit quielqtiefois dans «fettfe réduction Unfe bdëtif îtèSfotte de raif(W;, qu'on doit attribuer & la prisence d'unfe pcfite quantité de iiéléUium.

Ces mêmes composés, chaufiBés à lit flaminë extéHeUre atéc \^ borax ou avec lé sel de phosphore, entrent facilement en ftîsibn: les deux ïicideà du tellure, lorsqu'ils sont isolés, fbUdéUl également très-bien avfec là soudb. A la Bfemmtî iutérieure, iî y a totl-

jonrs rédaction partielle, volatilisation du tellure et dépôt d'acide tellureux en auréole blanche autour du point (chauffé.

L'acide tellureux, chauffé seul dans un tube de Verre, entre en fusion et se sublime complètement. L'acide tellurique présente le même caractère, parce qu'il est décomposé un peu au-dessus du rouge sombre et transformé en acide tellureux.

Ces caractères permettent de distinguer nettement les deux acides du tellure de l'oxyde de bismuth, de l'oxyde d'antimoine et de l'acide antimonique, qui sont les corps avec lesquels les acides du tellure pourraient être confondus d'après leurs propriétés chimiques.

Les minéraux du tellure sont rapidement oxydés quand on les chauffe à la flamme extérieure, tnème sur le charbon; ils présentent, après cette oxydation préalable, les caractères que nous venons d'indiquer.

Enlin toutes les matières contenant du tellure conununiquent à la flamme du chalnUieau tme coloration vertfe sensible : eUe est surtout très-prononcée quand il y a volatilisation partielle du tellure.

Le tellure existe dans la nature, dans un très-petit nombre de localités, combiné avec divers métaux, l'or, l'argent, le bismuth^ le plomb ; les minéraux sont assez ordinairement mélangés avec des sulfures divers, principalement avec la galène et avec le sulfure d'antimoine. On a très-rarement à examiner dans les laboratoires les minéraux du tellure ; les procédés d'analyse n'ont pas encore été étudiés avec les soins que rendraient nécessaires les difficultés que présentent les séparations et les dosages. Nous nous occuperons seulement des deux acides du tellure : nous indiquerons leurs propriétés principales, et les caractères qui peuvent être utilisés dans les analyses des minéraux.

S 1. — CMnbtnaiiionii du tellare a^ec Voiq^^éue.

Les deux acides du tellure sont bien moins énergiques que ceux du sélénium ; l'un d'eux, l'acide tellureux, se dissout dans les acides, ce qui tendrait à faire penser que, dans éertaines conditions, il peut se x^omporter comme une base faible ; cependant il n'est pas encore possible d'admettre, d'après les faits qui ont

292 « Métalloïdes.

été observés, que Tacide tellureux sature réellement les acides. L'acide tellurique. est un acide moins fort que les acides sulfarique et sélénique, mais il présente avec eux beaucoup plus d'analogie qu'avec l'acide antimonique ; c'est là le caractère chimique par lequel le tellure s'éloigne le plus de l'antimoiae.

AGlDfi TELLUISUS. Ttf.O*.

L'acide tellureux est connu à l'état anhydre et à l'état d'hydrate : la composition de ce dernier n'a pas encore été déterminée avec exactitude, en raison de la facilité avec laquelle l'eau combinée se sépare de l'acide quand on cherche à. dessécher l'hydrate.

L'acide anhydre contient :

Tellare 80,08

Oiygëne 19,07

L'acide tellureux est fusible et volatil à une température élevée; il ne peut être distillé que dans un courant de gaz ; il est peu soluble dans l'eau, dans les acides, dans l'ammoniaque et dans les carbonates alcalins. H se dissout, au contraire, très-aisément dans les alcalis caustiques ; la dissolution ne possède pas de propriétés réductrices, et n'attire pas sensiblement l'oxygène de l'air; par l'action du chlore, l'acide tellureux dissous dans les alcalis]passe, au contraire, rapidement à l'état d'acide tellurique.

Quand on ajoute peu à peu de l'acide azotique dans une liqueur alcaline, contenant do l'acide tellureux, on dissout facilement la totahté de cet acide, mais il se sépare à l'état d'hydrate, blanc et gélatineux, lorsqu'on étend de beaucoup d'eau.

L'hydrate se dissout aisément dans la plupart des acides, mais les dissolutions ne sont pas très-stables ; elles se troublent qaand on les étend d'eau, ou quand on sature par un alcaU la majeure partie de l'acide employé conune dissolvant. La dissolution de l'acide tellureux dans l'acide chlorhydrique est notablement plus stable que celle obtenue par l'acide azotique ; elle exige une bien plttb grande quantité d'eau pour se troubler. L'acide tartrique et plusieurs autres acides organiques empêchent les dissolutions

de l'acide tellureux dans les acides minéraux de se troubler par addition d'eau.

L'acide tellureux hydraté perd son eau de combinaison à la température d'environ 40 degrés; il perd en même temps la faculté de se dissoudre aisément dans les acides.

La dissolution de l'acide tellureux dans l'acide chlorhydrique, traitée par l'hydrogène sulfuré en excès, laisse déposer la totalité du tellure à l'état de sulfure brun, T^S*, soluble dans les sulfures alcalins et dans le sulfhydrate d'ammoniaque, soluble également, mais avec un peu moins de rapidité, dans les alcalis fixes et dans l'ammoniaque. Les sulfotellurites sont aisément décomposés par les acides non oxydants, avec précipitation complète du tellure à l'état de sulfure, insoluble dans ces mêmes acides étendus.

La dissolution de l'acide tellureux dans l'acide chlorhydrique est décomposée à l'aide de la chaleur par l'acide sulfureux et par les sulfites alcalins ; le tellure précipite en totalité à l'état libre, sous forme d'une poudre brune facilement altérable à l'air. La précipitation complète est difficile à obtenir dans des liqueurs étendues ; quand on cherche à concentrer la dissolution chlorhydrique très-étendue, dans le but de rendre ensuite plus facile Faction de l'acide sulfureux, les vapeurs d'eau et d'acide chlorhydrique entraînent toujours un peu d'acide tellureux.

Plusieurs métaux, notamment le fer et le zinc, précipitent complètement et facilement le tellure de la dissolution chlorhydrique de l'acide tellureux. Le protochlorure d'étain agit de la même manière.

Caractères des TELLtmrrEs. — Les tellurites examinés jusqu'à présent sont les sels neutres qui répondent à la formule T^*-f-RO; les tellurites alcalins sont solubles dans l'eau; presque tous les autres sont très-peu solubles ou même tout à fait insolubles. La plupart des tellurites insolubles se dissolvent assez facilement dans l'acide chlorhydrique et dans l'acide azotique étendus, à l'exception du tellurite de baryte, qui résiste à Faction de Facide chlorhydrique faible, saxis être cependant tout à feit insoluble dans cet acide.

Les tellurites alcalins sont transformés en sulfosels par Fhydrogène sulfuré employé en excès suffisant ; les sulfotellurites alca-

lins sont très-solubles, leurs dissolutions sont colorées en jaunet Les tellurites insolubles dans l'eau, dissous dan; l'acide chlorhydrique étendu , traités par l'hydrogène sulfuré, laissent déposer lentement la totalité du tellure à l'état de sulfure, lequel est précipité seul, ou accompag^â de sulfures métalliques, suivant la nature des oxydes contenus dans la dissolution,

L'ammoniaque et le sulfbydrate d'ammoniaque décomposent complètement les tellurites métalliques dissous dans l'aoide ohlorhydrique, ou même ceux qui sont récemment précipités et encore humides ; le sulfhydrate agit plus lentetaent sur ces tellurites quandils ont été séchés. Dans les deux cas, les métaux transformés en sulfures sont, suivant leur nature, insolubles ou dissous ; le sulfure de tellure est en entier dans la dissolution à l'état de sulfosel.

Tous les tellurites insolubles sont décomposés quand on les cbaufie à Tébullition dans une dissolution concentrée de carbonate alcalin ; la décomposition est complète, et tout l'acide tellureux se dissout h l'état de tellurite alcaUn, pourvu que le car* bonate «oit en grand excès, de huit h dix parties de carbonate pour une partie de tellurite, La même décomposition a Ueu par fusion ; mais il est toujours plus commode, dans les analyses, d'employer la voie humide.

L'acide sulfureux et les sulfites alcalins précipitent oomplétement le tellure à l'état libre, quand on les fait agir, à l'aide de la chaleur, sur les dissolutions chlorhydriques renfermant l'acide tellureux ; l'action est beaucoup plus rapide dans le^ Uqueurs un peu concentrées que dans des liqueurs étendues. Le précipité est difficile à laver, il retient longtemps par adhérence une partie des sels qui se trouvent dans la dissolution acide ; il s'altère rapidement et s'oxyde quand on le laisse au contact de l'air, avant que les lavages aient enlevé Facide chlorhydrique dont il est imprégné au moment de la préoipitation.

D0SA6K BB LAcmE TELLUREUX. — Ou n'a, généralement, à déterminer l'acide tellureux que dans des recherches scientifiques sur la composition des telluritesi solubles ou insolubles ; dans les analyses des minéraux qui contiennent du tellure, ce n'est pas l'itcide tellureux, mais le tellure lui-même, qu'on a intérêt à doser. Dans ces analyses on fait ordinairement la séparation des métaux et du tellure au moyen du sulfhydrate d'ammoniaque ; on précipite en-

TELLUHE, 29B

suite la sulfprQ do tellure en décomposant le sijlfbydrate par Taddç chlo^hjrdrifue. Le poid^ du sulfure n^ paut pas servir au dosage, parce que la décomposition du sulfure alcalin donne toujours une forte proportioi^ de «oufro libre ; il faut dissoudre le sulfure dans l'eau régale» ce qui fait passer le tellure à Tétat d'acide tellureuz, et faire ensuite les opérations nécessaires au dosage.

t)' après cela nous devons considérer ici trois cas principaux : les tellurites solubles dans Teau ou dans Vacide chlorhydriquc étendu ; le^ tellurites insolubles ; la dissolution acide obtenue en traitjpt le sulfure de tellure par l'eau régale.

Teiluntes alcaiinfi ; t^ilurites ^Qhcb(çs dans facich chlorhydriqm étepdu% -r Pour, doser l'acide tellureux dans des composés de cotte nature, on procède absolument de la pièipe manière que pour le dosage de l'acide sélénieux dans des conditions semblables. On s'arrange de manière à obtenir une dissolution un peu concentrée , acidifiée par Taolde chlorhydrique, et on précipite le tellure par l'action de l'acide sulfureux, ou par celle du sulfite d^ampioniaque.

La précipité étant difficile à lover, et s'oxydant facilement au contact de l^air tant qu'il est imprégné d'acide chlorhydrique, il faut autant que possible le laver par décantation, en employant, au lieu d'eau pure, une dissolution d'acide sulfureux. On fait ensuite passer le tellure sur un filtre pesé, on achève le lavage d'abord avec de l'eau chargée d'acide sulfureux, et enfin avec de l'eau pure; on fait sécher rapidement et on pèse : 100 de tellure répondent à 12S d'acide tellureux.

Tellurites insolubles. — On ramène le dosage au cas précédent des tellurites alcalins, en décomposant le sel proposé par ébuUition prolongée avec une dissolution concentrée de carbonate alcalin; la seule différence à signaler est la difficulté bien plus grande du lavage du tellure, précipité par l'acide sulfureux dans une liqueur très-chargée de sels alcalins. Après avoir lavé le tellure par décantation, et lui avoir ainsi enlevé la totalité de l'acide chlorbydrique dont il est imprégné, il faut le faire sécher, puis recommencer les lavages à l'eau chargea d'acide sulfureux. En opérant ainsi, on parvient à obtenir du tellure assez pur pour que son poids permette da calculer l'acide tellureux.

Slul/Htre.ch tellure dinsom dom feau régah. — La dissolution du sulfure dç tellure doit être faite dans l'eau régale très-chlor-

)96 Métalloïdes.

hydrique ; malgré cette précaution, elle contient toujoui^ une certaine quantité du tellure à l'état d'acide teliurique ; il faut commencer par décomposer cet acide, ainsi que l'acide azotique, en faisant chauffer à 58 ou à 60 degrés avec un excès d'acide chlorhydrique ; on reconnaît que la décomposition est terminée à ce que les vapeurs qui se dégagent de là liqueur acide ne sont plus colorées, et n'ont plus l'odeur de chlore. La liqueur ne renferme plus alors que de Facide tèllureux et de Tacide chlorhydrique, on la traite par l'acide sulfureux qui précipite le tellure. Le précipité est lavé avec de l'eau chargée d'acide sulfureux; le tellure est ensuite recueilli sur un filtre pesé, puis séché et pesé. Le dosage ainsi obtenu n'est pas très-exact : il y a toujours perte appréciable de tellure pendant l'évaporation de la liqueur régale.

ACIDE TELLUBIQUE. T0O».

L'acide teliurique a été obtenu anhydre et hydraté ; il parait même former avec l'eau plusieurs composés a^sez bien définis ; le plus stable est celui qui contient un équivalent d'acide pour un équivalent d'eau, il retient l'eau presque jusqu'au rouge sombre, c'est-à-dire un peu au-dessous du degré de chaleur auqaell'acide lui-même commence à perdre de l'oxygène.

L'acide anhydre contient :

Tellare 72,83

Oxygène S7 ,17

L'acide hydraté TcO' + HO contient :

Acide telluriqae anhydre. . . . 90,73 Eaa r 9,27

Caractères de l'acwe tkixcrique. — L'acide teliurique est un acide plus fort que l'acide tellureux, mais il est déplacé de ses combinaisons avec les bases par les acides* chlorhydrique, azotique, sulfurique, etc. L'acide chlorhydrique le décompose à l'aide de la chaleur, et le ramène à l'état d'acide tellureux en' dégageant du chlore ; la décomposition se fait très-lentement dans des li-

queurs étendues, même quand on chauflTe jusqu'à 100 degrés ; elle est rapide et complète quand on opère dans des liqueurs concentrées.

L'hydrogène sulfuré n'agit que très-lentement sur l'acide telhirique en dissolution dans l'eau ; à la suite d'une longue digestion, à une chaleur douce, l'hydrogène sulfuré peut cependant précipiter complètement le tellure à l'état de sulfure noir, lequel parait avoir pour composition T^S', correspondant à celle de l'acide tellurique. La précipitation complète est, du reste, trop difficile à obtenir pour qu'on doive employer cette réaction dans les analyses.

CARAciiREs DIS TELLURATES. — L'acido tollurique parait former avec les bases plusieurs séries de sels ; la composition des tellurates neutres est représentée par la formule T^O* -f-RO.

Les tellurates alcalins sont solubles dans l'eau ; tous les autres, au moins ceux qui ont été examinés, sont insolubles ou très-peu solubles, mais ils se dissolvent avec plus ou moins de faciUté dans les addes étendus. Le tellurate de baryte peut lui-même être dissous complètement par l'acide chlorhydrique, ce qui est une différence à noter entre le tellurite et le tellurate; si on fait chauffer pour dissoudre plus facilement le tellurate de baryte, l'acide est décomposé et ramené à l'état d'acide tellureux, lequel se précipite, au moins en partie, à l'état de tellurite peu soluble dans Tacide chlorhydrique.

L'acide chlorhydrique dissout presque tous les autres tellurates, même quand il est employé assez concentré et dans des liqueurs chaudes ; dans ce cas, il y a décomposition de l'adde tellurique, mais l'acide tellureux reste dissous, les tellurites autres que celui de baryte étant solubles dans les acides. Lorsqu'on opère à froid, et avec de l'acide chlorhydrique très-étendu, les tellurates se dissolvent sans qu'il y ait décomposition de l'adde tellurique.

Les tellurates insolubles sont décomposés complètement par les carbonates alcalins, par fusion aussi bien que par ébullition prolongée dans des dissolutions concentrées ; il faut pour les tellurates, comme pour les sulfates .et les séléniates, employer de 9 à 10 parties de carbonate alcalin pour 1 partie de tellurate.

L'hydrogène sulfuré transforme assez rapidement les tellurates

iOg MÉTALLOÏDES.

alcaliu m sulfesfils soloUos ; quand oa décompose Iq «ulf ur^ ^o calm par Vaoidei chlor}iydriqu^, il se dég^ge de Thydrogèiie sul*. furé, et on obtient un précipité de sulfure de tellure et de soufre; la pr^enc9 du soufre libre epipèche de reocmnaâtre quelle est là composition du sulfure de tellure.

Dans les dissolutions cblorhydriqucfik étendues des telluratesinsolubles dans Teau, l'hydrogène sulfuré précjpite à la longue le tellure à l'état de sulfure, indépendamment de l'action qu'il peut exercer sur les oxydes de la dissolution ; on peut rendre U wi^ furation à\i tellure plus rapide et pluq complète en saturant l'acide chlorhydrique et l'hydrogène sulfuré en excès par l'ammoniaque ; le tellure passe alors à l'état de sulfoscl, et peut être précipité oomplétement à l'état de sulfure par l'acide chlorl^ydrique.

Avec la plupart des tellurates métalliques, on emploie l'ammoniaque et le sulfhydrate oomme agents de sulfuration du tellure, ci comme moyen ^e séparation des métaux dont le^ sulfures ne sont pas i»olubles daits le sulfbydrate.

Pour obtenir la préqipitation rapide du tellure à Tétat de sulfure par l'iiydrogène sulfuré seul, il faut commencer par ramener l'acidQ tellurique à l'état d'acide tellureux, «n faisant chauffer longtemps avec de l'acide chlorhydrique en ex^ès ; en opérant ainsi, on volatilise toujours une petite quantité de tellure, entraîné par les vapeurs^ ou peut^tre même volatilisé h l'état de chlorure; on évite CQtte cause de perte en se seryant de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniaque, ou bien de l'ammoniaque et^du sulfhydratp«

L'acide sulfureux est à peu près sans action sur l'fu^ide tellurique, libre ou combiné ; pour. précipiter le telkiro d'une dissolu-* tion chlorhydrique d'un tellurate, il est, indispensable dç découbposer d'abord l'acide tellurique, eu faisant chauffer avec up e^ ces suffisant d'acide chlorhydrique ; on fait ensuite agir l'acide sulfureux ou le sulfite d'ammoniaque sur l'acide tellureux que contient la dissolution acidet Ainsi que,nous l'avons déji^ dit, la décomposition de l'acide tellureux par l'acide tellurique expose ^ des pertes appréciables; il en résulte que l'acide sulfureux est un mauvids moyen de précipitation du tellyro des tellurates.

Acicle téilurew et acide tellurique* -^ On comprend,, d'après ces caractères, qu'il estessez difficile ^ de reconnaître si un tellurate n'est pfis mélangé d'unei petite quantité de tellurite, car la seule réaction qui puisse indiquer la présence de l'acide tellureux est

TELLOAB. 980

Vinsolobilité du teUurité dd baryte dans les acides él^ndus ; cette msolubilité n'est pas assez absolue pour que le caraotère ait une grande sensibilité. Il est, au contraire, facile de constater la pré* sence d'un tellurate, dans untellurite, pai le dégagement de chlore que Ton obtient en faisant chauffer avec de Tacide ehlor* hydrique.

Dosage de l âgide teIiLurique. — liO dosage de l'acide tellurique contenu dans une liqueur qui ne renferme aucun autre corps ne présente pas de difficultés, et il peut être fait par plusieurs procédés ; le plus simple est celui que nous avons indiqué par la détermination de Ffiau dans les acides. La liqueur acide proposée est mise dans un grand creuset de porcelaine, soigneusement taré, avec un poids connu de litharge porphyrisée ; après une digestion prolongée, on évapore peu à peu et on chauffe au rouge sombre : on laisse refroidir et on pèse. Nous n'insisterons pas sur ce cas spécial, l'acide tellurique seul dans une liqueur, parce qu'il ne se présente que dans les recherches théoriques sur l'acide tellurique hydraté.

Dans les analyses des minéraux tellurés, le dosage de l'acide tellurique doit être fait quelquefois dans les conditions suivantes : le minéral ayant été oxydé par le chlore en pr/§sencQ de la po* tasse, l'acide tellurique se trouve en dissolution avec un oxcè& considérable de sels alcalins ; le dosage exige alors des précautions nombreuses sur lesquelles il est utile d'insister.

Opération. — La dissolutioii alcaline est acidifiée par l'aoide ehlorhydrique, et chauffée jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de chlore ; on cherche seulement à décomposer le se], oxygéné du chlore, ce qui peut se faire en chauffant doucement et sans concentrer la liqueur très-étendue ; une partie de l'acide tellurique est décomposée, mais on ne pourrait ramener la totalité de cet acide à l'état d'acide tellurcux qu'en concentrant beaucoup la liqueur et en chauffant très-longtemps, et on perdrait certainement un peu de tellure.

La dissolution acide est traitée par l'ammoniaque et le sulfhydrate d'ammoniaque, et ensuite, après quelque teiaps, par l'acide ehlorhydrique étendu. Le tellure est entièrement précipité à l'état de sulfure, mélangé de soufre libre. Le sulfure est lavé par décantation avec do l'eau bouillante ; il est ensuite dissous

300 Métalloïdes.

dans Teau- régale contenant très-peu d'acide azotique ; la liqueur acide contient la majeure partie du tellure à l'état d'acide tellureux, elle ne contient que très-peu d'acide tellurique.

H serait possible de décomposer par l'acide chlorhydrique, et par la chaleur, la petite quantité d'acide tellurique qui se produit dans cette attaque par l'eau régale, mais il faudrait détruire ou expulser auparavant l'acido azotique, et par suite chaufler fort et longtemps ; on s'exposerait encore à perdre du tellure. D vaut bien mieux décomposer l'acide azotique par l'acide sulfureux, ce qui est fait en. peu de temps, et ensuite* réduire l'acide tellurique à l'état d'acide tellureux par l'acide chlorhydrique. Dans cette dernière partie de l'opération, il y a bien encore perte d'un peu de tellure, mais cette perte, inévitable d'ailleurs, est bien moins forte que si on avait cherché à décomposer l'acide azotique par l'acide chlorhydrique.

Ayant ainsi obtenu une liqueur acide ne contenant plus que l'acide tellureux, on précipite le tellure par l'acide sulfureux ou par le sulfite d'ammoniaque ; on pèse le tellure avec les précautions déjà indiquées ; 100 de tellure répondent à 136 d'acide tellurique.

Acide tellurique et adde sulfurique. — Quand on analyse les minéraux du tellure qui contiennent en même temps des sulfures, il faut quelquefois doser le soufre et le tellure dans la liqueur alcaline obtenue par l'action du chlore en présence de la potasse en excès, et contenant les deux corps à l'état de sulfate et de telr lurate alcalins. La liqueur alcaline est divisée en deux parties : dans l'une on détermine le tellure en suivant la marche que nous venons d'indiquer ; dans l'autre on fait le dosage de l'acide sulfurique.

La présence de Tacide sulfurique ne gène en rien pour la détermination du tellure ; mais l'acide tellurique oppose de graves difficultés au dosage du soufre, en raison de la faible solubiUté du tellurate de baryte, et surtout de l'insolubilité presque complète du tellurite de baryte dans les acides. On opère de la manière suivante :

On étend de beaucoup d'eau la Uqueur alcaline, et on l'acidifie progressivement par l'acide chlorhydrique faible, en évitant que la liqueur s'échauffe sensiblement ; en prenant ces précautions, on parvient à ne pas décomposer l'acide tellurique* Dans la dis-

solution acide on verse du chlorure de barium^ qui précipite l'acide sulfurique à l'état de sulâtte de baryte ; on laisse le sulfate se rassembler lentement, à la température ordinaire, et on le lave par décantation avec de l'acide chlorhydrique très-étendu d'eau, et sans faire chauffer.

Le sulfate ainsi précipité et lavé à froid est très-impur ; il contient une quantité variable de tellurate de baryte, et de plus un peu de sulfate alcalin et un peu de tous les sels contenus dans la dissolution. Sa purification exige plusieurs opérations : (m le traite d'abord par l'acide azotique un peu concentré et chaud, afin d'enlever le tellurate de baryte, et on renouvelle ce traitement aussi souvent qu'on constate la présence de la baryte dans la liqueur azotique décantée. Quand on est parvenu à dissoudre la totalité du tellurate par l'acide azotique, on peut achever la purification du sulfate de baryte avec les précautions indiquées à l'article du dosage de l'acide sulfurique.

Il faut une très-grande habitude de ce genre d'opérations pour réussir le dosage de l'acide sulfurique ; on est toujours exposé à laisser un peu de tellurate ou de tellurite de baryte avec le sulfate, et par conséquent à évaluer trop haut la teneur en soufre du minéral proposé.

Il est bon d'observer que le dosage du soufre n'est pas trèsexact, même dans le cas où on parvient à empêcher la formation du tellurite de baryte et à dissoudre la totalité du tellurate. On est obligé d'employer l'acide azotique pour achever la dissolution du tellurate, et cet acide dissout un peu le sulfate de baryte.

Acide sélénique. — Acide tellurique* — Lcsélénium se trouve en petite quantité dans quelques-uns des minéraux du iellure ; sa présence peut être constatée facilement au chalumeau, mais son dosage ne peut être fait avec exactitude.

Les deux métalloïdes sont ordinairement séparés des métaux par le sulfhydrate, et précipités ensuite à l'état de sulfmres par l'acide chlorhydrique.

Le précipité est dissous dans la potasse ; la dissolution est traitée par un courant de chlore, qui fait passer le soufre, le sélénium et le tellure à l'état d'acides sulfurique, sélénique et tellurique. C'est dans cette liqueur qu'il faut chercher à faire la séparation et le dosage des deux acides du sélénium et du tel-

ao) MÉTALLOÏDES.

hxte. On acidifia là liqueur ^ar lucide azotique, on étend de beaucoup d'eau, et on verse dil Chlbtnre de barintn tant qu'il se fbi^ë un précipité • dn le rassemble en ehau£bnt doucement, et on lé lavie par décantation avec de l'eau acidulée par l'acide azotique.

Le précipité ainsi obtenu et lavé est un mélange de sulfate et db séléniAte de baryte ; mais il renfermé ôïi outre une Certaine quantité de<tellurate de baryte, qui n'est pas aisément ^oluble dans l'acide a2oti(Jne étendn. Dans le bnt do dièsoudre autant que possible le tellUrâte-, ©n fait* sécher le précipité reçu sur un filtre, on le porphyrise et 'on le traite de nouveau par l'acide azotique étendu. Il n'est pas du tout certain que ces opérations suffisent pour dissoudre la totalité du tellurate, mais on ne peut pas trop multiplier lés traitements pdr l'acide, parce tjuo le séléniate n'est t^astout à fait insoluble* dans l'acide azotique étendu», en cherchant à trop bien purifier le mélange de sulfate et dfe séléniate, on dissoudrait une petite quantité de séléniate. Quand on a fait de cette manière la séparation approchée du sélénium et du tellure, il reste à faire les deux doëages.

L'acide telltirique se trouve dans une dissolution très-étendue, contenstet une forte proportion de iaels alcalins ; il faut précipiter le telliffe à l'état de sulfure, en traitant la liqueur acide par Tammoniaque et le sulfbydrate, et en décomposant ce dernier sel par l'acide chlorhydrique. Le sulfure de tellure est ensuite dissous dans l'eau régale trës-chlorhydrique, et le tellure est précipité par l'acide sulfureux avec les précautions qui ont été précédemment indiquées.

Le sélénium se trouve à l'état de séléniate de baryte, mélangé avec le sulfate \ on décompose les deux sels par ébullition avec une dissoltition concentrée de carbonate de soude; la liqueur contenant le séléniate et le sulfate alcalins est acidifiée par l'acide chlorhydrique, et le sélénium est précipité à l'état de sulfure par les traitements successifs par l'ammoniaque, le Sulfbydrate et l'acide chlorhydrique. Le sulfure bien lavé est dissous dans l'eau régale peu azotique, et enfin le sélénium est précipité par l'abide sulfureux.

On voit, d'après cette succession d'opérations, qu'on obtient avec le sélénium le tellure dû telteate de baryte qui n'a pas été disspus par l'acide azotique ; d'un autre côté, le sélénium du séléniate de baryte, dissous en petite quantité par l'acide azotique,

se troUTB précipité avec le tellure. On ne doit pas, pût conséquent, cdhAidërer les deux dosages Àbmme ekacÊs : le:$ nombres obtenus ne sont que des approximations.

§ !l. — niaérau 4« tellture»

On trouve dans la nature le tellure i^ous divers étAts^ libM oil CDtnbiné avec difféfents métauiC) Toi^, l'argefif, le plomb c le bismuth ; on distingue en minéralogie les espèces dbivantes !

T£LLBR£ NATIF. -*^ Il Bo préseuto en petites mai^ses à teiiiire lamelleuse bu un peu gtenue, ou bien encore en feHstébl dont la forme est ThBxaèdre régulier ; il est gris, très-brillant, d'tinë faible dtarcté) fadlement fusible au chalumeau; le tellure ncttif est quelquefois mélangé d'un peu dé* sélétiiUm et de tetturûres métalliques. On peut aisément s-assurer de sa pureté en le chauflPant au chalumeau, sur le chatbon et dans le tube d'essai ; la présence tdu sélénium est indiquée par Todeur très-forte de raifort, qilî se répand qtiand on chauffe sur le charbon*; l'existence des tellnnijres métalliques mélangés est rendue manifeste par Timpossibi'^ lité de le volatiliser complètement dans lé tube.

Le tellure natif n'a encore été rencontré que dans une seule naine des environs de Zalathna, en Transylvanie.

I^LLtmbRES b'oRlET n^AKâEKT. — Lo tellurure d'argent, A^Té, a été recueilli par M. G. Rose ddns la mine de Sawodinski (Altaï); il est en grains, un peu malléable, et d'un gris d'acier ; il contient :

Argent 62,42

Tellare. ^..... »,W

ÎM tëUbmres d'or et d'argent fionstituent de Vérit&blës minerait d'br et d'argent ; ilé boift exploites ttans ta mine d'Ofibhbanya (Transylvanie} « Ds se présentent en priâmes caimelés, et rarement en cristaux isolés ; ils sont blancs ou içris, et poSsè* dent un vif éclat métallique \ leurs gangues habituelle» sent le quartz et la chaux carbonatée. Ces minéraux paraissent êUSs dés

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mélanges de tellure natif et de tellurures d'or et d'argent, car les résultats des analyses qui ont été faites ne sont pas concordants.

Analyse. — L'analyse de ces minéraux peut être faite assez facilement, car ils sont attaquables par Tacide azotique, qui laisse For insoluble ; dans la liqueur azotique on sépare le tellure de l'argent soit par l'acide chlorhydrique, soit par Tammoniaque et le sulfhydrate.

Quand on se sert de l'acide chlorhydrique, on sépare d'abord et on pèse l'argent à l'état de chlorure ; puis, dans la liqueur filtrée, on décompose l'acide azotique par évaporation avec un excè^ d'acide chlorhydrique. Quand on opère ainsi, on peut craindre qu'une partie de l'acide tellureux ne se sépare de la dissolution quand on la fait chauffer pour rassembler le chlorure d'argent. On éviterait cette cause d'erreur en ajoutant un petit excès d'acide chlorhydrique avant de chauffer, mais par là on rendrait moins complète la précipitation du chlorure d'argent, qui est un peu soluble dans l'acide chlorhydrique.

On évite ces deux écueils en précipitant l'argent à l'état de sulfure par Fammoniaque et le sulfhydrate ; on transforme ensuite le sulfure d'argent en chlorure, comme nous Findiquerons au chapitre de Fargent. Pour doser le tellure, on décompose le sulfhydrate par Facide chlorhydrique, ce qui précipite le sulfure de tellure et du çoufre ; le précipité est dissous par Feau régale très-peu azotique ; dans la liqueur filtrée, on décompose Facide azotique et on précipite le tellure par Faction prolongée de Facide sulfureux, ou du sulfite d'ammoniaque.

Tellurures complexes. — On exploite pour or et pour argent, dans les mines deNagyag, en Transylvanie, des minéraux tellurés qui renferment de Fantimoine, du plomb, de For et de Fargent, et qui paraissent être. des mélanges divers de tellurures etd'antimoniures métalliques ; ils sont en cristaux plus ou moins nets, en masses cristallines, ou même en petites masses compactes. Leur couleur est le gris un peu jaunâtre ou le gris clair ; ils ont l'éclat métallique assez prononcé ; ils sont moins durs que la .chaux carbonatée.

Les analyses de quelques échantillons ont donné les nombres suivants :

Tettnre. 53,30 51,58 40^ 3S,90

AntinoiM.... a,SO 5,76 3,83

Or ..» 24,89 S7,10 29,02 9,00

Argent 14,68 7,47 2,78 0,50

PloBb 2,53 8,16 13,60 5^00

Crnnt » » » ijso

Soafire » » » 5,00

Ces minéraux se trouyent en filons dans le porphjrre dioritique, et sont accompagnés de matières diverses : de si^jfiires InétaUiqnes, principalement blende et pyrite de fer ; de manganèse carbonate et silicate ; et de quartz.

Analyse. — L'analyse de ces minéraux présente des difficultés presque insurmontables ; nous ne pouvons pas donner main* tenant tous les détails des séparations et des dosageades métaux^ nous indiquerons seulement la marche générale qu'il convient de suivre.

Dans une première opération on dose le soufre. Le minéral porphyrisé est mis en suspension dans une dissolution concentrée de potasse * pure ; on chauffe à 75 ou 80 degrés ; on fait arriver un courant de chlore, jusqu'à ce que la matière paraisse complètement attaquée ^. Le soufre et le tellure se trouvent en totalité dans la dissolution alcaline, mais celle-ci renferme en outre de l'antimoine, etc., en sorte qu'il n'est pas commode de faire le dosage du tellure ; cette attaque ne doit servir qu'à la détermination du soufre. Après avoir étendu de beaucoup d'eau^ et filtré, on acidifie peu à peu par l'acide chlorhydrique étendu, on précipite Taoide sulfurique par le chlorure de barium, on purifie le sulfate de baryte en prenant les précautions que nous avons signalées en parlant du dosage de l'acide tellurique.

Pour doser le tellure et les métaux, on attaque par l'eau régale chlorhydrique une nouvelle quantité du minéral ; on ajoute un peu d'acide tartrique et on étend d'eau ; l'addition de l'acide tartrique a pour but d'empêcher la précipitation partielle, par l'eau, des composés oxygènes du tellure et de l'antimoine. On laisse le chlorure d'argent se rassembler, on le reçoit sur un filtre pesé d'avance, on le lave, on le sèche et on le pèse.

^ La plupart dt ces minéraax tellarés s'attaqaent asm focflem^t par le chlonf ei présenee de la potasse, quand ils ont été bien porphirisés; pour ceux qui résistent à cet agent d'oxydati«n, il but traiter par l'eau régale aiant de Ikire agir le chlore et la po* tasse.

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