‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usinesChapitre 17 sur 38 · T. 1. SO · texte numérisé non relu

T. 1. SO

306 Métalloïdes.

Dans la dissolntion chlorhydrique on fait arriver im oearant trèMàpide d'hydrpgène sulfuré ; on sature peu à pe« facide par r ammoniaque ; il se forme un précipité de sulfures de plomb et de cuivre ; les sulfures de tellure, d'antiuoioine et d'or restent dissous à l'état de sulfosels. En opérant ainsi, on parvient à dissoudre plus complètement les. sulfures de tellure et d'antimoine, qu'en employant Tammoniaque et le sulfhydrate.

Le précipité est séparé par filtrati<m, et lavé avec «de l'eau chargée de sulfhydrate ; on tnitê ce précipité de sulfures comme il sera indiqué plus tard, pour la séparation et le dosage des métaux qu'il peut contenir.

L» hqueur contenant les sulfurés est actdiftée par l'acide eàlorhydrique étendu ; les sulfaves de teUure, d'antimoine et d'or se précipitent, mélangés avec le soufre qui provient de la décomposition du sulfhydrate*

Les sulfures bien lavés sont traités par l'eau régale peu azotique ; on ajoute une petite quantité d'acide tertrique, on étend d'eau et on filtre. Dans cette dissolution, qui renferme i'or, Fantlmoine et le tellure, on précipite Vet et le telhire à l'état mé* tailique par l'action de l'acide sulfureuit^, l'antimoine n'est pas précipité, en le dose par les procédés qui ser<»t exposés dans la seconde partie de eet ouvrage. .

Le précipité il'or et de tellure est ensuite traité par l'adde aïotique, qui laisse l'or indissous ; la dissolution est évaporée à sec, d^ manière à expulser entièrement l'acide azotique^ Le^résidu de révaporation est dissous dans l'acide chlorhydrique, et de cette liqueur le tellure est précipité par l'acide sulfureux. Son dosage n'est pas très-exact, car on en perd, ou du moins on est exposé à en perdre un peu, dans toutes les opérations.

La détermination des deux métaux précieux laisse également à désirer ; on est obligé de séparer l'argent & l'état de ehlerure dans une liqueur chlorhydrique notablement acide, et de ne pas laisser refroidir cette liqueur avant de la filtrer. 8anse<ip pré#aatiens, le chloruré d'argent ne serait pas pur, il contielidrait un peu de chlorure de plomb, et même une faible quantité d'anti^ moniate de plomb.' Mais dans ces conditions, liqueur aseec fottement acide et x^haude, le ehlorure d'argeot n ei^t pas complètement insoluble, et en doit trouver un peu moins d'argent quD n'en contient réellement le minéral. L'or est dosé à Tétai métal-

lique, après pliuieurf opération^ dans le9quaU9S oo aet exposé à des pertes de métaL U est toujours utile de vérifier 1m deux dossigefi au moyen d'un essai ^t par la voie sèche, dant lequel on peut atteindre y principalement pour Tor, une exactitude plus grande que celle qu'il est permis d'espérer par les opérations de la voie humide^

Tellurure de plomb. — Ce minerai a été rcq^porté par M. G. Rose de la mine de Sawodinski (Altaï); il se présente en masses compactes, facilement clivables dans trois directions ; il est blanc, et son éclat n'est pas franchement métallique ; les .analyses qui ont été faites ont démontré le mélange d*une petite quantité de tellurure d'argent. Le tellurure de plomb se rapporte k la formule FbTe; il est donc analogue, pour sa composition chimique, au sulfure et au séléniure de plomb.

TELLimcRit DE BISMUTH. — Cette espèce minérale a été trouvée dans plusieurs localités : er\ Norwége, au Brésil, en Hongrie, en Angleterre ; elle se présente en lames hexaèdres, ou en petites masses lamelleuses ; sa couleur est le gris d'acier, son éclat est udétallique.

Le tellurure de bismuth est accompagné de sulfure et de sél^ niure du même métal ; quelques-uns des échantillons analysés contiennent une certûne quantité d'argent.

Nous donnerons les résultats des analyses de plusieurs échantillons :

(1) (2), (5) lé)

TeUnre 34,60 36,05 »,74 I5,9!5

««avili 60,00 58,30 61,15 79,15

6#ilN 4,80 é,n t,B3 %,i$

SéléniaHi tracei 0,75 » 1«48

Argent » > ^$^ »

99,40 99,42 9^fi$ 99,71

Les deux analyses (1) pt (2) ont été faites sur des écbaniilk)]» provenant de Norwége ; les résultats portés sons les chiffirfts (3) et (4) se rapportent à des échantillons pris dans le$jfwom àe fip&* grie et du Brésil.

Analyse. — X'analyse du tellurure de bismuth, mélangé da séléniure, peut être faite de la manière suivante :

308 METALLOÏDES.

Le minéral porphyrisé est mis en suspension dans une dissolution un peu concentrée de potasse pure, et attaqué par le chlore ; Faction est rapide, elle produit : de l'oxyde de bismuth, qui reste insoluble ; et des acides diï soufre, du sélénium et du tellure, qui se dissolvent dans la liqueur alcaline. L'argent, lorsque l'échantillon en contient, n'est pas dissous et il se trouve avec l'oxyde de bismuth.

Lorsque l'action du chlore paraît terminée, on étend .de beaucoup d'eau, on filtre et on lave longtemps l'oxyde de bismuth à l'eau bouillante. La partie indissoute, recueillie sur le filtre, estséchée et pesée. Son poids donne le dosage exact du bismuth lorsque le minéral ne renferme pas une proportion appréciable d'argent; dans le cas contraire, il faut traiter cette matière comme nous l'indiquerons au chapitre du bismuth, pour la séparation et le dosage des deux métaux ; nous dirons seulement ici qu'il est nécessaire de vérifier le dosage de l'argent par un essai spécial, fait par voie sèche.

Pour le dosage du soufre, du sélénium et du tellure, la dissolution alcaline, très-étendue à cause des lavages prolongés de l'oxyde de bismuth, est divisée en deux parties égales : l'une d'elles est consacrée au dosage du soufre, l'autre à la détermination du sélénium et du tellure. Nous n'avons à présenter ici quelques détails que sur le dosage du soufre ; quant à la détermination du sélénium et du tellure, nous renvoyons les lecteurs à ce qui a été dit précédemment à l'article de l'acide tellurique.

Le soufre doit être dosé à l'état de sulfate de baryte, mais ce dosage exige des précautions spéciales, en raison de la présence de l'acide sélénique et de l'acide tellurique dans la liqueur alcaline qui renferme l'acide sulfurique. On acidifie faiblement cette dissolution par l'acide chlorhydrique, on précipite à froid par le chlorure de barium; le précipité, lavé très-longtemps à froid avec de l'eau acidulée, contient encore du séléniate et même un peu de tellurate de baryte ; on le fait sécher, on le porphyrisé et on le traite successivement par l'acide azotique de force moyenne, qui dissout les dernières parties du tellure, et par l'acide chlorhydrique concentré et bouillant, qui décompose le séléniate. Après avoir décomposé le séléniate, on étend de beaucoup d'eau ; le sulfate de baryte reste seul insoluble, il est assez pur pour que son poids puisse servir à calculer la proportion du soufre.

^ On est obligé d'opérer comme nous venons de l'indiquer, et d*enleyer au sulfate de baryte impur, précipité par le cblorure de barium, d'abord le tellurate et ensuite le séléniate, par suite des propriétés des sels foqnés avec la baryte par les acides du sélénium et du tellure. Pour le tellure, c'est le tellurate de baryte qu'il est possible de dissoudre dans les acides étendus ; le tellurite est beaucoup moins facile à dissoudre ; pour le sélénium, au contraire, le séléniate est peu soluble dans les acides étendus, le sélénite peut se dissoudre assez facilement.

Nous observerons encore que, le sulfate de baryte n'étant pas complètement insoluble dans Facide azotique, )nème étendu, le dosage du soufre ne peut pas être très-exact ; le minéral doit en contenir une proportion un peu plus grande que celle indiquée par Tanalyse.

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