‹ Docimasie. Traité d'analyse des substances minérales à l'usage des ingénieurs des mines et des directeurs de mines et d'usinesChapitre 25 sur 38 · FLOOR · texte numérisé non relu

FLOOR

quartz est volatilisé, «n partie ou en totalité, à Tétat de fluorure de silicium. Il reste dans la capsule : un peu de quartz *, le sulfate de baryte ; le sulfate de chaux préexistant ; et le sulfata) de chaux produit par la décomposition du fluorure de calcium. L'augmentation de poids de la capsule donne le poids P de toutes ces matières .

On traite ensuite par l'eau et on prolonge son action de manière à dissoudre la totalité du sulfate de chaux ; on reçoit 8ur un filtre le quartz et le sulfate de baryte restés insolubles, on sèche, on calcine et on pèse : soit p le poids de ce mélange, quartz et sulfate de baryte, P— j9 est le poids du sulfate de chaux qui a été dissous ; on en retranche le sulfate de chaux que contient le minéral, et on déduit par différence le poids A du sullEate de chaux qui provient du fluorure de calcium. La proportion du fluorure de calcium dans le spath fluor est égale à :

Pour déterminer la proportion du sulfate de baryte et celle du quartz, il faut opérer sur le mélange de quartz et de sulfate de baryte, dont le poids estp; on décompose le sulfate en le faisant chauffer longtemps à Tébullition avec une dissolution concentrée de carbonate de soude ; après avoir lavé à Tcau bouillante la partie insoluble, quartz et carbonate de baryte, on dissout le carbonate dans Tacide chlorhydrique, et on pèse le quartz, ce qui donne par différence la proportion du sulfate de baryte.

On évalue enfin le quartz par différence en retranchant^ du poids total du minéral mis en expérience, le sulfate de chaux, le sulfate de baryte, et le fluorure de calcium. Le nombre obtenu n'est pas aussi exact qu'on pourrait le désirer, parce qu'on porte au compte du quartz l'eau hygrométrique et l'eau combinée au sulfate de chaux; on peut le corriger aisément en déterminant la perte de poids qu'éprouve le minéral par une calcination faite à une température inférieure au rouge sombre; cette perte de poids doit être retranchée du nombre calculé pour le quartz.

La méthode que nous venons d'exposer est comparativement simple; elle donne des résultats assez exacts, bien que plusieurs déterminations soient faites par différence; on n'a, du reste, aucun

4^2 MÉTALLOIDES.

intérêt à obtenir une exactitude plus grande ppur la question spéciale, pour laquelle ce procédé est proposé, Texamendu spath fluo;* destiné à la préparation de l'acide fluorhydrique.

Fluorures et phosphates. — Les fluorures et les phosphates se trouvent fréquemment ensemble dans la nature ; quand on fait l'analyse des phosphates de chaux, des silicates contenant de l'acide phosphorique, etc., il faut toujours chercher à constater la présence du fluor, et souvent il est nécessaire de le doser. La présence du fluor n'apporte aucune difficulté nouvelle dans la reconnaissance et dans le dosage de l'acide phosphorique, mais ce dernier acide complique un peu la détermination du fluor. Nous exposerons dans le chapitre xv les procédés d'analyse qui peuvent être employés pour les silicates contenant des fluorures et des phosphates ; nous prendrons maintenant pour exemple l'analyse d'un phosphate de chaux naturel, mélangé d'argile ferrugineuse, et nous nous occuperons seulement du dosage du fluor, qui doit toujours être fait dans une opération séparée.

Le minéral est mélangé intimement avec 4 parties de carbonate de soude pur ; le mélange est fondu au rouge vif dans un creuset de platine. La matière, refroidie et séparée du creuset, est traitée par l'eau, qui dissout :1e carbonate alcalin en e^cës; le fluor, une partie de la silice et de l'alumine, ime partie de l'acide phosphorique, à l'état de fluorure de sodium, de silicate, d'aluminate et de phosphate de soude. La partie insoluble dans l'eau renferme le reste de la silice, de l'alumine et de l'acide phosphorique, avec le peroxyde de fer et le carbonate de chaux ; elle ne retient pas de fluor quand elle a été bien lavée avec de l'eau bouillante.

On traite la dissolution alcaline comme si elle ne contenait pas d'acide phosphorique, et en suivant la marche indiquée précédemment ; on sature aussi exactement que possible par l'acide azotique, on laisse en repos pendant plusieurs jours ; on ajoute du carbonate d'ammoniaque en petit excès, et on laisse encore en repos. La plus grande partie de la silice et de l'alumine, une partie de l'acide phosphorique se séparent de la dissolution ; la liqueur filtrée contient encore de l'acide phosphorique, et tout au moins des traces de silice et d'alumine ; elle renferme à peu près tout le fluor, quand les précipités produits par l'acide azotique et par le carbonate d'ammoniaque ont été lavés avec soin.

FÎ.UOR. 413

On verse dans cette liqueur un sel de chaux ; par là on précipite du carbonate et du phosphate de chaux , et tout le fluor à l'état de fluorure de calcium ; on peut négliger, quand on a opéré avec les précautions convenables, les petites quantités de silicate et d*aluminate de chaux qui sont précipitées en même temps. Le mélange de ces composés divers est lavé par décantation, et ensuite reçu sur un filtre : on sèche le filtre, on sépare autant que possible le précipité du papier ; on brûle ce dernier, et on traite par l'acide acétique étendu les cendres et le précipité pulvérisé. L'acide acétique dissout le carbonate de chaux et même la plus grande partie du phosphate : il laisse insoluble im mélange de fluorure de calcium et de phosphate de chaux. On reçoit ce mélange sur un filtre pesé, on sèche à 100 degrés et on pèse; soit P la somme du poids des deux sels.

On sépare les sels du filtre, on brûle ce dernier, puis on réunit les cendrés au mélange de phosphate et de fluorure, on traite ces matières par l'acide sulfurique, on chauife assez longtemps pour expulser l'acide fluorhydrique ; on laisse refroidir, on ajoute de l'alcool en grand excès, et on laisse déposer le sulfate de chaux. On pèse ensuite, avec les précautions déjà signalées, la chaux à Tétat de sulfate, et l'acide phosphorique à l'état de phosphate de magnésie : soit/? le poids de la chaux, et/>' celui de l'acide phosphorique.

La comparaison de ces poids P, />, /?', permet de calculer la proportion du fluor, en tenant compte de l'oxygène, qui remplace le fluor dans sa combinaison avec le calcium lorsqu'on traite par l'acide sulfurique le mélange de phosphate de chaux et de fluorure de calcium. Désignons par X le poids cherché du fluor, et par o le poids de l'oxygène qui l'a remplacé, ces deux inconnues sont bées entre elles par la relation :

On a de plus, pour déterminer X, l'équation :

X— o=P — Oo+jo')- On en déduit pour la proportion du fluor :

AU MÊTAUjOIDES.

L'évaluation ainsi obtenue n'est jamais exacte; aux causes d'erreur, que nous avon^ déjà signalées pour le dosage du fluor en l'absence de l'acide phosphorique , il faut ajouter celles qui rendent assez incertaine la détermination de petites quantités d'acide phosphorique. L'influence de ces causes d'erreur est encore plus grande que si le fluor était simplement évalué par différence, car toutes les erreurs commises sont multipliées par le coefficient 1,74.

ËAu ET FLUORURES « — Quaud los miuéraux qui renferment des fluorures contiennent en même temps de l'eau, il est impossible de déterminer exactement l'eau par calcination, parce que les fluorures sont presque tous partiellement décomposés par la chaleiir en présence de l'eau, et perdent une partie du fluor. Les produits volatils qui se forment quand on chauffe jusqu'au rouge vif dépendent de la nature des minéraux : il nous suffira d'indiquer ici que la perte éprouvée par calcination ne veprésente pas exactement Teau que renferment les substances minérales qui contiennent des fluorures.

On peut diminuer la proportion de fluor volatilisée, et la rendre à peu près négligeable, en soumettant à la calcination le minéral porphyrisé, mélangé intimement avec un poids connu d'oxyde de plomb en excès. Il faut bien se garder cependant de compter sur l'efficacité absolue de cet. artifice; et de plus il faut chauffer seulement au degré de température nécessaire pour l'expulsion totale de l'eau. La plupart des fluorures, et notamment le fluorure de plomb, ne sont pas rigoureusement fixes; l'excès d'oxyde métallique ne fait que diminuer, sans l'empêcher complètement, la formation des composés du fluor facilement volatils, qui peuvent se produire sous l'influence de l'eau, de la silice, oa des autres corps que contiennent les minéraux proposés.

Page 1