BROME
On doit cependant préférer la voie sèche comme donnant des pesées plus exactes ; en voici la raûson : quand on fait agir le chlore sur le mélange, chlorure et bromure d'argent, mis en suspension dans Veau, on est obligé de recevoir le chlorure d* argent sur un filtre pesé, de sécher et de peser de nouveau ; le poids obtenu est entaché dos erreurs que Ton peut commettre dans les deux pesées du filtre, en raison de Thygrométricité du papier. Quand, au contraire, on fait agir le chlore sec sur le mélange, placé dans une nacelle tarée d'avance, les deux pesées peuvent être faites dans la nacelle, la différence P — C est certainement très-exacte. Nous ferons, d'ailleurs, observer que la filtration, et les précautions qu'on doit prendre pour dessécher deux fois le filtre, exigent bien plus de temps qu'il n'en faut pour monter l'appareil dans lequel on fait agir le chlore par voie sèche.
Ôbservatîom , — La méthode que nous venons d^exposer donne des résultats suffisamment exacts quand le brome est en proportion un pou forte ; il n'en est pas ainsi lorsque le brome se trouve en très-petite quantité en présence de beaucoup de chlore. Dans ce cas, en effet, les deux poids P, C sont très-forts, tandis que la différence P — C est très-petite ; les plus faibles erreurs dans les pesées prennent une grande importance quand on les comparé à la proportion de brome qu'il s'agit d'évaluer.
On parvient à diminuer la disproportion entre les deux sels, bromure et chlorure d'argent, en traitant la dissolution proposée par une quantité d'azotate d'argent insuffisante pour précipiter la totalité du chlore ; on cherche à faire passera l'état de chlorure d'argent seulement le cinquième ou le quart du chlore contenu dans là dissolution! Le précipité contient certainement tout le brome, et on le traite comme il a été dit précédemment pdur calculer la proportion du brome. Dans une seconde expérience, on précipite tout le chlore par l'azotate d'argent et on pèse la somme des deux composés', chlorure et h?:omure d'argent ; oh retranche du poids obtenu celui du bromure, calculé d'après lés résultats de la première expérience, et on a par différence le poids du chlorure d'argent, qui sert à la détermination du chlore.
Af^i MKTALLOIDES.
S 9. - JLeiée »■■— >Mnie« RrO^*
L'acide bromique contient :
Brome 66,65
Oxygène 85,SS
iOO,00
n est très-peu stable quand il n'est pas combiné avec les bases ; il est décomposé par tous les corps avides d'oxygène, par tous les hydracides, par un grand nombre de matières organiques. L'acide bromique forme avec les bases fortes non réductives des sels bien définis, qui se rapportent à la formule BrO*+RO,
Les bromates sont tous décomposés par la chalem* qui les transforme presque tous en bromures, avec dégagement d'oxygène ; mélangés avec du charbon, du soufre, etc., ils détonent par la chaleur et même par le choc. Ils sont moins splubles dans l'eau que les chlorates correspondants ; le bromate de potasse est peu soluble dans l'eau froide, mais il se dissout assez bien dans l'eau bouillante ; il en est de même des bromates de baryte et de strontiane .
Le bromate d'argent est à peu près insoluble dans l'eau, à chaud comme à froid ; il est un peu soluble dans l'acide azotique étendu ; il est décomposé lentement par l'acide azotique concentré.
Le bromate d'oxydule de mercure est à peine soluble dans l'eau, mais il se dissout assez facilement dans Tacide azotique étendu.
Le bromate de plomb est seulement peu soluble dans l'eau ; il se dissout mieux dans l'acide azotique étendu.
Les bromates insolubles ou peu solubles sont décomposés quand on les chauffe à l'ébullition dans les dissolutions des carbonates alcalins ; le carbonate de soude agit mieux que celui de potasse.
Les bromates en dissolution sont décomposés par l'acide sulfurique étendu; lorsqu'on opère à froid, l'acide bromique parait être seulement séparé des bases, et reste dissous dans la liqueur acide ; mais si on fait 'chauffer, ou bien si on emploie l'acide sulfurique un peu concentré, l'acide bromique est décomposé en
BROrVIE. il65
brome et en oxygène; avec l'acide suif uri que très-K^oncentré, il peut y avoir détonation eomKie pour les cUorates.
L'acide asotiijue «t plusieurs autres oxacides déplacent l'acide bromique sans le décomposer, au moins quand on opèrq à ^id et dans des liqueurs étendues ; quand on fait chauffer les dissolutions de bromates ayant d'y verser les acides, il y a toojours décomposition totale on partielle de Tacidi^ bromique ••
L'acide brombydrique décompose immédiatement tous les bromates ; la réaction met en li|>erté le brome de l'acide -bromique et cinq fois autant de brome de l'bydracide ; pour la .quantité de bromate représentée par la formule BK)*+RO, oa ^btiopt 6Br»
L'acide chlofhydnque décompose également tous les bromates, en produisant du chlore et du chlorure de biiome ; la réaction a lieu entre les proportions 6HG/ et BrO^ RO ; elle donne C/R et Br-f-5C/; ces deux métalloïdes sont en partie combinés.
L'hydrogène sulfuré agit avec beaucoup d'énergja sur les bnmates en dissolution ; les produits sont varid>le8 s^lon la nature des bases combinées avec l'acide |)romiqua. .Ayec les bromates alcalins, l'hydrogène sulfuré rédi^t l'alcali et l'acide bromique^ et ramène le bromate à l'état de bromure, il se dépose dunoufre ; la réaction a lieu entre 6.^S et BrO\ RO ; lesbromates di^^ métaux qui forment des sulfures insolubles dans les acîd^9 étendus sont décomposés d'une manière différente par l'hydrogène sulfuré, on obtient de l'acide ^romhydrique, du soufre et des sulfures.
Les bromatas métalliques insolubles sont décomposés bien plus lentement par l'hydrogène sulfuré ; cunsi, le bro^iate de plomb noircit au contact de ce gaz, maïs sa décomposition n'est que difficilement complète ; il fout, pour l'obtenir ; m0ttre le bromate «n suspension dans l'eau, après l'avoir amené à l'état de poudre impalpable; fanre arriver un Qxcès -d'hydrogène sulfuré; agiter vivement et à plusieurs reprises, et laisser le réactif agir pendant plusieurs heures.'
Dosage de l'acide bbomique. — On a bien ramment à doser l'acide bromique j aussi j)asseronsrnou3 un peu rapidement sur ce sujet ; nous indiquerons seulement 4e quelle tt,a^ère il faut procéder dans deux cas spéciaux : 1*" une dissolution (i^'un bromate ; 2"" une dissohition contenant ou pouvant contenir des bromates et des bromures.
466 Métalloïdes.
Premier cas. Qq p^^f obtenir le dosago à peu près e!sact dé Vacidé bromique en le précipitant à l'état de bromâte d'argent, mais il tant pou^ cela que Ih dissolution proposée ne contienne qtie îè brolnâte, ou iout EU moins il faut que cette dissolution soit pârfaïteiàetit neutre, ^qu'elle ne' renfermé micun autte corps précipitable t)ar razdtftte d'argent; Dans ces^ conditions, onrerse Tazôtate dans la dissolution ttn peu "étendiie, on rassemble le prébipité t*h rflauffam à 90 ou 69 dégrfti'; oiile lavé par décanfatittn ; on le fait passer »ur un fikrë pljsé d'avance, oti sèche â' 100 degrés et *ôrt pèse. L'abgmentatioh de poid^ du filtre dotùiële poids dU bromate d'ai*gent, qui confient B0,8S {)Our 100 d'acide bromiqôe.
Quand lit dissolution proposée ne rem|iît pad les conditions précédentes, it est impossible de faire le dosage à l'état de bromate d'argent ; iî faut ajouter à hi liqueur, si elle n'en contient pas déjà, un petit excès de carbonate de soude, évaporer à sec, décomposer tebromatè'parla chaleur, et enfin doser le broinc qtti est couteau à l'fitat de bromiite dans la matiisré calcinée. Là décomposition du bfomate exige une température supérieure au rouge sombre ; il faut chercher k obtenir la transformation complète, tout en chauffant le moins possible, parce que lesbrotnurcs alcalins sont notablement volatils au rouge, te dosage du brome dans làmatièrer baleinée se fait * par ia méthode précédemment indiquée;" on traite par Tcan; on Ueutralise à peu près exactement Ih iiqueur par Vacide* azotique { od précipite par Pazotate d'atgent; où lavé le bromure par décantations, d'abord avec de Teau chaude, ensuite avec de Tèàu acidulée pto l'acide azotique, e^ enfin oii pèse le brom'ure d'argent. Second cas. ' La délerminatien dii htonle existant à VéiAi de bromure et à l'état de brohiate, dans une dissolution qui contient les deux séis, exigé deux expértehces : Fiîtie pour doser le brome total, l'autre pour évaluer k propdrûon de l'acide bromique.
Première expérience, — On ajoute un peu de carbonate dé âottde à la dissolution, on évapore à sec et on calcine le résidu, de manière à déconlpost^r le bromate, et à le* ramener entièrement à l'état de bromure ; on dose le brome en le pesant à l'étal de bromure d'argetiti éoit A la proportion du brOme.
Seconde expérience. — On traite un volume déterminé de la dissolution par l'acide chlorhydrique, Ô& fkit rendre *le chlore et le brome, qui se dégagent, dans une liqueur chlorhydrique ren-