‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 19 sur 94 · XXV.* LECTURE · texte numérisé non relu

XXV.* LECTURE

Jésus-Christ est monté au ciel ; il est assis à la droite de Dieu.

Videntihus itiis , elevatus est , et nuhes suscepit eum ab oculis corum 3 qui est in dexterâ Dci»

Us le virent s'élever, et une nuée le déroba à leurs yeux..» il est à la droite de Dieu. Jet, 1 . I. Petr. 3.

ÎVotre- Seigneur , quarante jours après sa résurrection , assembla ses disciples sur la montagne des Oliviers, et là ayant levé les mains , il les bénit , et se sépara d'eux. Ils le virent s'élever , et une nuée les déroba à leurs yeux. Il fut ainsi élevé dans le ciel , où il est assis à la droite de Dieu son Père. Quand vous entendez dire que Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu , ne vous imaginez pas , mon cher Théophile , que Dieu ait un corps : il ne faut pas entendre ces paroles à la lettre ; c'est une image sensible , empruntée des choses humaines. Sous cette image , le Saint-Esprit veut nous faire concevoir que l'humanité sainte de Jésus-Christ est élevée dans le ciel au plus sublime degré de gloire et de puissance , et qu'il s'y repose après ses travaux, comme dans le trône éternel de son empire. Quand un roi associe son fils à la royauté, il le fait asseoir sur un trône , à côté de lui , pour marquer qu'il veut qu'on le regarde comme son égal , et quo tous les Ordres de l'État lui rendent le respect et l'obéissance comme à lui-même. Or , l'Ecri-

\vo Doctrine Chrétienne.

ture représente Dieu assis sur un trône , comme Roi du ciel et de la terre : ainsi , quand on dit que Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu son Père vous devez entendre qu'étant comme Dieu égal à son Père , il est comme homme , parla grandeur de sa gloire et de sa puissance , au-dessus de toutes les'créatures , parce que son humanité sainte a le glorieux avantage d être unie à la personné^du Verbe. Notre-Seigneur , dans sa gloire , est occupé de nous; il est attentif à tous. nos- besoins : 1 exerce encore dans le ciel l'office de médiateur ; il présente à son Père Je* cicatrices des plaies qu il a reçues dans sa passion, pour implorer sa miséricorde en faveur des hommes. H y est notre avocat et notre défenseur. « S'il arrive que » quelqu'un pèche , dit saint Jean .nous avons » Jour avocat, auprès du Père , Jésus-Christ » qui est juste. » Nos péchés nous accusent de?ant Dieu; mais Jésus- Christ nous défend et la voix de son sang est p us puissante pour obtenir miséricorde , que celle de nos crimes , pour attirer sur nous les. châl.mens de a justice divine. Jésus-Christ est dans le ciel notre Roi et notre Seigneur ; il a sur nous un souverain empire , non-seulement parce qu il nous a créés et qu'il nous conserve, mais encore parce qu'il nous a rachetés. Nous sommes donc à Jésus-Christ comme son héritage et sa conquête , qu'il a acquis au prix de son sang d'où -l'apôtre conclut que personne ne vit et ne meurt que pour soi-même , mais que soit que nous vivions , soit que nous mourions nous Sommes toujours au Seigneur, «*"r^fi£ le ciel est notre pontife ; il a exercé la lono-

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tïon de pontife sur la croix , en s'offrant luimême à son Père , comme une victime de propitiation pour nos péchés: il l'exerce encore dans le ciel , où étant assis à la droite de son Père, il se présente pour nous devant lui; et comme il possède un sacerdoce éternel, il peut toujours sauver ceux qui s'approchent de Dieu par son entremise..* « Ayant donc pour » pontife Jésus Fils de Dieu}, qui est monté au » plus haut des cieux , allons nous présenter » avec confiance devant son» trône , afin d'y » recevoir miséricorde , et d'y trouver le se- » cours de sa grâce dans tous pos besoins; car j> le pontife que nous avons, n'est pas tel qu'il » ne puisse compatir à nos foiblesses puisqu'il » a été éprouvé comme nous par toutes sortes » de maux , quoiqu'il fût sans péché. » Enfin t Jésus- Christ , dans le ciel , est notre chef, c'està-dire qu'il est à la tête d'un corps dont nous sommes les membres. Ce corps c'est l'Eglise ; et Jésus -Christ est à son Eglise ce que la tête est au corps ; il lui communique la vie , et il l'anime de son esprit; toute grâce, toute bonne pensée , tout saint désir , toute bonne œuvre , toute vertu découle de cette plénitude, qui est en Jésus-Christ notre chef. « Jésus- Christ , dit » le concile de Trente , répand continuelle- » ment son esprit dans les justes, comme » le chef dans les membres , comme la vigne » dans ses branches. Telle est la grandeur et la dignité d'un Chrétien ; il est membre d'un corps dont Jésus-Christ même est la tête , et que l'esprit de Dieu anime ; et il devient ainsi participant de la nature divine. Vous devez donc, mon cher Théophile , vous tenir étroi-

i2s Doctrine Chrétienne.

tement uni à Notre-Seigneur , et ne jamais vous en séparer par le péché. Vous devez aimer tendrement l'Eglise votre mère , qui est comme le corps de Jésus-Christ , dont vous avez le bonheur d'être membre.

Vous avez dit , Seigneur , avant de monter au ciel, que vous alliez nous y préparer une place. Nous vous suivrons donc où vous êtes Jnonté le premier. Vous êtes notre chef : étant devenus vos membres par le baptême , nous pouvons espérer d'entrer un jour dans votre rovaume , et d'avoir part à votre gloire. Votre Jéncité n'est pas séparée de la nôtre ; vous 1 avez déclaré vous-même dans la prière que vous avez faite avant votre passion : « Mon Père , » avez-vous dit , je désire que où je serai , ceux » que vous m'avez donnés y soient aussi avec » moi. » Attirez-nous à vous, ô mon Dieu ! ne permettez pas que nous nous attachions à la terre , qui n'est que le lieu de notre exil. Faites que nous soupirions sans cesse vers le ciel , ou vous êtes assis à la droite de votre Père : apprenez-nous à y élever souvent notre esprit, à y attacher notre cœur. Faites que nous nous regardions comme des étrangers sur la terre , et que notre désir le plus ardent soit d entrer dans notre véritable patrie , et d'habiter cette cité sainte où vous régnez, et où nous devons nous-mêmes régner un jour avec vous. La gloire où vous avez été élevé est la récompense de vos profondes humiliations. Nous acceptons volontiers les peines qu'il vous plaira de nous envoyer , afin que les unissant aux vôtres , nous ayons part à votre gloire. Peut-on refuser de souffrir quelque peine légère sur la terre , quand

Symbole. is5

on considère ce poids immense de gloire qui doit en être le prix ?

Pratique»

Nourrir dans son cœur le désir du ciel.

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