XXXI.6 LECTURE
De l'autorité de l'Eglise.
If se dédit paslores...» ut non simus fluctuantes 9 et circwmfe/ramur omni vento doctrinœ,
Jééus- Christ a donné à son Eglise des pasteurs , afin que nous ne soyons pas comme des cnfans , et comme des personnes flottantes , qui se laissent emporter à tout vent de doctrine. Efh. zj.
Jésus-Christ a donné aux pasteurs de l'Eglise le pouvoir d'enseigner et de gouverner les fidèles dans l'ordre du salut. Cette autorité est toute spirituelle , et elle ne réside que daiis les pasteurs \ c'est-à-dire, dans le Pape , qui estlç chef de l'Eglise universelle , et dans les évêques , comme successeurs des apôtres. « Allez , dit » Jésus-Christ à ses apôtres , instruisez les na- » tions , leur apprenant à observer toutes les » choses que je vous ai commandées , et voilà » que je suis tous les jours avec vous , jusqu'à » la consommation des siècles. » {Mattk. 28.) Vous voyez , mon cher Théophile , que Notre- Sei°-neur a chargé ses apôtres et leurs successeurs, jusqu'à la fin du Monde, d'enseigner à tous les peuples ce qu'il leur avoit lui - même appris , c'est-à-dire , les vérités de la loi et les règles des mœurs : vous voyez qu'il leur a pro mis de les assister tous les jours , et par conséquent, sans aucune interruption , dans leur enseignement , jusqu'à la consommation des siècles. En vertu de cette promesse, l'Eglise est
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infaillible dans la doctrine de la foi et des mœurs , de quelque manière qu'elle prononce , soit assemblée , soit dispersée , ayant avec elle Jésus Christ , qui est la vérité même ; étant toujours éclairée et dirigée par son esprit , qui est l'esprit de vérité , jamais elle n'enseignera l'erreur; autrement elle cesseroit d'être l'Eglise de Jésus- Christ, et d'avoir le Saint- Esprit pour maître. Aussi l'apôtre saint Paul l'appelle-t-il la colonne et l'appui inébranlable de la vérité, Concluez donc avec moi , mon cher Théophile , que le corps des pasteurs ne peut jamais se tromper dans ce qui intéresse la loi et les mœurs , et que les jugemens qu'il prononce , soit pour proposer aux fidèles les vérités de la foi ; soit pour condamner les erreurs qui la combattent , sont des jugemens infaillibles, auxquels tout fidèle doit se soumettre. L'Eglise est la chaire de vérité, la chaire de Dieu même; elle parle aux hommes au nom de Dieu par l'autorité et avec l'assistance de Dieu; et quand nous soumettons notre esprit à l'enseignement et aux décisions de l'Eglise , c'est à Dieu mêm& que nous rendons l'hommage de notre foi. « Qui vous écoute m'écoute , a dit Notre-Sei- » gneur à*ses apôtres , et qui vous mépris© » me méprise; si quelqu'un n'écoute pas l'E- » glise, regardez-le comme un païen et un pu- » blicain. » La voix des pasteurs est donc la voix de Dieu même. Aussi les apôtres , instruits du privilège qu'ils a voient reçu de Jésus- Christ , mirent-ils à la tête du premier jugement qu'ils prononcèrent , ces paroles remarquables : « 11 a semblé bon au Saint-Esprit et 2» à nous , » pour nous faire comprendre qua
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leur jugement étoit le jugement de Dieu même. En effet , il étoit nécessaire que Jésus-Christ donnât à son Eglise cette autorité infaillible. S'il n'y avoit point de tribunal pour décider souverainement les questions qui s'élèvent sur ce que l'on doit croire , chaque fidèle s'égareroit dans ses propres pensées , et il n'y auroit plus d'uniformité dans la croyance. Si ce tribunal n'étoit pas infaillible , on pourroit douter de la vérité de ses décisions , et les fidèles demeureroient incertains et flottans ^ exposés à être emportés à tout vent de doctrine. Il étoit donc de la sagesse de Jésus-Christ d'assurer à son Eglise le privilège d'être préservée de toute erreur dans son enseignement.
Secondement , Jésus-Christ a donné aux pasteurs le pouvoir de gouverner les fidèles , c'està-dire , de faire des lois pour régler leur conduite en ce qui concerne le culte de Dieu et les bonnes mœurs , et de punir , par <des peines spirituelles , les esprits indociles et rebelles à se» lois. Le nouveau Testament est rempli de passages qui établissent cette vérité. Saint Paul parlant aux anciens de l'Eglise d'Ephèse , leur dit : « Prenez garde à vous-mêmes , et au troupeau » sur lequel le Saint-Esprit vous a établis éveil ques , pour gouverner l'Eglise de Dieu. » (Act. 20.) Les évêques sant donc établis pour o-ouverner les fidèles ; leur résister , c'est donc résister au Saint-Esprit. Le même apôtre déclare dans l'Epître aux Corinthiens , qu'il a en main de quoi punir ceux qui lui désobéissent. En effet , il a exercé ce pouvoir h l'égard d'un pécheur scandaleux de la ville de Corinthe, qu'il retrancha pour un temps de la société des fidèles , par
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l'excommunication. Ce pouvoir d'excommunier est renfermé dans ces paroles que Jésus-Christ a adressées à ses apôtres : « Tout ce que vous lie- » rez sur la terre sera lié dans le ciel , et tout » ce que vous délierez sur la terre sera délié » dans le ciel. » [Matth. 18.) Par ces paroles , on a toujours entendu que la sentence par laquelle les pasteurs séparent un pécheur du corps des fidèles , sera ratifiée dans le ciel par Jésus- Christ lui-même , et que celle par laquelle ils rétablissent un pénitent , sera de même confirmée dans le ciel. Jésus-Christ se sert des mots lier et délier , parce que celui que l'Eglise excommunie , étant livré à Satan -, devient son esclave , il est retenu dans ses chaînes , et il ne peut être remis en liberté que par la même autorité qui l'a comme lié et enchaîné. Respectez , mon cher Théophile, cette autorité qui vient de Dieu même; appliquez-vous à connoître ce que l'Eglise enseigne , pour y soumettre votre esprit , et ce qu'elle commande , pour y conformer votre conduite. Sa doctrine est toujours vraie , ses lois sont toujours sages, et ses pratiques toujours saintes.
Vous avez établi dans votre Eglise, ô mon Dieu ! des pasteurs pour nous instruire et nous gouverner. Vous avez attaché à leur enseignement le privilège de l'infaillibilité , en promettant d'être avec eux tous les jours , jusqu'à la consommation des siècles. Par là vous avez prévenu et fixé tous nos doutes. Vous voulez , ô mon Dieu ! que tous les hommes parviennent à la connoissance de la vérité ; vous avez établi un moyen facile et à la portée de tout le monde , de la reconnoître avec une entière certitude. Sans
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ce moyen , nous aurions vécu dans une ignorance funeste , ou dans une incertitude cruelle *ur ce qu'il nous importe le plus de savoir. Quelles actions de grâces ne vous devons-nous pas , pour nous avoir ainsi garantis de toute erreur et de toute inquiétude! oui , Seigneur, en m'attachantà votre Eglise , je ne crains pas de m 'égarer. Dès que je sais qu'elle a parlé , je suis en repos. Appuyé sur vos promesses , je crois , sans hésiter , tout ce qu'elle me propose ; je rejeté , saiiS balancer, tout ce qu'elle condamne , je gais qu'en écoutant l'Eglise , c'est vous-même que j'écoute. Loin de moi, ô mon Dieu! cet esprit d'orgueil , qui (ait qu'on se révolte contre une autorité que vous avez vous-même établie. Daignez me préserver de cet aveuglement: faites que je respecte et que j'observe les lois qu'elle prescrit à ses enfans ; que je sois en tout docile à la voix de cette sainte mère , que voqs nous avez donnée pour guide dans la route qui conduit au ciel.
Pratique.
Se soumettre d'esprit et de cœur à toutes les décisions de l'Eglise.
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