‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 25 sur 94 · XXXII.6 LECTURE · texte numérisé non relu

XXXII.6 LECTURE

La Communion des Saints.

Muttayuidem membra , unum autem corpus... uè pro invicem sollicita sint membr a ; vos estis corpus Christi, et membra demembro.

11 y a plusieurs membres ; mais ils ne font tous ' qu'un même corps , afin que tous conspirent à s'aider les uns les autres ; vous êtes le corps de Jésus-Christ , et membres les uns des autres. I. Cor. 12.

Tous les fidèles qui composent l'Eglise chrétienne , sont unis ensemble , et ne forment qu'un seul corps , dont Jésus-Christ est le chef. L'union étroite de tous les membres de ce corps , établit entr'eux une communauté de biens spirituels. Voilà , mon cher Théophile , ce que l'on entendparla Communion des Saints. Onnomme les fidèles Saints , parce qu'ils ont été sanctifiés par le baptême , et qu'ils sont tous appelés à la sainteté. Les biens spirituels , qui sont communs entre tous les fidèles , sont les grâces infinies que Notre-Seigneur nous a méritées par ses souffrances , les mérites de la Sainte Vierge et des Saints , les sacremens , les prières et toutes les bonnes œuvres qui se font dans l'Eglise. De tous ces biens spirituels , il se forme un trésor qui appartient à toute l'Eglise , et chaque fidèle y a sa part , selon la disposition où il se trouve. Ceux qui sont en état de grâce , participent pleinement à -tous les biens et à toutes les grâces qui sont dans l'Eglise. Ceux qui sont en péché mortel , ne laissent pas d'en tirer du

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secours pour sortir de ce malheureux état. Cette communauté de biens spirituels , est une suite de l'unité de l'Eglise. Ne voyez-vous pas , mon cher Théophile , que tous ceux qui composent une famille , travaillent pour le profit de la famille entière , que tous les membres y ont part ? Il en est de même de l'Eglise , dont tous les membres ne composent qu'une même famille et qu'un même corps. Saint Paul compare l'Eglise au corps humain ; en effet , rien n'est plus propre à nous faire entendre ce que c'est que la communion des Saints : le corps a plusieurs membres , et chaque membre a sa fonction particulière ; mais tous ces membres ensemble ne font qu'un seul corps. Ils ont tous un même chef , une même âme , une même vie. Les fonctions de chaque membre , leurs avantages , sont pour le bien de tout le corps ; tous concourent à la même fin , qui est la conservation du corps; les yeux voient , les oreilles entendent, les mains agissent, les pieds marchent pour tout le corps ; en un mot, tous les membres conspirent au bien les uns des autres, et se donnent, dans le besoin , tous les secours possibles. De même, dans l'Eglise, tous les fidèles vivant du même esprit sous un même chef , s>ont unis entr'eux dans leurs différentes actions. Chacun des fidèles prie , travaille , mérite pour tout le corps , et il reçoit en même temps le fruit des travaux , des vertus et des prières de toute l'Eglise. Le sacrifice de la messe , offert par un prêtre dans une Eglise particulière > est utile à tous les fidèles , parce que l'Eglise, par les jmains du prêtre, y offre pour tous ses enfans la victime immolée pour tous. Tandis que vous vous

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livrez au sommeil , mon cher Théophile , plusieurs communautés religieuses se relèvent pour chanter les louanges de Dieu : cet exercice de religion , dont elles s'acquittent pour vous , tourne à votre profit; elles apaisent la colère de Dieu , elles attirent sur vous les effets de sa miséricorde. Mais pour profiter de ces avantages , il faut être membre de l'Eglise; ceux qui se sont séparés d'elle par l'hérésie , ou par le schisme , et ceux qu'elle a retranchés de son sein par L'excommunication , n'ont aucune part aux avantages spirituels qui se trouvent dans la communion des Saints. Pour jouir même pleinement de tous ces biens , il faut être un membre vivant de l'Eglise , c'est-à-dire en état de grâce. Les pécheurs en qui l'Esprit saint n'habite point par la grâce , sont à la vérité membres de l'Eglise; mais ce sont des membres morts : or , comment des membres morts pourroient-ils prétendre aux mêmes avantages que les membres vivans? Un bras mort , quoiqu'il reste uni au corps humain , ne peut recevoir la nourriture , l'accroissement , le mouvement , ni l'action. Cependant les pécheurs ne latent pas de tirer beaucoup d'utilité de l'union qu'ils ont avec le reste du corps ; c'est un grand avantage d'être de cette société, dans laquelle seule se trouvent la vérité , la charité , la justice , le salut et les moyens qui y conduisent. Un péchem^ât mort , mais tant qu'il demeure uni au corps , il peut revivre par les prières de l'Eglise, qui ne cesse de demander pour lui le retour à la vie par une sincère pénitence.

Outre cette union des fidèles qui 'sont sur fa terre , il y a encore une union plus générale

entre les Saints qui régnent dans le ciel , et les âmes qui souffrent dans le purgatoire , et les fidèles qui combattent encore sur la terre. Nous nous réjouissons du bonheur des Saints , nous en bénissons Dieu , nous les prions d'intercéder pour nous ; les Saints , de leur côté , nous aiment comme leurs frères , et ils nous aident par leurs prières auprès de Dieu. Nous avons aussi communion avec les âmes du purgatoire , en ce que nous adressons nos prières à Dieu, nous faisons des aumônes et d'autres bonnes œuvres, pour qu'il les soulage dans leurs souffrances , et qu'il en abrège la durée par sa miséricorde.

Quç les avantages dont jouissent les enfans de votre Eglise sont grands , ô mon Dieu ! qu'ils sont précieux! L'union étroite qui règne entre eux , rend communs tous leurs biens spirituels. €elui qui est riche , fait part de son abondance à ceux qui sont pauvres ; celui qui est fort , cornmimique sa force aux foibles. Rien n'est plus Consolant pour moi que cette pensée. Je serois bien à plaindre , si je n'avois à vous présenter que mes bonnes œuvres; mais toutes les saintes âmes prient pour moi , elles pratiquent des pénitences et des mortifications pour moi ; toutes leurs bonnes œuvres senties miennes; les dons de l'esprit de Dieu qu Viles possèdent , sont à moi. La ferveur de leurs prières supplée à la tiédeur des miennes; la solidité de leur vertu, à la foiblesse de la mienne. Touché des saints gémissemens que leur charité vous adresse pour moi , vous m'accorderez , ô mon Dieu ! un accroissement de grâce. Je fais plus de cas de ces richesses spirituelles , que de tous les trésors du monde. Ne permettez pas que j'en perde la moindre

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partie par ma faute. Faites , a mon Dieu ! que j'en tire tout l'avantage possible , en me conservant toujours en cet état de grâce.

S'estimer heureux de participer à tous les biens spirituels de l'Eglise.

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