‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 26 sur 94 · XXXIII.6 LECTURE · texte numérisé non relu

XXXIII.6 LECTURE

Je crois la rémission des péchés*

Per Jesum Christum vobis annuntiatur remissio fec* eatorum.

C'est par Jésus-Christ que la rémission des péchés vous est annoncée. Act. i3.

Ce n'est que dans l'Eglise catholique que l'on trouve la rémission des péchés. Dieu n'accorde cette grâce qu'à ceux qui deviennent ses enfans par le baptême : tous ceux qui sont hors de l'Eglise , comme les infidèles , qui n'y sont jamais entrés , et ceux qui en sont sortis, comme les hérétiques , les schismatiques et les excommuniés , ne peuvent y participer , tant qu'ils resteront hors de son sein. Pour vous , mon cher Théophile, vous jouissez de cet avantage: vous avez déjà reçu dans le baptême la rémission du péché originel , dans lequel nous sommes tous conçus. Dieu n'a pas borné sa piiséricorde à cette première grâce. Comme il n'arrive que trop souvent que l'on perd l'innocence baptismale , il a établi un sacrement qui remet les

i56 Doctrine Chrétienne.

péchés commis après le baptême ; c'est le sacre* ment de pénitence. Nous pouvons y avoir recours autant de fois que nous retombons dans le péché. Dieu est toujours disposé à nous pardonner , pourvu que nous recevions ce sacrement arec un regret sincère de nos fautes. Il n'y a point de péché qui ne puisse être effacé par ce moyen : quand vous auriez commis les plus grands crimes ; quand le nombre en surpasseront celui des cheveux de votre tête , vous pouvez en obtenir la rémission parle sacrement de pénitence. Ce n'est pas , sans doute , par nos propres mérites que le pardon nous est accordé, mais par ceux de Jésus- Christ notre Sauveur. La promesse que Dieu a faite de remettre nos péchés , est un pur effet de sa miséricorde ; et cette promesse est l'unique ressource des pécheurs et le motif de leur confiance. Vous sentez bien, mon cher Théophile, qu'il n'y a que Dieu qui puisse remettre les péchés : quand les prêtres prononcent sur vous la sentence de l'absolution , c'est Dieu qui efface vos péchés par leur ministère. Les prêtres ne sont que les instrnmens dont Dieu se sert pour produire cet effet admirable. Ils n'agissent qu'au Boni de Dieu , et en vertu du pouvoir qu'ils ont reçu de lui. « Nous sommes , dit saint Paul , les miy> nôtres de Dieu , et nous tenons sa place. » Que Dieu ait accordéaux pasteurs de l'Eglise le pouvoir de remettre les péchés, vous ne pouvez en douter; vous savez que Jésus-Christ a adressé ces paroles à ses apôtres et à leurs successeurs : « Recevez le Saint-Esprit; les péchés ^ seront remis à ceux a qui vous les remettrez * à et ils seront retenus à ceux à qui vous le&re*

Symbole. i5?

i> 'tiendrez. » Il est donc certain que Notre-Seigneur a communiqué à sçs apôtres le pouvoir qu'il avoit de remettre toutes sortes de péchés , et qu'il a promis de ratifier et de confirmer dans le ciel la sentence qu'ils prononceroient sur la terre. Des apôtres , ce pouvoir a passé aux évoques , et aux prêtres que les évêques députent pour remplir ce ministère. Vous comprendrez le prix de cette grâce, mon cher Théophile , si vous voulez réfléchir un moment sur le malheureux état de ceux qui , après avoir offensé Dieu , n'auroient aucun moyen de se réconcilier avec lui. Je vous rapporterai à ce sujet les paroles qu'un vieillard , engagé dès l'enfance dans l'hérésie de Calvin , adressoil à un catholique, à qui il ouvrcît son cœur. Ce vieillard , que des raisons d'intérêt retenoient dans son parti, lui disoit : Que vous êtes heureux dans votre Eglise ! Quand on a eu le malheur d'offenser Dieu , l'on y trouve un moyen de tranquilliser sa conscience ; on se repent de ses fautes , on s'en confesse , et l'on en obtient le pardon ; le calme et la paix renaissent dans le cœur* Mais chez nous , l'on est privé de cet avantage inestimable; il faut rester toute sa vie chargé de ce poids qui accable. Je vous avoue que les péchés de ma jeunesse ne m'ont jamais laissé un instant de repos. Le souvenir de ces péchés , qui n'ont point été effacés, me suit partout; et il a troublé tous les jours de ma vie , parce que je n'avois rien qui pût me rassurer. Connoissez par là , mon cher Théophile , combien il est avanlageux de pouvoir rentrer en grâce avec Dieu. Quelle consolation pour une âme de se dire à elle-même ; Il est vrai que j'ai péché , ci

ï5S Doctrine Chrétienne.

que j'ai mérité l'enfer; mais par la miséricorde de Dieu , j'en ai reçu l'absolution , et j'ai lieu d'espérer que mes péchés ont été remis. Prenez Lien garde cependant d'abuser de la miséricorde de votre Dieu , et d'en prendre occasion de pécher plus librement. Quoi ! vous l'offenseriez parce qu'il est toujours disposé à vous pardonner ? vous seriez méchant parce qu'il est infiniment bon ? Ne vous y trompez pas , cet abus de la miséricorde de Dieu est le crime qui l'irrite le plus , et Dieu qui pardonne toujours à ceux qui s'approchent comme il faut du sacrement de la réconciliation , pourroit ne pas vous laisser le temps d'y recourir. Combien de jeunes gens que la mort a surpris dans le péché ! Qui vous a dit que vous ne seriez pas surpris comme eux?

Malheur à moi , ô mon Dieu ! si la passion m'aveugloit au point de me livrer au péché , dans l'espérance de m'en confesser et d'en obtenir la rémission. Je me souviendrai de votre miséricorde ; et comment pourrai-je l'oublier, après en avoir éprouvé tant de fois les effets? Je me souviendrai de votre miséricorde , pour m'exciter à vous servir avec fidélité , et non pas pour vous offenser avec plus de liberté. Oui , mon Dieu , votre miséricorde est infinie : combien de fois ne l'avez-vous pas exercée à mon égard ! Combien de péchés ne m'avez-vous pas pardonnes ! Vous pouviez m'abandonner à la sévérité de votre justice, je le méritois. Vous avez eu pitié de moi , ô mon Dieu ! dans mon égarement même , vous m'avez prévenu , vous m'avez recherché ; et lorsque je suis revenu à vous , vous m'avez reçu avec la bojalé d'un père^

Symbole. i5$

et vous m'avez tout pardonné. Je me souviendrai de votre miséricorde , pour la bénir et non pas pour en abuser ; je m'en souviendrai pour considérer combien mon âme vous a été chère jusqu'à présent , et combien elle l'est encore ; je m'en souviendrai pour apprendre ce que je dois à l'amour d'un Dieu qui veut me sauver , tout pécheur que je suis. Voilà, Seigneur, à quoi doit me servir la vue de votre miséricorde ; voilà l'usage que je veux en faire.

Pratique.

Bénir la miséricorde divine d'avoir établi les moyens d'effacer nos péchés.

Page 1