‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 28 sur 94 · XXXV.* LECTURE · texte numérisé non relu

XXXV.* LECTURE

Je crois la vie éternelle*

lùunt ni in supplicium œternum , Justi autem in vitam ceternam.

Les méchans iront dans un supplice éternel, et le» Justes dans une vie éternelle. Mattfi. 25.

Vous le savez , mon cher Téophile , lorsque nous mourons , notre âme ne cesse point de vivre. Elle est alors séparée du corps; mais elle ne meurt pas. Immortelle de sa nature \ elle passe de cette vie dans une autre , de ce monde visible dans un monde invisible et spirituel. Les païens eux-mêmes croyaient à une vie future * dans laquelle on sera récompensé ou puni selon ses œuvres. L'attente d'une vie future , dit Tertullien , est le dogme du genre humain > et la foi de la nature. Il y a donc une autre vie après celle-ci \ et cette seconde vie ne finira jamais. Nous y serons éternellement heureux ou malheureux , selon que nous serons justes ou injustes aux yeux de Dieu , au moment de notre mort. L'âme juste , au sortir de son corps , entrera dans la société des bienheureux , pour y jouir avec eux de la vue de Dieu. « Mainte- » nant , dit l'apôtre 9 nous ne voyons Dieu que » comme dans un miroir et en énigme , mais » alors nous le verrons face h face ; nous ne le » connoissons qu'imparfaitement , mais alors » nous le connoîtrons comme nous en sommes » connus. Nous savons , dit saint Jean , quo

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» quand Dieu se montrera à nous dans sa » gloire , nous serons semblables à lui , parce » que nous le verrons tel qu'il est. » Voir Dieu , le posséder , c'est le plus grand bonheur qu'il soit possible de désirer , puisque Dieu est le souverain bien , la plénitude et la source de tous les biens. Ce bonheur est infiniment au-dessus de nos pensées et de nos paroles. L'œil de l'homme n'a point vu , l'oreille de l'homme n'a point entendu , le cœur de l'homme ne sauroit comprendre ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment et qui le servent. Ils seront enivrés de l'abondance des biens de la maison du Seigneur , et inondés d'un torrent de délices. Eternellement ils aimeront Dieu , éternellement ils en seront aimés. Cet amoar sera la source d'une joie pure , d'une joie ineffable. Leurs corps , après la résurrection générale , auront part à ce bonheur immense. 11 n'y aura plus ni pleurs , ni cris , ni douleurs ; parce que le premier état sera passé. Ils n'auront ni faim , ni soif ; et le soleil ni les vents brûlans ne les incommoderont plus; et Dieu lui-même essuyera les larmes de leurs yeux. La mort ne sera plus ; il n'y aura plus de nuit, parce que le Seigneuries éclairera lui-même. Tel sera le sort des élus* Au contraire , l'âme réprouvée , à l'instant de la mort , sera précipitée dans l'enfer , où , éternellement séparée de Dieu , elle brûlera avec les démons dans un feu qui ne s'éteindra jamais. Toute issue de celte horrible demeure est fermée pour toujours. Sans cesse elle s'efforcera de s'élancer vers Dieu , qu'elle connoîtra alors pour son souverain bien ; et sans cesse elle en sera repoussée. Dieu , qui

est maintenant si miséricordieux, ne sera plus pour elle qu'un juge irrité et inflexible. Un anathème irrévocable , et un abîme sans fond la séparera pour toujours de la céleste Jérusalem et de ses heureux habitans ; un affreux désespoir augmentera à chaque instant son supplice. Les corps des réprouvés ressusciteront aussi ; mais cette résurrection ne fera qu'accroître et consommer leur malheur; leur vie sera une mort continuelle: plongés dans un gouffre de feu , ils ne seront immortels que pour souffrir des douleurs éternelles ; ils brûleront sans être consumés , assujettis à une justice toute-puissante qu'ils ne pourront ni éviter, ni fléchir. Des larmes amères et inutiles , des grincemens de dents ; voilà leur unique partage pour l'éternité, « Le ver qui les » ronge , dit Notre-Seigneur , ne meurt pas , » et le feu qui les brûle ne s'éteint point. » Quel tableau , mon cher Théophile ! pouvezvous en soutenir la vue sans en être saisi de frayeur ? Cependant rien n'est plus vrai ; c'est Jésus-Christ lui-même qui vous a fait la peinture de ces horribles tourmens , auxquels les réprouvés seront condamnés. Ce seroit accuser de mensonge la vérité même , que de soupçonner quelque exagération dans ces paroles , qui sont d'ailleurs si claires et si précises , qu'on ne sauroit les obscurcir. C'est lui qui prononce contre les réprouvés ce formidable arrêt: « Retirez-vous de moi , maudits ; allez » au feu éternel , qui a été préparé pour le » diable et pour ses anges. » C'est lui qui nous parle de ces larmes infructueuses , et de ces grincemens de dents ; c'est lui qui met entre

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Lazare et le mauvais riche , un abîme insurmontable , et qui fait refuser par Abraham une goutte d'eau à ce malheureux plongé dans les (lammes ; c'est lui qui nous dit que le feu de l'enfer ne s'éteindra point, et que le ver qui ronge les réprouvés ne mourra jamais. En l'entendant l ést-il permis de faire autre chose que de trembler ? Des menaces si terribles de la part de la vérité même , ne doivent-elles pas réveiller de leur assoupissement , ceux en qui la foi n'est pas éteinte ?

Je comprends, ô mon Dieu! pourquoi vous nous rappelez si souvent dans l'Evangile , au souvenir des biens et des maux de la vie future, de cette vie où la vertu sera récompensée «ans mesure , et le crime puni sans miséricorde ; c'est que les biens de ce monde ne sont rien en comparaison de ceux que vous préparez aux justes dans le ciel ; c'est que les maux qu'on peut souffrir sur la terre , n'ont aucune proportion avec ceux dont vous menacez les méchans dans l'enfer. Vous voulez que nous n'ayons que du mépris pour la vie présente , qui passe comme un songe , et que nous occupions notre esprit de la pensée de celle qui doit suivre, et qui ne finira jamais. Le temps que tious passons sur la terre , est un temps d'épreuves ; si nous sommes fidèles à accomplir votre sainte loi , nous sommes assurés d'une éternité de bonheur. Si , au contraire , nous vivons dans le péché , nous sommes menacés d'une éternité de malheur. Pénétrez, Seigneur, mon esprit et mon cœur de la crainte de l'enfer ,afin que cette crainte salutaire me détourne du péché ; inspirez-moi le désir du ciel > afin

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qu'il me soutienne dans la pratique de la vertu ; faites-moi la grâce de n'oublier jamais que la vie présente ne m'a été donnée que pour eu mériter une autre , qui sera éternelle.

Pratique.

Penser souvent qu'il y a pour nous un enfer à éviter , et un paradis à gagner.

seconde

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